La pollution engendrée par les véhicules automobiles est un sujet préoccupant pour l’environnement et la santé publique. En matière de politiques publiques, les vieilles voitures ont été les premières à être dans le viseur, notamment dans le cadre de l’instauration des Zones à Faible Émissions (ZFE-mobilité).
Comprendre la Pollution Automobile
Les sources de pollution d’une voiture sont multiples, mais le moteur à combustion interne et le système d’échappement sont les principaux contributeurs aux émissions polluantes. Le type de moteur (essence ou diesel) et la technologie utilisée influencent les niveaux d’émissions. Les autres sources de pollution, comme la climatisation, les freins et les pneus, ont également un impact, bien que moindre.
Les principales sources de pollution :
- Moteur à combustion interne : Principal responsable des émissions de gaz à effet de serre, notamment le CO2.
- Système d’échappement : Émet des oxydes d’azote (NOx), du monoxyde de carbone (CO) et des hydrocarbures imbrûlés (HC).
- Système de climatisation : Consomme de l’énergie et utilise des gaz réfrigérants (HFC) qui contribuent à l’effet de serre.
- Freins et pneus : L’usure génère des particules fines, nocives pour l’environnement et la santé humaine.
Les SUV : Un Problème Croissant
Les SUV (Sport Utility Vehicles) ne sont pas sur la bonne voie en matière d'émissions de CO2, à tel point que certains modèles émettraient même davantage que des voitures de plus de 10 ans. Ils représentent plus de la moitié des ventes de véhicules dans le monde, et la situation est similaire en France. Selon un rapport de l’organisation Global Fuel Economy Initiative publié fin 2023, si les émissions de CO2 des véhicules ont baissé de 4,2 % entre 2010 et 2022, elles auraient pu chuter de 30 % supplémentaires sans la mode des SUV.
Les SUV thermiques émettent en moyenne 20 % de CO2 en plus qu’une berline, principalement en raison de leur poids : ils pèsent en moyenne 200 kg de plus qu’une voiture standard.
Impact des SUV sur les émissions de CO2 :
- Les émissions augmentent dans les zones urbaines où les SUV sont les plus populaires.
- Les SUV thermiques émettent en moyenne 20% de CO2 de plus qu'une berline.
- La masse moyenne des voitures en France a augmenté de près de 30% entre 1990 et 2022, atteignant 1 233 kg en 2022, en raison de la « SUV-isation » du marché.
Les SUV Électriques : Une Fausse Bonne Solution ?
En ce qui concerne les SUV électriques - dont les émissions de CO2 sont majoritairement émises lors de la production -, ils deviennent plus vertueux pour le climat par rapport à une voiture compacte diesel à partir de 100 000 kilomètres, contre 15 000 kilomètres pour une petite citadine électrique, selon l’Ademe. Car au-delà de leur impact carbone, les SUV électriques nécessitent 3 fois plus de cuivre et d’aluminium et 5 fois plus de lithium, nickel et cobalt qu’une petite citadine électrique, selon les calculs du WWF.
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Si la part des SUV continue à croître, ils risquent de provoquer des pénuries en métaux critiques et de menacer la transition du parc automobile tout entier, même en considérant les objectifs annoncés de recyclage de ces métaux, souligne l’ONG.
La Pollution de l'Air et les Particules Fines
Les ZFE-m visent à réduire la pollution de l’air en ville, comme les particules fines ou le dioxyde d’azote. La généralisation des filtres à particules a permis aux voitures récentes d’être plus vertueuses. C’est pourquoi les vieilles voitures - plus polluantes - sont les premières exclues des ZFE.
Il existe une autre pollution produite par les voitures lorsqu’elles roulent : celle « hors échappement », provenant de l’usure des freins, des pneus et de la route. Cette abrasion émet des poussières contenant des éléments métalliques et du carbone, qui représentait en France, en 2019, plus de la moitié des particules émises par les transports routiers, selon l’Ademe.
Plus une voiture est lourde, plus elle use les pneus et la route. En matière de pollution de l’air, l’avantage des SUV électriques est donc moins net qu’une petite voiture thermique récente.
Les études ne montrent « pas d’écart significatif d’émissions totales de particules entre les véhicules électriques à forte autonomie et les véhicules thermiques neufs actuels qui n’émettent quasiment plus de particules à l’échappement », souligne l’Ademe.
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La Vignette Crit'Air : Un Outil de Régulation
La vignette Crit'Air constitue un outil essentiel dans la lutte contre la pollution atmosphérique, jouant un rôle crucial dans la régulation du trafic urbain et les pics de pollution. Son adoption s'inscrit dans le cadre des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la qualité de l'air dans les centres urbains.
La vignette Crit'Air est donc un certificat qualité air qui classe les véhicules en fonction de leur niveau de pollution. Pour rappel, ce système de classification, mis en place en France, vise à réguler l'accès des véhicules aux zones urbaines, en fonction de leur impact écologique.
