La Ford Fiesta XR2, une youngtimer qui continue de susciter l'enthousiasme, a une histoire riche et passionnante. Des modèles d'origine aux versions modifiées, cette petite bombe a marqué son époque. Bien que je ne regrette pas d'avoir vendu la première voiture, car elle a été vendue pour acheter notre première maison, j'ai cherché pendant trois ans à en trouver une ici, en France, qui soit excellente, car elles sont assez rares et de préférence en rouge.

La Genèse de la Ford Fiesta XR2

L’année 1976 marque un tournant dans l’histoire de la marque à l’ovale bleu. En effet, avec sa nouvelle compacte nommée Fiesta, Ford adopte pour la première fois la traction avant. Cette même année, Volkswagen surprend tout le monde en lançant une déclinaison GTI de sa Golf. Le succès de cette version est immédiat, et de nombreux constructeurs emboîtent le pas du constructeur allemand. A l’image de Fiat avec sa Ritmo Abarth 125 TC, ou plus tard de Peugeot avec la première 205 GTI. D’autres firmes, en revanche, mettent à jour leurs versions sportives pour rester dans la course. Du côté de Ford, on veut aussi participer à la fête. Normal, avec une citadine prénommée Fiesta… Mais les versions S et Supersport, équipées du 1,3 litre de 66 et 75 chevaux sont insuffisamment puissantes pour chatouiller la concurrence. Alors que faire ? Reprendre une recette déjà éprouvée. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de celui de la grande soeur Escort. Installé dans dans la Fiesta, le 4 cylindres Kent de 1,6 litres délivre 84 chevaux. Gavé par un carburateur à double corps Weber, il permet à la XR2 première du nom de franchir la borne kilométrique en 34 secondes tout rond. Et de réaliser un 0 à 100 km/h en 10,1 secondes. Si sur ce dernier exercice la XR2 se rapproche des chiffres de la Golf GTI 1600 (9,5 secondes), elle lui rend tout de même 2,5 secondes sur le mille.

Sur le plan du châssis, Ford reste sur des solutions basiques, avec un essieu arrière rigide épaulé par une barre antirouli , et des suspensions à ressorts hélicoïdaux. Le système de freinage, de son côté, est composé de disques à l’avant et de tambours à l’arrière. En ajoutant à cela une direction très directe s’apparentant à celle d’un karting, le cocktail obtenu possède un comportement routier plutôt brouillon dès que la route se dégrade.

Ford Fiesta XR2 Mk2 : Évolution et Caractéristiques

La refonte opérée sur l’ensemble de la gamme Fiesta concerne principalement l’esthétique et l’aménagement intérieur. Ainsi, la Fiesta mark II adopte une face avant redessinée, plus ronde que celle de son aînée, et une présentation intérieure dans l’air du temps. Pour la version XR2, le constructeur va plus loin. Ainsi, le bloc en fonte qui l’équipe est désormais pourvu d’un haut-moteur en aluminium, et l’arbre à came change de place. De latéral, il passe en tête. Avec 96 chevaux, les performances progressent sensiblement. Pour sa part, la boîte de vitesses gagne un cinquième rapport. Cinquième rapport dont le ratio est hélas trop long pour avoir une réelle utilité. Côté châssis, les réglages de suspensions sont assouplis pour tenter d’endiguer la tendance à l’imprécision de la précédente génération sur chaussée dégradée. Perdu, car la nouvelle XR2 se révèle aussi délicate à conduire si la route n’est pas parfaitement lisse.

Comme le disait une réclame de l’époque : Fiesta : tame it if you can : apprivoisez-la si vous le pouvez. La Fiesta a droit à un nouveau ravalement de façade à l’orée des années 90. Dans le lot, le patronyme XR2 gagne une lettre pour devenir XR2i. I synonyme d’injection d’essence électronique venant remplacer le carburateur.

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La cylindrée du moteur n’évolue pas à 1,6 litres, mais le nouveau bloc (CVH) possède des chambres de combustion hémisphériques favorisant les montées en régime. D’une puissance de 110 chevaux, le moteur permet à la XR2i de passer la barre des 100km/h en 9,8 secondes depuis l’arrêt. Côté châssis, les amortisseurs sont à présent à gaz, et une barre antiroulis est installée à l’avant. Les voies avant et arrière sont élargies, et un gros travail a été effectué sur les trains roulants et la géométrie en vue d’améliorer le comportement routier, plus efficace qu’auparavant mais qui a toujours une fâcheuse tendance au sous-virage. Côté freinage en revanche, les tambours arrières sont toujours là, mais la XR2i est dotée en série de l’ABS.

