PSA Peugeot-Citroën est un constructeur automobile français privé, propriété de la famille Peugeot qui contrôle les marques automobiles Peugeot et Citroën. PSA (Peugeot Société Anonyme) est fondé en 1965 pour former le holding du groupe automobile du même nom.
Les Débuts de Peugeot: De l'Outillage à l'Automobile
Cette entreprise familiale diversifie sa production vers les industries d'outillage avant de produire des cycles, en 1885, puis des automobiles. Lors de l'Exposition universelle de 1889, Armand Peugeot présente un premier modèle de tricycle à vapeur, et commercialise, l'année suivante, un quadricycle à essence équipé d'un moteur conçu par l'entreprise allemande Daimler. En 1896, la famille fonde la société des automobiles Peugeot ; le premier site industriel de production est édifié à Sochaux en 1912.
L'entreprise participe à l'effort de guerre en produisant automitrailleuses, ambulances et camions de transport de troupes.
L'Ascension de Peugeot et l'Émergence du Groupe PSA
Le premier véhicule de tourisme à connaître un succès commercial date de 1929, avec le modèle 201. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que la firme au lion - cet animal est utilisé comme emblème depuis 1858 - se dote d'une gamme de véhicules susceptible de soutenir la concurrence. Le modèle 203, lancé lors du salon automobile de 1948, est décliné en plusieurs versions - la 403, commercialisée en 1955, puis la 404, qui apparaît en 1960, et la 504, datant de 1968, dérivent toutes trois de ce modèle d'origine.
Cette politique de gamme ne suffit cependant pas à conforter l'entreprise, qui choisit la voie de la croissance externe afin de faire face au déclin de ses ventes. En quatre ans, de 1974 à 1978, Peugeot prend successivement le contrôle de Citroën et de la principale marque de Chrysler Europe, Simca, rebaptisée Talbot. L'intégration de ces deux constructeurs va se révéler extrêmement difficile.
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La naissance de PSA Peugeot-Citroën intervient en septembre 1976 à la suite de l'absorption de Citroën SA par Peugeot SA en décembre 1974 à la demande du gouvernement français, car Citroën est en faillite et au bord du dépot de bilan suite aux sommes d'argent englouties dans des projets avortés.
Le 10 août 1978, Peugeot annonce le rachat de Chrysler Europe (Simca en France, Rootes au Royaume-Uni et Barreiros en Espagne) pour 230 millions de dollars (1 milliard de FRF), devenant le n°1 européen et n°4 mondial derrière General Motors, Ford et Toyota. En juillet 1979, Chrysler Europe prend le nom de Talbot. Trois marques composent alors le groupe français PSA : Peugeot, Talbot et Citroën.
Défis et Restructuration
L'échec de Talbot est consommé en 1985 - la marque disparaît -, la collaboration avec Citroën va s'avérer difficile, tant l'histoire de cette firme, qui fut longtemps à l'avant-garde de la technologie automobile, est tumultueuse, mêlant coups de génie (la Traction, la célèbre 2CV ou la DS) et échecs retentissants (la SM, le projet de moteur rotatif). Le renouveau du constructeur à chevrons ne s'amorce qu'en 1982 avec le lancement du modèle BX, se prolonge en 1986 avec la commercialisation de l'AX, destinée au renouvellement d'un bas de gamme jusque-là disparate, puis en 1991 avec la ZX. À cette date, pour la première fois de son histoire, Citroën dispose d'une gamme complète, à l'image de Peugeot.
À la mi-juillet 1983, Peugeot-Talbot annonce 7 371 suppressions d'emplois, soit 9 % des effectifs du groupe. Le 27 juillet, Jacques Delors déclare : « Une meilleure structure financière permettrait à Peugeot de régler ses problèmes sociaux de manière brutale ». PSA va alors développer une synergie entre ses marques et développer des projets sur les mêmes bases, pour limiter les coûts de production. C'est le cas notamment de la Peugeot 104, qui donnera naissance à deux dérivés : la Citroën LN et la Talbot Samba. Mais la chute progressive de Talbot, quelques années plus tard, mettra un terme à cette entente tri-marques.
