L'origine de Nissan Motor Company est bien connue. Cette entreprise, dont le siège est situé au Japon, plus précisément dans la baie de Yokohama, est d’origine japonaise. La société nipponne s’est installée dans ce nouveau siège social à partir de 2010. Depuis le 1er décembre 2019, elle est dirigée par Makoto Uchida, qui a pris la place de Carlos Ghosn, l’ancien PDG.

Le nom du groupe Nissan a été utilisé pour la première fois à la fin de l’année 1933. Cependant, l’entreprise a existé depuis bien plus longtemps que cela. Quant à l’identité des créateurs, quatre noms reviennent souvent : Yohisuke Aikawa, Masujiro Hashimoto, Rokuro Aoyama et William R.

Histoire de la marque Nissan

Pour comprendre l’histoire de la création de la marque Nissan, il faut remonter en 1912. Il faut aussi savoir qu’elle est remplie d’échecs, d’alliances et de changements de nom. Cette année-là, Masujiro Hashimoto avait décidé de créer une entreprise pour la production de la première automobile japonaise. Il n’a pas rencontré le succès escompté, ce qui l’a conduit à une collaboration avec trois autres hommes d’affaires japonais pour fonder la société Kwashinsha Motors.

Suite à cette association, la première DAT est sortie d’usine en 1914. Encore une fois, le succès n’a pas été au rendez-vous. L’entreprise Kwashinsha a été vendue pour devenir DAT Motor Vehicle en 1917. La société DAT Motor Vehicle s’est spécialisée dans la production de carrosseries. Après quelques années, elle a fusionné avec une autre entreprise : Jitsuyo Jidosha. Deux nouveaux noms ont été utilisés : DAT Jidosha Seizo Company, puis DAT Automobile Manufacturing Company.

La production de la DAT 91 est revenue sur le marché en 1930. Ensuite, l’entreprise a encore une fois fusionné avec Tobata Immono. Des véhicules dérivés d’une voiture sous licence britannique, l’Austin Seven, ont été produits sous le nom de « Datson » qui a été changé en « Datsun », signifiant « fils de Dat » quelques années plus tard. Quant au nom de Nissan, il est apparu vers la fin de l’année 1933 après la fusion de Nihon Sangyo et Tobata Immono. Pour information, le nom Nissan vient des deux premières lettres des mots Nihon Sangyo. Au début, il prenait la forme de « Ni-San » avant d’être écrit « Nissan », qui signifie « production solaire ».

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L’entreprise a été sollicitée durant la Seconde Guerre mondiale pour la fabrication de moteurs d’avion. Elle a ensuite fusionné avec Prince Motor Company en 1966.

Évolution du logo Nissan

Tout le monde reconnaît facilement le logo de Nissan avec sa finition en couleur chromée. Il n’a pas toujours été comme tel, car cet emblème a connu plusieurs modifications au fil des ans. Sa première version a été créée en 1933 et utilisée jusqu’en 1940. La forme est similaire à celle d’aujourd’hui. Le nom « Nissan » a été inséré dans un rectangle avec un fond bleu qui repose sur un cercle rouge. À partir de 1940, le cercle a été supprimé pour laisser plus de place au nom de la marque. De nouveaux lettrages ont été utilisés à partir de 1950 jusqu’en 1983. La combinaison du rectangle et du cercle est revenue cette année-là. Cependant, elle a été placée dans un autre rectangle contenant le nom de la marque. Puis, le constructeur a décidé de ressusciter le logo d’origine en 2001.

Nissan dans l'industrie automobile

Il a toujours été affirmé que Nissan affichait un retard de production par rapport à Toyota. Cependant, le constructeur a marqué l’histoire du secteur automobile au Japon. L’entreprise a su résister aux différents problèmes économiques pour devenir l’une des entreprises les plus puissantes du pays du soleil levant. Pour preuve, la société a réussi à vendre plus de 5 millions de voitures en 2017, permettant d’atteindre un chiffre d’affaires de 93 milliards d’euros et un bénéfice record de 5,7 milliards d’euros.

L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi fait partie des groupes de constructeurs automobiles les plus connus. Ces dernières années, le groupe s’est fait remarquer avec la célèbre affaire Carlos Ghosn. L’alliance Renault-Nissan a été conclue en 1999. Cette association est considérée comme une planche de salut pour Nissan. En effet, le constructeur automobile japonais a rencontré un grand problème financier en 1991. Il a même failli mettre la clé sous la porte. Le succès des négociations entre les groupes français et japonais a permis à Nissan de survivre. Un autre résultat de l’alliance, Renault a pu racheter 36,8 % du capital de Nissan et mettre Carlos Ghosn à la tête du groupe. Cette part est passée à 44,4 % en 2002.