Non pourvue d’un pot catalytique, la XR2i ne répond plus aux normes de pollution à compter de mai 1992. Il est temps pour elle de muer en une version multisoupapes, la XR2i 16V (aussi appelée RS 1800 sur certains marchés). Cette dernière vient non seulement remplacer la XR2i dans la gamme Fiesta, mais également la RS Turbo aux performances intéressantes mais au comportement fantasque. Et si la 16V reste une atmosphérique, elle offre toutefois des performances respectables : 8,4 secondes de 0 à 100 km/h, un 1000 mètres D.A. Tout comme la XR2i, la direction est non assistée, tandis que les jantes passent au diamètre supérieur, à 14 pouces. La motricité progresse, mais le comportement routier est toujours affecté par un sous-virage prononcé dès que l’on approche des limites.

La carrière de cette version se finit en 1995, marquant également la fin de l’utilisation du patronyme XR2 pour les Fiesta sportives. Celles-ci se nomment d’abord S sur la quatrième génération, puis ST à partir de la cinquième. Le modèle actuel, septième de la lignée, s’apprête d’ailleurs à accueillir au sein de sa gamme une déclinaison ST forte de 200 chevaux. En attendant, le moteur le plus puissant disponible est le trois cylindres 1.0 litre Ecoboost de 140 chevaux. Associé au niveau de finition ST-Line comprenant notamment des suspensions raffermies, il possède déjà quelques prétentions sportives, dont nous avons pu nous faire écho il y a quelques mois.

Le Charme Unique de la Fiesta XR2

La couleur noire de notre Ford Fiesta XR2 de 1984, la première année de commercialisation des XR2 MkII donc, fait ressortir ces détails… mais lui donne un côté sobre. Elle aurait été rouge, ça aurait été autre chose. En fait, ce sont surtout les phares à iode rajoutés à l’avant qui donnent le côté sportif. D’ailleurs on peut presque s’étonner de ce choix. Certes, la première XR2 en avait aussi et la MkII n’est qu’une version restylée. Mais la XR2 MkI avait des phares ronds de chaque côté.

Le reste des modifications apportées à l’avant de la Ford Fiesta XR2 est plus subtil. En fait c’est quasiment du point de détail. On a repris les liserés de la MkI mais cette fois on les voit aussi à l’avant. En fait on les a logé à la place des baguettes « chrome » sur le pare-chocs, plus texturé et travaillé que sur la précédente. Autre attribut sport : le spoiler qui descend plus bas, avec une forme plus complexe. Plus aéro ?

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Le profil de la Ford Fiesta XR2 présente également le liseré. En plus des parties enveloppantes du pare-chocs, il renforce la ligne de caisse en passant au dessus des passages de roue. D’ailleurs ceux-ci ont recours à un autre attribut inratable du manuel de « La bonne GTI des eighties » (chez vos libraires spécialisés) : les extensions d’ailes. En faisant bien attention, en fait ce sont de sacrés blocs de plastique ! Sur la Ford Fiesta XR2, la pièce commence sur les extrémités du spoiler, épouse le passage de roue puis le bas de caisse (tiré du même ouvrage) avant de laisser une seconde pièce s’occuper de la partie arrière en commençant au niveau de la portière pour finir au niveau du spoiler arrière.

Comme on a fini de feuilleter le fameux bouquin, on découvre sans surprise que notre parfaite « GTI » est une trois portes et qu’elle repose sur des jantes alliage. Et l’arrière ? C’est certainement là que la Ford Fiesta XR2 se démarque le plus. En tout cas, on le voit de loin le logo XR2, surtout sur le noir de notre auto du jour.

Un autre attribut de la Ford Fiesta XR2 ? Comment résumer ? Et bien en disant que la Fiesta XR2 reste avant tout une Ford Fiesta. On ne vous a pas parlé du reste du style parce que… bah franchement on a pas grand chose à dire. Le design automobile ne traversait pas sa meilleure phase au début des années 80 et les formes sont donc rectiligne, tendues… même si elles s’adoucissent un poil. Pour autant, rien de fou. C’est donc dans les détails qu’il faut trouver du réconfort. Ou alors le chercher sous le capot.

Le plus gros changement entre les Fiesta XR2 de première et de deuxième génération, on le retrouve en basculant le capot vers l’avant. Là, on retrouve, évidemment, un 4 cylindres. Si ce moteur garde les caractéristiques de la précédente génération, 1598 cm³, 8 soupapes par cylindre et carbu double-corps, il change quand même. On abandonne le moteur Kent et son arbre à cames latéral pour un moteur plus récent, déjà vu dans l’Escort XR3. Si le bloc est en fonte, la culasse est en alu et l’arbre à cames est en tête. Bien ça ! On passe donc de 84 à 96ch, belle augmentation de cavalerie.

