Quand on parle de sport automobile, on entend souvent parler des Grand Prix de Formule 1, du championnat du monde des rallyes, des 24h du Mans, mais sachez qu’il existe d’autres courses et championnats mythiques dans l’univers auto.
Les World Series by Renault ont rapidement été adoptées par l’ensemble des acteurs du sport tout en séduisant un public toujours plus vaste. Après onze ans de courses, de démonstrations, d’éclosions de talents et de passion, l’aventure continuera en 2016 sous une nouvelle forme, mais toujours au plus près du public.
Organisée sur le circuit Bugatti du Mans les 9 et 10 juillet 2005, l’édition française des World Series Renault a surpris tout le monde, y compris les organisateurs, par son succès à la fois sportif et populaire. Ambiance des grands jours et tribunes noires de monde, la foule était au rendez-vous de cette première française. 80 000 spectateurs le samedi, autant le dimanche, ont fait de cet événement spécifiquement Renault la deuxième manifestation française du sport automobile après les 24 Heures du Mans - en termes de fréquentation.
Certes l’entrée était gratuite, mais le spectacle se situait au meilleur niveau avec des courses hautement disputées et riches en suspense : nouvelle Formule Renault V6, Eurocup Formule Renault 2 litres, Eurocup Mégane Trophy, Clio Cup France et Formule Campus. Le tout ponctué des évolutions aériennes de la Patrouille de France et du Mirage 2000.
Renault Histoire et Collection au Mans
Renault Histoire et Collection a apporté sa contribution à la fête en offrant des démonstrations des véhicules de sa collection. Ont ainsi évolué sur la piste du Bugatti la type K du Paris-Vienne de 1902, la 40 CV des records, la Nervasport 1935 du rallye de Monte-Carlo, une 4 CV 1063 et une Dauphine 1093 conduite par Jean Vinatier. A l’instar de ce dernier, les grands pilotes Renault avaient pris les commandes des bolides : René Arnoux sur la RS 01, Alain Serpaggi sur l’A 443, Jean-Pierre Jaussaud sur l’A 442 et Jean Ragnotti qui, au volant de la R5 Maxi Turbo Philips de 1985, a ravi les spectateurs grâce aux figures d’équilibriste dont il a le secret. L’Alpine A 366, dernière en date à rejoindre la collection Renault, a également retrouvé le parfum des circuits à cette occasion.
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Equipée du moteur 807 de 1565 cm3, cette monoplace, connue sous le pseudonyme de « Dinosaure » et construite à huit exemplaires, s’illustra au début des années 70. C’est Michel Leclère, de retour dans le giron Renault, qui la pilotait au Mans.
Parallèlement aux évolutions de ses propres voitures, Renault Histoire et Collection avait fait le pari de rassembler sur le Bugatti un millier de Renault anciennes appartenant à des collectionneurs de la marque au losange. Réussite également avec plus de 850 véhicules réunis sous un soleil de plomb, et qui ont participé à deux grandes parades le samedi et le dimanche.
Si la plus ancienne était un type AG de 1908, on remarquait notamment un cabriolet Frégate Letourneur et Marchand, ainsi que quelques Alpine moins connues comme une A 110 GT4 et un coupé A 108 noyées au milieu d’innombrables R8 Gordini, berlinettes Alpine et A 310. Les modèles sportifs étaient fortement représentés à l’image des Spider, R5 Maxi, Clio RS et Clio V6.
Réussite exceptionnelle pour cette édition française des World Series Renault, qui, pour une première fois, a placé la barre très haut.
Les Débuts de la Formule Renault
C’est en 1972 que la Formule Renault voit le jour. Elle vient remplacer la Formule France sous l’impulsion de Jacques Feret qui met en place le service « Promotion Sportive Renault ». Au départ, la monoplace était dotée d’un moteur/boîte de Renault 12 Gordini de 130 ch. Créée en 1971, cette monoplace est incontournable pour accéder au sport automobile et dans la formation des jeunes pilotes. En 2021, elle est remplacée par le Formula Regional European Championship.
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Changement en 1975 avec la création de deux disciplines distinctes : la FR Nationale et la FR Europe. La FR Europe remplace également la F3 disparue en France. Après l’avoir développé et adopté en F1, Endurance et Rallye, RENAULT adopte en toute logique le moteur de la R18 Turbo pour ses monoplaces. La discipline se renouvelle en abandonnant le moteur turbo pour un bloc atmosphérique 4 cylindres 1721 cm3 issu de la R21. La boite de vitesses à 5 rapports est issue de la série. Les châssis tubulaires sont conservés mais les carrosseries vont s’inspirer de la F3. Le moteur de la R21 est remplacé par le 2 litres 160 cv de la Laguna. Lancée en 2000, la FR2000 deviendra la monoplace la plus fabriquée au monde avec plus de 950 exemplaires produits !
De nombreux championnats nationaux et européens sont organisés (Eurocup, ALPS, Northern European Cup…). Mais la discipline s’exporte également en Asie, Argentine, Brésil, Mexique, Etats-Unis et Canada (FRANAM). Cette voiture construite par TATUUS connaîtra des évolutions mineures pour améliorer sa fiabilité.
