Jusqu’à quel point le design d’un modèle peut-il influencer l’idée que l’on se représente de ses qualités et défauts ? Peut-il faire accepter certaines particularités qui paraissaient inconceivables ? Lorsque la troisième et actuelle génération de BMW Série 1 apparut, la perte de la propulsion et la disparition du six cylindres en ligne pour sa version la plus sportive, furent perçues comme des crimes de lèse-majesté. Elle avait même renoncé à son capot bien horizontal pour devenir compacte parmi les compactes. Des qualités, elle en a gardé mais beaucoup de puristes ne voulaient pas les voir. Et si, pour retrouver de l’attractivité et plaire auprès de fidèles comme de nouveaux venus, la solution pour le constructeur à l’hélice était de créer un dérivé capable de le faire ressortir du panier ?

Une solution avec quatre portes et une carrosserie nouvelle et un nom inédit. Cette variante existe désormais et s’appelle Série 2 Gran Coupé. Même plate-forme, mêmes moteurs, mais une carrosserie nouvelle et un nom inédit. Une BMW de plus dotée de roues avant motrices, mais par le jeu de la sémantique, on ne peut cette fois pas lui reprocher d’avoir perdu la sacro-sainte propulsion. C’est toujours ça de pris ! Et puis, par « Gran Coupé », elle entend « coupé quatre portes », une berline au toit plongeant et aux portes sans encadrement. Une ligne qui s’accorde avec style, longs voyages et classe affichée, pas obligatoirement avec sportivité déterminée, bien que cela ne soit pas incompatible. Un châssis efficace doublé d’une traction sûre et sans surprise devient alors tout à fait cohérent.

Pour notre part, ce choix fut habilement camouflé par notre modèle d’essai : la BMW M235i xDrive Gran Coupé et ses quatre roues motrices de série. Ce ne sera toujours pas la panacée pour les inconditionnels mais la transmission intégrale est bien sentie pour cette motorisation de 306 chevaux. Avec un 0 à 100 km/h effectué en 4,8 sec et une vitesse limitée à 250 km/h, le sport refait surface. Du style et des performances délivrées en toute sérénité, la M235i Gran Coupé ramène le grand tourisme dans la cour des compactes.

Design Extérieur : Face Peaufinée, Arrière Tranché

Question esthétique justement, la filiation avec la « une » est perceptible. Si cela ne plaira pas à tout le monde, il est intéressant de noter comment quelques coups de crayon changent avantageusement le look de sa face avant. Prise d’air centrale inférieure plus étroite et épaisse, écopes latérales nettement élargies, un « double haricot » plus allongé et moins haut, des phares au regard acéré par le « simple » ajout d’un biseau supplémentaire. Le nez gagne aussi quelques centimètres et se veut plus engagé.

L’arrière, par principe, change de manière beaucoup plus évidente. L’ajout d’une malle et le pavillon qui la rejoint en pente douce donnent de tout autres proportions au profil. Plus athlétique que la Série 1, plus basse également de 14 mm (1,42 m) et plus longue de 20,7 cm (4,53 m), la silhouette est plus homogène. La poupe divise cependant, car plus massive. À tout le moins en photos. Car dans la réalité, elle reste moins imposante qu’attendu et la finition M Sport, agrémentée sur la M235i des sorties d’échappement trapézoïdales ou encore de la petite lame aéro en série, est la bienvenue afin d’améliorer le rendu. Les touches de bronze clair de notre modèle, pour la grille de calandre spécifique, les inserts de bouclier ou les coques de rétroviseurs, finissent de séduire.

Lire aussi: Faut-il acheter un BMW M235i Cabriolet d'occasion ?

