PSA Peugeot Citroën est un constructeur automobile français privé, propriété de la famille Peugeot qui contrôle les marques automobiles Peugeot et Citroën. PSA (Peugeot SA) est fondé en 1965 pour former la holding du groupe automobile du même nom. La naissance de PSA Peugeot Citroën intervient en 1976, lorsque Peugeot SA fusionne avec Citroën SA (il s'agit en réalité d'une absorption de la seconde par la première).

Les Premières Années et l'Acquisition de Chrysler Europe

En 1979, PSA a acheté les capitaux périmés de Chrysler-Europe (Simca) pour le petit prix symbolique de USD $1, ce qui a mené à des pertes pour PSA entre 1980 et 1985 (Rootes au Royaume-Uni et Barreiros en Espagne). À partir de juillet 1979, Chrysler Europe prend le nom de Talbot. PSA va alors développer une synergie entre ses marques et développer des projets sur les mêmes bases, pour limiter les coûts de production. C'est le cas notamment de la Peugeot 104, qui donnera naissance à deux dérivés : la Citroën LN et la Talbot Samba.

Coopérations et Alliances Stratégiques

Pour réduire les coûts de recherche et de production, PSA mène depuis plusieurs années des coopérations ciblées avec ses concurrents. Les plus anciennes sont avec Renault (mécanique) depuis 1966 et Fiat avec les filiales Sevel (utilitaires légers) depuis 1983. Elle s'est renforcée avec Ford (tous les moteurs diesel), Toyota (petite voiture d'entrée de gamme), BMW (moteurs essence) et Mitsubishi (4X4).

Le nouvel accord avec Toyota se substitue à l'ancienne coopération historique entre PSA et le groupe Fiat, qui datait des débuts de l'usine Sevelnord (Nord), en 1993. Ce site avait démarré par la production de monospaces Peugeot 806, Citroën Evasion, Fiat Ulysse et Lancia Zeta. En 1995, sur la même plate-forme sortaient les utilitaires Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Fiat Scudo. Ces véhicules ont été renouvelés en 2006-2007. Fiat a toutefois décidé il y a trois ans de se retirer de cette usine, jusque-là contrôlée à 50-50 avec le groupe tricolore.

Structure Actionnariale et Organisation

Les membres de la famille Peugeot détiennent 30,22 % des actions, mais 44,94 % des droits de vote. Les directions du groupe et des marques, les services financiers et autres sites principaux sont dispersés sur plusieurs sites en région parisienne à Paris (Le Moncey, Grande Armée, Fructidor), Asnières-sur-Seine, Melun-Sénart, Cergy et Meudon.

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Difficultés et Restructurations

L'année 2004 fut, selon les deux directeurs généraux de Peugeot et de Citroën, pour les deux marques du groupe, "convenable" mais contrastée. Malgré le lancement en 2005 de la 1007 et le duo Peugeot 107 et Citroën C1, premiers véhicules produits en coopération avec Toyota à Kolin (République tchèque), les ventes ont continué à stagner et les résultats à baisser. Au 1er semestre 2006, les résultats subissent une baisse de plus de la moitié, ce qui contraint Jean-Martin Folz a annoncer un plan d'économies et son départ prochain.

PSA laisse filtrer l'annonce de 4800 suppressions d'emplois par départs volontaires majoritairement en France en avril 2007. L'annonce officielle en serait faite lors d'un comité central d'entreprise le 9 mai, expliquant que le groupe est dimensionné pour produire 4 millions de véhicules alors qu'il n'en vend que 3,4 millions.

Le protocole d'accord entre Dongfeng et PSA a été acté, et validé par le conseil de surveillance de PSA. En février 2012, PSA et General Motors annoncent une alliance incluant une prise de participation au capital de 7 % de GM chez PSA. Le 12 juillet 2012, le groupe annonce la suppression de 8 000 postes en France et l’arrêt du site d’Aulnay-sous-Bois pour 2014.

Le 25 novembre 2013, les médias français annoncent le remplacement du Président du Directoire Philippe Varin par l’ancien numéro 2 de Renault Carlos Tavares dans le courant de l’année 2014. Cherchant à renforcer sa structure financière et sa coopération industrielle, le conseil de surveillance de PSA valide une augmentation de capital de 3 milliards d’euros.

Sites de Production

Né en 1976 de la reprise de Citroën par Peugeot, le groupe conserve la majeure partie de sa production en Europe. Sochaux, site historique de Peugeot, est dédié aux gros modèles comme le monospace 3008 ou la Citroën DS5. Il emploie 11 500 salariés dont 600 intérimaires et produit environ 280 000 véhicules par an. En Alsace, l'usine de Mulhouse assemble des modèles plus petits comme les Peugeot 2008, les Citroën C4 et DS4. Le constructeur possède aussi une usine en région parisienne, à Poissy, où il fabrique actuellement les Peugeot 208 et les Citroën C3, DS3 et DS3 cabriolet.

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Rennes La Janais (Ille-et-Vilaine), qui se consacre au moyen et haut de gamme, a aussi été durement touché par ce plan. Ses effectifs ont fondu à 3 900 salariés début 2014 et sa production tourne autour de 84 000 véhicules par an.

Expansion Internationale

À partir des années 2000, le constructeur se renforce hors d'Europe. En Chine, premier marché automobile mondial, PSA est présent via deux coentreprises. La première d'entre elle, avec Dongfeng, possède trois usines à Wuhan (centre) et une quatrième est à l'étude. Il employait en tout 194 680 personnes à fin 2013, dont 109 000 dans sa branche automobile.

