Chez les compactes BMW, il y a d'abord eu la Compact, une sorte de Série 3 rabotée. Mais la Série 1, qui vient de se convertir à la traction pour sa troisième génération, a véritablement marqué l'entrée du constructeur dans ce segment. Retour sur sa saga.
Avec l'A3, Audi a pris ses compatriotes BMW et Mercedes de court, en étant le premier à proposer une berline compacte. Avec des soubassements repris à la Volkswagen Golf, mais des prix plus salés. La Série 3 Compact, trop proche d'une Série 3 tronquée et simplifiée, ne parviendra jamais à fournir une alternative convaincante. Pour pouvoir vraiment lutter à armes égales, la marque à l'Hélice devra donc attendre 2004, avec le lancement de la Série 1.
La Première Génération (E81/E82/E87/E88)
Il y a 20 ans, BMW ouvrait la voie à la Série 1. La première génération de la BMW Série 1 se compose des véhicules compacts BMW E81 (berline bicorps 3 portes), BMW E82 (coupé), BMW E87 (berline bicorps 5 portes) et BMW E88 (cabriolet). À l'origine, BMW envisageait de reprendre le programme de design du modèle compact Rover R30 prévu pour la future Série 1. C'est ainsi que l'on veut au moins sauver certains investissements après avoir quitté Rover en 2000.
Mais on décide ensuite de développer la E8x parallèlement à la Série 3 E90, qui sera lancée en 2005. La première BMW Série 1 est développée sous la direction du chef du design Chris Bangle. Un soupçon du projet Rover R30 flotte encore dans l'air. Mais on mise sur le pliage typique de Hofmeister au niveau de la fenêtre latérale arrière, et la ligne affaissée dans la partie inférieure des portes est typique de Bangle. Si l'esthétique de la Série 1 trois et cinq portes n'a pas fait l'unanimité à l'époque, elle semble aujourd'hui tout à fait intemporelle.
Les premiers modèles de série de la Série 1 - en variante cinq portes à hayon E87 - sont présentés par BMW au Salon de l'automobile de Paris en septembre 2004. Avec une longueur initiale de 4.227 mm et une largeur de 1.751 mm, la cinq portes fait ses débuts dans la classe compacte. Les dimensions de la cinq-portes correspondent à celles de la trois-portes depuis le renouvellement du modèle au printemps 2007. Visuellement, la ligne de vitrage de la trois-portes descend encore plus bas vers l'arrière que celle de la cinq-portes, les deux portes ont des vitres sans cadre.
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Le coffre variable a une capacité de 330 à 1.150 litres et le dossier de la banquette arrière rabattable 60/40 est de série. La BMW Série 1 doit sa position unique au sein de la catégorie compacte à deux caractéristiques : La traction arrière et les six cylindres en ligne. Au début de la production, trois moteurs à essence et deux moteurs diesel à quatre cylindres sont proposés (116i de 1,6 litre ; 118i, 120i, 118d et 120d de 2,0 litres de cylindrée). Tant les moteurs diesel que les moteurs à essence sont des moteurs en ligne à quatre soupapes.
Un an après le début de la production, la 130i est présentée, un six cylindres en ligne de 3,0 litres de cylindrée et d'une puissance de 265 ch. Avec le facelift de mars 2007, tous les moteurs sont revus, tous les modèles reçoivent les mesures BMW EfficientDynamics (sauf la 116i, pour laquelle le passage à Efficient Dynamics a lieu en septembre 2007). Avec l'apparition du coupé ou du cabriolet la même année, trois nouveaux moteurs sont introduits.
Le facelift 2007 n'est visuellement visible au premier coup d'œil que pour les connaisseurs : la vue avant se distingue principalement par une prise d'air plus large avec une baguette décorative horizontale et des phares antibrouillard rectangulaires intégrés. La vue arrière se caractérise par un nouveau graphisme des feux arrière avec la technologie LED et une jupe arrière qui semble plus large. Dans l'habitacle, la console centrale est redessinée.
La variante la plus puissante de la première Série 1 est la Série 1 M Coupé avec le moteur BMW N54 six cylindres en ligne turbo, couplé à une boîte manuelle à six vitesses. 340 ch et 500 Nm par overboost propulsent cette voiture de 1,5 tonne à 100 km/h en 4,9 secondes. Outre le moteur, le M Coupé dispose d'autres caractéristiques lui permettant de se démarquer des modèles Série 1 réguliers : il s'agit notamment d'un châssis sport de construction légère, d'un blocage de différentiel mécanique (valeur de blocage variable jusqu'à 100 %), d'un système de freinage composé et de roues de 19 pouces en alliage léger avec des pneus mixtes. Des modifications supplémentaires sont apportées à la carrosserie, notamment par la modification de la jupe arrière avec spoiler, ainsi que par la modification de l'avant avec des ouvertures d'aération pour le système de refroidissement supplémentaire.
La Série 1 M n'est produite que dans sa variante coupé et est considérée comme le prédécesseur de la BMW M2. Les premiers modèles sont livrés en mai 2011, la production s'achevant dès l'été 2012. Après le lancement de la deuxième Série 1 F20/F21 en 2011, les modèles à hayon E81/E87 sont progressivement retirés du programme, tandis que les coupés et cabriolets E82/E88 sont encore produits jusqu'en 2013, date à laquelle ils sont remplacés par la série 2 F22/F23.
