La Coccinelle Volkswagen fait partie des voitures les plus vendues de l'histoire. Mais comme les autres, elle a dû prendre sa retraite. C'était il y a 20 ans, la production de la Coccinelle au Mexique prenait fin après avoir été produite à plus de 21,5 millions d'exemplaires. C'était la fin d'une époque.
Un Modèle Iconique
Voulue par Hitler avant la Seconde Guerre mondiale, et née du génie automobile de Ferdinand Porsche, son ancêtre, la bonne vieille et inusable Coccinelle comme on l'appelle en France, avait fini sa carrière en 2003 après 70 ans de carrière et un total de 21 millions de modèles fabriqués. Ses derniers exemplaires avaient, eux aussi, quitté ces mêmes lignes d’assemblage mexicaines.
Née dans un contexte trouble pour servir au projet idéologique du troisième Reich, rien ne prédestinait la Volkswagen à devenir une icone automobile, la voiture la plus produite de l’histoire. En 1933, lorsque Adolf Hitler accède au pouvoir, l’automobile est encore hors de portée des travailleurs.
Les Débuts de la Volkswagen
C’est dans ce contexte que le chancelier allemand déclare vouloir motoriser les allemands avec une automobile à 1.000 Reichsmark. La tâche est ardue, d’ailleurs, aucun des grands constructeurs allemands ne veut s’y tenter, que ce soit Mercedes-Benz, AutoUnion ou Adler… C’est le cabinet de Ferdinand Porsche qui s’y attèle, le 22 juin 1934, il s’engage à livrer un prototype dans un délai de dix mois. En janvier 1937, les premiers prototypes de la Volkswagen sont validés, l’heure est à la production d’une trentaine de modèles pour subir d’intenses essais.
Pour la Volkswagen, on imagine une usine dédiée avec une ville autour, on choisi un site en Basse-Saxe pour sa proximité avec une autoroute et un canal, la première pierre de l’usine est posée le 26 mai 1938. Pour cette occasion, trois modèles de pré-séries sont présents, il faut désormais l’appeler KdF-Wagen, quant à la future ville, ce sera KdF Stadt.
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En février 1939, la KdF-Wagen est présenté lors du salon de Berlin, les autorités annoncent les premières livraisons à partir du mois d’août au prix de 990 RM. Les délais ne seront pas tenus, l’invasion de la Tchécoslovaquie qui a débuté en septembre 1938 détourne la main d’œuvre disponible, puis la Seconde Guerre Mondiale ne libéra pas les hommes réquisitionnés.
En avril 1945, devançant de peu les soviétiques, l’armée américaine entre dans KdF Stadt, prend le contrôle de l’usine en grande partie détruite. Après la capitulation de l’Allemagne, le secteur de KdF Stadt est occupé par l’armée anglaise qui renomme rapidement la ville en Wolfsburg, du nom d’un château voisin.
La Renaissance de la Coccinelle
Le Major Yvan Hirst est mis à la tête de l’usine de Wolfsburg, avec la mission d’utiliser le site pour y réparer les matériels alliés. Il y trouve une poignées d’employés qui remontent la KdF-Wagen, qui retrouve rapidement son nom originel Volkswagen à partir de pièces retrouvées ici et là. Hirst est convaincu tant par la voiture qui lui est présentée que par la volonté du personnel.
Fin 1945, la production de la Volkswagen est relancée, les premiers exemplaires portent le typ 51 et sont assemblés avec des trains avant de Kübelwagen dont les outillages avaient été épargnés, contrairement à ceux de la KdF-Wagen. Le modèle retrouve rapidement son train avant début 1946, elle est alors nommé Volkswagen Typ 11.
En 1948, il faut décider du sort de l’usine, elle est proposée clé en mains aux constructeurs anglais, puis à l’américain Ford. Tous refusent de la reprendre. Cette année, on place Heinrich Nordhoff à la tête de Volkswagen, l’homme est un ancien de chez Opel et habitué aux méthodes de production et de commercialisation à l’américaine. Il a pour mission de faire de Volkswagen un constructeur durable.
