Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore, toxique et potentiellement mortel qui résulte d’une combustion incomplète.

Qu'est-ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz polluant, dangereux à fortes concentrations, que l'on peut maintenant surtout retrouver en milieu confiné. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil de chauffage fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l’essence, au fuel ou encore à l’éthanol, et ce quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. Il diffuse très vite dans l’environnement.

Les dangers du monoxyde de carbone

Chaque année, ce gaz toxique est responsable d’une centaine de décès en France. Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant.

Comment le monoxyde de carbone affecte-t-il l'organisme ?

Dans ces conditions, le monoxyde de carbone est inhalé par la personne exposée, puis se fixe sur les globules rouges et les cellules musculaires où il entre en compétition avec l’oxygène. Le monoxyde de carbone (CO) se fixe à la place de l’oxygène sur l’hémoglobine dans le sang. À fortes teneurs et en milieu confiné (en air intérieur), le monoxyde de carbone peut causer des intoxications oxycarbonées provoquant des maux de tête, des nausées, des vomissements et des vertiges, voire le coma ou la mort pour une exposition prolongée. La gravité des symptômes est fonction de la durée d’exposition et de la concentration de monoxyde de carbone inhalée.

Symptômes d'intoxication au monoxyde de carbone

Maux de tête, nausées, malaises et vomissements peuvent être le signe de la présence de monoxyde de carbone. Les maux de tête sont les symptômes les plus fréquents, ainsi que les vertiges ou une sensation de faiblesse musculaire. D’autres symptômes peuvent être rencontrés à des fréquences variables, notamment en cas d’intoxication plus importante : dyspnée, malaise, troubles de la vision, difficultés de concentration, troubles du comportement, douleurs dans la poitrine, confusion, convulsions. Une intoxication grave peut conduire au coma et au décès par défaillance cardiorespiratoire, parfois en quelques minutes. Par le caractère peu spécifique de ces symptômes, ces intoxications donnent souvent lieu à un grand nombre de faux diagnostics de grippe, de gastro-entérites ou d’autres affections bénignes.

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En cas d'intoxication aiguë, dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent en 48 heures. Cependant, il arrive que plusieurs jours, voire plusieurs semaines (de 2 à 40 jours) après l'intoxication, des troubles apparaissent : il peut s'agir de migraines, de vertiges, de sensation de faiblesse musculaire, de troubles de l'audition, de la vue, de la mémoire ou du comportement, d'insomnie.

Populations vulnérables

  • la femme enceinte : l’intoxication au monoxyde de carbone est d’une particulière gravité pour le fœtus (dissociation possible entre l’état de la mère et celui du fœtus) ;
  • le nouveau-né ou le nourrisson : le risque d’intoxication est plus important en lien avec un temps d’exposition très élevé au domicile. Pour des raisons physiologiques, ils peuvent être les premiers voire les seuls intoxiqués. La présentation clinique est souvent atypique (refus de téter, pleurs inexpliqués, torpeur, convulsions).

Traitement

Le traitement des intoxications repose sur l’oxygénation dès la prise en charge par les services de secours.

Que faire en cas de suspicion d'intoxication ?

En cas de suspicion d’intoxication, aérez immédiatement les locaux, arrêtez si possible les appareils à combustion, évacuez les locaux et appelez les secours en composant le 15, le 18 ou le 112 (et le 114 pour les personnes malentendantes). Elle entraîne une intervention des secours en urgence.

Prévention

Pour éviter les intoxications au monoxyde de carbone, il est essentiel de respecter les règles de sécurité et d'entretenir correctement les appareils de combustion.

Mesures préventives

  • Aérez votre logement
  • Ne bouchez jamais les entrées d’air.
  • N’utilisez jamais pour vous chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, etc.
  • N’utilisez pas les chauffages d’appoint en continu. Ces appareils ne doivent fonctionner que par intermittence.
  • Si vous venez d’acquérir ou d’installer un nouvel appareil de chauffage, veillez à vous assurer auprès d’un professionnel qualifié de la bonne installation et du bon fonctionnement de l’appareil avant sa mise en service.
  • Faire vérifier et entretenir chaudières, chauffe-eau, chauffe-bains, inserts et poêles.
  • Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées (par ramonage mécanique) chaque année. Le conduit de cheminée doit être en bon état et raccordé à la chaudière.
  • Ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu.
  • Nettoyer régulièrement les brûleurs de la cuisinière à gaz (on doit voir la flamme dans chaque orifice). S’ils sont encrassés, le mélange air-gaz ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et le brûleur peut s’éteindre, notamment quand il est au ralenti.

