La génération actuelle de la BMW Série 5 est la plus vendue de toutes depuis le début de cette success story en 1972. La BMW M550d bénéficie du moteur diesel le plus sportif de BMW.
Design et Apparence
Cette BMW M550d est relativement discrète malgré le tempérament de feu qui l’habite. Il faut dire que cette voiture d’essai est chaussée en pneumatiques hiver, elle doit donc se contenter de jantes 18 pouces contre des jantes M 19 pouces de série pour les beaux jours. Les rétroviseurs sont peints en « Ferric Grey », mais cela ne ressort pas avec cette teinte de carrosserie « Glaciersilber ».
Confort et Habitabilité
Routière accomplie, la BMW Série 5 ne fait pas dans la demi-mesure pour accueillir ses passagers. A l’avant, les sièges en cuir proposent de multiples réglages avec des coussins d’air qui se gonflent pour épouser la morphologie du conducteur ou du passager. Aux places arrière, la banquette semble inclinée vers l’arrière : quand on est y est, on y reste !
Aspects Pratiques et Modularité
Quand la BMW Série 5 berline offre une contenance de coffre de 520 L, le break Touring en propose 560. Mais c’est surtout l’accessibilité et la modularité qui intéresseront les amateurs de breaks. Le volume peut en effet passer à 1670 litres en rabattant la banquette fractionnable 40/20/40. Motorisé, le hayon permet aussi d’ouvrir indépendamment la lunette arrière.
Moteur et Performances
Le nouveau X6 M50d partage le même moteur, mais doit s’incliner en performances en raison d’un poids supérieur de près de 200 kg. Et pour pousser, ça pousse ! Ce bloc moteur fabuleux a toujours de la réserve pour vous étonner et vous catapulter lors de dépassements canons. En conduite normale, la M550d se comporte comme une routière 6 cylindres bien élevée, douce et efficace. Rien ne laisse alors soupçonner le tempérament bestial qui sommeille… Difficile d’imaginer une seule seconde exploiter le potentiel de cette mécanique M Performance sur route ouverte en France.
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Avec un couple de 740 Nm pour se rendre aux sports d’hiver, vous avouerez qu’il est légitime de penser à la motricité sur la neige. Le moteur 6 cylindres M TwinPower Turbo est accouplé à une boîte automatique à 8 rapports, rapide et douce à la fois. Elle intègre désormais une fonction de roulage en roue libre pour réduire la consommation.
Par rapport à la M550d de précédente génération (F11) déjà surprenante avec ses trois turbos (381 ch), l'écart est significatif. Et désormais, elle accélère presque aussi fort que l'ancienne M5 ! Cette situation a au moins le mérite de rappeler que les gros rouleurs qui abattent des kilomètres d'autoroute par paquets de dix-mille ne trouveront guère mieux que du Diesel. Tant d'un point de vue économique qu'environnemental.
Au démarrage, on dispose déjà de 450 Nm dès 1.000 trs/mn. Ensuite, les rapports s'égrènent sans brutalité, en continu. Aucun temps de latence, dès qu'il faut tomber un rapport. Tout parait fluide, linéaire au possible et… vexant pour certains, de voir le postérieur d'un banal gros break routier s'éloigner loin, loin devant, à la moindre relance.
C'est aussi l'un des coups de bluff de cette machine : avaler les kilomètres en toute discrétion, sans logos ou échappements outranciers, et dans un niveau de confort absolu malgré la suspension raffermie (rabaissée de 10 mm, et à peine plus raide). La filtration reste quasi parfaite en mode Confort, la position optimale avec les sièges Confort réglables sur quasiment tous les axes possibles. Royal !
A ce jour, il s'agit du Diesel le plus performant du marché (0 à 100 km/h en 4,6 s). 760 Nm de couple à 2.000 tours, canalisé par une transmission intégrale ultra-efficace.
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Etonnant de se dire que le 6 cylindres sirote du Diesel. A peine un feulement étouffé, plutôt musical à mesure que l'on grimpe dans les tours. Tout est relatif, il s'arrête logiquement tôt, à 5.000 trs/mn. Mais quelle forme ! Son tempérament n'a rien d'explosif, donne plutôt dans le cargo à grande vitesse et délivre une impressionnante poussée continue dans un grondement sourd. La sonorité parfois rugueuse à bas régime de l'ancienne M550d a disparu. La sonorité particulière du 6 en ligne Diesel n'est pas désagréable.
Consommation et Émissions
BMW communique sur une consommation mixte homologuée de 6,3 L remarquable au vu des performances. En usage sportif sur routes de montagne, la moyenne pourra dépasser les 10-12 L mais ne s’envolera guère plus haut.
Et même si la sobriété est parfaitement secondaire à ce niveau de gamme (moins de 9 l / 100 km de moyenne relevés sur notre parcours d'environ 1.000 km sans retenue) cela peut compter pour les très gros rouleurs...
Sécurité et Technologies
En matière de sécurité, le pack Driving Assistant Plus comprend un avertisseur sonore anti-collision avec fonction amorce de freinage, ainsi que le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go pour les bouchons.
Prix et Options
La BMW M550d xDrive Touring s’affiche à partir de 91000 euros sans les options. C’est le cas du pack innovation qui regroupe l’affichage tête haute HUD, la caméra de recul, l’indicateur de limitation de vitesse et la vue du dessus pour 2800 euros.
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Piocher dans la liste d'options fera grimper le tarif au-delà des 100.000 €. Débourser le prix d'une sportive autrement plus exclusive dans un break routier appelé à subir une forte décote, est-ce raisonnable ? Pas vraiment.
Par ailleurs, étant homologuée à 166 g de CO2 / km, la M550d ne subit "que" 4.050 € de malus. Un break essence à performances et tarifs comparables, par exemple une Mercedes E 53 AMG (avec l'excellent nouveau 6 en ligne, 435 ch, 96.000 €) écope du malus maximal de 10.500 € (203 g/km), et sera fatalement plus gourmande. Incohérence fiscale confirmée : le mazout est ici le choix de la raison.
Alternatives et Positionnement
Comme une Série 7 en réduction, un semblant de dynamisme en plus. Il faut le dire vite, bien sûr, avec près d'1,9 tonne à emmener et à arrêter. Les gros freins M Sport n'ont pas vocation à être martyrisés à répétition, mais plutôt à ralentir un gros déménageur de luxe lancé à sur Autobahn.
Les amateurs de breaks apprécieront : seule la M550d est proposée en Touring, la M550i n'existant qu'en berline. On profite ici d'une vaste soute de 570 l de volume, grimpant jusqu'à 1.700 l banquette rabattue. Pas mal, même si une Mercedes Classe E fait mieux.
Mais fatalement, un V8 essence de 530 ch est autrement plus sensationnel qu'une chaudière à 6 cylindres, si réussie soit-elle. Aucun break à hautes performances essence n'existe donc chez BMW. Les Audi RS6 et Mercedes E 63 AMG ont le champ libre de ce côté.
Le problème se trouve plutôt chez BMW, en fait. Plus de 94.000 €, et son intérêt est discutable dans la gamme. Mais la M550d est quasiment unique sur son créneau.
Fiabilité et Points à Surveiller
Après attention, toute la partie suspension pneumatique (coussinets et compresseur), le toit ouvrant, la boite de transfert et malheureusement les turbos et de ce coté là avec 3 turbos dans la boite, tu augmentes forcément les chances d'avoir un soucis à ce niveau.
Conclusion
Derrière cette belle et chère provocation, BMW signe surtout une intéressante pièce d'ingénierie. Personne, ou presque, n'achètera vraiment une M550d pour des raisons d'économie. Cela dit, la dimension atypique de la machine a de quoi attiser la curiosité.
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