Une flotte automobile a besoin d’un renouvellement partiel ou total. Obsolescence, nouvelles réglementations environnementales, fin de contrat… Le renouvellement d’une flotte automobile doit être géré avec un maximum de précautions et de stratégie. Il influe en effet grandement sur les coûts et les performances opérationnelles du parc automobile de l’entreprise. Vous trouverez dans cet article toutes les questions à vous poser afin d’optimiser le renouvellement de votre flotte automobile.
Pourquoi renouveler régulièrement sa flotte automobile ?
Renouveler sa flotte est un levier majeur pour :
- Réduire les coûts d’exploitation (carburant, entretien, fiscalité). Des véhicules récents sont moins énergivores et nécessitent peu de réparations ;
- Améliorer la sécurité des conducteurs avec des véhicules dotés des derniers équipements ;
- Répondre aux nouvelles normes environnementales (ZFE, bonus écologique) et éviter de payer de lourdes taxes ;
- Valoriser l’image de l’entreprise auprès de ses clients et partenaires avec une flotte moderne et « propre ».
Contexte réglementaire et objectifs environnementaux
Les entreprises et les collectivités font désormais face à de nouvelles règlementations dans le cadre du renouvellement de leurs flottes automobiles depuis la mise en vigueur de la Loi d’Orientations des Mobilités en 2019. Cette nouvelle mesure a fixé des objectifs qui entraînent une profonde mutation de la politique des mobilités en France. Désormais, le transport devra être plus économique, facile et surtout moins polluant.
Trois éléments majeurs constituent le socle de la loi LOM : plus d’investissement dans les transports au quotidien, développer de nouvelles solutions de déplacements et s’engager vers une mobilité verte. D’ici 2050, l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone. En 2030, les émissions de CO2 devront baisser à - 37,5%.
Obligations pour les entreprises
Les entreprises opérant dans le secteur privé sont directement touchées par la loi LOM qui leur impose de nouvelles obligations. Ainsi, les structures qui possèdent une flotte constituée de plus de 100 véhicules d’un PTAC de moins de 3,5 tonnes et qui comptent un effectif supérieur à 50 salariés devront renouveler leur parc avec des véhicules à faibles émissions.
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Pour 2022, le parc devra contenir au moins 10% de modèles propres. Ce pourcentage passe à 20% en 2024, 35% en 2027 et 50% en 2030. Les entreprises ont le choix entre les voitures hybrides, hybrides rechargeables ou 100% électriques pour être en phase avec ces nouvelles mesures.
La loi LOM ne concerne pas exclusivement le privé. Les entreprises nationales ainsi que les collectivités territoriales sont aussi mises à contribution dans cette décarbonation du transport routier. À partir de 2026, 37,4% du parc devra être constitué de véhicules propres. Au cours du renouvellement annuel, les établissements publics détenant plus de 20 véhicules devront disposer de 50% de voitures à faibles missions.
Avantages du verdissement du parc automobile
Verdir le parc automobile offre une multitude d’avantages autant pour les établissements privés que publics. Cette démarche témoigne de l’engagement éthique de l’entreprise dans la préservation de l’environnement. Qu’elle soit une action isolée ou intégrée à une stratégie RSE, elle a des effets positifs sur l’écologie. En même temps, avoir des voitures propres permet d’être en phase avec les mesures règlementaires. On sait que les lois se durcissent d’année en année en Europe dans cette optique de réduction des émissions nocives dans l’air.
Pour 2021 par exemple, un malus écologique s’applique sur les véhicules rejetant 133 g de CO2/km. D’ici 2030, le Parlement européen envisage de fixer une limite de 95 g de CO2/km. La bonne nouvelle est que les entreprises profitent actuellement de nombreuses aides du gouvernement pour transiter vers l’électromobilité. Elles peuvent prétendre à un bonus écologique de 1000 à 4000 euros en acquérant des voitures électriques ou hybrides rechargeables, de quoi largement alléger leur budget. Il existe aussi la prime à la conversion qui donne droit à une subvention de 2500 euros pour les voitures et de 5000 euros pour les camionnettes. Il est même possible d’obtenir une aide dans le cadre d’un rétrofit.
