Le marché des SUV compacts est en pleine effervescence, avec des modèles toujours plus performants et séduisants. Le précédent BMW X1 avait tout du gendre idéal. Spacieux et modulable comme un monospace, il savait convaincre par ses prestations routières et ses motorisations sobres. Parmi les acteurs majeurs de ce segment, on retrouve le BMW X1 et le Peugeot 3008, deux véhicules aux philosophies différentes mais partageant le même objectif : séduire une clientèle à la recherche d'un véhicule polyvalent et agréable à conduire. Remplacer un tel surdoué relève de la gageure, mais le constructeur bavarois a su abattre la carte du style.

Design extérieur: Virilité et élégance

Certes, la génération sortante affichait un look plutôt dans l’air du temps à son lancement. Mais les années ont passé et, surtout, on pouvait trouver sa silhouette trop proche d’un monospace. Alors les stylistes ont pris le taureau par les cornes. La nouvelle génération, qui porte le nom de code U11, a vu ses proportions sérieusement retravaillées. La calandre voit ses naseaux agrandis, sans tomber dans l’excès des haut-de-gamme Série 7 et X7. Plus sagement, BMW a voulu rapprocher son X1 du X5 dont les lignes font consensus. Le capot est plus horizontal et les ailes plus marquées. Le hayon vertical, enfin affiche quelques traits communs avec le spectaculaire XM. Bref, le X1 se virilise, tout en se retenant de choquer.

Cet aspect plus massif n’a qu’une influence modérée sur les dimensions. Avec une longueur de 4,50 mètres (5 cm de plus que la précédente génération), ce BMW X1 considéré comme un SUV compact commence à s’éloigner de la notion européenne de véhicule compact, justement.

Habitabilité et modularité: Un intérieur soigné mais perfectible

L’empattement lui, ne gagne que deux petits centimètres. Cela profite évidemment un peu à l’habitabilité, mais le X1 comptait déjà parmi les références de la catégorie. Surtout, ce SUV se distinguait par une modularité digne d’un monospace, avec une banquette coulissante et rabattable en trois parties (en option). Voilà un atout que conserve le nouveau venu. Sous ses dehors de SUV donc, le X1 affiche encore et toujours un habitacle de monospace.

L’affirmation est d’autant plus véridique que la planche de bord est intégralement reprise de la Série 2 Active Tourer. Esthétiquement, on ne s’en plaindra pas: le style et la qualité de fabrication sont au rendez-vous. Mais l’ergonomie n’y gagne pas. Si le double écran incurvé affiche une définition impeccable, on regrette le fouillis du menu principal, qui entasse les icônes sans ordre logique. Trop de boutons ont disparu, trop de raccourcis manquent et il s’avère très difficile de trouver certaines fonctions sans quitter longuement la route des yeux. Et ce n’est pas seulement lié à la disparition de la molette iDrive: le grand SUV électrique iX la conserve, et l’ergonomie est tout aussi complexe.

Lire aussi: Grandland X et 3008 : Le Verdict

Comportement routier: Agilité et confort

Techniquement, le X1 repose sur la même plateforme UKL que son prédécesseur, dédiée aux modèles à traction avant du groupe BMW, partagée avec la gamme Mini. Pour favoriser le comportement routier, les voies ont été élargies. Si ce SUV partage tout ou presque avec le monospace Série 2 Active Tourer, l’un et l’autre avancent des caractères bien différents au volant. Plus incisif, le X1 dispose d’un train avant assez accrocheur, associé à une direction plutôt directe. Il est étonnant de constater à quel point le train arrière accepte de se déhancher en appui. Voilà un équilibre très dynamique, qui rappelle presque… La 128ti, rivale de la Volkswagen Golf GTI. Etonnant pour un modèle à la vocation familiale!

Si l’agilité du comportement séduit, on retient tout de même quelques griefs. En mode Sport, la direction apparaît un peu trop aimantée autour du point milieu. Le plus gênant demeure les remontées dans le volant des versions traction, surtout à l'accélération… Y compris sur le X1 sDrive18i pourtant animé par un modeste trois-cylindres essence de 136 ch et dont le couple plafonne à 230 Nm.

Le confort est sans doute le critère qui devrait intéresser le plus de clients. Nous avons pris en main des modèles en finition M Sport, dotés d’un châssis abaissé et d’amortisseurs passifs à valves hydrauliques répondant différemment selon les fréquences de sollicitation du bitume. L’ensemble affiche une certaine fermeté, combinée à un filtrage satisfaisant. Nous n’avons pas pu tester le châssis de base. Par ailleurs, notons que dans une volonté de simplification de la gamme, BMW ne propose plus d’amortissement piloté variable selon les modes de conduite.

C’est le même souci qui a fait supprimer certains équipements, comme la convaincante commande gestuelle qui se serait pourtant révélée bien utile pour naviguer dans les menus complexes de l’écran… On note également que, désormais, beaucoup d’équipements sont regroupés au sein de packs.

Motorisations et performances: L'essence et le diesel à l'honneur

Cette volonté de limiter le nombre de références au catalogue se traduit également dans la gamme de motorisations. BMW ne propose plus que des boîtes automatiques à double embrayage. L’absence de version manuelle fait donc grimper le prix de base, à 39.900 €. Les moteurs les moins puissants sont uniquement proposés en traction, les plus puissants en transmission intégrale. En attendant l’arrivée des hybrides rechargeables et du iX1 électrique, nous avons pu essayer plusieurs variantes thermiques.

Lire aussi: Volvo XC40 ou Peugeot 3008 : Le match

Etonnamment vaillant malgré un poids total de 1.500 kg, le trois-cylindres d’entrée de gamme (sDrive18i) avance une puissance de 136 ch. S’il manque un peu d’allonge, il se révèle plutôt vif et agréable au quotidien, bien secondé par une boîte automatique à la réactivité satisfaisante. Notons que cette variante d’entrée de gamme est la seule à disposer de la boîte 7DCT300TU fournie par Getrag.

Voilà pourquoi BMW mise également sur le diesel, qui devrait représenter une part importante des ventes. Le X1 sDrive18d, animé par un quatre-cylindres de 150 ch, semble le choix parfait pour les gros rouleurs. Discret, doux et sobre, il se contente d’un appétit de 5,0 l/100 km sur autoroute. L’écart de prix avec le trois-cylindres essence étant en partie compensé par le malus moins élevé en diesel, les économies sont au rendez-vous. Ce bloc offre des performances décentes, sans excès. Ni explosif, ni inépuisable, il remplit son office avec bonne volonté, mais ne séduira pas par un quelconque caractère mécanique.

Le haut-de-gamme diesel (xDrive23d), affiche une santé clairement plus convaincante grâce à ses 211 ch et son hybridation légère 48 Volts. Mais le poids élevé (1.690 kg) limite un peu l’agilité et la consommation est nécessairement supérieure. Cette variante, qui se distingue surtout par son allonge à haute vitesse, semble taillée pour les autoroutes allemandes sans limitation.

BMW X1 face au Peugeot 3008: Une question de positionnement

Du SUV qu'ils imitent à la perfection, ces nouveaux véhicules déclinés de breaks n'en n'ont que l'apparence. Leur unique raison d'exister est de tenter d'attirer vers la marque une clientèle qui juge le break trop ringard et le 4x4 trop marqué. Pour le Prix du BMW X1 à deux roues motrices en finition niveau 2, mais au macaron prestigieux, on peut s'offrir la 3008 Féline équipée comme une princesse. En version intermédiaire, confort, il combine un prix raisonnable à une généreuse dotation d'équipement. Ambiance chic.

Le BMW X1 expose une présentation d'une grande sobriété avec une ergonomie soignée, quelques rangements directement accessibles et des matériaux peu salissants. Avec les sièges en cuir, une imposante console centrale dotée d'une poignée de maintient et des interrupteurs soigneusement encastrés, la française se montre pour une fois plus luxueuse que l'allemande. les deux véhicules présentent des volumes de chargement et une modularité comparable. Sobriété de rigueur.

Lire aussi: Duel de SUV: Peugeot 3008 ou Nissan Qashqai?

Grâce à son système Start and Stop de série, le BMW X1 économise au maximum le carburant en ville pour offrir une consommation globale sur les trois parcours inférieure à 7 litres aux 100 km ( 6.8l). Dans les mêmes conditions, il faudra compter un demi litre de plus avec le Peugeot (7.2l). A tarif égal, l'équipement pléthorique et la précision du châssis de la 3008 font pencher la balance coté français.

L’Alfa Romeo Tonale comme alternative?

L’Alfa Romeo Tonale hybride rechargeable remet les pendules à l’heure et se pose comme le Tonale le plus agréable à l’usage. Mais la concurrence est affutée, aussi faut-il garder un œil sur le récent X1 et le sempiternel 3008, toujours dans le coup.Après des versions hybride simple de 130 et 160 ch franchement décevantes, le Tonale reprend les choses en mains avec cette version PHEV forte de 280 ch. Ses performances n’impressionnent guère (la 0 à 100 km/h réclame 10,6 s d’après nos mesures), notamment à cause des 1 914 kg de l’italien, mais le passage à l’hybride rechargeable décuple l’agrément du Tonale.

La boîte automatique à 6 rapports apporte la douceur qui manquait aux autres versions du SUV Alfa Romeo, tandis que l’amortissement piloté offre assez de progressivité pour préserver les occupants des cahots de la chaussée. Lesquels profitent aussi d’un espace à bord généreux avec une présentation agréable. Tout n’est pas parfait, puisque la direction reste encore un peu trop assistée et que les consommations, une fois la batterie de 15,5 kWh arrivée à sa charge minimale, sont élevées. Comptez ainsi 7,8 l/100 km en moyenne et 10,1 sur autoroute, ce qui le pénalise face à la concurrence.

La première, baptisée 25e, affiche déjà 245 ch cumulés. Aussi performant que le Tonale PHEV, ce X1 s’avère surtout beaucoup plus sobre. Ainsi, le SUV allemand se contente de 7,9 l/100 km sur autoroute une fois sa batterie vidée, contre 10,1 l à son rival italien, tandis que la consommation en ville est de l’ordre de l’exceptionnel avec seulement 4,6 l/100 km selon nos mesures ! Et grâce à sa batterie de 16,4 kWh, l’allemand affiche de bien meilleures autonomies électriques puisqu’il peut parcourir 70 km sur route. Le X1 est bien construit et flatteur à l’œil avec une nouvelle planche de bord calquée sur celle de l’Active Tourer, tout en se montrant assez accueillant et en offrant une bonne position de conduite. Le SUV bavarois est aussi bien campé sur ses appuis, offrant un comportement plaisant.

Avec une telle puissance, les performances sont bien sûr de haut niveau et nettement meilleures que celle du Tonale, pourtant presque aussi puissant et à peine plus lourd avec 1 914 kg avoués sur la balance, contre 1 904 kg pour le sochalien. En plus de ses performances dignes d’une sportive (80 à 120 km/h en seulement 3,6 s), le français dispose d’un châssis plus efficace, ainsi que d’une direction aussi précise qu’informative. De quoi contenter les amateurs d’itinéraires sinueux, sans trop pénaliser le reste de la famille car le confort, s’il est loin d’avoir le moelleux d’une Citroën, reste tout de même décent.

Consommation Comparée: Alfa Romeo Tonale PHEV Q4, BMW X1 xDrive25e, Peugeot 3008 Hybrid4

Modèles Conso. ville (l/100 km) Conso. route (l/100 km) Conso. autoroute (l/100 km) Conso. moyenne (l/100 km)
Alfa Romeo Tonale PHEV Q4 6,1 8,3 10,1 7,8
BMW X1 xDrive25e 4,6 7,5 7,9 6,4
Peugeot 3008 Hybrid4 7,4 7,5 8,8 -

tags: #comparatif #BMW #X1 #Peugeot #3008

Articles populaires: