L'histoire de Peugeot est riche et complexe, marquée par une diversification constante et une capacité d'adaptation remarquable. Des origines familiales modestes à la renommée internationale, Peugeot a traversé les époques en se réinventant sans cesse.

Les Origines et la Diversification Industrielle

Jean-Jacques Peugeot est meunier en 1725. Un de ses fils, Jean-Pierre, est tisserand. L’entreprise est spécialisée dans la production d’acier laminé et d’outils. Fin 1814, la fonderie n'est plus rentable et est abandonnée. La société se reconvertit dans la production des scies et des ressorts pour mécanismes d'horlogerie. En 1832, la société devient Peugeot Frères Aînés.

Le premier lion est dessiné en 1847 par Justin Blazer, un graveur de Montbéliard. Il sera utilisé pour le marquage des lames de scies et des articles en acier.

L'Aventure Automobile : Une Révolution Initiée par Armand Peugeot

Armand Peugeot implante la fabrication de bicyclettes à l’Usine de Beaulieu en 1885. Début 1889, s'ouvrent à Paris les portes de l'Exposition Universelle. Peugeot emploie alors 700 personnes à Valentigney, 300 à Beaulieu et 900 à Terre Blanche. Armand expose sur le stand Peugeot -dans la Galerie des machines qui glorifie les progrès techniques, quatre tricycles propulsés par une machine à vapeur et une chaudière Serpollet. Ces tout premiers engins marchent très mal. Pourtant Armand persiste.

Dès le 20 janvier 1890, les plans du quadricycle Peugeot sont établis. Le 17 mars, Panhard expédie le premier moteur à Valentigney. Le 23 Juillet 1894, le premier "concours de voitures sans chevaux à propulsion mécanique" est organisé par Pierre Giffard, un journaliste du "Petit-Journal". Paris-Rouen soit 126 km. Peugeot aligne six voitures sur la ligne de départ.

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En 1895, à cette époque, seulement 500 voitures roulaient dans le monde, dont plus de la moitié en France, et, pourtant, 46 d’entre elles s’engagèrent dans l’aventure du Paris-Bordeaux-Paris. 20 voitures (et 3 bicyclettes à pétrole) prirent le départ et 9 franchirent la ligne d’arrivée après une course de 1.200 kilomètres. Victoire Peugeot.

Eugène s’avère très hostile à l’automobile et les deux cousins s’affrontent. Ils restent toutefois provisoirement unis. Mais le conflit finit par éclater. Eugène et Armant séparent leurs activités et Armand fonde en 1896 la Société des Automobiles Peugeot.

Au début de l'année 1896, la société Les Fils de Peugeot Frères, établie à Hérimoncourt et à Valentigney, décide de renoncer à fabriquer des automobiles. Armand Peugeot, qui venait de proposer les plans d'une nouvelle usine d'assemblage, s'associe avec la famille Fallot, Adolphe Kreiss et Léon Sahler et crée en mars 1896 la Société Anonyme des automobiles Peugeot (SAAP). Il s'installe provisoirement dans l'usine de Beaulieu à Valentigney et fait construire un nouvel établissement dans la commune voisine d'Audincourt.

L'usine dite des Autos, d'une surface bâtie de 4000 m², est mise en service en avril 1897. Elle est rapidement augmentée de 1600 m² (ateliers de peinture, de menuiserie et de montage). Armand a signé une clause de non-concurrence : la SAAP ne peut construire que des tri ou quadricycles, motorisés ou non, ayant une banquette, alors que Les Fils de Peugeot Frères ne peuvent fabriquer que des engins munis de selles (bicyclettes ou motocyclettes). La production passe de 54 automobiles en 1897 à 798 en 1899 - avec une seconde usine mise en service à Lille en janvier 1899 - et 1000 automobiles en 1905.

Entre 1902 et 1914, l'établissement sort 83 modèles différents, équipés de pneus Michelin (Phaéton type 28, Bébé Type BP1 conçue par Ettore Bugatti, Torpédo type 127 et 144, etc.). En 1910, la Société Anonyme des automobiles Peugeot fusionne avec les Fils de Peugeot Frères et donne naissance à la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot (SAACP).

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Peugeot dans la Compétition Automobile

Voitures de record, les Peugeot le sont aussi à l’image d’une L76 baptisée « la Torpille » en raison de sa carrosserie aérodynamique à longue queue. En avril 1913, elle bat sur l’autodrome de Brooklands en Angleterre le record du monde du 1/2 mile départ lancé (177 km/h) détenu précédemment par un avion ! C'est en Picardie, au sud-ouest d'Amiens que sera couru le Grand Prix de 1913, Boillot y obtient une nouvelle victoire avec un doublé Peugeot. L’exploit qui aura la plus grande résonance sera le triomphe remporté le 30 mai 1913 aux 500 Miles d’Indianapolis.

En 1919, Victoire de la Peugeot de Howdy Wilcox à la moyenne de 141,511 km/h aux 500 Miles d’Indianapolis. Le 16 Juillet 1922 à Strasbourg, la veille du Grand Prix de Strasbourg se déroule l’épreuve de tourisme organisé par l’Automobile Club de France. Peugeot aligne des nouvelles 174S à moteur sans soupapes.

En 1925 Sortie de la 100 000 ème voiture à Sochaux. Les 12 et 13 Juin, aux 4èmes Grand Prix d'Endurance, Peugeot s'engage au Mans avec deux voitures, du Type 174S, 4 cylindres d’une cylindrée de3.829cm3 et d'une puissance de 100 CV. Les équipages sont constitués des pilotes “maison” André Boillot-Louis Rigal et Louis Wagner-Christian Dauvergne.

Les Défis Financiers et les Stratégies d'Autofinancement (1919-1939)

Comment passer à la grande série pour un constructeur automobile ? L’article montre l’exemple de Peugeot, entre 1919 et 1939, qui, face à la frilosité des banques, doit trouver de nouveaux financements. Si les liens tissés avec les maisons Rosengart et Oustric se solderont par des échecs, ils seront paradoxalement la base du renforcement de la solidarité familiale et de la constitution de sociétés de portefeuille, clés d’une stratégie d’autofinancement.

En 1919, Peugeot est une grande entreprise composée de presque autant de sociétés que d’usines. Les Fils de Peugeot frères, la SA des automobiles et des cycles Peugeot (SAACP) et Peugeot & Cie essaiment des ateliers en Franche-Comté, à Audincourt, Beaulieu, Valentigney, Sochaux et Montbéliard. Les sociétés Peugeot sont confrontées à trois difficultés. D’abord, la guerre n’a pas offert assez de travail à des usines trop proches des lignes de feu, soit tout le contraire de Renault. Ensuite, l’annonce par André Citroën, un inconnu1, de lancer en 1919 la première voiture en série en France est l’amorce d’un changement de métier que Renault et Peugeot n’ont pas envisagé. Enfin, il y a la crise de reconversion.

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Dès que l’armée brade ses automobiles, les usines n’ont plus d’activité. Les Peugeot espèrent reproduire les éléments de la réussite d’avant-guerre. À la Belle Époque, l’un des aspects du succès de la SAACP tient au solide financement apporté par ses actionnaires. Fixé à 15 MF (1910), le capital atteint 30 MF (1913)2 grâce au soutien du Comptoir d’escompte de Mulhouse, du Crédit lyonnais et de la Société générale.

Le premier voyage de Peugeot aux États-Unis (1916) fait découvrir les nouvelles méthodes de production. C’est le point de départ de la vision des installations futures, avec un regroupement des usines autour du « Grand Sochaux ». Sochaux est la dernière usine construite avec un atelier de montage de camions, des presses d’emboutissage et une fonderie. Au début de 1917, Robert Peugeot achète 200 hectares de terres sur les communes de Sochaux et de Montbéliard10, sûr de devoir foncer.

Expansion et Diversification (1920-1987)

En 1920, l'usine s'étend sur 20 ha et sort mensuellement 150 véhicules de petites cylindrées (10 à 14 ch). La fabrication de la Quadrilette type 161, lancée en 1919, est transférée à l'usine de Sochaux en 1922. En 1923, grâce notamment à l'adoption depuis plusieurs années de la production en chaîne, la production de Peugeot dépasse les 10 000 unités annuelles.

En 1926, la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot cède sa branche Cycles (usine de Beaulieu) à la SACP (SA des Cycles Peugeot) pour se recentrer sur la branche automobile. L'usine d'Audincourt est vendue pour 2,7 M de francs à la société Les Fils de Peugeot frères. Elle s'oriente à partir de 1930 vers la fabrication d'outillage à main en aciers inoxydables et aciers spéciaux : étaux, meules, vilebrequins, chignoles, rabots, clés à molette, pinces, etc. Elle continuera cependant à assembler des automobiles jusqu'en 1931 (10 ch type 181, châssis de camionnettes, etc.). De nouveaux bâtiments abritant les services techniques et administratifs sont construits en 1941.

Dans l'après-guerre, l'usine diversifie ses productions et fabrique, outre l'outillage, des pièces pour automobiles (charnières de portes, enjoliveurs, sièges, etc.). Après l'intégration à la société Peugeot et Cie en 1952, l'usine développe deux secteurs distincts. Le département automobile qui produit des gros profilés et des pièces en acier inoxydable pour l'automobile (profilage, emboutissage, soudage et polissage de pare-chocs, calandres, enjoliveurs, etc.). Le département électrique produit des appareils électroménagers (robots ménagers en 1953, moulins à café en 1955, batteurs-malaxeurs, etc.) en effectuant l'usinage, la fabrication des moteurs électriques (bobinage), la peinture, le traitement thermique et le montage.

Devenue Aciers et Outillage Peugeot (AOP) en 1966, l'usine s'agrandit dans les années 1960-1970 sur la commune de Seloncourt. Après la fusion en 1987 d'AOP et des Cycles Peugeot, l'usine est intégrée à la filiale ECIA (Equipements et Composants pour l'Industrie Automobiles), contrôlée par PSA Peugeot Citroën.

Peugeot Pendant la Guerre

À la mobilisation des hommes succède, dès le mois de septembre 14, la mobilisation des usines. L'effort de guerre passe par la production de munitions, de véhicules, et de tout matériel de guerre. L'usine Peugeot se met ainsi à fabriquer obus, bombes, mitrailleuses et construit des moteurs d'avion et de char. Ses productions plus classiques servent aussi au front comme les vélos, motos ou poussettes porte-brancards. L'Etat est très présent.

La physionomie des usines change. On passe d'ateliers juxtaposés qui réalisent plusieurs tâches à une organisation plus rationnelle, dite à la chaîne. Le taylorisme fait son entrée.

Acquisition par GEMY Automobiles

Le groupe GEMY Automobiles est retenu par Retail Renault Group (RRG) pour l’acquisition des établissements Renault et Dacia de Tours, comprenant les sites de Tours Nord, Tours Sud et Joué-lès-Tours, Loches, Chinon (37) et du Mans (72). Le choix de GEMY parmi d'autres candidats a été validé par la direction commerciale France des marques Renault et Dacia, puis par la direction générale de RRG. Sous réserve de l’autorisation de l'Autorité de la concurrence, la cession sera effective avant la fin de l’année 2022.

Les établissements RRG prochainement intégrés dans le groupe représentent plus de 400 collaborateurs, 5 sites commerciaux et environ 15 500 véhicules vendus par an (8 000 véhicules neufs et 7 500 véhicules d’occasion particuliers) et formeront un quatrième pôle « Val de Loire ». À travers cette acquisition qui permettrait au groupe de passer le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires, GEMY Automobiles écrit une nouvelle page de son histoire en devenant bi-constructeur, après avoir été étroitement lié depuis sa fondation à la marque Peugeot et, depuis 2016, à PSA avec les marques Citroën et DS.

GEMY Automobiles élargit son portefeuille de marques pour représenter cinq marques leaders en France, pour le compte des deux constructeurs Stellantis et Renault qui totalisent près de 60% des ventes et du parc automobile français. Le groupe GEMY Automobiles compte parmi les premiers distributeurs français de véhicules automobiles neufs et d’occasion aux particuliers et aux entreprises.

Tableau Récapitulatif des Dates Clés

Année Événement
1725 Jean-Jacques Peugeot est meunier.
1814 Reconversion de la fonderie en production de scies et ressorts.
1847 Création du logo du lion.
1885 Fabrication de bicyclettes à Beaulieu.
1889 Exposition Universelle de Paris, présentation des tricycles à vapeur.
1896 Fondation de la Société des Automobiles Peugeot par Armand Peugeot.
1913 Victoire aux 500 Miles d’Indianapolis.
1925 Sortie de la 100 000ème voiture à Sochaux.
2022 Acquisition des établissements Renault et Dacia de Tours par GEMY Automobiles.

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