Stratégies de renouvellement
Pour renouveler une flotte automobile, il est impératif de mettre en place une stratégie finement pensée. La première consiste à déterminer une date de renouvellement. Beaucoup d’entreprises ont recours à des cycles fixes et se basent sur divers facteurs pour changer leurs véhicules : contrats de location ou conditions de financement, coûts de fonctionnement et de maintenance, avantages fiscaux, etc.
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Il est important de bien anticiper les délais de livraison de véhicules, c’est pourquoi il est recommandé de s’y prendre au moins 6 mois à l’avance avant la fin du contrat pour ne pas être pris au dépourvu. Certains professionnels préfèrent garder leurs véhicules le plus longtemps possible à cause de l’incertitude économique prévoyant une éventuelle hausse des taux.
Un autre point fondamental lors du renouvellement du parc relève du choix des bons modes de financement. L’autofinancement est abandonné par de plus en plus d’entreprises au profit de la location longue durée. Il faut dire que les avantages sont multiples. La location préserve la trésorerie et n’a pas d’impact sur le niveau d’endettement, car les loyers figurent au titre des charges. La gestion de la flotte se veut aussi plus facile, car le loueur propose diverses prestations telles que l’entretien, l’assurance auto et l’assistance. En fonction des contrats, des services de remplacement des pneumatiques, de véhicules relais, de gestion du carburant ou encore de formation à l’éco-conduite des collaborateurs sont disponibles. Pour autant, il ne faut pas se précipiter en choisissant le premier fournisseur disponible.
Comment aborder le renouvellement d’une flotte automobile ?
La gestion de flotte ne se limite plus à suivre des véhicules sur une carte, et certaines entreprises font d’ailleurs le choix de ne pas activer la géolocalisation. Elle touche à la maîtrise des coûts, à la sécurité des collaborateurs, à la réduction des émissions de CO₂, à l’anticipation des maintenances et au respect des normes en vigueur.
C’est donc tout un travail sur le TCO, le total cost of ownership (coût réel d’un produit), qu’il est nécessaire de réaliser sur l’ensemble de la flotte, afin de déterminer la meilleure stratégie pour gérer le renouvellement.
Le passage en revue des tous les postes afférents à la gestion de flotte permet ainsi de mieux identifier les éléments optimisables. Le TCO prend ainsi en compte :
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- Le coût d’acquisition de chaque véhicule : son prix d’achat, ou son loyer pour une LOA ou une LDD :
- Les consommations liées à chaque véhicule : coût du carburant/de l’électricité, des paiements de stationnement, de péages, etc.
- La maintenance : réparations, révisions, changements de pneus, etc.
- L’assurance : coût de l’assurance (généralement liée à la flotte), accidents éventuels…
- La fiscalité : cela concerne toutes les taxes et mesures liées aux différentes lois sur la mobilité et l’environnement, mais aussi les coûts de carte grise ;
- La gestion de la flotte automobile : équipements télématiques, coûts salariaux…
- Le comportement des conducteurs : modes de conduite (économique ou pas, dangereux…), historique d’accidents… Cela impacte directement les consommations, la maintenance ainsi que l’assurance.
Achat, LLD ou LOA : quel mode de financement choisir ?
Le choix entre achat, Location longue durée (LLD) et Location avec Option d’Achat (LOA) influence directement le TCO. Chaque solution présente des avantages spécifiques selon votre stratégie.
L’achat, pour un contrôle total de sa flotte
Avantages : patrimoine d’entreprise, liberté de revente, amortissements fiscaux.
Inconvénients : forte immobilisation de capital, risques de décote importante lors des reventes.
L’achat est une solution intéressante pour les entreprises souhaitant exploiter longtemps leurs véhicules. La possibilité d’habiller librement les véhicules aux couleurs de l’entreprise est également un atout, permettant d’accroître sa notoriété.
La LLD : pour une flexibilité maximale
Avantages : coûts d’usage fixes, connus à l’avance, services inclus (entretien, assistance), des véhicules neufs, bien équipés des dernières innovations, pas de revente à gérer. Cela facilite également le passage à l’électrification des flottes.
Inconvénients : restitution stricte des véhicules, kilométrage annuel limité, pénalités possibles en cas d’usure anormale, coût du loyer.
C’est la solution qui a le vent en poupe aujourd’hui : selon le Baromètre des flottes et de la mobilité 2024 réalisé par l’Arval Mobility Observatory, elle est le mode de financement privilégié par les entreprises françaises (48 %), devant la LOA et d’autres solutions de crédit. Elle permet de louer une automobile neuve sur une période allant en général de 2 à 5 ans, puis de la remplacer par une nouvelle voiture neuve.
