La BMW M5 E34 marque l'entrée de la berline sportive dans une course à la puissance et à la sophistication effrénée. Un peu boudée en occasion pour son look démodé et son coût d'entretien élevé, elle s'offre sans retenue (ou presque) à qui veut la prendre pour ce qu'elle est : une Grand Tourisme familiale à 4 (ou 5) portes, aussi performante qu'une Ferrari et aussi facile à vivre qu'une Porsche.
L'Héritage de la BMW M5 E34
La BMW M5 E34 fait partie de la gamme de la référence des berlines sportives : la série 5 M5. Un titre et un positionnement inauguré en 1981 avec la première M5 e28 et que la génération e34 va confirmer à son tour à partir de 1988.
De toute évidence, BMW n'a pas voulu rééditer l'aspect "tuning" de la M5 e28 et concocte une berline avant tout haut de gamme. Un positionnement confirmé par un tarif très élitiste d'environ 500.000 FF en 1991, soit 300.000 de plus qu'une 535i !
A l'image de la série 7 e32 lancée à la même période, le dessin des feux arrière de la série 5 e34 en "L" est notamment innovant par rapport aux précédents modèles de la marque.
Design Extérieur et Intérieur
La M5 affiche d'emblée sa différence avec sa devancière. Sur la M5, les boucliers avant et arrière sont notamment complétés de rajouts aérodynamiques spécifiques, tout en conservant une extrême sobriété pour une voiture de plus de 300 ch. L'oeil averti remarquera néanmoins les bas de caisse plus enveloppants, la lame avant et le diffuseur arrière, de couleur grise avec l'option pack Nürburgring.
Lire aussi: Comment remplacer les bras de suspension Audi A4 B8
Mais dans l'ensemble, la première mouture de M5 e34 reste très proche visuellement d'une "simple" 525i, et pour un peu ses jantes spécifiques avec cache central passeraient pour de vulgaires enjoliveurs en plastique, un comble ! De série, la M5 est en effet dotée de jantes alu 17 pouces "M system" en deux parties avec des ailettes créant un effet de turbine pour évacuer l'air chaud des disques de freins.
À l'intérieur de la M5, on retrouve la même sobriété qui fait le style BMW depuis des lustres, avec un équipement de série relativement maigre et une liste d'options longue comme le bras, allant du plus superflu au plus sportif des accessoires (tels que les sièges baquets Recaro SR). La M5 complète l'instrumentation avec des compteurs spécifiques, un petit logo Motorsport au centre et une jauge de température d'huile (bien plus utile que l'indicateur de consommation instantanée !).
Selon les marchés, 5 volants différents ont pu être montés, avec ou sans airbag. Le plus courant, et le plus sportif, est le volant 3 branches "M-Technic II". Les seuls de portes et la sellerie reçoivent également leur "logotisation" en règle. A noter que le coffre est entièrement couvert de moquette et dispose d'un petit rangement supplémentaire dans l'aile gauche.
Motorisation et Performances
Le fabuleux six en ligne M88 de la M1 évolue subtilement pour devenir S38 B36 en passant de 3L4 à 3L5 et non 3,6, pour une cavalerie totale de 315 ch à 6900 tr/mn. Il conserve son alésage de 93.4 mm mais gagne 2 mm de course pour atteindre une capacité totale de 3535 cm3. Le vilebrequin, le volant moteur, et la culasse à 24 soupapes sont revus pour l'occasion. Un système de valve à l'admission contrôlé électroniquement module le volume d'air envoyé aux papillons d'admission pour optimiser le remplissage à bas et mi-régime.
La gestion électronique Bosch Motronic et le catalyseur 3 voies en céramique (utilisé sur le V12 M70) se chargent de rendre le "straight six" conçu pour la compétition plus sobre et plus propre que jamais afin de répondre à toutes les normes internationales en vigueur à son lancement. Sur quelques marchés toutefois, la M5 sera livrée sans catalyseur.
Lire aussi: Choisir ses bras de suspension BMW E46
Bien que très civilisé et capable d'évoluer sans broncher sous les 2000 rotations par minute, on devine à la petite irrégularité de son ralenti que ce 6 en ligne là est un amateur averti de hauts régimes. Passé 3500 tr/mn, l'instrument à 6 pistons change de tessiture et se fait moins grave, plus métallique. Après 4000 tr/mn, c'est carrément l'orgie mécanique, mais attention, toujours avec classe et sans brutalité particulière. Une orgie BCBG en somme.
Expédié en 25"5, le 1000 m DA est révélateur du potentiel de cette limousine hors norme, bridée par la bonne conscience à 250 km/h. Mais compte tenu de l'étagement, un peu long, de la boîte, nul doute que la barre réelle se situe bien plus près du très évocateur "300" qui marque la fin des graduations.
La " bête ", c'est son moteur : 3,5 l, 315 ch. rapport poids/puissance est inférieur à 5 kg/ch ! le kilomètre ! Qui dit mieux ? sont diaboliques. vite et se rue dans les courbes avec une belle santé.
