Lorsque la France entre en guerre en septembre 1939, son effort de réarmement depuis l’adoption des premiers matériels nouveaux modèles 1935 a été considérable : plus de 2 700 engins de combat modernes - chars et automitrailleuses - ont été livrés en quatre ans par les usines françaises.
Cet effort, à la fois méconnu et totalement occulté par le désastre, n’est pas une génération spontanée. Selon l’adage romain : « si tu veux la paix, prépare la guerre ! ». Aussi, dès la fin de la Première Guerre mondiale, les stratèges préparent la suivante. L’après-guerre marque l’entrée dans le XXe siècle de la science militaire. Pour remplacer le cheval, on invente des véhicules dont les performances en franchissement sont équivalentes, et bien supérieures en termes de poids transporté.
Les véhicules de l’armée française de 1940 sont excessivement rares, les exemplaires survivants des combats ayant été récupérés par l’ennemi et utilisés sur d’autres champs de bataille.
De la Jeep au camion lourd, toutes sortes de véhicules furent utilisés durant la guerre. Ils sont aussi disparates que passionnants. Liste des automobiles, camions, transports de troupes, véhicules de soutien, automitrailleuses, chenillettes, motos et transports amphibies.
L’aviation, nouvel élément décisif de la guerre, fut énormément utilisée durant tout le conflit. Explorez ce dernier au travers des appareils qui le composaient. Au menu : cuirassés, croiseurs, porte-avions et porte-hydravions, destroyers, torpilleurs, submersibles, corvettes, escorteurs, frégates, dragueurs de mines, avisos, patrouilleurs et navires de débarquement. Royal Navy, Kriegsmarine, Royale, ce sont des noms célèbres mais dont les particularités sont souvent méconnues.
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Présentés un à un sous une forme encyclopédique, tous ces matériels sont réunis ici en un panorama absolument complet : 100 engins principaux (chars de combat et automitrailleuses) et 284 variantes et matériels dérivés (transports de troupes, poseurs de pont, chars saute-mines, etc.).
Durant la Grande Guerre, Laffly, fidèle à sa vocation d'origine, ne fournit à la défense nationale que des... rouleaux compresseurs. Mais dès la fin des années vingt, le constructeur séduit l'armée avec son "camion rapide" LC2. Puis survient l'achat, tenu secret, du brevet de l'ingénieur autrichien Hollos qui va propulser Laffly au firmament des spécialistes du véhicule tous terrains.
En 1896, la "Commission Militaire des Automobiles" est créé. Elle est présidée par le Général Lambert, Directeur de la Section Technique de l'Artillerie. Les grandes manoeuvres de 1897 voient véritablement le premier usage d'un véhicule automobile dans l'armée française.
A partie de 1898, la commission s'associe aux concours automobiles organisés par l'Automobile Club de France et envoie des délégations aux Salons de l'Automobile de Paris. Les militaires souhaitent s'informer des progrès techniques de ce moyen de transport. En 1902, est publié une note portant "Instruction sur l'emploi des automobiles dans les quartiers généraux pour les manoeuvres et voyages d'état-major". En 1905, l'Automobile Club de France organise des tests destinés pour la première fois aux expérimentations militaires de camions.
Entre Août et Décembre 1914, près de 15.000 véhicules civils furent réquisitionnés par l'armée française et ré-immatriculés. Les 1°, 2°, 6°, 20° et 21° régions militaires n'ont pas utilisées les lettres de réquisitions car les véhicules concernés étaient situés dans la zone des armées et ont été directement immatriculés dans le système militaire. L'Algérie a fourni des véhicules dont on ne peut certifier s'ils ont porter la lettre correspondante.
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Il fallait identifier les véhicules déjà en usage ainsi que tous ceux à venir afin de gérer au mieux l'affectation et l'entretien. C'est à ce moment que fut décidé de la création de la série numérique, à la fin de novembre 1914. Dès ce moment et jusqu'au 1er trimestre de 1915, la priorité fut de recenser les véhicules en service au niveau le plus bas, les SAA.
En dehors du système numérique mis en place, il est bon de rappeler que la réquisition est utilisée tout au long de la guerre. Les réquisitions étaient organisées au niveau de la Région Militaire. Une instruction de l'Etat-major prévoyait que les véhicules réquisitionnés devaient prendre une immatriculation spéciale, consistant en une lettre caractérisant la région militaire, suivie d'un numéro de série. Au tout début de la guerre, la disposition ne fut pas appliquée. Ce fut vers la mi-1915 que les services automobiles de l'intérieur eurent terminé de réimmatriculer avec le format de réquisition.
Le Dépôt de Matériel Automobile et de Personnel (DMAP) est une entité à vocation nationale ayant pour but la réparation, le reconditionnement ou la transformation de véhicules non neufs. Les camions affectés à cette entité pour l'entraînement des conducteurs avaient une immatriculation distincte représentée par les lettres DMAP suivies d'un numéro de série dans les séquences 1000 ou 2000.
Les chars de combat de l'armée française n'ont pas été enregistrés dans les systèmes des commandes militaires de 1923 à 1945 mais ont fait l'objet d'un système qui leur est propre. Le décret du 31 décembre 1922 redéfini les règles d'attribution des immatriculations des véhicules en services dans les armées. Un drapeau III précède 1 à 5 chiffres en blanc sur fond noir, attribués par tranches aux différents constructeurs selon les marchés. Ces immatriculations sont reprises dans le GBM n° 3 où François Vauvillier présente un dossier exceptionnel d'une centaine de pages.
A cette époque, des différences intéressent les immatriculations militaires utilisées dans les colonies et mandats français. La tranche de 1 à 2000 a été principalement affectée au Levant (Syrie et Liban), celle de 4001 à 5000 à l'Algérie et la Tunisie et celle de 6001 à 8000 au Maroc. Le système d'immatriculation étant épuisé 15 ans après sa création, l'arrêté du 16 avril 1938 prévoit qu'un M précède le même ensemble.