La LOA : plus de liberté en fin de contrat
Avantages : possibilité de lever l’option d’achat à la fin du contrat, et de devenir propriétaire d’un véhicule en étalant les paiements sur plusieurs années.
Inconvénients : coût global souvent supérieur à l’achat direct si l’option est levée, kilométrage annuel limité, pénalités possibles selon l’état du véhicule lors de la restitution.
En LOA, la prise en charge des services d’entretien ou d’assistance n’est pas incluse dans le contrat. L’assurance est aussi à la charge de l’entreprise. De plus, un apport initial significatif (de l’ordre de 15 %) peut être demandé à la signature du contrat de location.
Intégrer les véhicules hybrides et électriques dans sa stratégie de renouvellement
La transition énergétique est en marche. Des mesures incitatives - ou pénalisantes - ont d’ores et déjà été mises en place et se développeront dans les années à venir : intégrer des véhicules hybrides ou électriques est devenu un enjeu incontournable.
Pourquoi passer à l’électrique ou à l’hybride ?
Transformer une partie de sa flotte en l’électrifiant répond aux incitations et présente de nombreux atouts :
- La réduction du TCO : coût d’énergie moindre, exonération des différentes taxes et pénalités, maintenance facilitée, moins de réparations…
- Accès facilité aux zones à faibles émissions : même si leur développement est en question, les ZFE existent déjà dans certaines agglomérations, avec un accès limité aux véhicules à faibles émissions de CO2 ;
- Une valorisation RSE : une flotte plus verte est bonne pour l’image de l’entreprise.
Attention aux contraintes d’un verdissement trop rapide
La meilleure option est de verdir progressivement sa flotte, en suivant si possible les objectifs définis par les lois. Cela permet de traiter les différentes problèmes que pourrait produire un changement trop radical :
- La question des infrastructures de recharge : l’entreprise doit installer plus de bornes dans ses locaux ;
- La résistance du personnel : il est souvent utile de faire la pédagogie de l’électrique, et de proposer des mesures incitatives (bornes de recharge à domicile, prise en charge des consommations électriques…) afin de faciliter l’adoption de ce nouveau mode de conduite ;
- Une adaptation parfois compliquée aux usages : privilégier les véhicules électriques pour les trajets urbains ou les tournées régulières, et conserver des véhicules thermiques pour des courses longue distance, par exemple.
La télématique embarquée et les solutions logicielles de gestion de flotte : un allié pour le renouvellement intelligent
Les solutions de télématique proposées par Océan Orange Business jouent un rôle clé dans l’optimisation du renouvellement de flotte. En effet, en suivant 24 h/24 l’état et l’usage de chaque véhicule, le gestionnaire de flotte peut :
- Analyser le kilométrage réel et détecter les écarts par rapport aux prévisions ;
- Anticiper les opérations de maintenance pour éviter les immobilisations coûteuses ;
- Mesurer les comportements de conduite pour optimiser l’usure des véhicules ;
- Optimiser l’électrification de la flotte…
Facteurs influençant la décision de renouvellement
Sur le terrain, on a constaté que la décision ne repose pas uniquement sur l’âge ou le kilométrage du véhicule. Par exemple, certains clients dans la logistique commencent à envisager la revente dès que les premiers signes de surcoûts d’entretien apparaissent, souvent autour de 80 000 à 100 000 km ou après 3 à 4 ans d’utilisation intensive. Ce seuil varie aussi selon la marque et le modèle : certains utilitaires allemands supportent mieux une rotation tardive. Dans le tertiaire, où les véhicules roulent moins, on privilégie un renouvellement plus tardif afin de maximiser le retour sur investissement, tout en gardant un excellent état cosmétique pour optimiser la valeur de revente.
Le rôle des plateformes spécialisées
Ce qu’on observe dans la majorité des cas, c’est que le choix du canal dépend autant du type de véhicule que de la capacité interne à gérer la revente. Les plateformes spécialisées B2B comme ALD Carmarket ou Arval font gagner du temps et sécurisent la transaction, surtout pour des volumes importants. Cependant, plusieurs gestionnaires que j’ai accompagnés préfèrent parfois organiser des ventes directes à des collaborateurs ou partenaires, ce qui maximise la marge mais requiert plus de suivi administratif. Pour des véhicules premium ou en très bon état, le recours à des enchères ciblées a permis à certains clients d’obtenir jusqu’à 10% de surcote par rapport à une reprise classique.
