Aussi habitables que des monospaces mais d'allure plus dynamique, les Qashqai et 3008 sont les chouchous des familles. Nissan se décrète l’inventeur du crossover depuis quelques années déjà. Si l’assertion mérite débat, il est sûr que le constructeur japonais a développé et popularisé le genre. En vedette : le Qashqai, ce modèle haut sur pattes qui a pris la suite de la banale Almera.
Un Combat de Titans dans le Segment des SUV Compacts
Rapidement, le pari de Nissan - celui de concurrencer la Golf avec un modèle plus haut sur pattes - s’est avéré payant. Peugeot fut parmi les premiers à répliquer, avec le 3008. Né avec des lignes plutôt pataudes, celui-ci a su convaincre grâce à son confort, son habitabilité et son intérieur valorisant, dont le mobilier rappelle un peu celui de l’Audi R8. Il y a pire référence… Alors que le japonais bénéficie d’une toute nouvelle génération, le crossover au Lion se voit simplement retouché.
Design Extérieur : Sobriété contre Extravagance
Apparu début 2021, lancé cet été, le Nissan Qashqai de troisième génération a fait peau neuve sans réel bouleversement ni effet de manche superflu. Pas besoin d'en faire des tonnes pour repenser le coup de crayon, donc : tout est nouveau, sans extravagances ni effet de style gratuit. On retrouve un imposant logo au centre d'une grosse calandre en V chromée, dans la veine du style Nissan actuel, les optiques sont devenues plus anguleuses. Mais la discrétion prime, comparé à l'extravagante silhouette acérée, toute en arêtes, du 3008.
C'est devenu une marque de fabrique Peugeot, qui fait recette en tout cas, et ne s'est pas vraiment assagie avec le restylage de l'an dernier (calandre massive, "crocs" à Leds). Côte à côte, pas évident de déceler lequel est le plus récent. La sobriété du Qashqai encaissera peut-être mieux le poids des ans...
Le Peugeot 3008 mise sur un design élégant et avant-gardiste. Avec son allure futuriste, il attire le regard grâce à ses lignes épurées et sa calandre imposante. Ses feux LED et ses finitions chromées renforcent cette impression de modernité et son esthétique sophistiquée. Ce design modernisé n’est pas seulement une question de style, mais également de fonction. En effet, les mises à jour incluent des améliorations majeures sous le capot.
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De son côté, le Nissan Qashqai affiche un design plus sportif et dynamique. Ses lignes tendues, ses jantes en alliage et son profil musclé lui donnent une allure plus robuste.
Intérieur : Originalité contre Pragmatisme
A l’intérieur, la 3008 n’évolue guère : il ne fallait pas toucher à son principal argument de vente ! La planche de bord, enveloppante et bien finie, conserve ses commutateurs façon aviation sur les finitions haut-de-gamme. Si l’affichage tête haute demeure une des attractions de ce véhicule, l’équipement affiche tout de même quelques lacunes.
L'écart est encore plus prononcé en passant à bord... Etrangement, l'agencement ultra classique du Qashqai parait presque dépassé face à la planche de bord du 3008, travaillée au possible et autrement plus originale. L'orientation de la console centrale tournée vers le conducteur, les commandes style alu, l'écran en suspension et l'instrumentation en hauteur tranchent avec le mobilier austère du japonais. Impression accentuée sur notre version GT : l'ambiance est presque luxueuse sur notre version GT, avec des garnitures en alcantara, des inserts façon chromes... un peu chargé, peut-être ?
En revanche, certains seront vite agacés par l'ergonomie alambiquée de l'habitacle Peugeot. On peste sur l'accès à la climatisation via l'écran central, sa lisibilité perfectible, et les menus pas toujours cohérents de l'interface média. Tout l'inverse du Nissan Qashqai, simple et pragmatique. Ambiance classique au possible voire austère à bord du Qashqai... Il convient surtout de ne pas s'arrêter à la première impression : le Qashqai se rattrape par son contenu technologique, plus riche et plus moderne que celui du 3008.
Technologie embarquée
Peugeot 3008 séduit avec son célèbre i-Cockpit. Ce tableau de bord numérique compact intègre un écran tactile de 10 pouces, un combiné d’instrumentation digital et un volant compact qui améliore la maniabilité du véhicule. Le Nissan Qashqai propose également une technologie avancée avec son système NissanConnect et un écran tactile de 9 pouces. Bien que légèrement plus petit que celui du 3008, cet écran offre une navigation intuitive et intègre les fonctionnalités Apple CarPlay et Android Auto.
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Sécurité
Ainsi, le freinage d’urgence automatique, l’alerte d’angle mort, ou le passage de pleins phares à feux de croisement automatique, regroupés sous l’appellation Safety Shield sur le Qashqai, sont indisponibles chez Peugeot. Il en va de même pour l’accès et démarrages mains libres ou le système de stationnement automatique.
Habitabilité et Modularité
En ce qui concerne l’habitabilité, également, le nouveau Qashqai met le 3008 en difficulté. Certes spacieux, le Peugeot ne peut lutter face à l’espace aux jambes impressionnant et la garde au toit supérieure du Nissan. Le français se rattrape par ses sièges plus moelleux et sa soute à la modularité mieux pensée (tirettes pour rabattre les dossiers de la banquette, plancher de coffre à multiple hauteur).
Concernant l'espace à bord, nos deux rivaux affichent des proportions et un sens de l'accueil très proches. Le Qashqai est l'un des plus compacts du segment (4,43 m de long, soit 2 cm plus court que le 3008), mais l'empattement très légèrement supérieur à celui d'un 3008 (2,67 m, 1 cm plus long) et la conception de l'habitacle permettent de libérer un espace à peine plus vaste aux places arrière (l'assise de banquette est un peu plus longue aussi). L'écart est marginal cela dit. En revanche, la découpe du pavillon plus horizontale permet au Qashqai d'afficher une garde au toit sensiblement plus généreuse.
Le 3008 présente en revanche un volume de coffre à peine supérieur (520 l contre 504 l) et son seuil de chargement est plus bas d'environ 5 cm. D'un point de vue purement pragmatique, victoire Qashqai pour la vie à bord. A moins de craquer pour la finition et le cockpit soigné du Peugeot...
Les deux modèles sont très proches en termes de capacité de chargement. Le coffre du Peugeot 3008 a un volume de 520 litres, légèrement supérieur à celui du Nissan Qashqai qui propose 504 litres.
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Performances et Motorisations
Du point de vue des motorisations, ces deux modèles font la part belle au Diesel. Le cœur de gamme est constitué chez Nissan par le 1.5 dCi 110 ch d’origine Renault, bien connu sous le capot d’autres modèles de l’Alliance. Celui-ci délivre un agrément satisfaisant (malgré une course d'embrayage trop courte) et parvient à contenir sa gourmandise (3,8 l/100 km sur le cycle européen, plutôt 5,5 l/100 km en réalité), en particulier grâce à la présence d’un système d’arrêt-démarrage automatique.
Ce dispositif est indisponible sur le Peugeot, doté du 1.6 HDi de 115 ch (sauf avec la peu agréable boîte robotisée). Ce bloc également très répandu présente un comportement et un niveau sonore assez similaire à son concurrent, avec un couple suffisant, disponible sur une plage de régime assez large. En attendant la future version BlueHDi 120, celui-ci présente un appétit supérieur : 4,8 l/100 km en cycle mixte (comptez plutôt aux environs de 6,3 l/100 km en réalité).
Pour ceux qui réclament plus de puissance, Nissan propose le 1.6 dCi 130 ch, lui aussi d’origine Renault. Ce bloc moderne se distingue par sa douceur, contrairement au 2.0 HDi 150 ch proposé sur le 3008. Pour ceux qui préfèrent l’essence, Nissan propose le petit quatre-cylindres 1.2 de 115 ch (lui aussi d’origine Renault et partagé avec la Mégane). Certes moyennement performant, il se distingue toutefois par sa souplesse et son silence de fonctionnement.
Il apparaît bien plus convaincant que le VTi 120 ch du 3008, atone et desservi par une boîte à cinq vitesses au dernier rapport trop court, néfaste au niveau sonore et à la consommation sur autoroute. Reste sur le Peugeot l’option du THP 156, sans concurrence chez Nissan. Silencieux, coupleux et performant, ce bloc va comme un gant au 3008, avec une consommation moyenne qui conviendra aux petits rouleurs (entre 7,5 l/100 km et 8,0 l/100 km selon le type de trajet mais jusqu’à 9,5 l/100 km en ville). Cerise sur le gâteau : malgré le malus écologique, il se montre à peine plus cher à l’achat que le HDi 115 (1.250 €).
En termes de performances, le Peugeot 3008 se distingue avec sa motorisation hybride rechargeable, qui combine un moteur thermique et deux moteurs électriques pour une puissance totale de 300 chevaux. Cette option hybride permet une autonomie en mode électrique jusqu’à 59 km, idéale pour les trajets urbains. Le Nissan Qashqai, quant à lui, propose une gamme de motorisations un peu moins puissante, mais bien pensée pour un usage quotidien. Il est disponible en version essence, diesel et avec une technologie d’hybridation légère (mild-hybrid).
Nouvelles motorisations hybrides
La gamme du Qashqai sera complétée dès 2022 d'une "vraie" motorisation hybride, baptisée e-Power (une curiosité puisque le thermique se limitera à un rôle de générateur, sans fonction de traction). D'ici là, l'offre est tout à fait restreinte... et se cantonne à un seul moteur : l'archi-connu 4 cylindres 1,3 l TCe d'origine Renault (également présent sous le capot de la Mercedes Classe A et de ses dérivés), doublé d'une micro-hybridation et disponible en deux niveaux de puissance. 140 ch en boite manuelle, 158 ch associé à la boite CVT de ce match.
Comportement Routier
Sur la route, l’un comme l’autre se montrent tout à fait recommandable. Ayant une réputation à tenir, le Peugeot se place toutefois un cran au-dessus. Plus agile et confortable, il s’inscrit plus facilement en virage. Plus prompt à sous-virer, le Qashqai semble souffrir d’un train avant trop raide, ce qui impose de l'inertie en entrée de virage. Une fois qu’il a commencé à pivoter, la vivacité de son train arrière (correctement jugulée par l’électronique) surprend.
Priorité au confort pour le Qashqai, royalement filtré, et suspendu en souplesse. Parfois trop, mais le tempérament rassure. A l'usage, le Qashqai fait valoir une douceur de marche et un agrément moteur de meilleur niveau. Sans surprise : le fonctionnement de cet excellent 4 cylindres (déjà mis à l'épreuve sur la Mégane) est autrement plus rond et discret que le 3 cylindres Peugeot. Par ailleurs, la boite EAT8 du 3008 réserve quelques à-coups et hésite à bas régime. Griefs absents de la boite à variateur du Nissan (baptisée Xtronic), qui fait preuve d'une agréable fluidité... et du défaut de ce type de transmission, si on la malmène : un désagréable sentiment de patinage et d'emballement.
C'est peu dire : le 3008 conserve l'avantage de ses liaisons au sol et d'un poids inférieur (130 kg de moins !). Dès les premiers kilomètres, agrément général et toucher de route offrent un meilleur compromis que le placide et rassurant Qashqai, parfois trop souple en changements d'appuis. Malgré les progrès de ce dernier sur le plan dynamique, le Peugeot avance des qualités routières autrement plus fines : train avant précis, mouvements de caisse mieux tenus, tout en préservant un niveau de confort de haut niveau. Seul réel reproche, les jantes de 18 pouces en GT pénalisent la filtration. Le Qashai, pourtant doté d'une monte aussi imposante, parait mieux isolé à basse vitesse.
Consommation
En matière de consommation, le Peugeot 3008 hybride rechargeable se démarque avec une consommation moyenne en mode combiné de seulement 1,5 L/100 km selon le cycle WLTP, grâce à sa capacité à rouler en mode électrique sur des courtes distances. Le Nissan Qashqai hybride léger n’atteint pas les mêmes performances en termes de sobriété énergétique.
A la pompe, le Qashai est moins gourmand malgré sa puissance et son poids supérieur. Les vertus de la micro-hybridation et de la boite CVT.
Prix et Equipements
En renouvelant le Qashqai, Nissan a eu le bon goût de préserver l'un des atouts du précédent : son rapport prix / équipement compétitif, misant sur le "tout compris" ou presque. Ses tarifs débutent à 29.590 € en finition de base et boite manuelle, dont la dotation est déjà intéressante. Régulateur, reconnaissance des panneaux, alerte d'angles morts et de franchissement de ligne... Le 3008 démarre plus haut, à 31.950 € minimum en version d'accès Active Pack. Là aussi, l'équipement de série est plutôt riche (il inclut même la caméra de recul et le radar de stationnement avant, optionnels sur le Qashqai), mais pas au point de compenser l'écart de prix conséquent. Le constat vaut aussi sur nos versions de sommet de gamme.
En GT, notre 3008 demande 39.100 € hors options. Le Qashqai Tekna+ du match s'affiche certes nettement plus cher (42.490 €), mais le contenu est imbattable : sellerie cuir, toit panoramique, aide au stationnement automatique, système audio Bose, hayon mains libres...
Tableau Comparatif
| Caractéristique | Peugeot 3008 | Nissan Qashqai |
|---|---|---|
| Longueur | 4,45 m | 4,43 m |
| Empattement | 2,68 m | 2,67 m |
| Volume du coffre | 520 l | 504 l |
| Motorisation Hybride | Hybride rechargeable (300 ch) | Hybridation légère (Mild-Hybrid) |
| Consommation mixte (hybride) | 1,5 L/100 km (WLTP) | Supérieure |
| i-Cockpit | Oui (écran 10 pouces) | Non |
| NissanConnect | Non | Oui (écran 9 pouces) |
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