Autre grosse nouveauté de la Fiesta XR2 de 1984 : l’adoption d’une boîte 5. Là aussi, c’est dans le bouquin. Par contre ce qui ne l’est pas, c’est de rendre les suspensions plus souples par rapport à la précédente génération. C’est pour plus de confort, d’accord, mais pour le côté sportif on repassera ! Pour le reste du châssis on se contente de freins à disques sur l’avant et c’est tout. Dans la bataille, la XR2 a pris 50kg. Visiblement le budget déco est passé dans l’extérieur.

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Niveau couleurs on retrouve pourtant une belle variété. Du bleu clair, du bleu foncé, du rouge et de l’orange pour les bandes sur les sièges sports, spécifiques à la Fiesta XR2, et puis du gris clair, du gris souris, du gris foncé, de l’anthracite et du noir partout autour. Vous m’avez compris. Cette partie du bouquin de la « Bonne GTI… », il a été oublié. On passe sur les moquettes de couleur vive. On passe aussi sur la sellerie plus qualitative (même pas prévue en option). Heureusement, on a quand même un volant spécifique. Par contre, difficile de le qualifier de sport. On retrouve cependant l’équipement obligatoire pour toutes les petites bombinettes : le compte-tours. Il est tout à droite, entouré par une instrumentation complète mais qui manque, là aussi, de gaieté et de couleur. Rien qu’un petit XR2 rouge en fond de compteur aurait pourtant fait l’affaire. Tout le reste est quand même assez simple mais on notera que ça a bien vieilli. Pour une mamie qui approche tout doucement de ses quarante ans, c’est pas mal. Rien de craquelé, déformé ou même délavé, la qualité est au rendez-vous.

Du coup, pas grand chose à expliquer, les commandes sont très classiques avec la généralisation des commodos à plusieurs usages. Il n’y a que la petite colonne à gauche de l’instrumentation qui soit un minimum originale, mais là je vais vraiment chercher la petite bête.

Au Volant de la Fiesta XR2 : Sensations et Plaisir de Conduite

Ceinture bouclée, le moteur démarre sans sourciller. C’est quand même bien une youngtimer. C’est comme une voiture ancienne, mais en plus fiable (et on va pas s’étendre sur le terme youngtimer). Le quatre cylindres donne de la voix… mais il est aidé par un échappement qui sera changé d’ici Rétromobile. Première et c’est parti. La Ford Fiesta XR2 s’élance sur les routes de l’Aube dans un vrombissement qui file la banane. Oui, c’est bête, mais avec un son fort et évocateur, vous n’avez pas besoin de rouler vite. D’ailleurs, c’est ce que je fais.

Finalement, cette limite, c’est à peu près celle, inconsciente, que se fixerait une personne qui voudrait rouler normalement, sur un trajet quotidien. Et il faut bien avouer qu’à ce rythme, on roule doucement. Les 80 km/h sont bien atteints et on peut mettre la 5e histoire de rouler au pas. On reste en présence d’une auto des années 80, avec peu de puissance et de couple. Du coup, à cette vitesse on est à 3000 tours. Oui, c’est beaucoup. On teste plus la vie à bord que les capacités dynamiques de notre puce. Le confort est plutôt satisfaisant. On ne s’attendait pas à des merveilles, ça n’a jamais été le fort des voitures légères et finalement d’entrée de gamme, mais c’est plutôt bien. Sans avoir testé une Fiesta XR2 de première génération, on peut quand même se dire que l’amortissement devait être sacrément sec pour qu’on l’ait assoupli. Sur notre auto du jour, il est « à point ».

La route défile mais au bout d’un moment, je choisis une petite route réputée roulante. En fait on aurait dû me dire qu’elle est marrante… mais parce qu’il faut faire un vrai slalom (et pas géant) entre nids de poule et flaques, qui peuvent d’ailleurs cacher d’autres nids de poule. Tout en 4e, voire en 3e, l’allure est raisonnable mais je peux valider l’efficacité satisfaisante du freinage de la Fiesta XR2 ainsi que le feeling de la direction. Même chose pour la suspension soi-disant assouplie : c’est du sans-filtre.

Finie la torture. Au bout de cette petite route, j’en prends une plus grande, plus large… et en plus l’aiguille de température est montée. Et en ce mois de Janvier, avec une auto qui vient du sud, c’est pas si facile que ça ! Allez, j’accélère plus franchement. Le compte-tour se réveille et je tire de plus en plus sur les rapports. Honnêtement : ne vous attendez pas à une poussée de grosse sportive. La Ford Fiesta XR2 n’a que 96ch sous le capot. Après, dites-vous qu’une 104 ZS se contentait de 72 équidés. Néanmoins l’aiguille du compte-tours s’agite autant que celle du compteur de vitesse.