Classes de la vignette Crit'Air :
- Classe 0 : Véhicules électriques et véhicules les moins polluants (véhicules gaz et hybrides).
- Classe 5 : Véhicules les plus anciens et les plus polluants.
Il est impératif de se conformer aux exigences de la vignette Crit'Air pour éviter les sanctions potentielles. Les exigences de conformité varient en fonction des zones urbaines et des réglementations locales. Le non-respect des restrictions de circulation peut entraîner des sanctions financières, sous forme d'amendes pour pollution.
Alternatives et Solutions pour une Mobilité Durable
Pour le climat comme pour la pollution de l’air, il est nécessaire que les véhicules lourds - y compris électriques - appuient sur la pédale de frein. L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a elle-même appelé à sévir contre ces gros véhicules.
La Fabrique des Mobilités propose de rétrograder les véhicules thermiques lourds de plus de 1 400 kg et de bonifier les voitures thermiques légères classées Crit’Air 3, en Crit’Air 2. L’UE a acté la fin de la vente des véhicules thermiques neufs d’ici 2035.
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Mesures pour réduire la pollution automobile :
- Réduire la taille des véhicules.
- Diminuer le besoin de voiture.
- Utiliser d’autres modes de transport.
Top 10 des Voitures les Plus Écologiques en 2025 (Selon Différents Classements)
- BYD Atto 3
- Mini Cooper SE
- VW ID.5 Pro Performance
- Nissan Ariya
- Nissan Leaf
- Toyota bZ4x
- Mazda MX-30 EV
- Tesla Model 3
- Kia Niro hybride
- Ford Puma, Toyota Aygo ou Skoda Fabia (voitures thermiques bien cotées)
Il n’y a pas que le choix de la voiture qui va avoir un impact sur la pollution de votre mobilité :
- Type de véhicule : Avez-vous vraiment besoin d’un SUV pour vos trajets essentiellement urbains ?
- Utilisation : Prendre la voiture lorsque c’est vraiment nécessaire.
- Puissance : Avez-vous vraiment besoin d’autant de chevaux sous le capot ?
Les SUV : Un Triomphe qui Pose Problème
La voiture moyenne des Français est de plus en plus grosse, coûteuse et polluante. Face à l’urgence climatique, le triomphe du SUV apparaît comme un non-sens. En France, les ventes de SUV ont été multipliées par 10 en quinze ans et représentent aujourd’hui près de la moitié des ventes de voitures neuves.
Un SUV consomme environ 15% de plus qu’une voiture standard. Du côté du climat, les SUV ont constitué, ces 10 dernières années, la 2ème source de croissance des émissions de CO2 françaises, derrière le secteur aérien.
Les SUV ne constituent qu’une offre familiale par défaut, qui s’est imposée au détriment de l’offre traditionnellement dédiée aux familles, à l’image des monospaces dont les ventes ont chuté de 20 % à 2% du total en 15 ans.
La Fiscalité et l'Incentive à la Transition
Une taxe sur le poids des voitures a été créée, comme le demandait le WWF France, et sera renforcée au 1er janvier 2025. Comme le WWF France le demandait après avoir publié plusieurs études sur les SUV, la France prélèvera depuis 2022 une taxe sur la masse des voitures dont le seuil de déclenchement sera abaissé à 1,6 en 2025.
Cette mesure permettrait également de générer des recettes fiscales supplémentaires : près de 1,8 milliards.
Voiture Électrique : Pas Toujours une Solution Parfaite
Ce n’est pas parce qu’une voiture est électrique qu’elle n’a aucune empreinte carbone. Pour une voiture électrique (qui émet très peu de CO2 en roulant), les émissions liées aux étapes de fabrication et de fin de vie, représentent environ 80 % de son empreinte carbone.
Par ailleurs, les SUV électriques consomment jusqu’à 5 fois plus de métaux critiques (cuivre, lithium, nickel, cobalt) que les petites citadines électriques, menaçant ainsi la transition écologique. Le WWF France appelle donc à des mesures visant à réduire la taille des véhicules électriques, ce qui pourrait abaisser de 40 % la demande en batteries d’ici 2035.
La voiture électrique n'est pas nécessairement vertueuse d'un point de vue environnemental. D’un point de vue des émissions de gaz à effet de serre, le constat est sans appel : en France, une voiture électrique émet en moyenne 3 fois moins de GES sur son cycle de vie.
Autrement dit, nous ne pourrons pas nous satisfaire d'un avenir pavé de SUV électriques. C'est pourquoi la voiture électrique doit être développée dans un cadre bien précis : d'abord, nos formes de mobilités doivent évoluer vers plus de sobriété. Ensuite, notre mix énergétique doit tendre vers un avenir 100% renouvelable.
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