L'histoire de Volvo Cars débute dès 1927, lorsqu'un certain Assar Gabrielsson, alors directeur de SKF, une fabrique de roulements à billes, décide de se lancer dans la production automobile. Après avoir fabriqué deux exemplaires, il fut décidé que Volvo, l'une des filiales de SKF de l'époque, se chargerait de la production automobile. Pour la petite histoire, Volvo signifie en latin « je roule », un nom qui collait tout à fait au projet initié par M. Suivirent les berlines 144 (1966) et 244 (1974) et leurs imposants pare-chocs en aluminium qui ont contribué au succès de la marque.

Volvo produit depuis plus de 90 ans des véhicules dédiés à la sécurité. C'est l'une des marques qui s'est le plus impliquée dans la protection de ses occupants. Avec sa réputation de sécurité et de fiabilité et ses modèles aux lignes ultra modernes, Volvo s'est taillé une place de choix sur le marché automobile premium. Malgré le rachat par Ford en 1999 et le Chinois Geely en 2010, la philosophie de Volvo n'a pas changé et reste dédiée à la sécurité. La marque s'est d'ailleurs fixé comme objectif que d'ici 2020, aucun mort sur la route n'impliquerait une Volvo. Un défi de taille !

La Volvo 240 : Une icône de sécurité et de fiabilité

S'il est une voiture dont le nom évoque la sécurité et la fiabilité, c'est la Volvo 240. Ainsi, dès 1974, la Volvo 240 est la première voiture à intégrer la notion de sécurité passive. Tandis qu'à l'époque certains constructeurs pensaient qu'il valait mieux que les passagers soient éjectés dans le crash, Volvo aménageait des zones de déformation de la carrosserie pour mieux absorber les chocs. Aujourd'hui tous les constructeurs ont admis et développé l'idée, approuvée par les chiffres de mortalité.

Mais Volvo avait encore d'autres idées : la colonne de direction déformable et téléscopique qui évite de s'écraser sur le volant, les fixations du moteur conçues pour qu'il passe sous l'habitacle en cas de choc frontal, les barres de renfort des portes qui permettent de pouvoir ouvrir encore les portières même après un gros choc. Plus loin encore, les freins à disques ventilés avant sont à 4 pistons, un système croisé de double circuit de freinage permettant de toujours avoir un freinage satisfaisant même si l'un des deux circuits est défectueux.

De larges pare-chocs permettent d'absorber les collisions à faible vitesse sans que l'auto ni les passagers n'en souffrent (adoption de la norme américaine des 5 miles). Le réservoir est placé de telle façon qu'il ne peut pas être atteint en cas d'accident et sera éjecté en cas de tonneau. Le tuyau du réservoir est en plastique souple et déformable afin de maintenir le réservoir étanche en toute circonstance. Bref, la Volvo est conçue pour être sûre, la plus sûre au monde.

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Equipée d'un 4 cylindres de 2,1 litres (notre modèle) ou 2,3 litres placé en arrière du train avant, elle est très stable et neutre grâce à cette solution qui offre une répartition des masses idéale (51 % à l'avant, 49 % à l'arrière). Pour celui qui voudrait s'amuser, un simple coup sur l'accélérateur peut faire dériver l'arrière sans qu'il se dérobe, et un coup de frein remet tout en ligne. En dehors de ça, elle est d'une rigueur absolue sur route, y compris en cas de crevaison.

La boite de vitesse a été conçue pour résister à une puissance de 300 chevaux alors que les moteurs ne développent que 100 à 155 chevaux. Le cahier des charges du moteur est de pouvoir atteindre 500 000 km. 14 couches de peinture la mettent hors de portée de la corrosion, et le circuit de ventilation passe par les bas de caisse afin que l'eau n'y stagne pas. A voir ses dimensions on pourrait la croire difficile à manier. Mais avec un diamètre de braquage de 9,8m, soit moins que n'importe quelle citadine, elle est déconcertante de facilité à garer. Quant à l'habitabilité du break, il suffit de regarder la longueur de la vitre arrière et la longueur du porte-à-faux pour comprendre qu'on peut installer un lit dans le coffre. Son poids (pour la berline) est cantonné à 1300 kg, ce qui en fait une voiture assez légère, et donc véloce. A ses lignes rectangulaires on la croirait peu aérodynamique, mais elle a tout de même été étudiée. Ainsi conçue, la Volvo 240 a une longévité de 22 ans en moyenne ! Un record.

