Jean-Paul Belmondo ne se contentait pas de courir sur les toits ou de sauter d’un train en marche. Il roulait. Vite, souvent. Fort, parfois. Et toujours avec style. Ses films sont jalonnés de poursuites, de cabrioles motorisées, de scènes où la voiture devient presque un personnage secondaire. Mais en dehors des projecteurs aussi, Bébel cultivait une passion sincère pour les belles mécaniques.
L'amour de Belmondo pour les voitures
Jean-Paul Belmondo était un grand passionné de mécanique et a possédé dans son garage des merveilles telles qu’une Aston Martin DB5 « James Bond », des Ferrari 250 GT Cabriolet et 250 TDf ou encore des modèles plus rares comme une Panther Lima.
L’automobile a été évidemment très présente dans la filmographie éclectique de « Bebel », avec bon nombre de films d’actions cultes où les grosses mécaniques lui permirent de mettre en avant ses talents (et son audace) de cascadeur, en coopération avec l’immense Rémy Julienne, le roi de la cascade, récemment disparu également.
Il n’était pas un amateur de fiches techniques. Il était un homme de sensations. Belmondo, c’était une poignée de gaz bien placée, une accélération juste, un moteur qui vibre comme un rire.
Voitures emblématiques dans ses films
A bout de souffle (1960)
C’est en voiture en partie que Jean-Paul Belmondo crève l’écran et se révèle au grand public dans le film A bout de souffle de Jean-Luc Godard, film emblématique de la « nouvelle vague » qui révolutionne le cinéma par son ton décomplexé et sa réalisation iconoclaste.
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Le Casse (1971)
Dans Le Casse (1971), tourné en Grèce, Belmondo reprend son rôle de roi de la cascade. Et pour ça, il choisit une Fiat 124. La 124 , agile, compacte, joue les prolongations dans des ruelles serrées, bondit sur les pavés, frôle les rebords. Elle ne triche pas. Elle encaisse. Et elle résiste, à l’image de Bébel lui-même, qui réalise là encore une grande partie de ses cascades.
Dans ce film d’Henri Verneuil, l’acteur français, en partie doublé par Rémy Julienne, se livre à une course poursuite effrénée et rocambolesque dans les rues sinueuses et vallonnées d’Athènes. Au volant d’une Fiat 124 Special, il affronte Omar Sharif qui pilote une Opel Rekord.
Flic ou Voyou (1979)
On pense souvent à tort que c’est une Morgan. Mais non : dans Flic ou Voyou (1979), c’est bien une Caterham Super Seven crème que Belmondo conduit sur les routes de la Côte d’Azur. Un cabriolet léger, au design minimaliste, inspiré des Lotus des années 50. La Caterham colle parfaitement au personnage : insaisissable, joueur, élégant sans en faire trop. On le voit filer en bord de mer, cheveux au vent, sourire en coin, comme s’il ne jouait plus un rôle.
Antoine Cerruti est recherché ! Voilà comment commence cette scène désormais légendaire. Jean-Paul Belmondo, dans le rôle d'un enquêteur de la « police des polices » nommé Stanislas Borowitz, se fait passer pour un malfrat de Nice nommé Cerruti. La police est à ses trousses quand il décide de se faufiler dans une file d'attente. Les gens qui l'entourent sont en fait en train de patienter pour passer leur permis de conduire. Et là, les excès commencent.
Avec la conduite sportive qu'on lui connaît dans ses films, Bébel secoue l'instructeur qui ne réagit presque pas. Alors qu'il traverse un parc public, la voiture d'auto-école conduite par Belmondo se retrouve face à une patrouille de Police. « Ils vont vous enlever le permis avant même que vous l'ayez », lance l'instructeur de conduite joué par Philippe Castelli. Dans une ruelle, après avoir percuté des poubelles, Castelli lance - toujours sur le même ton - à Belmondo : « Bon bah vous êtes recalé ». Le policier en couverture lui répondra par une réplique devenue culte : « Oh vous êtes dur !
