Le département des Hauts-de-Seine n'a pas toujours été synonyme de tours de bureaux high-tech et de cadres supérieurs. Jusqu'à une époque récente, le territoire était un véritable pôle industriel. Une histoire que les acteurs de cette épopée ouvrière, ou ceux qui souhaitent la faire revivre, nous racontent.
L'Usine Citroën de Clichy : Un Passé Industriel Marquant
Autrefois, le ciel de Clichy se noircissait des fumées de la fonderie Citroën. Dans les années 1950, 5000 ouvriers travaillaient dans ces usines. Pierre Aptel faisait partie de cette main d'œuvre. Il entre à l'usine en 1949. « Il y avait des annonces partout dans la presse, ça embauchait à tour de bras. » Pierre Aptel pose candidature au R.M.O (réparation machine outils).
« A l'époque les C.V n'existait pas, le baratin faisait tout. Il fallait faire un essai : réaliser une pièce sur une machine. » Le jeune homme de 24 ans, fabrique des prototypes, des moulages, pour les machines et les outils qui produiront les voitures. « Citroën m'a formé, j'ai gravit des échelons, ils m'ont offert un stage dans un lycée technique. »
En 1956 Citroën lance la D-S. Pierre Aptel devient alors pointeur-fraiseur et conçoit les entre-axes pour les nouvelles voitures. Pierre Aptel reste huit ans à l'usine de Clichy. Les souvenirs sont mauvais. « L'usine c'était le bagne, la prison, je voulais me tirer ! La vie était pas marrante à l'époque, il y avait plein d'arrivistes qui s'imaginaient passer leurs vies las-bas. »
Monsieur Aptel travaillait « à la gamme ». Les ouvriers de l'atelier étaient surveillés par des préparateurs et des chronométreurs. Des méthodes contraignantes pour obtenir le meilleur rendement possible. Les ouvriers travaillent 8 heures par jour, et parfois le samedi en heures supplémentaires.
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Les usines Citroën avait ouvert en 1925, les bâtiments occupaient tout le quartier Mozart d'aujourd'hui. Durant la seconde guerre mondiale, des femmes y fabriquaient des obus pour l'armée allemande. Par la suite, l'usine produit des 2 chevaux et 3 chevaux. Les bâtiments ferment leurs portes en 1986, beaucoup sont détruits, d'autres rapidement reconvertis en logements.
En 61 ans, un seul conflit social important paralysera le site : Mai 68. Une grande manifestation fut organisé avec plusieurs entreprises du secteur. Ils seront plus de 2000 métalos à défiler entre Clichy et Levallois Perret, ville où se trouvait le siège social de la marque aux chevrons. « Les grèves c'était surtout Renault, l'esprit de Citroen était paternaliste.
L'Évolution de la Citroën DS
Nous sommes en 1938, seulement quatre ans après les débuts de la révolutionnaire Citroën Traction. Pourtant, le constructeur français lance déjà le chantier de la prochaine berline haut de gamme aux chevrons. Le directeur de Citroën, Pierre Boulanger lance une première étude, poursuivie par Pierre Bercot, son successeur à partir de 1950.
Les Hommes Derrière la DS
Trois hommes vont alors s’impliquer particulièrement dans l’étude et la mise au point de la future DS.
- André Lefèbvre, ingénieur aéronautique de formation, est un fervent partisan des roues avant motrices, mais aussi de l’aérodynamisme, de la légèreté ainsi que du centrage des masses.
- Paul Magès, ingénieur autodidacte, est le créateur de l’hydraulique. C’est lui qui invente la fameuse suspension hydropneumatique, mais aussi l’assistance hydraulique de la direction, du débrayage et du freinage de la DS.
- Flaminio Bertoni, styliste, sculpteur et peintre de talent, avec son équipe de dessinateurs, donne à la DS ses lignes tout aussi révolutionnaires qu’élégantes.
Culte du Secret et Scoop du Siècle
La conception de la DS est soumise à la culture du secret de l’entreprise. A l’époque, chaque nouveau modèle est un événement jalousement gardé. Les prototypes sont cachés, mais la mode n’est pas encore à la chasse aux scoops. Les magazines automobiles publient certaines indiscrétions mais personne ne se risquerait à photographier la future grande Citroën.
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Pourtant, en 1952, trois ans et demi avant sa présentation, la DS se retrouve en couverture de l’Auto-Journal. Au terme d’une traque incroyable, les journalistes du magazine ont réussi à percer le mystère et à photographier la remplaçante de la Traction. Gilles Guérithault, directeur de la rédaction de 1950 à 1990, et auteur avec son équipe du "scoop du siècle" sera traduit devant les tribunaux par Citroën, qui perdra le procès après 12 ans de procédure.
La presse automobile ne sera plus jamais la même et le marché du haut de gamme non plus. Car cette DS s’annonce tout simplement révolutionnaire.