Châssis et Suspension
Le châssis de la M5, parfaitement équilibré au niveau des masses, diffère des autres série 5 sur plusieurs points. L'assiette est rabaissée de 20 mm, les ressorts sont plus fermes de 25%, les amortisseurs sont eux aussi plus fermes et reçoivent sur l'essieu arrière un correcteur d'assiette. Les barres anti-roulis son de plus gros diamètre (25 mm contre 23mm à l'avant et 18 mm contre 15 mm à l'arrière). La direction (à boîtier de recirculation de billes) est assistée et plus directe, le ratio passe de 16.2:1 à 15.6:1.
La M5 e34 3.6 chausse des jantes M System I en deux parties, avec un effet de turbine pour extraire l'air chaud des freins, chaussées en 235/45 ZR 17. BMW propose en outre en option un pack baptisé "Nürburgring". Il comprend une direction à assistance variable, asservie à la vitesse, des barres anti-roulis majorées à l'arrière (19mm), des jantes plus larges (9x17") à l'arrière chaussées de pneus 255/40 ZR 17 ainsi qu'un bouton de contrôle de la suspension Adaptive M Suspension fournie, par Boge, pour bloquer le mode le plus ferme (Sport).
Lire aussi: Tout savoir sur le bras de suspension inférieur de l'Audi A4
Mais ses performances exceptionnelles mais les 1700 kg ne se laissent pas oublier pour autant dès qu'il s'agit d'aborder du sineux façon spéciale de rallye. Sur mauvaise route, le réglage de suspension le plus ferme (sélectionnable manuellement à partir de 1992) se montre vite fatiguant pour les lombaires et les passagers.
Évolutions et Séries Spéciales
Dès 1992, BMW améliore sensiblement sa M5 pour contrer la sortie de la Mercedes 500E. Avec une ultime évolution du moteur S38 dont la cylindrée passe à 3,8 litres (S38 B38), la M5 s'octroie un gain de puissance de 25 ch et 40 Nm de couple. La présentation est sensiblement améliorée avec des jantes "M System II" dont la partie centrale abandonne les ailettes pour un dessin à 5 branches, partagé avec la 850 CSi, et en option des rétros "M, aérodynamiques".
L'équipement est enrichi et il est également possible d'opter pour la version Touring de la série 5 proposée avec le moteur de la M5, histoire de lier pleinement l'utile à l'agréable.
Face au vieillissement accéléré par la concurrence de sa série 5 E34, y compris en interne avec la sortie de la M3 e36, BMW adopte en 1994 des jantes alu de 18 pouces à 5 double branches de type "M paralell" chaussées de pneus 245/40 ZR 18, une boîte 6 vitesses et des freins en deux parties de plus grand diamètre (345 contre 314 mm devant et 325 contre 299 mm derrière).
Sur la base de la M5 e34 3L8, la remarquable "20 jahre Motorsport" célèbre les 20 ans de Motorsport. Produite à 20 exemplaires tous peints en rouge Mugello, elle reçoit des placages intérieurs en carbone, une sellerie spécifique, un soufflet de vitesse et un volant en Amaretta (Alcantara). Les intérieurs de jantes sont peints en noir.
Plus anecdotique, la "Naghi edition" réservée à l'Arabie (15 exemplaires) ou la M5 Touring Elekta en Italie (20 ex.) produits par BMW Individual, ou encore la Final Edition pour le marché anglais (50 ex.).
C'est un fait peu connu mais BMW Motorsport étudia sérieusement la possibilité de convertir la M5 en... cabriolet ! Ramenée à 2 portes, la carrosserie prenait alors une toute autre allure et on peut s'en rendre compte grâce au (seul) prototype réalisé baptisé en interne E35. Construit sur la base d'une M5 3.6L, mais le pare-brise, les portes et les ailes arrière étaient évidemment spécifiques. Les sièges avant avec ceinture de sécurité intégrées étaient issus du coupé série 8 (E31). Avec les renforts indispensables de structure et la grande capote à commande électrique, le poids à vide augmentait d'une bonne centaine de kilos.
Conseils pour l'Achat d'une BMW M5 E34 d'Occasion
Nous sommes typiquement face à ces "youngtimers", stars des années 80, oubliées ou non pour une poignée d'initiés, et faiblement diffusées en France.
Ou alors, les compteurs anormalement bas peuvent masquer un bidouillage pas toujours visible à l'oeil nu, tant la qualité des matériaux et des finitions supporte les années sans faiblir.
Si le moteur commence à fumer bleu en revanche, prévoyez le remplacement des joints de queues de soupapes et vérifiez le niveau d'huile. Sur le 3.8L, cela peut accélérer des fragilités d'embiellage en cas de conduite musclée trop fréquente. Autre point noir, la suspension pilotée dont la remise en état coûte une petite fortune. L'avantage, et non des moindres, étant que le réseau BMW dispose encore de toutes les pièces de rechange, et pas forcément toutes hors de prix. Enfin, comptez un budget carburant conséquent, rarement moins de 15L/100 km, et vous comprendrez que malgré des tarifs attractifs la M5 e34 reste une voiture d'exception qui se mérite financièrement pour vous offrir l'extase mécanique.
Tableau Récapitulatif des Versions et Motorisations
| Modèle | Années de Production | Moteur | Puissance |
|---|---|---|---|
| M5 E34 3.6 | 1988-1992 | S38 B36 | 315 ch |
| M5 E34 3.8 | 1992-1995 | S38 B38 | 340 ch |
tags: #bras #de #suspension #bmw #e34 #guide