La Volvo 240 Turbo : Une brique volante sur les circuits

Lorsque Volvo lança en 1981 sa familiale 240 équipée d’un moteur turbo, un tout nouveau marché s’ouvrit à la société. Preuve était faite que Volvo était non seulement capable de construire des voitures sécurisées et durables, mais également rapides et plaisantes à construire. Robuste moteur turbo, le B21ET 2,1 L générait 155 ch, ce qui lui permettait de passer de 0 à 100 km/h en 9 secondes et d’afficher une vitesse de pointe de 195 km/h.

Une certaine 240 Turbo Groupe A a également connu un vif succès qui a permis à Volvo d'emporter en 1985 le championnat d'Europe des voitures de tourisme. 1985 fut une grande année pour Volvo en termes de sport automobile. Surnommée « The flying brick » (la brique volante), la Volvo 240 Turbo remporta le Championnat d’Europe des Voitures de Tourisme ETCC et son équivalant allemand, le Championnat Allemand des Voitures de Tourisme DTM.

En 1982, de nouvelles réglementations concernant le Groupe A apparurent. Les véhicules utilisés pour la compétition devaient directement provenir de la chaîne de production et ne pouvaient subir qu’un nombre limité de modifications. Afin de se conformer aux exigences du Groupe A, au moins 5 000 voitures furent construites chaque année. Elles devaient posséder au minimum quatre places et afficher un poids lié aux performances du moteur. Les réglementations exigeaient également la construction de 500 nouveaux modèles, c’est pourquoi la 240 Turbo Evolution fut créée.

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En juillet 1983, les 500 modèles furent dispersés entre la côte Est et Ouest des États-Unis et inspectés afin de s’assurer de leur conformité. En 1984, la Volvo 240 Turbo commença véritablement à concourir dans la catégorie Groupe A. Volvo était en charge de sa construction et devait s’assurer que l’ensemble des composants étaient conformes. Plusieurs équipes indépendantes s’affrontaient. La première année fut couronnée par deux victoires. Les suédois Ulf Granberg et Robert L.

Les espoirs de Volvo grandirent à partir de 1985. L’équipe suisse Eggenberger Motorsport participa à l’ETC sous le nom de Volvo Dealer Team Europe. Elle se composait des pilotes Thomas Lindström de Suède, Sigi Müller Jr. Par ailleurs, IPS Motorsport participa au DTM. Pour la nouvelle saison, Per Stureson courait au volant d’une nouvelle voiture plus compétitive qui bénéficiait de plus de puissance et d’une meilleure maniabilité.

Au premier aperçu, le public et les challengers ne prirent pas vraiment au sérieux le « bloc » de Volvo. La version de course de la Volvo 240 Turbo possédait des culasses en aluminium et des pistons, des bielles de liaison et des vilebrequins forgés. L’injection fonctionnait via un système Bosch Kjetronic construit sur-mesure et le turbo Garrett montait jusqu’à 1,5 bar. Tous les éléments détachables tels que les portes ou le capot étaient fabriqués à partir de feuilles de métal plus fines que celles présentes sur le véhicule de production. L’essieu arrière pesait six kilos de moins, et les freins comptaient quatre étriers à pistons et des disques ventilés.

Le 13 octobre 1985, juste après le Grand Prix du Portugal à Estoril, c’était terminé. Comme si l’ETC et le DTM ne suffisaient pas, Volvo a également dominé en 1985 le Championnat des Voitures de Tourisme en Finlande, au Portugal et en Nouvelle-Zélande. En prévision du 30ème anniversaire des titres gagnés en 1985, un grand intérêt s’est développé pour l’histoire de la Marque au sein du Groupe A dans les années 80.

