Le rallye de Monte-Carlo est l'épreuve automobile la plus connue au monde, mais aussi la plus ancienne, de toutes celles qui ne se déroulent pas sur un circuit (contrairement au 24 heures du Mans ou aux 500 miles d'Indianapolis). Il est organisé pour la première fois par l'Automobile club de Monaco en 1911.

Les vingt-trois concurrents s'élancent de différentes villes d'Europe afin de rejoindre la Principauté à bord de véhicules de tourisme. L'épreuve est alors une course de concentration sur le modèle des compétitions cyclistes italiennes (convegni ciclisti). Elle est la première à porter l'appellation de "rallye".

Le règlement est complexe puisque le vainqueur - le pilote français Henri Rougier qui est parti de Paris à bord d'une Turcat-Mery - est désigné en fonction d'une savante péréquation prenant en compte la vitesse moyenne, la distance parcourue, le nombre de passagers et les bagages transportés, le confort et l'état du véhicule à l'arrivée.

L'objectif des organisateurs paraît très vite atteint. Il s'agit, en effet, à l'heure de l'essor du tourisme hivernal sur la Côte d'Azur, d'attirer l'attention sur la principauté de Monaco, moins courue que les villes voisines de Cannes et surtout de Nice.

Afin de rivaliser avec la cité de la baie des Anges, la Société des Bains de Mer finance donc le rallye de Monte-Carlo. Organisé au mois de janvier, il doit constituer un rendez-vous incontournable pour les élites européennes venues profiter des douceurs du climat azuréen.

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Ce sont ces privilégiés, seuls en mesure de disposer d'une voiture, qui parcourent un réseau routier pas toujours carrossable dans des conditions climatiques souvent difficiles, notamment lors de la traversée des Alpes.

Si le règlement se modifie régulièrement avec l'instauration d'épreuves de maniabilité, d'accélération/freinage et, à partir de 1962, des épreuves dites "spéciales" - c'est-à-dire chronométrées - , le rallye de Monte-Carlo marque les esprits pour son circuit de montagne dans l'arrière-pays niçois.

Le passage du col du Turini, qui sépare, à 1 600 mètres d'altitude, les vallées de la Vésubie et de la Bevera, constitue depuis 1965, le temps fort du rallye. L'épreuve nocturne dite de la "nuit du Turini", attire des foules considérables sur le bord de la route.

La question de la sécurité ne tarde pas à se poser et ce, d'autant plus que, sur l'ensemble du rallye, les accidents sont nombreux et parfois mortels. Lors de l'épreuve de 1953 qui accueille le plus grand nombre de participants, seules 253 des 404 voitures au départ franchissent la ligne d'arrivée.

Les voitures sont, en outre, de plus en plus puissantes. Avec l'établissement, à partir de 1973, d'un championnat du monde des constructeurs, les grandes marques automobiles profitent de l'évolution du règlement pour développer des véhicules conçus comme des instruments de marketing.

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L'adéquation entre un marché automobile en pleine expansion et la course peut d'ailleurs se lire dans l'annulation du rallye en 1973, pour cause de choc pétrolier. À partir de 1975, les écuries poursuivent leur professionnalisation autour de véhicules spécialement dédiés ou préparés pour la course.

Avec la normalisation des compétitions qui accompagne la mise en place du World Rally Car (WRC) en 1997, le rallye Monte-Carlo perd deux de ses atouts spécifiques : le parcours de concentration et la "nuit du Turini".

Les Rallyes "Jambon-Saucisson"

La plus simple des formules, on suit la voiture de l’organisation, en file indienne. Surnommés « rallyes jambon/saucisson », ils sont au menu de nombreux clubs. Il y a parfois un questionnaire à remplir. Ces balades sont l’occasion de découvrir une région en toute décontraction. N’importe quelle voiture de collection permet d’y participer.

Le parcours à suivre peut déjà être tracé sur une carte, ou vous le dessinez vous-même à partir d’un calque. Des contrôles de passages permettent de vérifier si vous respectez bien le parcours.

Un road-book, qui peut être fléché métré, fléché muet, allemand, en arrêtes de poissons, ou qui, parfois, mélange plusieurs de ces styles, vous indique changements de direction et distances. Ce sont les organisateurs qui décident si les parcours sont (presque) faciles, ou horriblement compliqués et piégeux.

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Le but est de parcourir l’itinéraire exact du rallye, de retrouver les contrôles (les CP) qui y sont cachés, dans l’ordre et dans les temps impartis pour éviter les pénalités. Certes, le principe est simple, mais l’itinéraire est piégeux et parsemé de difficultés !

Pas besoin de licence, le permis de conduire, une assurance et une voiture ancienne en règle suffisent. Un (e) coéquipier(e), un compteur kilométrique précis (celui de la voiture, un compteur de vélo ou un trip »), une loupe pour lire la carte, un très bon éclairage quand le parcours est nocturne et vous voilà parés !