Coopérations et Alliances Stratégiques
Pour réduire les coûts de recherche et de production, PSA mène depuis plusieurs années des coopérations ciblées avec ses concurrents. Les plus anciennes sont avec Renault (mécanique) depuis 1966 et Fiat avec les filiales Sevel (utilitaires légers) depuis 1983. Elle s'est renforcée avec Ford (tous les moteurs diesel), Toyota (petite voiture d'entrée de gamme), BMW (moteurs essence) et Mitsubishi (4×4).
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PSA Aujourd'hui: Un Constructeur Mondial
Le groupe PSA est aujourd'hui devenu un constructeur profitable - au prix d'une restructuration industrielle dont le coût social a été important, période symbolisée par l'ère Jacques Calvet, président de PSA de 1982 à 1997. Après un chiffre d'affaires consolidé en 2000 de 44 181 millions d'euros, Peugeot et Citroën ont vendu plus de 3,13 millions de véhicules en 2001, soit une croissance de 11,3 % des ventes par rapport à l'année précédente, plaçant le groupe au rang de sixième constructeur mondial.
Avec des moyens financiers retrouvés, l'ambition est aujourd'hui à la conquête des marchés internationaux, domaine où PSA souffre d'un eurocentrisme qui paraît exagéré (malgré une seconde place acquise en 2001, le constructeur s'étant octroyé 15 % des part de marché en Europe) comparé à la situation des autres constructeurs mondiaux. Le marché français, lorsqu'il est porteur, comme cela a été le cas en 1998, constitue une force susceptible de se transformer en piège en cas de retournement de conjoncture, piège dont seule une forte présence à l'international permet de se tirer. Or PSA ne réalise que 15 % de ses ventes hors d'Europe, chiffre modeste si on le compare à ceux de Volkswagen ou de Fiat qui, respectivement, réalisent 40 % et 30 % de leurs résultats hors du Vieux Continent.
Le Site de Sochaux: Un Pilier Historique
En 1910, la toute nouvelle Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot (SAACP) décide de bâtir une nouvelle usine dans la plaine située entre le village de Sochaux et la ville de Montbéliard. Construite à proximité de l’usine de construction automobile Rossel (édifiée en 1903 pour la Société des Automobiles Rossel, fondée l'année précédente) et de la fonderie Louis Peugeot, cette usine est originellement dédiée à la fabrication de camions et de véhicules utilitaires. D’une superficie de 20 000 m², elle emploie 400 personnes et produit près de 6 000 camions pendant la Première Guerre mondiale. Un atelier des presses hydrauliques est construit pour l’emboutissage d’ébauches d’obus. En 1916-1917 est bâtie une forge, prévue pour la fabrication annuelle de 12 000 camions et voitures, ainsi que 10 000 cycles et motocyclettes. Flanquée d’un atelier d’outillage, elle est située à l’ouest du site, sur la commune de Montbéliard. A l’est du site, la fonderie Louis Peugeot est absorbée par la SAACP et agrandie.
Dès 1917, Robert Peugeot directeur de la société, acquiert 200 ha dans la plaine en prévision d’une nouvelle expansion. En 1920, l’usine possède une capacité de production mensuelle de 300 camions et de 50 tracteurs, avec 1 300 ouvriers. Les premières automobiles sorties de l’usine sont les modèles Torpédo cabriolet (1921) et la Quadrillette Grand Sport (1924). En 1926, un vaste atelier de carrosserie est bâti au sud de la route reliant Montbéliard à Sochaux. Cette même année, la Société Anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot est scindée en deux branches, et l’activité se poursuit à l’usine de Sochaux avec la Société Anonyme des Automobiles Peugeot (SAAP).