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L’As des as (1982)
Dans L’As des as (1982), l’action se déroule dans l’Allemagne des années 30. Rien d’étonnant à voir Belmondo au volant d’une Mercedes 540K, modèle de prestige par excellence. Long capot, ailes rondes, roues à rayons chromés, sellerie cuir : cette voiture incarne le luxe d’avant-guerre. Mais Bébel, lui, la détourne avec panache. Le contraste est délicieux : un héros populaire dans une voiture d’aristocrate, un cascadeur dans une auto de parade. Et pourtant, ça marche.
Le Marginal (1983)
La Mustang au cinéma, ce n’est pas que Steve McQueen et Bullitt. Dans le film Le Marginal de 1983, les scènes cultes pleuvent (alors, George, mon steak ?) mais la course-poursuite en Mustang vaut le détour.
Dans Le Marginal (1983), le ton change. Belmondo campe un flic dur, sans illusion, qui affronte un réseau mafieux dans un Marseille crépusculaire. Son arme ? Une Ford Mustang noire, modèle coupé, brut de décoffrage. Elle démarre dans un crissement de pneus, fend la nuit, encaisse les coups comme son conducteur. La Mustang n’est pas là pour séduire. Elle mord l’asphalte, elle cogne.
Bebel nous fait la totale dans les rues de Nice et traumatise son inspecteur de permis : usage de l’avertisseur (interdit en ville !), sens interdit, oubli du port de la ceinture, dépassement dangereux, descente d’escaliers en marche arrière.
Joyeuses Pâques (1984)
Mais Belmondo savait aussi se moquer de lui-même. Dans Joyeuses Pâques (1984), il se retrouve au volant d’une modeste Fiat Uno, citadine italienne aussi commune qu’un pot de yaourt nature. Exit la classe, le panache, la vitesse. La Uno devient ici un ressort de contraste : un homme débordé, une situation absurde, et une voiture qui grince plus qu’elle ne gronde. Bébel en joue avec talent. Il montre qu’il peut aussi faire rire en Fiat, sans qu’aucun spectateur ne se sente trahi.
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Dans ce film plutôt oublié, une séquence culte en Fiat Uno. Bebel aimait bien cette marque apparemment, mais c’était aussi le signe de la popularité du constructeur turinois dans les années 70/80 !
Autres films
Cette fois-ci, dans ce grand classique de sa filmographie, le duel se déroule à Paris, en partie au Trocadero. Belmondo est au volant d’une Fiat 131 Supermirafiori contre une Peugeot 504 noire de l’inspecteur auxiliaire Farges accompagné du commissaire Rosen. La poursuite s’arrête quand Bebel parvient à se débarrasser de ses assaillants, dont la Peugeot qui finit en tonneau et en flammes.
On constate aussi la présence d’une caméra embarquée dans la Fiat, qui permet de vivre la poursuite de l’intérieur et de ressentir l’impression de vitesse.
Dans l’un de ses tous derniers rôles, en duo avec Alain Delon, Belmondo effectue une course-poursuite avec cascade à plus de 65 ans.
Voitures personnelles
En dehors des tournages, les voitures Jean-Paul Belmondo avaient un tout autre rôle. Pas de cascades. Pas de mise en scène. Juste du plaisir.
- Une Ferrari 250 GT dans les années 60 : modèle rare, élégant, discret.
- Une Ferrari Dino 246 GT : petit coupé sportif à moteur central arrière. Plus compact, plus joueur.
- Une Ferrari 308 GTS : targa iconique, reconnaissable entre mille.
Belmondo ne cherchait pas à exposer sa collection. Il roulait avec. Il vivait avec.
Conclusion
Les voitures de Jean-Paul Belmondo ne sont pas juste des accessoires de film. Ce sont des extensions de ses personnages, des miroirs de ses humeurs, des témoins de son époque. À l’écran, elles filent, dérapent, explosent parfois. Dans sa vie, elles accompagnent ses virées discrètes, ses plaisirs simples, son goût pour la belle mécanique.
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