Trouver un break compact et suffisamment énervé devient compliqué. Heureusement, Skoda n'a pas encore sonné le glas de son Octavia RS Combi qui profite elle aussi d'un restylage discret.
Présentation et Design
Elle avance masquée, cette Skoda Octavia RS Combi. Ni badge ostentatoire, ni appendice aérodynamique criard, et encore moins de générateur de son artificiel qui hurle dans les oreilles à chaque coup de gaz. Pourtant, sous son costume de père de famille pressé, se cache une authentique routière des temps anciens. Un break à essence, compact, sportif et presque discret. En 2025, une telle proposition relève de l'anomalie. Tant mieux : elle n'a jamais été aussi désirable.
Délaissant le design « taillé à la serpe » des générations précédentes, cette Octavia 4 profite d’une planche de bord moderne, et résolument aérienne. Vocation dynamique du modèle oblige, on note plusieurs éléments spécifiques à cette version RS, à l’image du volant sport trois branches à méplat avec cuir perforé, des sièges sport intégraux avec un revêtement mêlant suédine et simili-cuir, ou encore des inserts en « vrai-faux » carbone (qui rendent très bien). Les contre-portes se paient même le luxe d’offrir de la moquette dans les bacs de portière ! Seules les crosses de porte dénotent légèrement, avec leur grain un peu moins flatteur (mais je pinaille). Et il faudra dans tous les cas apprécier les coloris sombres de cet habitacle, puisque ce sont les seuls disponibles sur l’Octavia RS !
Avec ses lignes plus dynamiques et son gabarit généreux, difficile de nier que cette Octavia IV en impose. Et plus encore dans sa finition RS qui, pour autant, ne tombe pas dans la surenchère touchant malheureusement beaucoup de sportives. Les Octavia "RS iV" pourront malgré tout se reconnaître au premier regard pour un oeil averti. Pour commencer, la grille de calandre, les entrées d'air, la lame avant, les volets aérodynamiques, le diffuseur arrière, l'aileron ajouté sur le hayon et les contours de fenêtres sont peints en noir. Ensuite, les RS sont livrées avec des jantes en alliage "Comet" de 18 pouces, noires elles aussi, ou en option, des 19" argentées ou polies au dessin spécifique. Enfin, les étriers de frein peints en rouge accompagnent des disques de gros diamètre.
L'intérieur de l'Octavia RS iV est principalement noir mais cette austérité est rompue par les surpiqures rouges sur la sellerie (tissu ou suède et cuir), les panneaux de portes, l'accoudoir central, la planche de bord et le volant sport multifonction. Les sièges sport avant et arrière, les inserts façon carbone ainsi que les pédales en aluminium complètent le package sportif de l’habitacle dont on appréciera aussi la finition et les assemblages soignés.
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Motorisation et Performances
Pendant que les SUV hybrides rechargeables colonisent les concessions et que les sportives thermiques se raréfient, Skoda persiste et signe avec cette RS Combi, propulsée par un bon vieux 2.0 TSI de 265 chevaux. Un quatre-cylindres connu, partagé avec d'autres modèles du groupe Volkswagen, mais ici débarrassé de toute ambition électrifiée. Pas d'hybridation, même légère. Un simple moteur thermique, une boîte DSG à double embrayage, et un châssis qui a encore des choses à dire. Voilà qui sonne presque comme un manifeste.
Ce 2.0 TSI est désormais le seul moteur associé à la finition RS, les versions animées par le 2.0 TDI de 200 ch (un moteur que j’avais justement eu l’occasion d’essayer en version RS Combi) ou le 1.4 PHEV (RS iV) n’étant plus disponibles sur le configurateur Français. C’est évidemment en haussant le rythme que le blason RS prend tout son sens.
« Mon » Octavia RS est animée par un 2.0 TSI « full thermique » de 245 ch, qui est obligatoirement associé (sur le marché Français en tout cas) à la boîte DSG7. De quoi couvrir le 0 à 100 en 6,7 secs, et atteindre 250 km/h en pointe.
Et quelles performances ! le 0 à 100 km/h est abattu en 6,7 secondes, les reprises sont solides, la boîte DSG réagit au quart de tour, et l'ensemble respire une belle homogénéité. Ce n'est pas une bête de circuit, certes, mais un vrai plaisir de tous les jours, ce qui est peut-être plus difficile à concevoir et à réussir.
Le bloc a en effet reçu quelques aménagements pour améliorer son rendement et son agrément. Le développement du moteur, que l'Octavia RS partage avec la VW Golf 8 GTI, s'est ainsi concentré sur la pression d'injection de carburant, augmentée jusqu'à 350 bars, et la réduction des frictions en utilisant des nouvelles couronnes de piston et un nouveau joint de vilebrequin. Ainsi, bien qu'on ne dispose pas d'un seul cheval de plus, le couple se montre plus disponible et la consommation de carburant a été réduite.
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Grâce à l'étagement plus rapproché des premiers rapports, les chronos officiels de l'Octavia RS iV DSG sont un poil meilleurs que pour la BVM. En pratique, on retient surtout qu'avec 370 Nm disponibles, les reprises sont excellentes.
Comportement Routier et Confort
La recette est simple, mais efficace. L'Octavia RS Combi repose sur une plateforme MQB Evo bien connue, peaufinée ici pour un usage dynamique sans devenir caricatural. Le train avant encaisse avec aplomb, l'arrière suit avec rigueur, et le tout distille un agrément de conduite étonnamment pur. Sur route, la direction - bien que peu bavarde - s'avère suffisamment précise pour engager le break avec conviction dans les virages, pendant que le différentiel électronique fait le job pour préserver la motricité. Le train avant est joueur, parfois presque trop si le bitume est humide, mais toujours sain. Le confort, lui, reste une qualité de la maison.