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De septembre à décembre 1939, près de 290.000 véhicules civils sont réquisitionnés. Les véhicules sont repeints et réimmatriculés dans des séries ou une lettre et une tranche numérique caractérisent la Région Militaire. Lors de la signature de l'armistice du 22 juin 1940 signé entre le régime de Vichy et l'occupant, le lieutenant-colonel Mollard, chef du CDM (Camouflage Du Matériel) va redonner une immatriculation civile à des milliers de véhicules réquisitionnés afin d'affaiblir l'occupant. La note du 4 juillet 1940 instaure un système d'immatriculation inédit d'apparence civile. En 1939 et 1940, des véhicules ont été immatriculés à Paris avec un préfixe DP (Défense Passive).
A partir de 1942, les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord ajoutaient les lettres FFL devant le drapeau pour différencier leurs véhicules avec ceux du régime de Vichy. Suite au accords de la conférence interalliée de janvier 1943, plus communément appelés accords d'ANFA, définissant le réarmement de l'armée française d'Afrique et la dissolution de l'armée d'armistice, la France Libre bénéficie du prêt-bail. Le réarmement en matériel américain avait été étudié dès le mois de novembre 1942 et prévoyait alors la constitution de 8 divisions d'iinfanterie et de 3 divisions blindées. Dans les faits, 5 divisions d'infanterie et 3 divisions blindées seront constituées et la première tranche de livraison effectuée courant août 1943 permettra d'armer le Corps Expéditionnaire Français en Italie.
La DM n° 01660 31/DGM du 8 novembre 1944 unifie toutes les immatriculations antérieures des véhicules de l'armée française, qu'il s'agisse d'engins de commandes militaires anciennes, de réquisition ou de prise. Ceux livrés en Afrique du française du Nord par les Américains au titre du prêt-bail et ceux de provenance alliée affectés par le centre de répartition du matériel allié à Angers sont exclus de cette réforme.
Du fait des circonstances dues à la régularisation des unités des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), le système de 1944 avait été établi sur une base régionale, chaque Région Militaire disposant de son propre registre, un double étant destiné à l'administration centrale à Paris avec mise à jour mensuelle. En 1947, la gestion des immatriculations relève uniquement de l'administration centrale. Dès lors, les lettres préfixes des RM disparaissent. Cependant, il est important de préciser qu'il ne s'agit que d'une vision partielle de ce système.
De plus, pour l'Armée de l'Air et la Marine, le deuxième chiffre est obligatoirement un 3 (Air), ou un 4 (Mer). Mais la présence du chiffre 3 en deuxième position ne signifie pas obligatoirement que le véhicule appartient à l'armée de l'air et ce principe se confirme également pour le chiffre 4.
A partir de 1960, tout véhicule automobile, remorque ou semi-remorque d'un poids total en charge supérieur à 50 kilogrammes doit être muni à l'avant et à l'arrière de plaques de contrôle dites plaques d'immatriculation. Les remorques, semi-remorques et motocyclettes ne sont munies que de la plaque arrière. Ces plaques reçoivent le numéro d'immatriculation qui doit être précédé d'une bande tricolore (bleu, blanc, rouge) symbole de la nationalité.
Les véhicules automobiles dépendant du Ministère de la Défense sont immatriculés dans une série particulière comprenant les véhicules des armées de terre, mer, air et services communs. Tout véhicule reçoit un numéro d'immatriculation à 7 chiffres jusqu'en 1979, à 8 chiffres à partir du 1er janvier 1980. L'instruction n° 19600/DEF/SIMMT/SDTL/BEQT relative à la mise en oeuvre de la gestion logistique des biens du milieu terrestre du 22 avril 2014 défini le nouveau champ d'uilisation des immatriculations militaires. Le numéro d'immatriculation est propre à chaque MOA, grands services ou directions et les registres sont détenus par le SIMMT. Le premier chiffre de l'immatriculation est soit dédié à chaque MOA, grand service ou direction, soit commun à certains d'entre eux si le volume du parc est moins significatif.
Grâce à l'insistance des alliés occidentaux, la France finit par obtenir une zone d'occupation en Allemagne qui lui soit propre, y compris dans l'ancienne capitale du Reich. Au début de cette période les matériels roulants de ce qu'on appelle les troupes d'occupation en Allemagne (TOA) sont constitués de véhicules américains équipant les forces françaises, auxquels s'ajoute des véhicules de prise récupérés dans les dépôts de l'ex-armée allemande. A partir de 1946, les usines automobiles d'outre-Rhin recommencent à produire des véhicules qui sont des modèles de la période de guerre. Le gouvernement ouest-allemand est financièrement mis à contribution par le biais d'indemnités journalières destinées à l'entretien des troupes d'occupation. Les sommes attibuées aux Forces Françaises en Allemagne et en Autriche selon l'appellation adoptée en 1954, sont dépensées sur place et permettent des commandes importantes et variées. L'économat des FFA, organisme miltiaire soutenant aussi bien la troupe que les familles en garnison, mettra en oeuvre un parc important de matériels, le plus souvent d'origine française. Certaines catégories d'engins spécialisés en sont pas immatriculés dans les système numériques standards à six, sept ou huit chiffres mais dans une série alpha-numérique comportant une lettre et six chiffres.
| Titre | Sujet |
|---|---|
| L’automobile sous l’uniforme 1939-1940 (1992) | Automobile militaire française |
| Tous les ... (collection) | Constructeurs ayant travaillé pour la Défense nationale |
| GBM (trimestriel) | Automobile militaire française |
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