Jaguar, une marque emblématique de l'automobile britannique, a connu plusieurs propriétaires au cours de son histoire. En 1965, Jaguar Cars est devenue une partie de British Motor Holdings Limited, qui a ensuite fusionné avec le constructeur Rover Leyland Motor Corporation Limited, créant la British Leyland Motor Corporation. Plus récemment, le groupe indien Tata Motors a acquis Jaguar et Land Rover, marquant une nouvelle étape dans l'histoire de ces marques.
En s’emparant de ces deux symboles prestigieux de l’automobile britannique, le conglomérat Tata fait une nouvelle percée en Grande-Bretagne après l’acquisition par sa filiale sidérurgique Tata Steel du producteur d’acier anglo-néerlandais Corus, enlevé en janvier 2007 aux enchères pour plus de 10 milliards d’euros. Tata Motors, premier constructeur indien de camions et d’autocars, s’est lancé dans la production automobile en 1999 avec une petite voiture rudimentaire, l’Indica.
Un virage radical vers l'électrique
En 2021, Thierry Bolloré, alors PDG du groupe Jaguar Land Rover, met sur la table un plan pour sauver la marque. Une véritable révolution qui consiste alors à passer au tout électrique en développant une toute nouvelle plateforme. Pari risqué ? Dix-huit mois plus tard, le Français est débarqué de la direction de Jaguar Land Rover, mais le projet reste d’actualité. Cette nouvelle plate-forme doit accoucher sur la production d’un nouveau modèle ambitieux…en 2026, au mieux.
Un constructeur automobile qui ne produit plus rien, c’est ce que va devenir Jaguar à compter de la fin de l’année 2024. Après avoir arrêté la production de tous ses modèles à l’exception du SUV F-Pace, encore produit quelques semaines, Jaguar va pour la première fois de son histoire, cesser de fabriquer des voitures, pour mieux revenir nous promet-on en Angleterre.
Ce clip vidéo ultra-woke où aucune voiture n'est représentée fait se succéder des personnages androgynes très colorés pour suggérer que Jaguar va vivre une révolution. Il reprendra en 2026 après un passage à vide suicidaire et mortel pour les concessionnaires avec la première représentante de la nouvelle gamme totalement électrique. Suivront très vite deux autres modèles dont l'inévitable SUV.
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Un nouveau départ ambitieux
Fini les voitures à 65000€, le panier moyen de l’acheteur Jaguar jusqu’ici. Jaguar ambitionne en effet de passer un cap en offrant des véhicules facturés autour des 130 000€. Un projet ambitieux de la part d’une marque qui repartira quasiment de zéro. Selon les informations recueillies par Nicolas Meunier de Challenges, Jaguar reviendra aux berlines et coupés, qui ont fait l’histoire de la marque. Exit les SUV, réservés à Land Rover, membre du groupe.
Un modèle qui devrait faire 600 ch et présenter un niveau de luxe à la hauteur des ambitions de la marque. Une chose est certaine, Jaguar n’a pas le droit à l’erreur, au risque d’arrêter de produire pour de bon.
Changements de direction et controverses
Adrian Mardell, cheville ouvrière de ce chambardement, validé sans nul doute depuis le siège indien de la marque, a fait naître un court espoir en quittant il y a quelques jours ses fonctions. Beaucoup ont cru y voir, comme Donald Trump, un désaveu de cette politique mais, patatras, son successeur n'est autre que l'ancien directeur financier du groupe Tata, Pathamadai Balachandran Balaji. Il s'est empressé de confirmer au contraire cette politique du changement radical à nos confrères de Bloomberg.
Quelques jours après l’annonce du départ d’Adrian Mardell, JLR a nommé PB Balaji à sa tête. C’est officiel depuis le 4 août : PB Balaji, actuel directeur financier du groupe Tata Motors, prendra les commandes de Jaguar Land Rover, qui appartient au géant indien, en novembre. Il succède à Adrian Mardell, en poste depuis trois ans et qui a à la fois remis le groupe dans le vert, mais est aussi l'artisan d’un repositionnement ambitieux : celui de recentrer Jaguar sur l’électrique, en modifiant totalement l’image d’une marque devenue vieillissante.
Mais le virage électrique et identitaire de Jaguar continue de faire grincer des dents. Jusqu’à la Maison Blanche où Donald Trump s’en est violemment pris à la marque, accusée d’avoir renié ses racines. Quelques heures seulement après l’annonce, Donald Trump a attaqué frontalement Jaguar Land Rover, et plus précisément Jaguar, dénonçant sur sa plateforme Truth Social une marque "en pleine déroute", et coupable de s’être "vendue au wokisme".
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Trump, fidèle à ses thèmes de campagne, s’en est pris à cette vision "marketing" de l’automobile, l’associant à une trahison du design britannique. Il a même qualifié le départ de Mardell de "démission honteuse", bien que celui-ci ait pris sa retraite après 35 ans de carrière.
Les défis et les perspectives d'avenir
L'enjeu pour Jaguar est de rivaliser avec Bentley et il veut le faire uniquement avec des batteries. Ratan Tata précise qu'il conservera l'autonomie de Land Rover et Jaguar : "Ce sont des marques britanniques et elles devront rester britanniques."
Jaguar, coincée entre image et innovation, veut se réinventer comme un constructeur 100 % électrique haut de gamme, capable de rivaliser avec Bentley ou Lucid, plutôt que ses rivaux premium BMW ou Mercedes. Les nouveaux modèles, attendus à partir de 2026, viseront une clientèle plus jeune, plus urbaine, plus mondialisée. Mais dans l’intervalle, Jaguar ne produit actuellement aucun véhicule, en attendant que sa nouvelle gamme soit prête.
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