Le cas Toyota est complexe, mais avec un parc d’environ 190 points de vente, c’est un dossier potentiellement rentable pour les éditeurs.

Le Paysage des DMS chez Toyota

Tous les éditeurs ou presque se sont aventurés sur les terres des DMS Toyota. Mais au final, aucun ne peut se vanter d’avoir su trouver la bonne combinaison pour s’ouvrir les portes de toutes les concessions.

Historiquement, le constructeur n’a jamais désiré attribuer des homologations. La porte est donc restée ouverte pour qui voulait entrer. La concurrence a joué à plein.

A en croire les services idoines du constructeur, 20 logiciels DMS équipent à ce jour les distributeurs du réseau. A noter que lors d’une très récente réunion européenne, les responsables de la filiale française ont pu constater qu’ils faisaient bande à part dans le domaine.

Dans l’Hexagone, le “20-80” faisant régner sa loi, 5 éditeurs sortent du lot, Everlog et Eris Informatique en tête. Une domination valable sur le plan comptable, tout du moins, car en termes de réponses aux exigences du constructeur, les éditeurs sont tous logés à la même enseigne : il reste du travail.

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Le Bureau d'Activité Commerciale (BAC)

Toyota France a adopté, il y a 3 ans, un schéma propre. Celui-ci consiste à chapeauter l’ensemble des logiciels avec un outil maison, baptisé BAC (pour Bureau d’Activité Commerciale). Il s’agit d’un outil centralisé à destination des concessionnaires.

Pour Alain Staricky, directeur informatique de Toyota, l’enjeu est que “tout éditeur doit comprendre ce fonctionnement et l’intégrer dans ses process”. Or, il juge que ce n’est pas encore le cas.

La problématique principale repose sur la reprise en temps réel des codifications établies par Toyota, celles qui font le pont avec le catalogue produits. “Il y a beaucoup de références croisées mais les éditeurs ne font jamais le lien avec nos codes et se contentent de reprendre les tarifs, accuse Alain Staricky. Ce qui perturbe le processus de commande de véhicule”, rappelle-t-il.

Le BAC est l’équivalent de WinSeller, l’un des produits commercialisés par Everlog. Si cela a posé quelques conflits dans les premiers temps, les deux partis ont trouvé un terrain d’entente. S’il y a un modèle idéal de complémentarité entre les outils, “Eris Informatique est le plus avancé”, reconnaît Alain Staricky.

Le grand perdant reste Sage Cogestib, le fournisseur historique “qui aurait dû être le plus répandu”, analyse le directeur informatique. Mais l’éditeur n’est vraisemblablement jamais parvenu à transformer l’essai pour obtenir une préconisation du constructeur.

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“Il y a beaucoup d’effets d’annonce autour de Toyota, lâche Alain Staricky. Chaque année, un éditeur prétend qu’il va trouver la formule pour travailler avec nous”. Après WinCar, DSCNet de Reynolds&Reynolds tentera sa chance en 2011. Il y a eu une “rencontre” entre les deux acteurs.

“Si les DMS sont multiples et variés à la vente, ils sont davantage uniformisés à l’après-vente, estime le responsable Toyota. Toyota se tourne en effet vers d’autres projets pour faire avancer les outils. Le Japonais n’a pas pour habitude de soutenir la R&D des éditeurs, sauf par transparence, bien sûr. D’où les disparités entre ceux qui ont les moyens financiers de s’aligner et les autres.

Investissements et Coûts

Le constructeur finance le développement de ses propres projets, l’aménagement et les licences. Il en refacture une partie aux réseaux.

Tous les trimestres, les concessionnaires payent l’équivalent de 130 euros par site et par mois pour l’ensemble des services (mini-sites, envoi de données, droits d’entrée du BAC, module reprise VO, maintenance et assistance, hébergement des 5 adresses Internet par site, la diffusion de circulaires, le portail pub et le Club Toyota). A ceci s’ajoutent les 15 euros mensuels par licence, le coût des SMS (20 à 30 euros/mois et par site en moyenne), l’eTSM (97 euros/mois et par site) et l’écran TV de l’après-vente (37,50 euros/mois).

En somme, Toyota investit plus de 900 000 euros par an dans l’informatique en concession et les distributeurs contribuent à hauteur de 400 000 euros, hors VPN (réseau privé virtuel).

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Évolution du Module de Reprise en Ligne

Afin de répondre aux besoins de ses clients, la marque souhaite faire évoluer son module de reprise en ligne afin de permettre aux particuliers revendeurs de bénéficier de la meilleure offre possible tout en renforçant l’expérience utilisateur.