Le drame ? Rien de grave mais on remercie chaleureusement Ford de nous avoir vendu une boîte 5 qui n’en est pas vraiment une. En vérité, comme souvent à cette époque, c’est une 4+1. Vu comme elle tire long, l’ovale aurait même pu mettre une 6e que ça n’aurait rien changé. Une fois la 5e rentrée, la Ford Fiesta XR2 est sur des rails et il faut vraiment souder le pied droit au plancher pour qu’elle gagne encore un peu plus de vitesse. Heureusement la commande de boîte est meilleure que l’étagement. Hop, je remet la 4 et la XR2 repasse en mode fun. Je vais même remettre la 3 tiens. Là je m’amuse. Le moteur prend des tours. Les freins et la direction placent parfaitement l’auto qui vise le point de corde, enroule et réaccélère sans nous faire peur, malgré une chaussée moyennement sèche. Là c’est fun.

Dès qu’on parle de virages et de petites relances, d’accélérations plus que de pointe, la Ford Fiesta XR2 est à son aise. En attendant, je m’amuse. La Fiesta XR2 est parfaite dans son rôle de petite auto joueuse. Je reste haut dans les tours et je choisis volontiers les routes les plus petites et les plus tortueuses. C’est là qu’elle s’amuse. Quand la chaussée s’élargit et que la rectitude devient la norme, je pousse la 4e autant que possible et cette fois je comprends comment elle peut monter à 180. La route continue, sans que j’ai trop besoin de regarder la jauge de carburant et c’est une bonne chose dans une sportive. La vie à bord est toujours bonne et l’ambiance sympathique.

Fiesta XR2 : Plus qu'une Voiture, une Expérience

Une bombinette. Une petite bombe quoi. Au niveau de sa taille, de son physique ou de ses caractéristiques, la Ford Fiesta XR2 rentre parfaitement dans cette catégorie. Certes, ce n’est pas la plus performante du genre. Mais au moins, avec elle, vous ne serez pas le Xieme possesseur d’une 205 GTI. Oui, carrément !

Conseils pour l'Acquisition et l'Entretien d'une Fiesta XR2

Vous avez raté le tirage ? Il faudra vous armer de patience puisque les Ford Fiesta XR2 ne sont pas si courantes. Néanmoins, elles se trouvent. La principale inspection à faire : la rouille. On reste sur une auto du début des années 80 et c’est pas fou à ce niveau là. Passages de roues, bas de caisses (regardez derrière les moulure plastiques), voilà quelques points à bien surveiller. Sinon, la mécanique est fiable, mais comme d’habitude il faut qu’elle ait été bien entretenue. Les pièces se trouvent et à un bon prix.

La Fiesta XR2 Modifiée : Quand la Passion Dépasse les Limites

Cette Ford Fiesta XR2 de 87 n’a tué personne ! Par contre, c’est elle qui a pris sa race… un peu à l’image de cette GT ou de cette RS. En l’occurence elle a vu emménager sous son capot un 4 pattes 1.8 Zetec accompagné d’un Garrett T02 mais aussi d’un radiateur d’huile, d’une admission directe K&N, d’un intercooler frontal, de durites silicone Samco Sport, d’un ensemble collecteur et ligne en inox et d’une gestion Omex 600. De quoi envoyer 175 ch aux roues avant via une boite 5 manuelle empruntée à une Ford Fiesta Mk6 diesel associée à un différentiel à glissement limité de RS Turbo.

Justement, histoire de tenir un peu mieux le pavé, la Fiesta repose maintenant sur des combinés réglables Koni Classic, les silent blocs sont en polyuréthane et le tout est posé sur des Compomotive en 15″ chaussées de boudins Yokohama S.drive en 195/45. Dans l’habitacle, les sièges ont été empruntés à une Escort RS1600i. Du cuir se charge de les habiller et de couvrir les contre portes. Le volant a fait partie du lot RS tout comme les compteurs.

Au final, cette Fiesta XR2 passée en RS Turbo cache bien son jeu. Esthétiquement, en dehors des jantes, des prises d’air sur le capot et du jeu de longue portées à l’avant, rien ne laisse imaginer le potentiel de la bestiole. Bien au contraire, même habillée en rouge, difficile d’imaginer qu’une GTi se cache sous ce look d’une sobriété aussi alarmante et désespérante. Au pire, on s’rait devant une caisse mazoutée passée à la sauce tuning de la fin des 90’s.

Conclusion

En somme, la Ford Fiesta XR2, qu'elle soit d'origine ou modifiée, continue de séduire par son charme, son caractère joueur et son histoire riche. Une youngtimer qui mérite d'être découverte et appréciée.

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