Les Pratiques Relevant de la FFSA

La compétition est gérée par la FFSA pour les rallyes sur routes partiellement ou complètement fermées, organisés en doublure de rallyes modernes, généralement régionaux.

Vous trouvez sur le site de la fédération française du sport automobile, les règlements, les textes précis, les homologations de véhicules, les licences… Tout y est, il faut juste « digérer » ce contenu ! Il est nécessaire de s’inscrire à une ASA, (obtentions des licences et conseils), avant d’aller sur le terrain.

Conseil d’ami : allez aux vérifications techniques et administratives ! Vous y apprendrez ce que vous pouvez faire et de surtout ne pas faire. Les commissaires techniques ne sont pas avares de conseils, tout comme les équipages expérimentés.

Renseignez-vous sur le matériel et la préparation indispensable, « trainez » dans le parc coureurs et aux assistances.

Les Différentes Catégories

  • Les Legend ou parades - le fonctionnement est identique à celui des montées historiques. Vous profitez du parcours et de l’infrastructure du rallye, mais vous n’êtes ni chronométrés ni classés. Ni licence ni fiche d’homologation, il suffit d’avoir une voiture de plus de 30 ans immatriculée, un contrôle technique valide, un permis et une assurance. Le coût d’un engagement est d’environ la moitié de celui des autres catégories.

Cette formule permet de vivre le rallye historique de l’intérieur, d’en parcourir tout le tracé, y compris les spéciales fermées à la circulation, mais sans classement. Cette formule plaît de plus en plus, certains organisateurs acceptent les Legend du « bout de l’aile », d’autres les accueillent les bras ouverts. Tout dépend en fait du nombre de concurrents dans les autres catégories.

Dans certains cas, les Legend permettent d’étoffer un plateau famélique, le FFSA s’intéresserait au sujet (pour une licence loisirs ?). C’est le même rallye qu’un moderne, des parcours de liaisons à moyenne imposée et des épreuves spéciales au chrono. Il faut posséder des licences FFSA pour l’équipage, une voiture de plus de 30 ans homologuée avec son passeport technique (PTH) ainsi que les éléments de sécurité (vêtements et équipement auto, harnais, arceau, extincteur). Le prix des engagements diffère selon les épreuves et les prestations (repas éventuels, hébergements, etc.), mais il faut compter au minimum autour de 400 €.

Pour la navigation et la lecture du road-book, il faut un trip ou équivalent (entre 160 et 1200 €), un chronomètre bien lisible et un bon éclairage pour pour les épreuves en nocturne. Le road-book des organisateurs indique le parcours routier (embranchements, carrefours, indication), les bons utilisent des notes de virages pour les épreuves spéciales, d’où l’importance du coéquipier qui sera chargé d’annoncer les « pièges » et de rectifier ses notes. Le classement se fait par les temps des spéciales et les éventuelles pénalités sur le routier.

Le respect de l’itinéraire n’est pas suffisant, il faut aussi franchir chaque point de contrôle à l’heure prévue (le plus généralement dans la minute, soit entre 00 et 59 secondes). Le parcours est le même que celui des VHC, mais les épreuves spéciales sont parcourues à moyenne imposée à la seconde près et non au scratch pur.

Il faut les licences FFSA pour l’équipage, ou une licence à la journée, que l’on peut obtenir sur place avec certificat médical (voir ASA). À signaler, le (la) copilote peut participer dès l’âge de 16 ans.

Trois catégories de moyennes sont à choisir au départ, la basse, l’intermédiaire et la haute, ces moyennes sont calculées par les organisateurs sur les meilleurs temps des trois premiers VHC auquel on enlève 30 %, pour la moyenne haute. Environ 5 km/h de moins pour l’intermédiaire et encore avec 5 km/h en moins pour la basse.

L’organisation peut moduler les chiffres en fonction du parcours, de la météo… Pour corser le tout, la spéciale est découpée en plusieurs tronçons où la moyenne est différente.

Les points de contrôles sont secrets, ce qui exclut de rouler au maximum et d’attendre le temps idéal pour pointer. Le coéquipier doit calculer en performance l’avance ou le retard. Pour cela, il faut afficher les distances précises en se calant sur celles de l’organisation, au cours d’un trajet d’étalonnage indiqué sur le road-book. Il faut ensuite gérer le temps.

Utiliser des aides « électroniques » GPS, Cadenceurs, est autorisé ou interdit ; cela dépend des rallyes. Bien se renseigner lors de l’inscription est indispensable!

C’est ce qui explique l’ordre de départ en premier les VHC, les modernes et ensuite les VHRS, pour avoir le temps d’ajuster les données en cours de rallye. Des zones d’assistance à durée limitée sont prévues.

Pour les voitures en moyenne haute, il faut le PTH ; pour les autres, un laissez-passer de la FFSA est suffisant.

À signaler : les reconnaissances sont réglementées (trois au maximum, seulement les jours autorisés). Elles doivent se faire en respectant le Code de la route et les habitants ; les voitures sont tenues d’indiquer leur participation aux organisateurs.