La Volvo 240 GL Injection : Une routière de qualité

Dernière évolution de la Volvo 240, la GL injection représente alors le haut de gamme de la série depuis la disparition de la 264 en 1982, du break 265 en 1984 et du 2.3 litres en 1985. En France, ne sont plus proposés que le moteur 2 litres et le Diesel. De même, la 244 Turbo et GLE ont été écartées. C'est qu'il faut laisser la place à la série 700 qui est appelée à remplacer à terme la 200.

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La seule boite proposée est à 5 rapports, l'overdrive ayant été abandonné en 1987. Reste que la 240 GL est toujours plébiscitée par une clientèle qui cherche un véhicule dont la réputation de confort, fiabilité, sécurité a fait plusieurs fois le tour du monde, comme bien des voitures vendues, d'ailleurs. Son moteur de 117 ch fait d'elle une berline routière de qualité. Une voiture pour la route, pour toutes les routes. En 1991, la berline n'est plus proposée en France et seul le break reste disponible.

En définitive, la série 200 a été produite de 1975 à 1992 à 2 852 053 unités dont 959 151 exemplaires en break.

Les Volvo 240 exposées à Rétromobile 2025

Les adhérents du Volvo Club de France présents lors ce rendez-vous incontournable des amoureux de voitures anciennes rendent hommage à la Volvo 240, qui fêtait récemment ses 50 ans, avec deux exemplaires (berline et break) de ce modèle emblématique. Le premier est une Volvo 240 berline de 1980, plus précisément un modèle 244 GLE avec son coloris bleu glacier 134 et son intérieur en cuir noir, doté de la motorisation B21E à injection K Jetronic, et d’une boite de vitesse manuelle à quatre rapports avec overdrive M46.

La Volvo 240 break exposée est quant à elle un millésime 1988, de teinte rouge 173-2 associée à un intérieur velours beige, et a bien voyagé puisqu'elle a été produite à Torslanda, en Suède, avec les spécificités du marché américain pour être livrée au Japon, les deux marchés ayant des réglementations similaires en termes de sécurité et de pollution. Importée en France en 2017, elle a été remise à neuf par son nouveau propriétaire, et porte encore de nombreux stickers et plaques d’identification, témoignant de son passé japonais. Elle est animée par un moteur 2.3 litre de type B230 F LH 2.2, associé à une boîte de vitesses automatique Aisin-Warner à trois rapports plus overdrive.

La gamme Volvo 240 a été dévoilée en août 1974, et comprenait dès le lancement des versions coupé 2 portes, berline 4 portes et break. Développée à partir de la gamme 140, la gamme 240 était assez similaire à cette dernière, et était influencée par le concept-car de sécurité Volvo VESC (Volvo Experimental Safety Car) de 1972. Les principales évolutions étaient constituées d’une nouvelle face avant spécifique, de pare-chocs imposants, ainsi que d’un châssis amélioré doté de suspensions avant McPherson. Un nouveau moteur quatre cylindres de 2,1 litres, avec arbre à came en tête, a également fait son apparition à cette occasion.

Les versions les plus emblématiques de son histoire ont été la 242GT de la fin des années 1970, ainsi que la 240 Turbo des années 1980. Ces deux modèles affichaient des performances de premier ordre, tandis que la version turbocompressée de la 245, présentée aux États-Unis en 1981, était à son époque le break le plus rapide du monde.

Produites pendant près de 20 ans, et restylées en 1981 et 1986, les Volvo 240/260 ont été produites à plus de 2,8 millions d’exemplaires.

Tableau des spécifications de la Volvo 240 Break (1974)

Caractéristique Spécification
Moteur 4 cylindres en ligne, injection électronique
Cylindrée 1986 cm3
Puissance 116 ch DIN
Vitesse maxi 175 km/h
Production 959 151 exemplaires (1974-1993, sur 2 862 573 Volvo 240-260)
Cote actuelle de 5 000 à 9 000 € (version essence non turbo)

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