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Après avoir tenté de s'insérer sur le segment des berlines compactes avec les Série 3 Compact (E36 et E46) au succès relatif, BMW a commercialisé la Série 1 en 2004. Cette fois, la silhouette est bien celle d'une compacte, avec une poupe assez abrupte et une carrosserie 100 % spécifique. Mais BMW parvient tout de même à se distinguer, avec un capot toujours très long et un profil qui évoque aux yeux de certains un break de chasse.
La Seule Compacte Propulsion
Ce n'est pas seulement une question de style. Même si elle le cache désormais mieux, cette nouveauté partage toujours sa base avec la Série 3. Elle conserve donc des moteurs longitudinaux et des roues arrière motrices : dans le segment, à cette époque, c'est unique. Contrairement aux Compact ou à la première A3, cette Série 1 est toutefois proposée d'emblée en cinq-portes (nom de code E87), la trois-portes (E81) débarquant seulement dans un deuxième temps. Tandis qu'un Coupé et un Cabriolet seront également disponibles sur cette première génération, le premier servant même de base à une version 1 M au tempérament bien trempé.
La Deuxième Génération (F20/F21)
Ces deux carrosseries prendront ensuite l'appellation Série 2 à leur renouvellement. Lancée à l'automne 2011, la deuxième génération de Série 1 (F20) devra donc se contenter de laisser le choix entre trois et cinq-portes. Elle renonce aussi au six-cylindres en ligne atmosphérique proposé sur sa devancière, mais les mélomanes pourront se rabattre sur un autre 3.0, turbocompressé cette fois, sur les versions M135i, puis M140i. BMW est en effet resté fidèle à la recette du moteur longitudinal et de la propulsion, quitte à sacrifier l'habitabilité dans l'opération. Mais la marque a aussi amélioré le confort et la finition, deux des talons d'Achille de la précédente mouture.
Une fois n'est pas coutume, la marque va donc lui offrir un profond restylage, en 2015, avec des phares bien affinés et des feux arrière désormais en deux parties.
La Troisième Génération (F40) : Le Passage à la Traction
La véritable révolution intervient toutefois avec la troisième génération, qui débarque tout juste en concessions cet automne. Cette fois, les soubassements sont en effet partagés avec les monospaces et SUV compacts du constructeur, ainsi qu'avec la gamme Mini. La Série 1 type "F40", son nom de code, passe donc à la traction et aux moteurs transversaux.
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Pour les puristes, la pilule est difficile à avaler, d'autant que le six-cylindres en profite pour faire des adieux sans doute définitifs au modèle, tout comme la carrosserie trois-portes. Mais sur les versions trois ou quatre-cylindres, qui étaient largement les plus vendus, nos premiers essais montrent que la bavaroise a plutôt gagné au change, avec un comportement particulièrement incisif.
Retour dans le Rang ?
Suffisant pour faire oublier que l'habitabilité reste moyenne, que le confort est un peu ferme et que le look est rentré dans le rang ? Quoi de mieux, dès lors, que de pouvoir la partager grâce au journalisme, en abordant toutes les facettes de cette invention formidable et en cherchant à rendre service au lecteur par la même occasion ?
La Série 1 Actuelle
Cette dernière mouture reprend la base technique (UKL) de la précédente, mais grandit en longueur avec 4,36 m (+43 mm) et en hauteur avec 1,46 m (+ 30 mm). En revanche, la largeur reste inchangée avec son 1,80 m, tout comme l’empattement qui s’étire toujours à 2,67 m. Esthétiquement, la silhouette de l'allemande se rapproche toujours plus de celle d'un petit monospace, dont la ligne de pavillon se montre moins fuyante. La proue arbore des phares incisifs et affinés plus haut perchés qu’auparavant, tandis que la calandre historique disparaîtrait presque, la séparation des fameux haricots étant rendue invisible.
L'intérieur conserve une dimension un peu plus classique avec une planche de bord orientée vers le conducteur. Une grande dalle incurvée en haut de la planche de bord fait son apparition à l’image de sa grande sœur la Série 3. Elle se compose d’une instrumentation numérique de 10,25 pouces et un écran tactile de 10,7 pouces. Enfin, console centrale délaisse sa molette de contrôle et accueille un chargeur à induction plus grand et plus facile d’accès.
Côté volume, la BMW Série 1 revendique 300 dm3 de chargement en version micro-hybride et 380 dm3 en version M135 xDrive. Côté technique, la Série 1 fait le ménage dans sa gamme de motorisations. Il y a cinq moteurs disponibles, tous associés à la boîte automatique à double embrayage et 7 rapports. La compacte est le premier modèle du constructeur à délaisser la fameuse lettre « i » désignant les versions essence. Un coup dur pour les puristes.
En essence, l’offre est constituée d’un trois cylindres 1.5 turbo à micro-hybridation de 122 (116) ou 170 ch (120) et d’un quatre cylindres 2.0 de 218 ch (123 xDrive). La version sportive baptisée M135 xDrive forte de 300 ch reprend ce même bloc. La BMW Série 1 peut compter sur un quatre cylindres 2.0 de 300 ch en version M135 xDrive. L'habitacle de la BMW Série 1 joue la carte de la modernité avec ses écrans incurvés.
En 2028, la BMW Série 1 passera au 100% électrique sous le patronyme BMW i1. En ressuscitant le sigle ti, la Série 1 s'offre une sportive “raisonnable”.
Seule propulsion dans sa catégorie, la BMW Série 1 chasse sur les terres de l’Alfa Romeo 147 et de l’Audi A3. Son credo est le plaisir de conduite... La première Série 1 faisait la part belle au comportement. Celle-ci y ajoute un confort bienvenu, ainsi qu’une fiabilité sinon parfaite, du moins en net progrès.
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