En Chine, le groupe réfléchit à la construction en 2010 d’une troisième usine avec Dong Feng et fonde le 9 juillet 2010 une nouvelle coentreprise avec Chang’an pour produire la ligne DS de Citroën, puis des utilitaires légers et des véhicules low-cost sous une troisième marque. En juin, PSA nomme Grégoire Olivier directeur des opérations en Asie ; c’est le premier membre du directoire installé en permanence à l’étranger, y décide le lancement de ses moteurs essence les plus modernes puis y présente un modèle en première mondiale, la Citroën DS5.

Véhicules Utilitaires

Le constructeur dévoile ses nouveaux utilitaires en collaboration avec Toyota. Commercialisés lors du premier semestre 2016, ces deux véhicules rivaux des Renault Trafic, Ford Transit, Volkswagen Transporter, seront accompagnés d'un troisième larron, le… Toyota Proace. Livrables en version tôlée ou vitrée pour le transport de passagers, ces véhicules seront tous produits dans l'Hexagone, à l'usine Sevelnord de PSA.

Ces nouveaux lancements sont très importants. Les utilitaires représentent 13% seulement des ventes totales du groupe français, mais génèrent un pourcentage autrement plus important de ses résultats financiers. Car ces véhicules génèrent habituellement de fortes marges. Ils ont en effet des durées de vie très longues. PSA est présent sur ce créneau rentable depuis longtemps. Le groupe PSA est le premier spécialiste d'utilitaires légers en Europe. Il y a écoulé près de 380.000 véhicules l'an dernier. Il y revendique 19,7% de part de marché sur dix mois (janvier-octobre 2015), devant le groupe Renault (15,9%) et Ford (14,9%).

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Jean-Martin Folz : Un Tournant Décisif

Bourreau de travail, toujours prêt à embarquer dans un avion pour surveiller l'activité de son groupe au Brésil, en Argentine ou en Chine - la délégation n'est pas son point fort -, Jean-Martin Folz a construit en dix ans un groupe homogène à partir d'actifs venus de Peugeot, Citroën, Talbot et Chrysler Europe. Quatrième acteur européen en 1995, PSA est passé sous sa houlette au deuxième rang, préservant son indépendance tout en restant cependant à la merci de la conjoncture.

La carrière de Jean-Martin Folz à la tête de PSA peut se résumer en trois grandes phases. Celle des grands chantiers, d'abord, où après avoir passé les comptes 1997 à la paille de fer pour solder le passé, il finalise sa stratégie, toujours en place aujourd'hui, sous la formule « un groupe, deux marques ». Il va faire de Citroën une marque à part entière et non plus le parent pauvre qui se contente de versions édulcorées des voitures de Peugeot (la Saxo).

« Tout ce qui n'est pas lié à la marque et aux clients doit être mis en commun », assène-t-il dès sa nomination en octobre 1997, à des cadres minés par des années de zizanies et de luttes des clans. En janvier 1998, il brandit une nouvelle organisation de la branche automobile, mettant fin à la dichotomie pénalisante entre les deux grandes marques. Toutes les questions de production remontent désormais au niveau supérieur. C'en est fini des « usines Peugeot » (Sochaux, Mulhouse, etc.) et des « usines Citroën » (Rennes, Aulnay, Vigo) : place aux « usines PSA », capables de produire des modèles des deux marques, sur des plates-formes communes. Une façon de parachever l'achat de Citroën, effectif depuis 1976 mais qui tardait à produire des effets.

La seconde période (2000-2002) est celle du décollage des résultats financiers et commerciaux, lié à l'application progressive de cette stratégie. Le numéro deux européen est entré alors dans un cercle vertueux, améliorant sa marge, en élargissant sa clientèle tout en économisant ses ressources grâce aux synergies permises par ses trois grandes plates-formes de véhicules et des coopérations ciblées.

Mais le succès est finalement de courte durée. L'état-major de PSA, rassuré par la bonne complémentarité de Peugeot et de Citroën, qui évite de dépendre d'un seul modèle, a fini par oublier le caractère hautement cyclique du secteur automobile. Le vent tourne brusquement à compter de 2003, ouvrant la troisième et dernière période des années Folz.

Orientations Stratégiques Récentes

Le groupe annonce un plan stratégique CAP 2010 qui prévoit une forte croissance à l’international et une baisse des frais de structures (10 % des cadres ont quitté le groupe en 2007), une plus grande différentiation des deux marques combiné à un approfondissement des synergies internes, afin de parvenir à une remontée de la rentabilité vers 6 %. En 2007, les ventes mondiales du groupe ont augmenté de 1,8 % à 3 428 000 unités (13,9 % de part de marché) dont 67,77 % en Europe, réparties entre 1 967 000 (+0,4 %) pour Peugeot (7,3 % de part de marché) dont 62,18 % en Europe et 1 461 000 (+3,9 %) pour Citroën (6,6 % de part de marché) dont 75,22 % en Europe.

Prenant acte que la progression du diesel touche à sa fin, PSA a annoncé le lancement en 2010-2011 d’un nouveau moteur essence tricylindre de 70 à 100 ch avec pour objectif des émissions de moins de 100 g de CO2 par km.

Tableau Récapitulatif des Ventes et Parts de Marché en 2007

Marque Ventes Mondiales Part de Marché Mondiale Part des Ventes en Europe
Peugeot 1 967 000 7,3 % 62,18 %
Citroën 1 461 000 6,6 % 75,22 %
Total PSA 3 428 000 13,9 % 67,77 %

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