L'Eurocup Formula Renault 2.0
C’est notamment le cas des championnats de Formule Renault 2.0 qui ont lieu aux quatre coins du monde. Le championnat le plus connu est l’Eurocup Formula Renault 2.0.
En 1999, la direction de Renault Sport d’offrir un second souffle à la Formule Renault. Une petite équipe du service « Promotion Sportive Renault » lance un appel d’offre pour la réalisation d’une nouvelle monoplace de course. Plusieurs sous-traitants seront alors retenus :
- Tatuus (châssis, trains et suspension)
- SADEV (boîte de vitesses séquentielle)
- XAP (tableau de bord et coupe-batterie)
- Orbisoude (échappement)
- Speedline (roues)
- Michelin (pneumatiques)
Le succès ne tardera pas à pointer le bout de son nez et plus de 780 véhicules seront vendus dès la première année (Prix de départ : 50 000 euros). Plusieurs championnats de Formule Renault 2000 verront le jour en Europe, Asie, Amérique du Nord et du Sud… En France également. 30 ans plus tard, de 2000 à 2009, la Formule Renault 2000 est à l’honneur et les monoplaces sont équipées d’un moteur de Renault Clio RS 2.0 de 190 ch avec une boîte SADEV séquentielle à six rapports. Depuis 2010, la monoplace est renommé en Formule Renault 2.0 et monte en gamme avec 210 ch sous le capot. La boîte SADEV robotisée est également passée à 7 rapports.
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Les compétitions de Formule Renault 2.0 peuvent être intégrées dès l’âge de 16 et sont un véritable tremplin pour la Formule 3, et même la Formule 1. Nombreux sont les pilotes de F1 à être, auparavant, passés par la Formule Renault 2.0. C’est le cas de Kimi Raïkkonen, Jacques Laffite, René Arnoux, Didier Pironi, Alain Prost, Olivier Panis, Romain Grosjean ou encore Jules Bianchi.
Kimi Raïkkonen étant le seul à faire le pas de la Formule Renault à la F1 directement en passant par le team Sauber.
En 2016, la Formula Renault 2.0 Eurocup se déroule sur 7 étapes en Europe :
- Motorland/Espagne (3 courses du 16-17 Avril)
- Monaco (1 course du 28-29 Mai)
- Monza/Italie (3 courses du 02-03 Juillet)
- Red Bull Ring/Autriche (2 courses du 16-17 Juillet)
- Paul Ricard/France (2 courses du 28-28 Août)
- Spa/Belgique (2 courses du 24-25 Septembre)
- Estoril/Portugal (2 courses du 22-23 Octobre)
Cette année, de belles dotations sont prévues pour les trois premiers du classement (150 000 €, 100 000 € et 50 000 €).
Renault en Formule 1
Renault retrouve officiellement la Formule 1 à la fin des années 1980, cette fois à la faveur d’un partenariat avec Williams. Dès sa première campagne, la nouvelle association débouche sur deux victoires en Grands Prix, suivies de deux autres en 1990. Nigel Mansell, qui connaît les moteurs Renault depuis son passage chez Lotus, rejoint l’équipe en fin d’année. Ancien pilote Renault, Alain Prost rejoint Williams en 1993. Lui aussi décroche la couronne avant de prendre sa retraite. D’autres sacres suivront, en 1996 avec Damon Hill, puis en 1997 avec Jacques Villeneuve. Williams-Renault est également sacrée chez les constructeurs en 1992, 1993, 1994, 1996 et 1997.
En 1995, Renault renforce son implication en nouant un nouveau partenariat avec l’écurie Benetton. Michael Schumacher obtient le titre chez les Pilotes, tandis que Benetton s’impose chez les Constructeurs. Avec ses deux équipes clientes, Renault coiffe six couronnes mondiales d’affilée entre 1992 et 1997. Entre 1995 et 1997, la marque au losange remporte 74% des courses disputées. Renault quitte officiellement la discipline à la fin de la saison 1997. Williams, Benetton, et plus tard la nouvelle écurie BAR, utiliseront des moteurs d’origine Renault badgés Supertec, Mecachrome et Playlife.
À Viry-Châtillon, une cellule de développement continue à plancher sur un futur programme F1. Début 2001, le Losange annonce le rachat de l’écurie Benetton pour revenir en tant que constructeur à part entière. Renault fournit cette saison-là des moteurs à Enstone avant que la structure ne renaisse sous le nom de Renault F1 Team l’année suivante. Il y aura alors les succès de Fernando Alonso avant que Renault ne brille ensuite comme motoriste aux cotés de Red Bull Racing. Sebastian Vettel obtiendra 4 titres mondiaux. En 2016, Renault est de retour officiellement comme constructeur. Le chemin pour revenir au sommet est encore long mais avec Frédéric Vasseur à la tête de l'équipe F1, le succès devrait revenir tôt ou tard pour le losange qui a fait du sport-auto, son dynamisme de marque.
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