Un Succès Populaire

C’est en tout cas ce que laisse penser son titre de « Plus belle voiture de l’année » acquis en janvier 2020 lors du Festival Automobile International par les votes du public. Un succès qui se vérifie dans la rue et sur la route, au regard des nombreux pouces en l’air provoqués par notre passage. Il faut dire que le bleu « Snapper Rocks » passe difficilement inaperçu. Même engouement durant notre arrêt le long des gradins de l’ex-circuit de Reims-Gueux, où s’est tenu le Grand-Prix de France dès la création du championnat du monde de Formule 1 en 1950. De nombreux curieux, amateurs d’autos et de motos, se sont approchés avec enthousiasme autour de la nouveauté bavaroise. C’est sûr, on s’éloigne de la classique berline compacte.

Entre les roues avant et arrière, il y a toujours la même distance que sur la Série 1 (2,67 m). Les deux centimètres gagnés à l’avant et dix-huit à l’arrière n’impactent pas le rayon de braquage de 11,4 m. À plus forte raison, certains demi-tours demanderont donc une petite manœuvre pour ne pas égratigner les extrémités. Pas de souci, caméra de recul, stationnement automatisé et reproduction en marche arrière des 50 derniers mètres parcourus sont livrés d’office sur toutes les Série 2 Gran Coupé. La rétrovision n’est pas mauvaise non plus.

Intérieur : La Tête dans les Épaules

Aucun changement à relever dans l’habitacle. L’ergonomie et la qualité d’assemblage et des matériaux ne souffrent aucune critique et on apprécie la présence de touches physiques qui ont tendance à disparaître de nos jours, bénéficiant ici de reliefs pour y accéder sans baisser les yeux. La chute de pavillon affecte en revanche l’espace laissé aux occupants des places arrière. Si la distance jusqu’aux dossiers des sièges avant est correcte et que ni les jambes ni les épaules ne seront trop à l’étroit, le ciel de toit creusé au-dessus des places latérales ne l’est pas forcément assez. Il chatouillera sûrement vos cheveux et même davantage pour les plus de 1,80 mètre. La place du milieu n’a même pas ce « privilège ». La tête en travers et le tunnel central entre les jambes, elle ne servira probablement que pour dépanner. En contrepartie, le coffre gagne 50 litres et affiche 430 litres de contenance. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un hayon et l’ouverture laissée ne le rend pas suffisamment accessible. La banquette rabattable en trois parties sera utile pour emporter de longs objets mais le chapitre modularité s’arrête ici.

Sur la Route : Taillée pour le Voyage

Une fois les bagages chargés, il est temps de prendre la route. Le grand tourisme, cela s’apprécie aussi en enchaînant les kilomètres et ça, la M235i sait le faire. Son profil plus aérodynamique y invite, sa grande stabilité à haute vitesse et ses capacités de reprises également. Le moteur n’est pas repassé aux six cylindres sous le capot de la Série 2, la disposition transversale est toujours de mise. Le 2.0 quatre cylindres turbocompressé est cependant plein comme un œuf, avec un couple de 450 Nm disponible dès 1 750 tr/min. La mise en route est volubile et produit quelques pétarades à l’échappement (les redémarrages avec le système stop and start sont plus discrets). Une sonorité travaillée qui sonne plutôt bien, sans égaler la résonance du « six en ligne » à la cylindrée 50 % supérieure.

Trois modes de conduite accompagnent le voyage dont le « Sport » ajoutant une amplification du son de la mécanique dans l’habitacle. Quelque peu artificielle, elle n’est pas désagréable et en aucun cas imposée. Chaque mode est paramétrable et agit sur la réponse du moteur et de la boîte ainsi que sur la consistance de la direction à deux niveaux. Avec huit rapports sur la transmission automatique, mode « Comfort » activé, le bloc sait se faire discret sur autoroute. Les bruits d’air et de roulement demeurent plus présents. Le mode « Eco Pro » réduit au minimum l’amplification moteur et fait en sorte de consommer le moins possible. Un trajet majoritairement autoroutier peut se réaliser sans dépasser les 8 litres de moyenne.