Toyota France intègre l’inspection à distance de Tchek dans son parcours de reprise en ligne de véhicules. Toyota France a mené un appel d’offres auprès de plusieurs fournisseurs. La marque a choisi Tchek pour améliorer son parcours de reprise en ligne de véhicules en y intégrant la technologie d’inspection à distance sur smartphone par intelligence artificielle.

« L’intégration des solutions Tchek dans notre parcours d’estimation de reprise en ligne a pour but de soutenir notre stratégie de montée en puissance de notre réseau sur le véhicule d’occasion » explique Thomas Gérard, directeur adjoint de Toyota France.

Le dirigeant considère que le challenge de chacune de ses concessions est d’être reconnue localement comme l’acteur incontournable du véhicule neuf mais également de l’occasion. « Dans cette volonté stratégique, nous souhaitons professionnaliser la démarche d’achat seul ou dans une logique de renouvellement » poursuit-il.

Toyota France veut accélérer cette stratégie de reprise de véhicules et multiplier ses performances par quatre. « Notre outil de rachat en ligne actuel a permis à nos concessionnaires de racheter 1 000 véhicules en 2022 » annonce-t-il.

Impact sur les Concessions

Une concession Toyota vend et achète des véhicules de marque Toyota mais également des véhicules d’autres marques. « Cela fait évoluer le positionnement historique axé sur la vente seule de véhicules et place nos concessions comme nouveaux acteurs du rachat » dit-il.

Les concessionnaires devraient recevoir des leads qualifiés afin de réaliser plus de rachats et donc plus de ventes. Les conducteurs devraient être gagnants lorsqu’ils souhaitent vendre leurs véhicules et qu’ils veulent une réponse professionnelle et réactive.

Fonctionnement de l'Inspection Assistée par IA

Lorsqu’un particulier effectue une demande de reprise sur le site toyota.fr, il reçoit un SMS contenant un lien afin de pouvoir réaliser, lui-même et directement depuis son smartphone, l’inspection de son véhicule.

En cliquant sur ce lien, l’automobiliste est invité à prendre quelques photos de son véhicule selon un parcours guidé de quelques minutes. L’intelligence artificielle de Tchek va détecter les dommages présents sur la carrosserie du véhicule, leur emplacement, leur type et leur sévérité.

A l’issue de cette étape, le particulier peut visualiser l’ensemble des dommages détectés. Il valide ensuite sa self-inspection et reçoit, s’il le souhaite, un rapport complet et horodaté de l’inspection effectuée.

Le rapport d’inspection est transmis au concessionnaire Toyota choisi par le client au début de sa demande de reprise de véhicule. Le professionnel dispose de toutes les informations concernant l’état de carrosserie du véhicule proposé par le particulier, afin de lui proposer, rapidement, une offre de reprise.

Toyota France annonce la signature d’un accord avec la société Tchek pour l’utilisation de l’inspection assistée par intelligence artificielle de Tchek, afin d’améliorer son module de reprise de voitures en ligne.

Avec l’outil actuel, les concessionnaires Toyota ont racheté 1 000 véhicules en 2022, un volume que la marque veut faire évoluer vers 4 500 unités d’ici 2025. L’ajout de la solution d’inspection de Tchek doit participer à cette montée en puissance en industrialisant les process et en fluidifiant le parcours digital proposé par la marque japonaise.

« Avec notre self-inspection, le particulier vendeur et le professionnel repreneur connaissent tous deux précisément l’état du véhicule. »

À Propos de Tchek

Fondée en 2016, Tchek simplifie l’inspection et le remarketing de véhicules en s’appuyant sur ses propres technologies d’imagerie et d’IA. Tchek a réalisé 3 millions d’inspections et a analysé plus de 300 millions d’images depuis sa création. Sa technologie est disponible dans 10 pays.

Elle compte parmi ses clients Aramisauto, Toyota France, Emil Frey, CGI Finance, BCA Remarketing, Avis Budget Group.

Tableau Récapitulatif des Coûts et Objectifs

Élément Montant/Détail
Investissement annuel de Toyota dans l'informatique en concession Plus de 900 000 €
Contribution annuelle des distributeurs 400 000 € (hors VPN)
Nombre de demandes de reprise de véhicules en 2022 20 000
Nombre de véhicules rachetés par les concessionnaires en 2022 (via l'outil actuel) 1 000
Objectif de véhicules rachetés d'ici 2025 4 500

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