L’alliance Renault-Nissan implique aussi le partage de la gestion de certaines marques filiales du groupe. En effet, Renault garde le contrôle total de Dacia et de l’Alpine. En revanche, le constructeur français ne dispose plus que de 80,1 % du capital de Renault Samsung Motors et 47 % de Lada. Du côté de Nissan, il reste le seul propriétaire de la marque Infiniti et Datsun.

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Renault et Nissan ont confirmé mercredi la signature d'un nouvel accord de 15 ans, selon lequel ils auront une "participation croisée de 15%", alors qu'auparavant Renault détenait 43,4% de Nissan. Les constructeurs français et japonais ont conclu un nouvel accord de 15 ans selon lequel ils auront une "participation croisée de 15%". Concrètement, cela signifie que Renault ne contrôlera plus Nissan.

Renault "a transféré 28,4% des actions Nissan" dans une "fiducie française, "où les droits de vote sont exercés de manière neutre, sous réserve de certaines exceptions", précise un communiqué de presse commun publié ce mercredi matin. Le transfert de ces actions Nissan "n’entraînera aucune dépréciation dans les états financiers" du groupe Renault, assure-t-on.

Dès lundi, les salariés de Renault ont été appelés à arrêter de partager leurs fichiers et données avec les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi, franchissant ainsi une étape supplémentaire dans l'assouplissement de leur alliance. "L'alliance Renault Nissan s'arrête au 6 novembre. Donc à partir de cette date, plus aucune communication avec Nissan", est-il indiqué dans un courriel interne émanant de l'encadrement d'un service, que l'AFP a pu consulter.

Concrètement, la société d’achats en commun de l’Alliance (Alliance purchasing organisation), première structure créée par Carlos Ghosn quand il a façonné l’Alliance en 2001, et qui employait encore 1.400 personnes, a été dissoute lundi. "On va vers un nouveau chapitre de l'Alliance, mais qui n'a pas la même forme", a-t-elle ajouté, récusant le terme de "divorce" brandi par les syndicats inquiets.

Cette décision s'inscrit dans la réorganisation de l'Alliance Renault-Nissan - à laquelle Mitsubishi appartient depuis 2016 - annoncée au début de l'année et censée être moins fusionnelle et plus égalitaire. De fait, l'euphorie de la grande Alliance fondée en 1999 est depuis retombée, le Japon dénonçant régulièrement les conditions "inégalitaires" de ce mariage, Renault étant, en réalité, en position de dicter ses conditions à son partenaire.

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Fin septembre, Renault avait déjà indiqué que, d’ici la fin de l’année, l’organisation de l’Alliance passera d’un "modèle standardisé à l’échelle mondiale" à une "coopération axée sur les projets". Autrement dit, Renault et Nissan vont maintenant travailler au cas par cas, sans entité ni structure commune.

"Avec Nissan, on n'habite plus ensemble, mais ça ne nous empêche pas de partir parfois en vacances", résumait une source proche de l’entreprise, à BFM Business, en septembre.

Production mondiale de Nissan

Comme de nombreux constructeurs automobiles, Nissan ne produit plus uniquement ses voitures dans le lieu d’implantation de son siège social. Basé à Yokohama, au Japon¸ Nissan garde un niveau élevé de production de véhicules dans le pays du soleil levant. Cependant, le groupe a lancé depuis plusieurs années une stratégie visant une forte expansion du groupe au niveau mondial.

La société japonaise a ouvert la base industrielle Nissan Motor Manufacturing Corp aux États-Unis en 1980 pour le marché américain. Quatre ans plus tard, le Nissan Motor Manufacturing Limited a été lancé au Royaume-Uni. Cette ouverture a été décidée pour faciliter l’export de voitures vers le marché américain et être proche du marché européen. Depuis 2004, Nissan s’est lancé dans la production de voitures spécifiques en Russie, dans la base Nissan Motor RUS LLC. Outre ces pays, des véhicules de la marque sont assemblés en Espagne, au Mexique, en Chine et en Inde.

Spécialisation de Nissan

Nissan a toujours été spécialisé dans la production de moteurs et de pièces automobiles. Il est tout à fait normal que ses usines en développent quelques-uns. Cependant, son alliance avec Renault ou encore d’autres partenaires commerciaux fait que certains blocs-cylindres sont produits en dehors des sites du constructeur japonais. Par ailleurs, les deux constructeurs automobiles ont développé ensemble le moteur M ou moteur MR. Il s’agit d’un moteur thermique à combustion interne disponible en version diesel et essence. Nissan a commercialisé plus de 150 millions de voitures depuis sa création.