L’Octavia RS offre alors un comportement dynamique et incisif, avec ses commandes raffermies (la direction progressive est livrée de série). Déjà rabaissée de 15 mn grâce à la suspension sport, l’Octavia RS gagne encore en versatilité avec le châssis adaptatif DCC optionnel (facturé 930 Euros).
L'Octavia RS offre la plus grande des satisfactions lors des départs en vacances ou en week-end en famille. Grâce à ses différents modes de conduite, l’auto se plie très bien à la conduite « de bon père de famille », en se montrant très civilisée, et même plutôt reposante.
En outre, la TSI 245 ajoute un élément supplémentaire non négigeable : le différentiel à glissement limité. Ce "VAQ", monté depuis la Golf 7 GTI Performance, permet d'exploiter pleinement le potentiel de cette coupleuse traction. Avec moins de poids sur l'essieu avant, la RS 2.0 TSI se montre fort logiquement la plus incisive en virage. La direction progressive offerte en série, se révèle très bien calibrée.
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Grâce à l'amortissement piloté, l'Octavia RS sait rester civilisée au quotidien, même si la monte pneumatique 19 pouces impose quelques trépidations en ville. Sur autoroute, elle file droit, sereine, et son insonorisation soigneusement calibrée permet de voyager loin sans fatigue, avec en prime un volume de coffre de 640 litres, ce qui n'est pas rien dans un segment qui n'en propose plus guère.
Aspects Pratiques et Vie à Bord
Skoda oblige, l’espace à bord fait référence, avec des places arrières digne d’une limousine, et un coffre qui offre un volume très, très généreux : 600 litres. On est bien, très bien installé à bord de l’Octavia RS.
C'est là que cette Skoda prend tout son sens : elle coche des cases que presque plus personne ne propose. Une familiale à la fois habitable, dynamique, et abordable dans une certaine mesure - à partir de 47 500 € hors options - qui ne cède pas aux sirènes du tout-électrifié.
Elle va vite, elle transporte, elle ne crame pas une batterie à chaque feu rouge, et elle se gare dans un emplacement normal sans rogner sur son capital sympathie. En 2025, ça vaut presque de l'or. Car il faut bien le dire : des breaks de ce genre, il n'en reste plus beaucoup.
La Skoda Octavia a la chance, le devoir aussi, de porter plusieurs missions. Elle est la plus puissante des Skoda Octavia jamais produites, la plus exclusive donc. Elle est le porte-drapeaux de Skoda, modèle le plus vendu de la marque, se targuant d’être le troisième modèle compact le plus vendu en Europe (!), neuvième véhicule tous segments compris.
Points Négatifs
Tout n'est pas parfait pour autant. Le moteur, s'il est volontaire, manque un peu de caractère. Il pousse, il souffle, mais ne chante pas. Les envolées mécaniques ne provoquent ni frissons ni chair de poule. Et même en mode Sport, la sonorité reste contenue. Ceux qui cherchent les envolées lyriques d'un cinq-cylindres Audi ou la rage d'un six-en-ligne BMW resteront sur leur faim.
De même, si la présentation intérieure est sérieuse, bien équipée et techniquement au point, l'abus de surfaces tactiles et de menus numériques nuit parfois à l'ergonomie. Il faut s'habituer, composer avec l'interface, et ne pas être trop pressé quand il s'agit de modifier la climatisation. Mais ce sont là les compromis du monde moderne.
Consommation et Budget
Pas de recharge à planifier, pas de malus à six chiffres. La consommation ? Comptez entre 7 et 9 litres selon l'usage, ce qui reste honnête vu les performances.
Avec un prix de départ fixé à 38 590 € et un minimum de 153 grammes de CO2/km, l'Octavia RS est aujourd'hui l'une des rares berlines (et même break) à savoir concilier "gros" moteur essence et budget contenu.
Conclusion
Ni premium, ni low-cost, ni électrique, ni pachydermique, cette Skoda trace son propre sillon, loin des tendances. C'est une sportive pour ceux qui ne veulent pas le dire trop fort. Une familiale pour ceux qui ne veulent pas s'ennuyer. Et surtout, une proposition à contre-courant dans un marché devenu monotone. Pour tout cela, on lui pardonne son moteur un peu trop sage et son ergonomie tactile, car au volant, ce break a ce petit quelque chose d'authentique, cette sincérité mécanique que l'on croyait disparue. Devenue différente, l'Octavia RS Combi regagne en intérêt pour qui cherche un break toujours aussi discret et pratique, mais avec une pointe de piment en plus. Si elle est encore plus discrète que par le passé, tout en s'efforçant d'édulcorer sa personnalité, elle n'en reste pas moins attachante et vraiment bien née.
Au final, sa versatilité n’a pas vraiment d’équivalent sur le marché : peu de voitures offrent la même équation espace/confort/polyvalence/dynamisme. Vendue à partir de 45.270 Euros, cette Octavia RS 2.0 TSI 245 DSG7 est un véritable couteau Suisse !
Best-seller attitré de la marque, malgré l'arrivée des SUV, la berline Octavia a fait l'objet de la plus plus grande attention pour son renouvellement. Cette quatrième génération, présentée le 11 novembre 2019 à Prague, nous aura fait patienter jusqu'en mars 2020 pour avoir la confirmation d'une version sportive, inaugurant pour l'occasion une motorisation hybride. Mais après quelques 200 000 Octavia RS vendues à ce jour, dont plus de la moitié pour la troisième génération, Skoda a aussi pris soin de ne pas laisser de côté une grosse part de sa clientèle.
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