La Présentation du Siècle
Le projet VGD (véhicule de grande diffusion) n’aboutit que 17 ans après les premières études avec la sortie de la DS 19 en octobre 1955. La présentation de la DS à Paris, à neuf heures précises, le 6 octobre 1955 est un événement difficilement imaginable aujourd’hui au lancement d’une voiture. Toute la France vient admirer cette voiture futuriste qui ne ressemble à aucune autre.
Le stand de la marque est pris d’assaut, et les commandes pleuvent. Les acheteurs agitent carnets de chèques et liasses de billets pour tenter d’attirer l’attention de vendeurs débordés. La légende veut que 12 000 DS 19 furent vendues à la fin de la journée. De quoi faire rêver un concessionnaire Citroën ou DS 70 ans plus tard.
Un Concentré de Technologies
La DS va rapidement s’imposer, portée par son style audacieux et sa technologie d’avant-garde, comme un symbole de l’élégance et du savoir-faire français à travers le monde. Œuvre d’art, star de cinéma ou véhicule présidentiel, rien ne fait peur à cette reine de la route. Ses solutions techniques et esthétiques d’avant-garde suscitent le respect de la concurrence.
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Véritable concentré de technologie, avec sa suspension hydropneumatique ou son freinage à assistance hydraulique, la DS tient la route et freine comme aucune autre voiture sur le marché tout en offrant un confort jamais vu.
Une Longue Évolution
La DS va connaître une très longue carrière, vingt ans et d'innombrables évolutions. Il y a tout d’abord l’ID 19 présentée en octobre 1956, puis les versions Break, Familiale et Commerciale qui apparaissent en 1958 en même temps que la DS 19 Prestige. On peut disposer d’une DS dotée d’une séparation chauffeur avec glace descendante, une sellerie grise avec banquettes garnies de cuir à l’avant et de tissu Jersey à l’arrière.
Un an plus tard, la silhouette est affinée par l’allongement des ailes arrière et l’adoption sur les ailes avant de grandes ouïes d’aération de type cendrier. Au fil des ans, la DS gagne quelques chevaux et perd son toit, la DS Cabriolet est née. En 1964, la DS 21 dotée d’un moteur de 2 175 cm3, délivrant 109 ch fait son apparition.
Mais la DS n’a pas fini de surprendre avec en 1967 les phares pivotants. La DS éclaire désormais l’intérieur des virages avant même d’y entrer!
Une Fin en Apothéose
Avant de tirer définitivement sa révérence en 1975, après 20 ans d’une carrière exemplaire, la DS connaît une ultime évolution lorsque la DS 21 est remplacée par la DS 23 en septembre 1972. Ce dernier modèle reçoit un moteur de 2 347 cm3 qui, avec l’injection d’essence électronique, délivre alors 141 ch pour une vitesse maximale de près de 190 km/h.
La 1 456 115e et dernière DS est produite à Paris, à l’usine du Quai de Javel, le 24 avril 1975 à 15 heures… Il s’agit d’une DS 23 Pallas Injection Electronique de couleur Bleu Delta. Comme l’indique la banderole apposée sur son pare-brise, elle est aussi la 1 330 755e DS assemblée dans cette usine historique.
Mythique et Inimitable
Soixante-dix ans après sa sortie, la DS conserve une place à part dans l’histoire de l’automobile. Une légende entretenue par le cinéma où elle apparaît encore régulièrement. A jamais associée à la marque Citroën, et irremplaçable, la DS continue de hanter la marque.
L'appellation DS revient en 2009 pour badger une ligne de Citroën voulues premium. Depuis 2018, il s’agit même d’une marque à part entière. Une tentative de récupération poussive, si on en juge par les ventes de la marque en France, 17 400 voitures, soit - 26 % comparé à 2023.
Lors de sa présentation au Salon de Paris 1955, la DS originale s’était vendue à quelque 80 000 exemplaires en à peine dix jours sur un marché automobile cinq fois moins gros qu’aujourd’hui et avec un seul modèle. La DS est définitivement inimitable.
La Fin d'une Époque à Asnières
Les amoureux de mécanique savent que l'usine installée sur près de 8 ha, quai Aulanier à Asnières, appartient à l'histoire de Citroën. Ils ignorent peut-être, en revanche, que des 2 400 personnes qui travaillaient ici au plus fort de l'activité fin 1977â?¦ il n'en reste aujourd'hui qu'une cinquantaine. Et que la direction du groupe a annoncé lors d'un comité d'entreprise en décembre dernier l'arrêt programmé de la production. Dès la fin juillet, l'usine d'Asnières sera une coquille vide.
Le site était spécialisé dans les suspensions hydropneumatiques, concept en son temps novateur qui a fait la réputation internationale de la marque, notamment à travers la célèbre DS. « C'est parce que la DS de de Gaulle était équipée de ces suspensions que le Général a eu la vie sauve lors de l'attentat du Petit-Clamart ! » glisse un ouvrier.