Lire aussi: Tout savoir sur l'attelage pour BMW Série 2 Gran Tourer

Sûre et Presque Joueuse

En haussant le rythme, il faut compter environ 11 litres d’essence aux 100 km, sans surprise mais pas exagéré pour exploiter la cavalerie et déplacer ses 1 570 kilos à vide (45 kg de plus que la Série 1). Le mode « Sport » devient le plus approprié à l’exercice, la boîte de vitesses égrène les rapports promptement et propose un mode manuel qui ne passe à la démultiplication supérieure que sur votre commande. Le durcissement sensible de la direction M Sport électro-mécanique n’est pas caricatural. Celle-ci est précise et directe. Elle pourrait pour autant remonter plus d’informations sur le niveau d’adhérence. En sortie de courbe à l’accélération, elle est par contre affectée par le couple important. De plus, si la route se dégrade, les petits mouvements parasites apparaissent. Tout cela a le mérite d’être vivant. Pas de grosse frayeur en vue à la réaccélération avec quatre roues motrices typées traction et une motricité accrue par le différentiel auto-bloquant Torsen ajouté au train avant de la M235i en complément de l’anti-patinage amélioré commun à toutes les Série 2 Gran Coupé. On ne s’ennuie pas pour autant et c’est une bonne surprise car, sur un freinage un tant soit peu appuyé avec le moindre petit angle de volant ou sur une légère réduction des gaz en pleine courbe, de légers mouvements du train arrière se font sentir. Incisive sur les entrées de virages, l’allemande se montre agile à défaut d’un comportement réellement joueur.

La suspension « DirectDrive » rabaissée de 10 mm maintient bien la caisse. Non réglable, le compromis avec le confort est honnête. Les dos-d’âne les plus raides et toutes les imperfections urbaines de la chaussée trop saillantes se feront bien ressentir. C’est ferme mais pas cassant et les irrégularités moins prononcées comme les plaques d’égout sont convenablement filtrées. D’autant que notre monture était équipée des jantes de 19 pouces. Plutôt que de choisir l’amortissement piloté à deux niveaux « SelectDrive » pour 160 € de plus, dont le mode Sport s’avère bien trop rigide, mieux vaut s’en tenir à cette configuration et, éventuellement, conserver les roues de 18 pouces en série dans le but d’optimiser le confort. 660 € pourront alors être économisés bien que les deux styles de jantes 19" au choix ont de quoi séduire. L’économie réalisée (ou non) pourra servir à cocher l’option des sièges M Sport. Contre 510 €, les sièges avant se métamorphosent en semi-baquets avec appuis-tête intégrés et bourrelets latéraux gonflables. Le maintien est maximal, la position de conduite est excellente et le style GT apporte beaucoup à l’atmosphère intérieure.

Prix et Options : L'Exclusivité N'Est Pas en Option

En effet, à partir de 57 250 €, la M235i Gran Coupé est plus chère que sa principale concurrente, la Mercedes-AMG CLA 35 de même puissance (dès 54 899 €). Cette dernière, reprenant la base technique compacte de la Classe A, mesure 4,69 m de long, un encombrement digne d’une familiale, à peine 2 cm de moins que la Série 3. Notre modèle d’essai suréquipé réduit la différence de tarif avec la rivale à l’étoile à dotation équivalente aux alentours des 1 500 €. Il est facturé près de 68 900 €.

Autre alternative, l’Audi S3 Berline, tri-corps plus conventionnelle, débute à 56 110 €, à peine moins bien équipée. Il s’agit de la génération en passe d’être renouvelée, au malus de 5 404 € (184 g/km) quand la BMW contient ses rejets de CO2 entre 172 et 181 g/km (2 544 € à 4 543 €).

Mis à part cette version sportive, la Série 2 Gran Coupé d’entrée de gamme est affichée à 31 150 €. Le surcoût sur l’ensemble de la gamme face à la Série 1 s’élève à un peu moins de 3 000 € en tenant compte de l’équipement. Le prix d’une ligne plus attachante et dynamique. Il ne faudra pas être trop grand à l’arrière et préférer le volume de coffre à la facilité de chargement. Une fois ces particularités intégrées, elle offrira l’occasion d’oublier ce qui était tant apprécié sur les précédentes compactes munichoises. Avec une belle finition et quelques options, les longs parcours n’ont finalement pas besoin d’une propulsion lorsque l’on a… l’allure.