Entretien obligatoire des appareils de chauffage

L’entretien annuel par un professionnel qualifié des foyers et appareils de chauffage, de cuisine et de production d’eau chaude à combustion, ainsi que le ramonage des conduits de fumées sont obligatoires (Décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 relatif à l’entretien des foyers et appareils de chauffage, de cuisine et de production d’eau chaude à combustion et au ramonage des conduits de fumée et Décret n° 2009-649 du 9 juin 2009 relatif à l’entretien annuel des chaudières dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 400 kilowatts).

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Toute chaudière dont la puissance est comprise entre 4 et 400kW doit faire l’objet d’un entretien [1] tous les ans. Ceci concerne les chaudières au fioul, au gaz, au bois, au charbon, multicombustibles, etc. Les opérations devant être effectuées par le professionnel qualifié lors de cet entretien sont fixées par la réglementation.

Pour accompagner la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation sur l’entretien annuel des chaudières, le ministère en charge de la santé a contribué à l’élaboration d’un guide pratique sur l’entretien annuel des chaudières.

Détecteurs de monoxyde de carbone

Il existe sur le marché français des détecteurs de monoxyde de carbone à fixer ou portables. L’avis de la Commission de la Sécurité des Consommateurs du 21 novembre 2013 relatif au niveau de sécurité apporté par les détecteurs autonomes avertisseurs de monoxyde de carbone indique que leur niveau de sécurité est trop souvent insuffisant. Par ailleurs, si votre logement est également équipé de détecteurs avertisseurs autonomes de fumées (DAAF), attention à ne pas confondre leurs alarmes.

Monoxyde de carbone et véhicules

Pour revenir à la question de dormir dans sa voiture, et ne pas se focaliser sur le sommeil d'un bébé, mais bien en ouvrant le sujet à tous les passagers d'une auto, abordons le seul véritable risque en matière de sécurité : le monoxyde de carbone.

Dégagé par les gaz d'échappement, et respiré à haute dose, il peut être un risque d'intoxication grave et causer le décès d'une personne. Cependant, il peut tout aussi bien asphyxier un enfant qu'un adulte, dès lors que celui-ci se trouve dans un lieu fermé, non aéré pendant une durée longue.

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Le cas typique d'intoxication au monoxyde de carbone dans une voiture est par exemple d'être coincé par la neige, et de laisser tourner son moteur toute la nuit en attendant les secours. Laisser tourner le moteur de sa voiture dans un lieu clos et hermétique, comme un garage auto par exemple est donc un manque de respect des règles de sécurité de base et peut causer une intoxication au monoxyde de carbone. Certaines personnes ont même déjà utilisé ce système pour mettre fin à leurs jours.

Pour revenir à des propos plus sécurisants, il faut donc bien avoir en tête qu'hormis un contexte bien particulier, dormir dans sa voiture n'est absolument pas un facteur de risque.

Impact environnemental

Le monoxyde de carbone participe à la formation de l’ozone de basse altitude, un autre polluant de l'air. Son oxydation aboutit à la formation de dioxyde de carbone (CO2), un des principaux gaz à effet de serre, responsable du dérèglement climatique.

Sources de monoxyde de carbone

Les principales activités émettrices de monoxyde de carbone en air extérieur en Île-de-France sont les véhicules thermiques au diesel et à essence, et le chauffage au bois, ainsi qu'au fioul et au gaz dans une moindre mesure. Des sources de monoxyde de carbone existent également à l’intérieur des locaux : les appareils de chauffage et de production d’eau chaude peuvent, lorsqu’ils sont défectueux ou mal utilisés, conduire à des niveaux très élevés à l’intérieur des logements et provoquer des intoxications sévères.

Niveaux de monoxyde de carbone en Île-de-France

Les concentrations en monoxyde de carbone ont baissé de façon sensible, notamment à proximité du trafic routier, de l'ordre de 90 % sur les 30 dernières années en Île-de-France. Les concentrations ont tendance à se stabiliser. Cette baisse est due au remplacement progressif de véhicules anciens par des véhicules plus récents, plus réglementés et beaucoup moins émetteurs de polluants de l'air.

La valeur limite pour la protection de la santé est largement respectée en situation de fond et à proximité du trafic routier.

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