Défis récents et leadership

Ces dernières années, le groupe Nissan a fait face à de nombreuses crises, notamment au niveau de son organisation. Elles sont surtout dues au scandale connu sous le nom de l’affaire Ghosn. Après cette histoire ultra médiatisée, plusieurs interrogations se posent quant à la gestion du groupe, notamment l’identité du président ayant succédé à Carlos Ghosn et Hiroto Saikawa.

Le conseil d’administration de Nissan a désigné le nouveau directeur général le 1er décembre 2019. Il s’agit de Makoto Uchida qui a effectué une carrière ascendante au sein du groupe japonais et de Renault. Né le 20 juillet 1966, le nouveau président de Nissan Makoto Uchida a fait ses armes à l’Université Doshisha où il a obtenu un diplôme de Théologie en 1991.

Au cours de cette même année, il a commencé à travailler dans l’entreprise de négoce Nissho Iwai. Puis, il est entré chez Nissan en octobre 2003. Il est devenu manager trois ans plus tard. En 2012, il a rejoint Renault Samsung Motors pour revenir chez Nissan en avril 2014 pour devenir directeur de programme. Très vite, en 2016, il est désigné vice-président de l’Alliance Purchasing Organization, puis Vice-président principal de Nissan en 2018.

L'affaire Carlos Ghosn

Le mois de novembre 2018 a été sombre pour le groupe Nissan. L’ancien président de l’Alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn, représenté par Junichiro Hironaka, s’est retrouvé mêlé à un scandale ayant conduit à son arrestation. La justice japonaise l’a accusé d’abus de confiance, de dissimulation de revenus et de malversation. Après son arrestation en 2018, Carlos Ghosn a passé six mois en prison avant d’être libéré sous caution. Il devait attendre son jugement en 2020. Cependant, l’ex-patron de Nissan a pris la décision de fuir le territoire nippon en s’évadant. La raison avancée par l’intéressé est qu’il souhaitait échapper à l’injustice dont il a été victime au Japon. Depuis, Carlos Ghosn réside au Liban sans pouvoir se déplacer.

Après sa libération sous caution, un plan d’évasion pour Carlos Ghosn a germé pour l’aider à se soustraire à la grosse pression exercée par la justice japonaise. Aidé par deux hommes s’étant fait passer pour des musiciens, Carlos Ghosn, déguisé et placé dans une boîte, est parvenu à se cacher dans un avion privé.

Changement de direction

Le Mexicain Ivan Espinosa a été choisi par le conseil d’administration pour succéder à Makoto Uchida. Cette nomination est poussée par la principale banque de Nissan et par le METI, le puissant ministère de l’industrie.

Avant le début d’un conseil d’administration crucial pour Nissan, trois noms - deux français, un mexicain - étaient évoqués par la presse japonaise pour prendre la succession de Makoto Uchida, l’actuel PDG, et parmi eux, aucun japonais. C’est un signe de la profondeur de la crise qui secoue l’ancien partenaire de Renault dans l’Alliance. A l’issue du conclave, c’est finalement le Mexicain Ivan Espinosa, responsable de la planification et donc du lancement des produits, qui a été choisi pour prendre la direction de Nissan, à compter du 1er avril.

Le nouveau dirigeant a devant lui un double défi :

  • Mener à bien le plan de restructuration annoncé en octobre 2024, visant à réduire de 20 % les capacités de production de Nissan, avec 9 000 suppressions d’emplois à la clé.
  • Reprendre les discussions en vue d’un rachat par son concurrent Honda pour former le quatrième groupe mondial.

Carlos Ghosn, l'ex-patron déchu de Nissan, a déclaré lundi que le constructeur automobile japonais en difficulté était en «mode panique» alors qu'il va entamer des négociations en vue d'une fusion avec son grand rival Honda.

Carlos Ghosn s'est dit «pas absolument convaincu que (Nissan) dispose des talents nécessaires pour relever les défis auxquels il est confronté». Selon lui, le groupe se trouve aujourd'hui «en mode panique, suppliant son ennemi de toujours» Honda.

Carlos Ghosn, qui nie tout acte répréhensible et affirme avoir fui le Japon parce qu'il ne pensait pas pouvoir bénéficier d'un procès équitable, a jugé que Nissan s'était «marginalisé en raison de ses propres erreurs».

Il a également dit avoir été «surpris» par la nouvelle de ce rapprochement car «il n'y a pas de complémentarité» entre Nissan et Honda, dont les forces et les faiblesses se situent dans les mêmes domaines. «D'un point de vue industriel, il y a des doublons partout. Donc cela n’a pas de sens pour moi», a-t-il cinglé.

Situation financière récente

Nissan, dont Renault détient 36 %, annonce une perte historique et précise qu’elle ne versera pas de dividendes en 2024 et 2025. L’action s’échange à 357 yens (2,20 euros), contre 400 yens en 1999, lorsque la marque au losange est entrée au capital.

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