Erreurs à éviter
On retrouve souvent deux grandes erreurs sur le terrain : le manque d’anticipation des besoins futurs et la sous-estimation des délais logistiques. J’ai vu des entreprises se retrouver avec une flotte sous-dimensionnée parce que la revente a été plus rapide que les livraisons de nouveaux véhicules, notamment lors de tensions sur le marché automobile. Autre écueil fréquent : négliger l’impact de la fiscalité (TVS, bonus/malus, amortissement) au moment du choix des nouveaux modèles. Par exemple, un client du secteur du BTP a fait face à une hausse inattendue de ses charges parce que les nouveaux utilitaires choisis dépassaient un seuil d’émissions CO2.
Les clés du succès
Sur les opérations que j’ai suivies, c’est la rigueur du suivi d’entretien et la traçabilité qui font la différence. Fournir un carnet d’entretien à jour, avec factures à l’appui, rassure les acheteurs et augmente la valeur perçue. Plusieurs gestionnaires de flotte vont jusqu’à souscrire à des contrats d’entretien constructeur pour garantir une régularité et une transparence totale. Autre astuce observée : réaliser un detailing (nettoyage esthétique approfondi) juste avant la vente, ce qui a permis à un client du secteur informatique de vendre ses véhicules 8% au-dessus de la moyenne du marché.
Indicateurs de performance (KPIs)
Les gestionnaires performants s’appuient sur quelques KPIs incontournables : le coût total de possession par véhicule (TCO), le ratio entre valeur de revente et valeur d’achat, et le temps moyen d’immobilisation avant revente. Un exemple concret : une PME avec 40 véhicules a réduit son TCO de 12% en intégrant un suivi mensuel du kilométrage, des incidents et des coûts d’entretien, permettant ainsi d’ajuster le calendrier de rotation individuellement. On recommande aussi de surveiller la durée moyenne entre déclenchement de la décision de revente et aboutissement effectif : un allongement signale souvent un problème dans la chaîne logistique ou de préparation du véhicule.
Choix du carburant : Essence vs Électrique
La décision concernant le choix du carburant pour votre flotte est essentielle pour optimiser vos coûts totaux sur le parc. De nombreux gestionnaires de flottes optent pour des sources d’énergie bénéficiant d’avantages fiscaux et environnementaux. Parmi les différentes alternatives, l’essence prend progressivement le pas sur le diesel, représentant 32% des véhicules immatriculés en 2023. L’électrique est aussi de plus en plus plébiscité par les gestionnaires de parc.
Avantages et inconvénients de l’essence
En effet, l’essence présente des avantages sur le plan économique et écologique par rapport aux véhicules diesel. Le coût total des véhicules essences tend à être plus intéressant. Mieux valorisé par les loueurs, il se traduit par des loyers mensuels moins chers. De plus, ces véhicules bénéficient d’une meilleure fiscalité, leur permettant de bénéficier de la vignette Crit’Air 1. Cela leur permet de circuler sans restriction dans toutes les Zones à Faible Émission (ZFE). Les véhicules essence présentent de nombreux avantages mais ils ne suffisent pas au verdissement des flottes actuellement en progression. Depuis le 1er janvier 2024, 20% de vos renouvellements doivent être des véhicules émettant moins de 50 g/km de CO2.
Tableau récapitulatif des modes de financement
| Mode de Financement | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Achat | Patrimoine d'entreprise, liberté de revente, amortissements fiscaux | Forte immobilisation de capital, risques de décote importante |
| LLD (Location Longue Durée) | Coûts d'usage fixes, services inclus, pas de revente à gérer, facilite l'électrification | Restitution stricte, kilométrage limité, pénalités possibles |
| LOA (Location avec Option d'Achat) | Possibilité de devenir propriétaire, paiements étalés | Coût global souvent supérieur à l'achat, kilométrage limité, pénalités possibles |
Optimiser le renouvellement de sa flotte automobile passe par une analyse rigoureuse de ses besoins, du TCO et des évolutions technologiques. Achat, LLD, LOA : chaque solution doit être évaluée à l’aune de votre stratégie d’entreprise.
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