L'anecdote dit combien les salariés sont fiers des petits bijoux de technologie qu'ils fabriquent, produits en grande série avec la précision du millième de millimètre. Un savoir-faire qui risque de disparaîtreâ?¦ « La direction nous dit que les routes ressemblent désormais à des billards et que plus personne ne veut de l'hydrauliqueâ?¦ » soupire Alain Villeléger, délégué CGT travaillant sur le site depuis trente-six ans.
Faux, rétorquent les salariés, chiffres à l'appui : « Sur les ventes de Citroën C5, 65 % des acheteurs demandent des suspensions hydropneumatiquesâ?¦ »
« C'est du gâchis et du sabotage » S'ensuit une avalanche de reproches : « On brade la spécificité de la marqueâ?¦ », soupire Régis, 57 ans, ajusteur mécanicien. « On abandonne ce qui a fait notre renommée à travers le monde », se désole Gabriel, 55 ans, conducteur d'installation. Alain Villeléger résume : « C'est du gâchis et du sabotage ! »
Une partie de l'activité d'Asnières a été confiée à d'autres usines du groupe ; une autre partie est passée à des sous-traitants, notamment en Haute-Savoie. Les ouvriers ont dit adieu à plusieurs machines « historiques », les larmes aux yeux, comme on quitte des proches qu'on ne reverra sans doute jamaisâ?¦
Les anciens de Citroën continuent néanmoins de demander « la poursuite de la fabrication des suspensions hydropneumatiques et la conservation de (leur) savoir-faire ». Mais sans trop y croireâ?¦ « Peugeot veut imposer sa technologie », lâche Gabriel, la voix triste. L'avenir de l'usine d'Asnières s'écrit plus que jamais en pointilléâ?¦ Juste à côté, il y a les grues d'une énorme ZAC en chantier. Huit hectaresâ?¦ de quoi aiguiser l'appétit des promoteurs.
Citroën by Trujas à Bourg-la-Reine : Un Acteur Clé Aujourd'hui
Notre équipe est heureuse de vous accueillir dans votre concession Citroën by Trujas Bourg-la-Reine. Venez découvrir et essayer les différents modèles de la gamme Citroën. Retrouvez un large choix de véhicules neufs et d’occasion et bénéficiez de la reprise de votre voiture. Nous proposons des offres et services adaptés aux particuliers et aux professionnels, ainsi que des prestations d’entretien et de réparation réalisées avec l’expertise de notre atelier.
La Traction Avant : Une Révolution en 1934
C'est en avril 1934, au palais des Expositions Citroën à Paris, que Citroën lance la 1ère traction. Pensée pour succéder à la Rosalie, elle remportera un grand succès sexpliquant par son originalité, ses innovations techniques, lélégance de ses courbes et sa nervosité. Lhistoire la rebaptisera « Traction Avant » qui sera produite pendant 23 ans. Sortie trop tard pour sauver la firme, elle névitera pas la faillite de Citroën et sera reprise par les frères André et Edouard MICHELIN qui connaîtront la prospérité et la gloire.
Déclinée en Berline, Cabriolet, Coupé et Limousine, elle affichera également diverses motorisations en 7, 9, 11 et 16 CV (15-Six) ainsi qu'une vingtaine de rarissimes 22 chevaux. La Traction Avant se démarque dès sa sortie grâce à ses nombreuses innovations telles que ses quatre roues indépendantes, son moteur flottant à soupapes en tête, les cardans, les freins hydrauliques, l'absence de châssis, la traction avant (en grande série), et même pour les derniers modèles un système de suspension hydropneumatique sur les roues arrière.
Le Groupe Trujas : Une Présence Forte en Île-de-France
Depuis plus de 50 ans, le groupe Trujas représente avec fierté et ambition les marques Peugeot tout d’abord puis Citroën, Suzuki, Fiat, DS Automobiles, Opel et, tout dernièrement, Abarth et Leapmotor.
Les Étapes Clés du Groupe Trujas
- 1970 : Inauguration de la première concession Trujas à Trappes, portant les couleurs de Peugeot.
- 1999 - 2015 : Expansion du groupe Trujas avec l'intégration de Xavier TRUJAS et le développement avec Peugeot.
- 2018 - 2025 : Progression continue avec la reprise de concessions Peugeot et Citroën, l'intégration de Suzuki, et l'ouverture de DS Stores et concessions Opel.
Acteur régional largement implanté en Ile-de-France (78, 91, 92, 94), le groupe Trujas s’est développé pour aujourd’hui représenter 8 marques : Le groupe Trujas est un acteur majeur de la distribution automobile en Ile-de-France.
Voici un aperçu des marques représentées par le Groupe Trujas :
| Marque | Année d'Intégration |
|---|---|
| Peugeot | 1970 |
| Citroën | 2018 |
| Suzuki | 2019 |
| Fiat | N/A |
| DS Automobiles | 2021 |
| Opel | 2021 |
| Abarth | 2023 |
| Leapmotor | 2024 |
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