Le port du casque est interdit en dehors des zones de régularité. Une tolérance de 500 mètres, avant le CH (Contrôle Horaire) et après le point Stop est accordée. Cette zone sera délimitée par les panneaux d’entrée et de sortie de « zone casque ».

CP : Contrôle de Passage. C’est de cette manière que l’organisateur validera le parcours de l’équipage. - panneaux posés par l’organisateur au bord de la route. - des stylos de couleur.

Road-book

Il définit l’itinéraire à suivre en utilisant une succession de schémas qui représentent les différents croisements. Il en existe plusieurs catégories ; les plus couramment utilisés sont les « fléchés », qu’ils soient métrés ou non.

Le schéma se lit de haut en bas et la flèche donne la direction à prendre (attention, certains organisateurs à l’esprit torturé peuvent changer le sens de la case du road-book, de même que son numéro).

Le road-book est le support le plus couramment utilisé et un des plus faciles à lire. Les exemples donnés ci-dessous sont identiques, donc plus ou moins complets. Les flèches métrées indiquent la distance entre chaque croisement, contrairement à celles qui ne le sont pas.

Véhicule Historique de Compétition (VHC)

La partie « véhicule historique de compétition » sera abordée brièvement. Peu de rallye dépasse les 12 engagés, les autos ne sont pour la plupart pas conformes aux spécificités de l’époque et n’ont donc pas grand chose d’historique… Le budget est conséquent et les « spéciales » sont des boucles sur routes fermées à faire plusieurs fois. Ce sont des épreuves en ligne comme à l’époque d’environ 300 km à faire dans la journée.

Le Rallye Monte Carlo Historique pour sa part, c’est 7, 8 jours et plus de 2500 km. Des épreuves à l’étranger vous attendent après s’être fait la main en France (quelques Belges, Italiens et Espagnols fréquentent les rallyes historiques français).

Créé en 2016, le Championnat de France des Rallyes VHC (véhicule historique de compétition) rassemble des milliers de passionnés à travers le pays. Dédié aux véhicules de collection et modernes, le rallye VHC connaît une visibilité et une reconnaissance grandissante ces dernières années. Plusieurs événements officiels sont organisés chaque année par les ASA (Association Sportive Automobile) au niveau régional.

Le rallye VHC est réglementé par la FFSA au niveau national, tandis que la FIA (Fédération Internationale Automobile) gère le Championnat du Monde des Rallyes VHC.

Pour le rallye VHC, tout comme pour le rallye moderne, le classement des pilotes est déterminé par la vitesse. Pour le rallye VHRS, le but est de maintenir un temps moyen imposé tout au long de la spéciale. La précision du chronométrage est primordiale avec plusieurs points de contrôle pour relever les temps.

Le VHC priorise ainsi la vitesse et la performance pure, alors que le VHRS privilégie la constance et l’exactitude.

Rétro+ propose des assurances pour les voitures de collection avec la possibilité de participer au rallye de régularité VHRS ainsi qu’à des essais libres sur circuit.

Les voitures de rallye participant à VHC sont soumises à une réglementation technique différente de celle du rallye moderne. avoir un PTH délivré par la FFSA, sauf pour le groupe Rallye Classic de Compétition.

Le championnat VHC est ouvert aux bolides historiques homologués par la FIA ou la FFSA, datant des années 1950 jusqu’aux années 1990 (Peugeot, Ford Fiesta, BMW, Alpine…). Chaque saison, 2 titres sont ainsi décernés aux champions de VHC afin de garantir l’équité sportive : les véhicules produits entre 1947 et 1981, et ceux entre 1981 et 1990.

Les véhicules homologués par la FIA et/ou par la FFSA correspondent aux périodes répertoriées dans les Annexes K et J de la réglementation technique.

Il existe aussi une classification « Classic » ou « Rallye Classic de Compétition ».

Le rallye VHC (Véhicule Historique de Compétition) reprend la réglementation du rallye moderne et la complète par un règlement qui lui est propre. Pour participer à un rallye VHC, les véhicules doivent être homologués et disposer d’un passeport FFSA. La voiture doit être conforme à l’origine tout en disposant de quelques aménagements spécifiés dans la fiche d’homologation. Le passeport technique historique est obligatoire pour prendre le départ sauf pour le groupe Rallye Classic de Compétition.

Véhicule Historique de Régularité Sportive (VHRS)

Contrairement au rallye VHC, le rallye de régularité VHRS (Véhicule Historique de Régularité Sportive) est une compétition de nature touristique où la vitesse maximale n’est pas facteur de victoire. Ce type de compétition est pratiqué sur route fermée et organisée en doublure d’un rallye VHC, généralement régional. L’objectif est parcourir une spéciale de rallye dans un temps imparti. Le pilote et le co-pilote doivent être équipés de casques adaptés à la pratique du sport automobile.

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