Vous entendez souvent parler d'équipementier automobile sans réellement savoir ce que c'est ni le rôle de cet acteur de l'automobile ? Il s'agit en effet d'un professionnel d'une entreprise industrielle spécialisée dans la fabrication de pièces détachés du secteur automobile. Lorsque l'on parle d'équipementier automobile, l'on fait référence à un professionnel qui exerce sa mission dans le cadre de la fabrication de composants automobiles.

Si les constructeurs et les concessionnaires automobiles tiennent souvent le devant de la scène, ils s’appuient pourtant sur un réseau dense de partenaires industriels pour concevoir chaque véhicule. Ces partenaires, appelés équipementiers automobiles, sont au cœur de la fabrication des composants essentiels : du châssis à l’électronique embarquée, en passant par la sellerie ou les systèmes de sécurité. Les équipementiers sont des entreprises spécialisées dans la conception, la fabrication et l’assemblage de pièces ou de systèmes destinés aux véhicules.

Cela comprend aussi bien des éléments visibles comme les phares, pare-chocs, planches de bord, que des composants techniques ou électroniques liés à la connectivité ou à la sécurité. Leur contribution est devenue stratégique à l’heure où les attentes en matière de mobilité durable, de digitalisation et d’automatisation se renforcent.

Les Différents Rangs des Équipementiers Automobiles

La classification des équipementiers automobiles se fait en différentes catégories. En effet, il existe :

  • Les équipementiers de rang 1, qui travaillent en lien direct avec les constructeurs automobiles.
  • Les équipementiers de rang 2, qui fournissent des pièces, matières premières ou sous-ensembles aux équipementiers de rang 1.
  • Les fournisseurs de rang 2/N, quant à eux, fournissent des pièces et sous-ensembles aux fournisseurs de rang 1/N-1. Ils sont directement imposés ou non par les constructeurs.

Pour répondre aux exigences de flexibilité, de qualité et de délais, de nombreux fournisseurs déploient leurs sites de production à proximité des usines d’assemblage automobile, en France comme à l’international.

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Le Marché des Équipementiers

Le marché des équipementiers est structuré autour de deux principaux segments :

  • Les constructeurs automobiles, qui représentent environ 80 % de leurs débouchés. Ce marché, dit OEM (Original Equipment Manufacturer), est structuré autour des grands groupes comme Volkswagen, Stellantis, Renault-Nissan-Mitsubishi, Hyundai-Kia ou Toyota.
  • Le marché de la rechange, ou aftermarket, représente les 20 % restants. Il concerne les pièces destinées à la réparation, à l’entretien ou à la rénovation des véhicules existants. Moins sensible aux cycles de production automobile, ce segment est plus stable, bien que contraint par l’augmentation de la durée de vie des pièces.

Quelques acteurs majeurs du secteur

  • ZF Friedrichshafen (Allemagne) : Fondée en 1915, cette entreprise est un pilier des technologies de transmission et de châssis.
  • Magna International (Canada) : Présente dans plus de 25 pays, Magna conçoit des systèmes complets pour l’automobile, du groupe motopropulseur à l’électronique embarquée.
  • Continental AG (Allemagne) : Reconnue pour ses pneumatiques, Continental est également un acteur clé de l’électronique automobile, notamment dans les capteurs, les interfaces homme-machine et les logiciels embarqués.
  • Robert Bosch GmbH (Allemagne) : Multinationale fondée en 1886, Bosch intervient dans tous les domaines : moteurs, capteurs, logiciels embarqués, batteries.
  • Aisin Corporation (Japon) : Filiale du groupe Toyota, elle est spécialisée dans les transmissions, le freinage, les composants de confort automobile et les technologies de gestion thermique.

Les Équipementiers Français

Le développement historique des groupes PSA et Renault a donné l’occasion aux équipementiers mondiaux de s’implanter en France. Mais l’Hexagone compte plusieurs équipementiers français de rang 1 et de nombreux sous-traitants. Elles ont adapté leur stratégie aux besoins de la mondialisation et axent leur développement vers l’international, faisant de la recherche et de l’innovation le moteur de leur production.

  • Parmi les leaders français, Faurecia se situe au sixième rang mondial.
  • Valeo, onzième rang mondial, est le nouveau nom, depuis 1980, de Ferodo, une entreprise créée en 1923 par Eugène Buisson et dont la première usine se trouvait à Saint-Ouen.

L'Importance de la Recherche et Développement

Recherche et développement représentent 5 à 6 % du chiffre d’affaires des grands équipementiers automobile. De nouveaux enjeux apparaissent et, si l’habitabilité des voitures est toujours aussi décisive, la sécurité et la protection de l’environnement deviennent des priorités. Avec 5 à 6 % de leur chiffre d’affaires consacré à la R&D, les équipementiers jouent un rôle moteur dans l’innovation automobile. Cette part peut atteindre jusqu’à 10 % chez certains acteurs très technologiques.