Lire aussi: BMW Série 3 Gran Turismo : Caractéristiques Techniques

La M235i xDrive va plus loin encore. Plus démonstrative côté style comme du côté de la mécanique, les deux s’accordent pour procurer sensations et assurance, performances et ambiance haut de gamme. Un concentré de la philosophie grand tourisme dans une carrosserie compacte. Un changement de formes et une même voiture n’est plus attendue au tournant. La cohérence de l’ensemble permet de franchir le virage sans difficulté, à tel point que l’on ne peut s’ôter cette idée de la tête : « un six cylindres lui irait tellement bien ».

En Bref

La BMW M235i xDrive Gran Coupé coiffe la gamme de l’inédite Série 2 Gran Coupé, version “coupé quatre portes” de la Série 1. La BMW Série 2 Gran Coupé change tout en 2025, dans l’espoir de voir sa carrière prendre un nouveau virage, avec au bout de la route un succès commercial. Nous l’avons essayée dans sa version M235i, la plus véloce, sur les routes de campagne franciliennes.

La BMW Série 2 Gran Coupé s’est écoulée à exactement 5 392 exemplaires depuis 2019, sur un total mondial d’environ 270 000 unités sorties de l’usine de Leipzig. Le constructeur de Munich a revu de fond en comble son design, dont le visage s’apparente logiquement à celui de l’actuelle BMW Série 1. Avec ses feux acérés et sa ligne plus élancée, elle gagne sensiblement en élégance. À l’arrière également, avec ses feux redessinés et un logo plus gros.

Surtout, elle s’offre (en option) la calandre « Iconic Glow » qui entoure les naseaux d’un liseré lumineux. On aime ou on n’aime pas, mais cela la rend très facilement reconnaissable en tant que BMW, même la nuit. Elle s’est allongée de 20 mm pour mesurer 4,53 m. La finition M Sport Pro qui va d’emblée avec cette M235i xDrive booste nettement son look avec une touche de sportivité, comptant notamment des étriers de freins peints en rouge sur notre exemplaire et deux doubles sorties d’échappement.

Tableau récapitulatif : BMW M235i xDrive Gran Coupé

Caractéristique Valeur
Moteur 4 cylindres 2.0 essence
Puissance 306 ch (221 kW)
Couple 400 Nm
Transmission Automatique 7 rapports à double embrayage
0 à 100 km/h 4,9 s
Vitesse maximale 250 km/h
Volume du coffre 430 litres
Prix de base 60 750 €

À bord, on retrouve bien évidemment la planche de bord et l’atmosphère de l’intérieur d’une Série 1. Les éléments Motorsport se matérialisent par un volant à la jante épaisse, avec un repère rouge au sommet. La « griffe » de la maison M se retrouve sur le dessus avec des surpiqûres portant ses couleurs. Les deux écrans prennent de la place, dont le tactile fonctionnant sous Android Auto avec l’OS9 de BMW. Plusieurs informations sont doublées dans l’affichage tête haute.

Votre serviteur étant très largement habitué aux différentes arborescences, il y retrouve donc facilement ses petits. Peut-être qu’un néophyte aura un peu plus de mal. Néanmoins, on adore la facilité avec laquelle désactiver l’alerte sonore de vitesse avec un appui long sur le bouton « SET » du volant. On se sent d’ailleurs plutôt bien à bord, notamment à quatre, moins à cinq, et pour peu que l’on ne soit pas trop grand. Le coffre cube 430 litres (contre 360 litres en hybride).

En refermant la portière (sans encadrement), on appuie sur la commande « Start/Stop » qui réveille le 2.0 quatre cylindres de 300 chevaux et 400 Nm de couple maxi. Dans le monde d’aujourd’hui, la question de la boîte manuelle ne se pose même plus : elle est ici automatique à double embrayage à sept rapports. Bien entendu, on aimerait entendre la douce mélodie d’un six cylindres.

tags: #bmw #235i #gran #coupe #avis

Articles populaires: