Si La Baule est célèbre pour ses plages, elle l’est moins pour son histoire automobile. Par le passé, la ville était le théâtre de courses renommées.

Les Débuts des Courses sur la Plage

Au début du XXe siècle, des courses automobiles sur le sable de la plage de La Baule ont attiré des milliers de spectateurs et les plus grands pilotes de l’époque. Des courses automobiles sur la plage, ça paraît totalement inimaginable aujourd’hui, pourtant il y en a bien eu à La Baule !

A marée basse, la mer découvre une immense plage, constituant un étonnant circuit automobile.

La Course de la Liberté de 1919

En 1917, des dizaines de milliers de soldats américains débarquent à Saint-Nazaire à destination du front. Ils y sont restés jusqu’en 1919.

En attendant leur retour au pays, ils organisent une grande fête sur la plage de La Baule les 30, 31 mai et 1er juin 1919, à l’occasion du Mémorial Day, qui rend hommage aux morts des forces armées.

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Pendant trois jours, 20 000 soldats et 40 000 spectateurs assistent notamment à des exhibitions, à un défi entre une Cadillac et un avion Nieuport, des courses de motos et de voitures.

L’édition disputée le 31 mai 1919 ne déroge pas à cette règle même si elle ne se nomme pas ainsi mais « Course de la Liberté », ce qui bien entendu n’est pas anodin à quelques semaines de la signature du traité de Versailles.

Quelques jours plus tôt, en effet, le préfet de Loire-Inférieure autorise l’organisation par le commandant de la base américaine n°1, dont le quartier général est situé à Saint-Nazaire, de courses automobiles sur la plage de La Baule.

Si cette requête est sans doute inédite en France, une telle pratique est déjà ancienne aux Etats-Unis comme en témoignent les épreuves de Daytona Beach, en Floride, disputées depuis 1902.

Les courses ont lieu en journée sur toute la longueur de l’immense plage de la célèbre station balnéaire, du Pouliguen à Pornichet, et l’arrivée est jugée en face du Grand Hôtel, alors reconverti en hôpital pour les blessés du corps expéditionnaire américain.

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Le 31 mai 1919 n’est en effet pas une date anodine mais celle du Mémorial Day, jour d’hommage aux morts des forces armées américaines.

En d’autres termes, ces courses automobiles sont un moyen de divertir les hommes tout en leur rappelant pourquoi ils ont combattu et se trouvent si loin de leurs familles, le tout en maintenant la discipline.

L'Automobile Club de l'Ouest et la Semaine de l'Automobile

À partir de 1921, l’Automobile club de l’Ouest prend la suite en organisant des meetings automobiles toujours sur la plage.

En 1924, François André, l’un des bâtisseurs de la station, crée la Semaine de l’automobile avec un Grand prix sur la plage !

Y participeront tous les grands pilotes de l’époque au volant de Bugatti, Alfa Romeo, Delage, Mercedes…

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Au total, 10 GP se dérouleront sur la plage de la Côte d’Amour. Le dernier se disputera le 29 août 1938 et aura comme vainqueur Armand Hugh sur Maserati.

La Montée Historique de La Baule

Aujourd’hui, c’est tellement compliqué de faire vivre des belles compétitions, que toute la troupe de passionnés, qui entoure le Président Gilles Sorin, se tourne vers cette version « Montée Historique » !

L’Association Écurie Côte d’Amour organisait, dimanche 12 mai 2024, la troisième Montée historique de La Baule. Ce dimanche 18 mai, l’écurie de la Côte d’Amour organisait la 4e Montée historique de La Baule. Un rendez-vous immanquable pour les mordus de belles mécaniques. Près de 80 étaient au départ.

« Le principe, c’est de faire revenir une course de côte, sur un morceau de rallye qui a vraiment existé », démarre Gilles Sorin, président de l’Écurie de la Côte d’Amour (ECA).

Ce passionné de mécaniques rappelle « les courses sur la plage, initiées par les Américains après la première Guerre mondiale, les rallyes et les concours d’élégance ».

Une partie de l’histoire de La Baule est liée à l’automobile.

Le circuit de 3,2 km de long passe par le chemin des Quatre-saisons, les routes de la Grée-Guillaume, de la Ville-Arthur, de la Lande et de la route du Bois-Chevalier.

« C’est un tracé qui a vraiment été emprunté par des rallyes de 1964 jusqu’en 1993 », glisse Gilles Sorin.

La course est encadrée par des commissaires et supervisée par la fédération. « Ici, pas de chrono.

La nouvelle formule permet d’organiser des courses dans des conditions quasiment similaires, à l’exception de l’absence de chronométrage et de classement.

Une cinquantaine d’autos se sont élancées ce Dimanche, pour quatre montées de ce circuit intéressant, tracé à l’écart du littoral, dans la campagne Bauloise. Des Triumph, des « Spitfire » GT6, et une rare Hérald sont aussi à l’attaque.

Découvrons aussi, les Italiennes présentes à cette Montée Historique de La Baule, Alfa Romeo coupé 2000 Bertone et GTV 2L, puis deux Fiat X1/9. Des Françaises évidemment. Toujours des Renault, deux versions « compétition », avec notamment une Supercinq GT turbo. L’autre Renault c’est celle que le public de la Montée Historique de La Baule attendait, La Renault 5 Turbo de Michel Crespel.

Le duo est toujours dans la course depuis les années 80, et il éprouve de très grandes sensations sur des épreuves de notoriété, telles que le Rallye du Maroc Historic.

Parlons un peu de ces deux originaux et sympathiques « Protos ». D’abord une Jema 630 GT et ensuite une Scora. Cette dernière est une auto qui a demandé beaucoup d’heures de travail pour retrouver « Vie ».

C’est une évolution de la production des JIDÉ, qui ont pris forme à Chatillon S/Thouet (79). Pour l’histoire locale, Jean-François Humeau membre et pilote de l’Écurie Côte d’Amour, à l’époque des années 85, a réalisé sa voiture de course, entre autres pièces et carrosseries, en ayant racheté les droits de la marque JIDÉ.

D’autres modèles, par là, pour terminer le panel du jour. Deux Américaines d’époques si différentes, avec la doyenne de La Montée Historique de la Baule 2023, la Ford T et puis une Chevrolet Corvette C3.

Voilà donc un résumé de cette belle journée passée, au milieu de cette organisation « Montée Historique de La Baule », et sous un soleil radieux. A voir les espaces de stationnement si bien remplis, on comprend rapidement l’intérêt porté par le public et les engagés.

Des voitures aux profils insolites et aux couleurs flashy se sont succédé durant la course.

Le public a pu apprécier des prototypes habituellement visibles que sur circuit ou lors de compétitions spécialisées.

A raison d’une voiture toutes les minutes, le public s’est laissé plonger dans près d’un siècle d’histoire automobile, depuis la mythique Ford T de 1927 jusqu’aux récentes Caterham, Lotus et Alpine.

Véhicules de compétitions, GT prestige et voitures anciennes étaient présentes à la Montée historique de La Baule.

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