Avec le retour des beaux jours, l’envie de rouler cheveux au vent se fait sentir. BMW lance son nouveau cabriolet Série 4, une génération qui marque le retour à la capote en toile et voit les choses en très grand.
Le Retour de la Capote en Toile
Alors que la précédente génération était équipée d'un toit rigide permettant de la transformer en coupé, cette nouvelle BMW Série 4 Cabriolet marque un retour aux sources en adoptant une véritable toile à l’insonorisation très travaillée. Ce retour est confirmé par cette toute nouvelle génération de Série 4 laquelle ne manquera néanmoins pas de diviser par son style singulier avec un mufle affublé, comme le récent coupé, d’une calandre aux haricots hypertrophiés. On aime ou pas, mais il y a un point sur lequel tout le monde est d’accord, c’est que le cabriolet milieu de gamme de BMW (entre la petite Série 2 qui va bientôt être renouvelée et la Série 8) affiche un gabarit désormais très généreux.
BMW a cédé à la mode du coupé cabriolet lancée à la fin des années 90. Mais tout cela c’est désormais de l’histoire ancienne puisque la toile, rien que la toile, a désormais droit de servir de couvre-chef aux décapotables BMW. Avouons-le: le toit rigide n’a jamais permis d’avoir des silhouettes très élégantes. C’est donc sans regret que l’on voit revenir le dernier cabriolet de la BMW Série 4 au couvre-chef en tissu. Ce n’est pas du luxe: à la noblesse du textile s’ajoute un gain de poids et de place. Grâce à sa technologie de pliage en Z s’appuyant sur des arceaux plats, la capote gagne en compacité et allège cet équipement de 40 %. À l’heure de boucler ses valises, on ne boudera son plaisir.
A noter également que la capote se ferme ou se déploie en seulement 18 secondes. Prendre un bain de soleil ne réclame que 18 secondes et l'opération peut s'effectuer jusqu'à 50 km/h. Pratique. Il ne faut en effet que 18 secondes pour que sa capote s’efface électriquement, une opération que l’on peut même réaliser en roulant sous 50 km/h.
Design et Dimensions
Tout juste remaniée, la BMW Série 4 Cabriolet a une particularité, celle de fâcher la plupart des aficionados de la marque, à cause de son énorme calandre, naturellement affaire de goût. Passé l’effet de surprise, force est de constater que les deux « haricots », comme on les appelle, collent plutôt bien à l’ensemble. Et les dimensions gigantesques qui viennent avec cette génération de Série 4. 4,77 m de long, c’est seulement 8 cm de moins qu’une luxueuse Série 8 ! Pire, ce gabarit imposant ne joue même pas en faveur de l’habitabilité, qui reste assez étriquée malgré la présence de quatre vraies places. Disons simplement que deux adultes tiennent à l’arrière, mais qu’ils risqueront de devenir aussi insupportables que des bambins dès lors que le trajet s’étend sur plus de quelques dizaines de kilomètres.
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Avec 4,77 m de long (soit près de 13 cm de plus !) et des épaules élargies (+ 2,7 cm soit 1,85 m), la découvrable allemande en impose, une stature qui indique clairement qu’à l’usage, on est davantage dans le yacht haut de gamme que dans la vedette rapide.
Intérieur et Equipements
En reprenant le poste de conduite du coupé Série 4, le cabriolet permet à ses hôtes de profiter d’une présentation raffinée et d’un équipement riche, voire richissime pour peu que l’on ne regarde pas à la dépense... En ce qui concerne l’habitacle, vous ne serez pas dépaysé puisque cette BMW Série 4 Cabriolet reprend trait pour trait l’intérieur du coupé… lui même très proche de la berline Série 3. La seule réelle différence, sur cette version cabriolet, est la traverse haute de l’encadrement du pare-brise. Celle-ci est légèrement plus basse que sur le coupé.
Au moins profiteront-ils, à l’image des passagers avant, d’une qualité de finition vraiment appréciable. Les cuirs sont doux et agréables au toucher, les matériaux respirent le sérieux et il va falloir se lever tôt pour trouver quelque chose à redire aux ajustements. Simplement peut-on regretter la sempiternel présentation de la planche de bord, avec son empilement écran/clim’/radio, que l’on voit depuis trop de générations maintenant. Ce que l’on ne regrette pas en revanche, c’est que BMW ait conservé beaucoup de commandes physiques, faciles à mémoriser et à trouver en tâtonnant, sans quitter la route des yeux. Niveau ergonomie, on ne fait pas mieux !
Si les grandes portes permettent d’accéder aisément à l’avant, atteindre les places arrière est, forcément, un peu plus compliqué, notamment capote fermée. Le volume de coffre évolue grandement par rapport à la précédente génération. Mensurations en hausse (+ 11 cm) et capote en toile permettent à la BMW Série 4 Cabriolet 2021 de gagner 80 litres de chargement supplémentaires, soit un total de 300 litres. Le coffre est désormais accessible en basculant le dossier des sièges arrière.
Côté équipements, le cabriolet se cale sur la version coupé. Vous retrouverez ainsi les mêmes finitions (notamment la version de base dénommée « Série 4 » et la versions M Sport, dont bénéficiait notre modèles d’essai). La Série 4 Cabriolet ajoute toutefois un chauffage de nuques, le volant chauffant ou encore le filet anti-remous. Les amateurs de grand air peuvent également profiter des rayons de soleil tard dans l'année. Le filet anti-remous (simple à arrimer et profitant d'un pratique rangement dédié derrière la banquette arrière), les sièges chauffants et le chauffage de nuque permettent une chaleureuse ambiance, même lorsque les températures chutent.
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Performances et Conduite
Sur le plan technique, la Série 4 cabriolet reprend en partie les motorisations du coupé. La mécanique arrive vite à bout de souffle et manque d’agressivité lorsque l’on hausse le ton. Bien que le moteur manque de punch, le confort des suspensions est irréprochable. Le travail de rigidification effectué sur le châssis de la BMW Série 4 cabriolet fait merveille. Toutes les aspérités de la route sont gommées (malgré les roues de 19 pouces de notre modèle d’essai). On a l’impression d’être sur un tapis volant ! Rien à redire en termes de comportement routier non plus. On s’amuse réellement à placer ce cabriolet dans les enchaînements de virage, sans crainte de perdre le contrôle de l’engin, même si le train arrière peut se révéler un brin joueur sur sol mouillé. En ce qui concerne l’insonorisation, celle-ci nous a fait bonne impression.
Comme évoqué un peu plus haut, le cabriolet Série 4 n’est pas dans une demi-portion. Imposant, l’engin réclame de la vigilance en ville (gaffe à la faible garde au sol ajoutée à l’empattement géant de 2,85 m !) et préfère les grands espaces. Mais il faut le prendre pour ce qu’il est, à savoir une belle découvrable à consommer façon grand tourisme et non comme une sportive, un postulat à retenir y compris au volant de la très performante version M440i livrée en série avec la transmission intégrale. Si la mélodie mécanique (ah le six cylindres en ligne !) et la poussée vive ressentie à chaque caresse sur l’accélérateur prodiguent leurs lots de bonnes sensations et que l’engin présente un comportement routier rigoureux, il est aussi très lourd (1 965 kg) et n’a donc pas, en virage serré, l’agilité d’un roadster. Il pêche aussi côté confort avec des ressorts arrière un poil trop souple. Mais hormis les plus pointilleux, qui s’en souciera puisque le plaisir de se décoiffer et de bronzer est lui bel et bien au rendez-vous ?
Car à l’exercice de la pesée, la M440i cab’ n’a pas peur d’afficher ses rondeurs : 1 965 kg à vide, ça commence à causer ! Et ça se ressent au volant, surtout. Pas tant en virage, à moins de vraiment lui forcer la main, mais plutôt au freinage, LE point noir de cette bavaroise enjouée. Non seulement l’attaque manque beaucoup de mordant, mais la puissance de freinage est elle aussi discutable, au point que l’on aimerait franchement voir BMW monter un système plus efficace lors du restylage. Car de son côté, le 6 en ligne turbo, même muselé par le poids, pousse sacrément fort ! Véritable bijou, ce moteur micro-hybridé (réseau de bord 48V) sait tout faire : enrouler sur le couple (avec 560 Nm il y a de quoi voir venir), prendre des tours (les 374 ch sont atteints à 5 500 tr/min), cruiser en se faisant oublier… Un régal, doublé d’une sonorité très mélodieuse et travaillée même si on l’aimerait un peu plus expressive et un peu moins artificielle.
Ce côté très polyvalent se retrouve aussi dans le comportement routier de la M440i. Plus GT que sportive, elle se montre agréable tout le temps sauf quand on lui rentre dedans. N’essayez pas de la mettre en travers, le xDrive à beau privilégier les roues postérieures, ce n’est pas un exercice sur lequel elle excelle. Pas de raison non plus de vouloir d’elle qu’elle soit ultra fidèle en remontée d’informations, ou qu’elle dispose d’une agilité de ballerine. La direction, presque trop directe, déroute même un peu en conduite engagée. En revanche, posez-là sur une route qui serpente, adoptez une rythme de balade dynamique et surtout roulez cheveux aux vents pour l’apprécier sous son meilleur jour. Conciliante mais rigoureuse, assez confortable (quelques trépidations demeurent toujours) mais pas malhabile, la M440i invite au gentleman driving plus qu’à l’attaque. Et une fois le tour de manège fini, repasser en mode confort vous replonge dans le flegme caractéristique des bonnes GT dans lesquelles on peut aligner les kilomètres sans fatigue, ce que nous n’avons pas manqué de vérifier pour remonter notre modèle d’essai jusqu’à Paris depuis Grenoble.
Les modèles badgés MXXXi de BMW on ça de bien qu’ils connectent efficacement les versions standards à leurs homologues Motorsport, autrement radicaux. Assez engageantes pour filer la banane aux amateurs de conduite sans pour autant faire une croix sur leur savoir-vivre, ces « demi-M » sont un intermédiaire convaincant pour ceux qui utilisent leurs autos en daily. A ce propos, vous en connaissez beaucoup des voitures de 2 tonnes et près de 400 ch capables de s’en tenir à moins de 8 l/100 km de moyenne en conduite coulée ? BMW prouve une fois encore ses talents de motoriste avec cette M440i cabriolet, dont il serait bête de ne pas profiter avant qu’elle ne quitte le catalogue, tuée par les normes anti-pollution de plus en plus drastiques.
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Tarifs
En fait, le seul et véritable défaut du cabriolet Série 4 c’est d’être évidemment de faire fondre un compte en banque comme la neige au soleil. Comptez 74 900 € pour le 440i sans parler évidemment, de l’inventivité en matière de fiscalité (carte grise, malus CO2) de notre beau pays. Moins impressionnante avec une sonorité plus sage et un tempérament forcément moins exubérant, la motorisation 420i de 184 ch (à partir de 54 500 €) suffit et colle bien à l’esprit balade de l’engin.
Cela se ressent d’ailleurs dans le tarif : à 74 900 € sans options (90 810 € pour notre modèle d’essai), la M440i cabriolet rend plus de 40 000 € à une M4 découvrable et son malus oscille entre 4 818 et 10 488 €, quand la M4 s’en paye 30 000 d’office.
La version d’entrée de gamme de l’Audi A5 cabriolet démarre à 62 510 euros, soit près de 3 000 euros plus cher que la BMW Série 4 (59 600 euros). Cela étant, l’Audi dispose d’un moteur un peu plus puissant (204 chevaux). Pour la Mercedes, le prix est à peu près similaire : 58 950 euros pour la version d’entrée de gamme dénommée AMG Line. Le niveau de puissance est identique à celui de la BMW (184 chevaux), avec là aussi une transmission aux roues arrières. Côté comportement, elle privilégie encore un peu plus le confort de conduite que la munichoise.
Fiches Techniques
Voici les fiches techniques comparatives des deux modèles :
| Caractéristiques | BMW 420i 184 ch Cabriolet M Sport | BMW M440i xDrive 374 ch Cabriolet |
|---|---|---|
| Moteur | Quatre cylindres en ligne, 16 S, 1998 cm3 | Six cylindres en ligne, 24 S, 2998 cm3 |
| Puissance | 184 ch | 374 ch |
| Couple | 300 Nm | 500 Nm |
| Transmission | Propulsion | Intégrale |
| Type de boîte | Automatique | Automatique |
Conclusion
Victimes d'une conjoncture dictant ses règles de rentabilité, les cabriolets ont peu à peu déserté les catalogues des constructeurs. Seules les marques premium (hormis les élitistes supercars et quelques modèles iconiques), peuvent encore encaisser les investissements inhérents à la sortie de ces modèles de niche. BMW perpétue la tradition du cabriolet de milieu de gamme en lançant sur les routes une séduisante Série 4 Cabriolet. Digne héritière des modèles découvrables de la marque munichoise, cette BMW Série 4 Cabriolet procure un réel plaisir de conduite. Son manque de tempérament à haute vitesse peut néanmoins décevoir. On aurait voulu que le moteur se montre un peu plus expressif. Cette BMW Série 4 Cabriolet appartient à une espèce devenue rare. Un beau spécimen qui saura parfaitement séduire les friands du genre. Reste à assimiler son esprit plus GT que sportif, et des tarifs qui atteignent de nouveaux sommets.
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