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Si les premières vente hors d’Allemagne avaient été faite dès 1947 vers le Bénélux, Nordhoff va demander la conception d’une Volkswagen Export, mieux équipée, pour partir à la conquête du monde. Entre temps, Nordhoff continue son travail sur l’exportation. Après les Pays-Bas en 1947, les premières Volkswagen arrivent en Suisse, en Belgique et en Suède en 1948.
Expansion Mondiale
Misant sur l’exportation et les ventes à l’étranger, Volkswagen inaugure en 1950 une première usine d’assemblage hors d’Allemagne. Elle est située en Irlande et est l’œuvre de Stephen O’Flaherty qui y assemble des Volkswagen expédiées en CKD pour contourner les droits de douanes. Un modèle qui fera des émules : août 1951 en Afrique du Sud, Brésil en 1953, l’Australie à partir de juin 1954… En 1952, c’est déjà 40% de la production Volkswagen qui se fait hors de Wolfsburg.
L’intuition de Nordhoof et le travail des équipes de Volkswagen est rapidement récompensé puisque la voiture atteint des chiffres de productions toujours plus importants. Volkswagen célèbre la 100.000ème Cox produite le 04 mars 1950, en octobre 1951, c’est la 250.000ème produite.
Évolutions et Innovations
Le 10 mars 1953, la Volkswagen évolue. Légèrement. La lunette arrière devient ovale et d’une seule pièce, les feux arrière changent de forme, et des déflecteurs apparaissent sur les portières. Sur le plan mécanique, la boite de vitesses est désormais synchronisée (sauf la première), le moteur passe à 1.192cm3 pour 30Ch à la fin de l’année 1953, et les roues passent du 16 au 15 pouces.
A la fin de l’année 1955, Volkswagen va viser le marché américain, à cette époque, tous les constructeurs européens rêvent de s’y implanter au vu des volumes de ventes annuels qui sont sans commune mesure avec les volumes européens, sans oublier que le client américain dispose d’un fort pouvoir d’achat.
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C’est encore une évolution à la marge, mais le modèle se vend à merveille, à quoi bon lui apporter une évolution notable ? En 1957, c’est 450.000 Cox qui sortent d’usine, 575.000 l’année suivante, et presque 740.000 en 1959…
En 1968, la Volkswagen reçoit des pare-chocs plus massifs avec une bande en plastique noir au milieu. Les phares sont désormais verticaux et non plus inclinés dans le prolongement de l’aile avant, et les feux arrières sont agrandis et prennent une forme de fer à cheval. Une évolution qui permet à la Cox de répondre aux nouvelles normes américaines.
Volkswagen 1302 et 1303
A l’été 1970, Volkswagen dévoile la 1302, une belle évolution de la Cox avec un tout nouveau train avant à jambes McPherson et un train arrière à bras obliques. A l’été 1972, en prévision de futures normes américaines, la Cox évolue une nouvelle fois avec l’adoption d’un pare-brise bombé, d’un tableau de bord rembourré, et des faux arrières encore plus grands, les fameux « pied d’éléphant ».
La Fin de la Production en Allemagne
En 1968 et 1973, la Volkswagen vit ses meilleures années, c’est 1,2 million d’unité produites chaque année. Mais le modèle commence à porter le poids des ans, surtout que l’on annonce une nouvelle Volkswagen qui viendra remplacer la Cox : la Golf. Dévoilée en 1974, il faut faire de la place au sein des usines allemandes de Volkswagen, c’est pourquoi le 1er juillet 1974, la production de la Cox cesse à Wolfsburg. En janvier 1978, c’est la dernière Cox allemande produite à Edem. Reste encore les cabriolets produits à la marge chez Karmann jusqu’au 10 janvier 1980.
La Cox ne se retire pas pour autant du marché européen, Volkswagen continuera de la distribuer en l’important du Mexique. La Golf première du nom apparaît en 1974 et révolutionne son segment.