De 1928 à 1932, le site connaît une profonde restructuration, incluant une nouvelle logique organisationnelle et une rationalisation des flux. Qualifié d’ « usine du Grand Sochaux », ce projet prévoit le regroupement de la production automobile, auparavant disséminée sur plusieurs sites (Audincourt, Beaulieu-Mandeure et région parisienne), et l’abandon de la fabrication des camions. De nouveaux bâtiments sont construits : l’atelier de mécanique (36 000 m²), le bâtiment de stockage (cinq étages pour 26 000 m²) à l’est de la carrosserie. D’autres sont déplacés : l’atelier d’emboutissage est transféré vers l’ouest, près de la forge, tandis que la fonderie s’étend vers l’est. L’usine Rossel, fermée en 1925, est annexée et reçoit un atelier de modelage.
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Dès 1929 est lancée la production en grande série de la 201 (150 voitures/jour). En 5 ans, la surface construite passe de 105 000 à 220 000 m², sur un site de 50 hectares. La production d’automobiles passe de 1 543 unités en 1920, à près de 17 000 en 1925, et 41 000 en 1930. L’effectif passe de 2 000 ouvriers en 1926, à 7 500 en 1930, 11 000 en 1935, puis 15 000 en 1937.
En 1930, 20 000 chevaux sont nécessaires pour l’appareil de production, fournies par un transformateur électrique et des sous-postes, une centrale gazogène et 3 chaufferies. Le réseau ferré atteint 20 km. L’usine comprend une atelier de mécanique, un atelier d’usinage et de montage châssis flanqué de magasins de stockage, un atelier d’outillage général, un atelier d’entretien pour machines-outils, un atelier de stockage pour voitures en sortie de chaîne, une fonderie, une forge (marteaux à estamper à air comprimé, fours à réchauffer et batteries de fours de traitement thermique pour la trempe et la recuisson) et un atelier d’emboutissage (hall des presses), un atelier d’outillage, un atelier de carrosserie.
Divers équipements à vocation sociale voient également le jour vers 1930 : un cercle, deux hôtels, une buanderie, des bains-douches, deux hôtels et des immeubles de dortoirs. En outre, deux cités ouvrières voient le jour : l’une, située au nord sur la commune de Montbéliard, appelée cité du Congo, et l’autre, à l’est sur la commune de Sochaux, appelée cité du Maroc (aujourd’hui détruite).
Après la Seconde guerre, l’usine connaît une nouvelle extension, la surface bâtie passant de 280 000 à 575 000 m² entre 1950 et 1960. A partir de 1954, des travaux de drainage de la plaine, dite « Zone Allan sud » permettent d’implanter de nouveaux ateliers de mécanique, de tôlerie et d’entretien général, ainsi que des parkings de stationnement avant expédition. Une partie des magasins généraux et l’école d’apprentissage sont détruites pour laisser place à immeuble de bureaux, le « Building Centre », inauguré en 1963.
En 1966 est fondée la holding Peugeot SA, qui concentre son activité automobile dans la Société des Automobiles Peugeot, qui devient PSA (Peugeot Société Anonyme). La raison devient de PSA Peugeot Citroën en 1976. La capacité de production annuelle passe de 105 000 véhicules après la Seconde Guerre, à 220 000 en 1960, pour atteindre près de 550 000 unités en 1973. Parallèlement, le nombre de salariés progresse de 20 500 en 1960, à 25 700 en 1968, 30 000 en 1970 pour culminer à 39 000 salariés en 1978.
A partir de 1986, la dérivation de l’Allan permet de gagner de nouveaux terrain au sud pour établir un atelier de peinture, une carrosserie « habillage Caisses » et un atelier de montage. En 2012, le site s’étend sur 259 hectares, compte 30 km de routes et 28 de voies ferrées, et emploie 12 000 personnes.