Les Enjeux et Défis de l'Industrie Automobile

L'industrie automobile est à un tournant décisif, confrontée à une série de défis qui redéfinissent son avenir à l'horizon 2030 et au-delà.

  • La transition des véhicules à combustion interne vers les véhicules électriques (VE) est l'un des plus grands défis. Les constructeurs doivent investir massivement dans les infrastructures de production, améliorer l'autonomie des batteries, et s'assurer qu'un réseau de recharge adéquat est disponible pour soutenir cette transition.
  • Les régulations de plus en plus strictes en matière d'émissions de CO2 et de normes environnementales forcent les constructeurs à adopter des technologies de propulsion plus propres et à développer des matériaux recyclables et durables.
  • Le développement de véhicules autonomes représente un autre défi majeur. La mise en place de systèmes sophistiqués de capteurs, d'intelligence artificielle et de connectivité nécessite des investissements considérables.
  • Avec l'augmentation de la connectivité des voitures via l'internet des objets (IoT) et le développement des voitures autonomes, la cyber-sécurité devient un enjeu crucial.
  • La demande croissante pour des services de mobilité partagée, comme les voitures en libre-service ou les plateformes de covoiturage, force les constructeurs à repenser leurs modèles économiques traditionnels. L'accent passe de la simple vente de véhicules à la fourniture de solutions de mobilité intégrées.
  • Les perturbations récentes dues à des événements mondiaux, tels que la pandémie de COVID-19, ont souligné la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales.
  • Les consommateurs recherchent de plus en plus des véhicules personnalisables, équipés de technologies de pointe et offrant un confort accru.

Les Transformations Profondes du Secteur

Les transformations profondes (véhicule autonome et connecté, électrification et transition environnementale, services digitaux, usine du futur) demeurent mais leur hiérarchisation évolue. Le véhicule autonome recule dans l'échelle des priorités, la réponse à l'exigence environnementale l'emporte à court-moyen terme.

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La filière s'engage sur une trajectoire de transition énergétique des véhicules utilitaires légers (VUL) et des véhicules industriels (VI). Au même titre que les véhicules particuliers, il convient de réussir le décollage des véhicules utilitaires légers (< ou = 3,5 t) et industriels (> 3,5 t) zéro émission, pour anticiper les objectifs de baisse des émissions de CO2 prévus par la réglementation européenne.

D'un point de vue industriel, les évolutions en cours (baisse du diesel, remplacement progressif de moteurs thermiques par des moteurs électriques plus simples à assembler) mettent en cause plusieurs productions. En particulier, la fonte d'acier et d'aluminium, l'usinage et l'assemblage de pièces mécaniques spécifiques aux moteurs diesel (vannes, buses d'injection, pompes d'injection, carters de moteurs diesel, etc.) sont directement confrontés à des baisses de commandes de la part des constructeurs.

Les équipementiers automobiles et les sous-traitants de rang 2 et au-delà sont les plus concernés par ces tendances. Les sites d'assemblage de moteurs des constructeurs eux-mêmes intègrent en effet la production des nouveaux moteurs électriques, ou compensent la baisse des volumes de moteurs diesel par des commandes supplémentaires de modèles essence.

Les Perspectives de l'Électromobilité

Ces perspectives de développement de l'électromobilité soulèvent des défis majeurs : production d'électricité « décarbonnée », stockage de l'énergie, recyclage des batteries, dépendance stratégique vis-à-vis de fournisseurs étrangers …

Certains de ces défis pourront être levés par le développement des propulsions recourant aux piles à combustible mais la technologie de l'hydrogène doit encore satisfaire plusieurs conditions en termes d'investissement et d'innovation, qui retardent son déploiement effectif après 2030.

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L'Adaptation aux Nouveaux Marchés

Les entreprises indiquent qu'elles doivent s'adapter aux contraintes des nouveaux marchés en intégrant les référentiels et normes applicables. Certaines indiquent avoir pris la décision de se diversifier afin de diminuer leur taux de dépendance automobile.

Le Développement des Compétences

Il ressort également du diagnostic effectué par l'UIMM de l'Ain la nécessité de certains constructeurs et des sous-traitants de développer les compétences pour accompagner les mutations, notamment en électrique, électronique embarquée et de puissance, robotique, numérique, cyber-sécurité, mécatronique, plastronique, génie thermique, simulation de calculs, capteurs, caméras et traitement de l'image et du signal, Big Data, intelligence artificielle …

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