Le Grenelle de l’environnement a créé une filière « véhicule décarboné » qui va accroître le taux d’équipement en véhicules électriques et hybrides en France. À l’horizon 2020, ce sont 2 millions de véhicules de ce type qui circuleront dans nos rues. Avec la montée en puissance des véhicules électriques (VE) et hybrides, les ateliers de réparation doivent impérativement s’adapter à cette nouvelle ère. En France, on compte déjà plus d’1.5M de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation et ce chiffre ne fera qu’augmenter avec l’interdiction des véhicules thermiques prévue pour 2035.
Les risques liés aux véhicules électriques
Les véhicules électriques sont alimentés par des tensions qui peuvent être supérieures à 400 V. Les batteries ont fortement évolué en termes de puissance, d’autonomie et de longévité. Selon l’usage, ou bien la batterie est génératrice de courant (décharge), ou bien elle est réceptrice de courant (charge). Intervenir sur une batterie et un chargeur n’est pas sans risque pour l’opérateur. Ces engins et véhicules électriques impliquent de nouveaux risques liés à la quantité d’énergie électrique embarquée. La sécurité des véhicules électriques se trouve impactée par les risques liés aux batteries au lithium. Certains de ces risques sont toujours présents, qu’il s’agisse d’une batterie neuve ou usagée.
L'habilitation électrique : une obligation légale
Depuis 2011, il est obligatoire pour tout professionnel intervenant sur la partie électrique d’un Véhicule Électrique et Hybride d’être habilité (décret 2010_1118). L’habilitation électrique, remise par l’employeur, impose que le salarié effectue une formation à la sécurité et que ses compétences soient validées selon les exigences du niveau de ses interventions. D’où l’importance de la formation à l’habilitation électrique (décret du 22/09/2010). Chaque employeur a pour obligation de veiller à la santé et la sécurité de ses salariés au travail. Il doit prendre des mesures afin de prévenir les risques liés à la réalisation des différentes activités de l’entreprise. En ce qui concerne les tâches en relation avec la réparation des véhicules électriques, il est indispensable que l’employé dispose d’une certification auprès d’un organisme agréé. C’est l’employeur qui habilite son personnel intervenant sur les véhicules électriques et hybrides. Celui-ci doit au préalable s’assurer de l’aptitude médicale et des compétences du collaborateur en lui faisant suivre une formation à l’habilitation électrique. Cette formation délivrée par un organisme de formation certifié lui permettra d’obtenir un avis sur un niveau d’habilitation électrique pouvant être délivré.
Les différents types d’habilitations
Pour travailler sur des véhicules électriques ou hybrides, chaque employé doit disposer d’un niveau habilitation électrique adapté à sa mission. Le niveau dépend des types de travaux à effectuer, de la tension ainsi que de l’environnement. L’habilitation électrique dépend directement du code du travail, elle indique par des indices. L’indice B0 concerne le personnel non électricien qui doit travailler sur le véhicule. Il peut s’agir du mécanicien, du carrossier ou autre membre du personnel qui doit exécuter des travaux non électriques.
En revanche, pour les opérations électriques, spécifiques ou intervenant dans le remorquage et le dépannage, les habilitations suivantes sont nécessaires (NF C18-550) :
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- B1XL pour les exécutants d’opérations spéciales
- B2XL pour les chargés d’opérations spéciales
- BRL pour les interventions
- BCL pour les consignations
- B2VL pour les travaux électriques
Pour l’électricien qui doit travailler hors tension ou diriger des travaux d’ordre électrique sur des véhicules consignés, il existe deux habilitations :
- B1L pour l’exécutant électricien
- B2L pour le chargé de travaux électricien
Pour l’électricien travaillant sous tension ou dirigeant des travaux d’ordre électrique sur des batteries de traction, l’habilitation B1TL ou l’habilitation B2T L est indispensable. Par ailleurs, pour les techniciens chargés de la mise hors tension, une habilitation BCL est requise.
La durée habilitation électrique est de deux jours pour les opérations électrique et de un jour pour les opérations non électriques au voisinage de pièces nue sous tension.
Objectifs de la formation à l'habilitation électrique
Pour les personnes n’ayant pas suivi une formation habilitation électrique, la manipulation d’un moteur électrique peut représenter un réel danger. C’est pourquoi, afin de s’assurer de la sécurité des employés œuvrant sur les voitures électriques ou hybrides, il faut que ces employés soient formés. Pour cela, le suivi d’un stage dans un centre de formation agréé est indispensable. La formation habilitation électrique INRS permet aux stagiaires de :
- Connaître les consignes de sécurité prévues par la norme NF C 18 550
- Effectuer des travaux sur les véhicules ou engins électriques suivant une méthodologie précise
- Évaluer les risques électriques en relation avec le travail
- Adapter des mesures de prévention en fonction des risques
- Obtenir les habilitations électriques adaptées à leurs missions
L’habilitation électrique obligatoire et le renouvellement de l’habilitation électrique sont destinés à tous les professionnels intervenant sur la partie électrique d’un véhicule électrique ou hybride. Cette habilitation électrique réglementaire a été mise en vigueur par la loi depuis le 1er janvier 2013.
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Adaptation des ateliers et équipements de sécurité
Selon les éléments recensés, il conviendra d’organiser l’intervention en dédiant un emplacement dans l’atelier pour la réparation et l’entretien des véhicules électriques et hybrides. Celui-ci devra être balisé à l’aide de potelets amovibles et de chainette déposées à 1m minimum autour du véhicule. La complexité des véhicules électriques exige des outils spécifiques pour réaliser des interventions en toute sécurité. La manipulation de composants sous haute tension expose les techniciens à des dangers importants.
Voici quelques équipements de protection individuelle (EPI) essentiels :
- Chaussures de sécurité isolantes : Grâce à leur semelle isolante et sans embout métallique, ces chaussures de sécurité protègent contre les décharges électriques.
- Combinaison de protection : Cette combinaison confortable et respirante est spécialement conçue pour une utilisation prolongée, et répond aux normes demandées pour des interventions sur véhicules électriques (protection du coup assurée, fermeture éclair spécifique sans aucune partie métallique…).
- Gants de protection isolants : Les gants isolants composites ne nécessitent pas d’utilisation de sur gant cuir, et facilitent donc grandement la maniabilité lors des interventions.
Renault et la sécurité des véhicules électriques
Un véhicule électrique est potentiellement moins assujetti aux incendies qu’un véhicule thermique (absence de nombreux fluides, moins d’éléments hautement inflammables…). Les batteries des véhicules électriques de Renault ont un très haut niveau de sécurité qui réduit drastiquement le risque de feu.
Débutée en 2010, la collaboration entre Renault et les sapeurs-pompiers se développe au fil du temps ; les actions ont notamment permis l'émergence de nouvelles technologies destinées à simplifier davantage le travail des premiers secours et de leur permettre de gagner du temps en intervention. En 2025, Renault lance l’initiative universal patent, car la sécurité ne devrait pas être une question de brevet et ouvre le brevet du Fireman Access à l’ensemble des concurrents.
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