Le site industriel s'est développé pendant plus d'un siècle dans la plaine de l'Allan et couvre aujourd'hui 260 hectares (terrains bâtis et non bâtis). Il est bordé au nord par la colline du fort Lachaux, à l'ouest par l'agglomération de Montbéliard et à l'est par celle de Sochaux. L'usine est cernée au sud par la rivière de l'Allan, qui a été détournée pour permettre son agrandissement. L'ancienne route nationale qui séparait les parties nord et sud de l'usine a été acquise par la société et intégrée au site.
Véhicules Légendaires de la Marque
- La 203 : première voiture d'après-guerre
La Peugeot 203 représente un tournant majeur dans l'automobile française d'après-guerre. Son lancement en 1948 marque la renaissance industrielle de Sochaux avec une conception totalement novatrice : carrosserie autoportante et moteur moderne à culasse hémisphérique en Alpax. Cette berline familiale se démarque par son confort avant-gardiste. Équipée d'un toit ouvrant de série et dotée de surfaces vitrées généreuses, elle offre une luminosité exceptionnelle à ses occupants. En 1955, elle devient même la première automobile française produite en série avec des sièges couchettes. Sa robustesse légendaire séduit rapidement les Français. Le raid Paris-Le Cap, accompli en seulement 17 jours par une 203 commerciale en 1950, démontre ses qualités exceptionnelles sur tous les terrains.
- La 205 : la success-story des années 80
Lancée en 1983, la 205 arrive à un moment critique pour Peugeot. Son design moderne et fluide, confié aux équipes de Gérard Welter plutôt qu'à Pininfarina, marque une rupture stylistique audacieuse. La voiture rencontre un succès fulgurant avec plus de 5,2 millions d'exemplaires vendus jusqu'en 1998. La gamme s'enrichit rapidement de versions emblématiques comme la GTI, véritable icône sportive des années 80, ou le cabriolet signé Pininfarina. Les motorisations s'étendent de 45 à 130 chevaux, répondant aux attentes d'une clientèle variée. Le succès commercial de la 205 redresse spectaculairement les finances de Peugeot. Sa popularité transforme durablement l'image de la marque, désormais perçue comme dynamique et innovante.
- Un prix en 2019 pour le Peugeot Partner
Récompensé par le prix "International Van of the Year 2019", le Peugeot Partner marque une nouvelle étape dans l'évolution des véhicules utilitaires. Ce prix souligne les avancées technologiques majeures apportées par ce modèle, notamment l'intégration du Peugeot i-Cockpit dans un véhicule professionnel. Le design moderne du Peugeot Partner associé à des équipements comme la surcharge indicator et la caméra de recul avec vision à 180° séduisent rapidement les professionnels. La modularité de l'espace intérieur et le volume de chargement optimisé répondent parfaitement aux besoins quotidiens des artisans et entrepreneurs. Les motorisations performantes, disponibles en versions essence et diesel, assurent un équilibre idéal entre puissance et économie d'usage.
Chronologie des Événements Clés
| Date | Événement |
|---|---|
| 1965 | Fondation de PSA (Peugeot Société Anonyme) |
| 1976 | Fusion de Peugeot et Citroën |
| 1978 | Contrôle de Chrysler Europe (devenu Talbot en 1979) |
| 1986 | Arrêt de la marque Talbot |
Fleuron de l’industrie française, PEUGEOT est l’un des principaux pionniers de l’industrie automobile mondiale. Première voiture au monde à être fabriquée en série (64 exemplaires), la type 3 parcourt Valentigney-Paris et suit la première course cycliste Paris-Brest-Paris sur 2045 km.
Abandon des ateliers pour une installation dans la première usine dédiée totalement à l’automobile à Audincourt (25). Association des fils de Peugeot Frères avec Armand Peugeot et création de la Société Anonyme des Automobiles et Cycles PEUGEOT.
La création du groupe « PSA PEUGEOT Citroën » interviendra en 1976 par la fusion de Citroën S.A.
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