Survie et Déclin
La Cox survit encore sur les marchés émergents, Mexique et Brésil en tête. On la trouve également produite au Nigéria jusqu’en 1989, au Brésil où elle sort de l’usine de Sao Bernardo do Campo jusqu’en 1996. La Volkswagen dépasse les 21 millions d’unités en 1992, la voiture connait un regain d’intérêt au début des années 1990. A partir de 1996, la Cox fait de la résistance au Mexique, il s’en écoule entre 30.000 et 40.000 unités par an, 24.000 en 2002.
Finalement, le 30 juin 2003, le 21.529.464 et dernier exemplaire de la Cox sort. Après presque 60 ans de production, sept générations de modèles et un total de 21 529 464 véhicules produits, la dernière Volkswagen Coccinelle est sortie des chaînes de montage de Puebla, au Mexique, le 30 juillet 2003.
La "Coccinelle du Mexique"
Depuis 1967, des Coccinelles étaient également construites dans l'usine Volkswagen mexicaine. En plus des modèles d'exportation, la Coccinelle 1600, dite "Coccinelle du Mexique", fut construite à partir de 1970. Elle était en fait uniquement destinée au marché local, mais était également exportée vers d'autres pays par des entreprises privées.
La Coccinelle du Mexique a cependant subi une dernière modification esthétique. La série spéciale "Última Edición" éditée en guise d'adieu fut rapidement épuisée. La rare dernière édition de la Coccinelle a été embellie par des pneus classiques à flancs blancs avec des enjoliveurs, des baguettes décoratives et des boîtiers de rétroviseurs chromés. L'écusson de Wolfsburg sur le volant et l'emblème "Última Edición" sur la boîte à gants sont également des signes distinctifs. Quelques véhicules ont été livrés en Allemagne, ainsi que la toute dernière Coccinelle jamais construite qui est exposée au ZeitHaus de l'Autostadt à Wolfsburg.
L'Adieu Mexicain
Au son des mariachis, les ouvriers de Volkswagen (VW) ont célébré la fin d’un modèle historique, lancé à la fin des années 1990 par Ferdinand Piech, l’ex-patron du groupe VW, fabriqué à près de deux millions d’unités dans cette usine. Les 65 dernières Coccinelles de l'histoire, numérotées de 1 à 65 en référence au 65 ans de présence de Volkswagen au Mexique, ont été vendues uniquement sur internet au prix de 21.000 dollars (environ 18.500 euros).
Le tout dernier exemplaire de la mythique Coccinelle de Volkswagen est sorti mercredi de son usine mexicaine de Puebla (centre) mettant un point final a plus de sept décennies qui ont marqué l'histoire de l'automobile, a constaté l'AFP. Au son des mariachis et après avoir roulé quelques mètres sous les applaudissements, la voiture de couleur bleu métallisé a été immortalisée par les caméras, entourées par les ouvriers de ce site qui a produit plus de 1,7 million de "new beetle" depuis 1997. "Gracias Beetle", pouvait-on lire sur les t-shirts des travailleurs de l'usine, qui ont assemblé cet ultime exemplaire de la "Final Edition" en sept heures.
Le constructeur allemand avait prévenu en septembre 2018 de la fin annoncée de ce modèle mythique.
La New Beetle
En 1998, Volkswagen décide de faire renaître le mythe : la New Beetle voit alors le jour, reprenant la forme envoûtante de sa légendaire ancêtre sans pour autant constituer un « remake » de la version originale. Il s'agit d'un véhicule résolument novateur et moderne : fonctionnel, doté d'un haut niveau de confort et des systèmes de sécurité les plus avancés. Les dimensions intérieures sont significativement plus grandes que celles de la Coccinelle et aucune pièce n'est commune avec sa prédécesseure.
Héritage et Influence
En plus de 80 ans, la petite citadine de Ferdinand Porsche a conquis des millions de conducteurs à travers le monde. Même au sein de nos équipes d’ingénieurs et de designers, nous nous efforçons chaque jour de rendre hommage au premier modèle de la marque. Ainsi, tous nos modèles, même les plus actuels, comme le T-Roc 2024, font écho à la Coccinelle.
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