Le Skoda Kamiq, dernier né de la gamme des SUV de Skoda, a été mis à l'épreuve. L'occasion d'évaluer ses qualités et ses défauts sur des routes familières.

Design Extérieur et Positionnement

La première impression en découvrant le Skoda Kamiq est qu'il reprend les caractéristiques de la gamme SUV : une calandre haute, une ceinture de caisse similaire et une verticalité accentuée. Cependant, les éléments esthétiques et de protection typiques des baroudeurs sont plus discrets que sur ses grands frères, les Skoda Karoq et Kodiaq. Clairement, il vise une clientèle urbaine sans chercher un design trop exotique.

Il se positionne par son look entre la compacte Scala (dont il partage la même base) et le Karoq, apportant une certaine logique à la gamme. La nouveauté se situe surtout au niveau de la face avant et de l'intégration des feux full LED.

Niveau look, le style plait : assez trapu, tout en angles dans la veine des autres membres de la famille Skoda, le Kamiq évolue donc avec parcimonie. Le principal changement concerne la calandre et les optiques avant, devenus un peu plus massifs, qui rappellent les Octavia et Superb. C'est encore plus léger à l'arrière, où la seule réelle évolution concerne le dessin intérieur des feux.

Malgré la présence de barres de toit ou encore d’un élément de protection du bouclier avant, le Kamiq n’est pas trop typé SUV. De face, le Kamiq affirme son style avec des projecteurs à double étage, qui peuvent bénéficier de la technologie full led et des clignotants dynamiques à défilement. La calandre avec ses angles vifs apporte aussi de la modernité. Sur cette version, les jantes alliage 16″ de couleur grise manquent de cachet. Quitte à choisir ce modèle, autant prendre une version avec de belles jantes et une couleur vive pour lui donner plus de personnalité. A l’arrière, le Kamiq a reçu des feux à LED qui évoquent ceux de la Scala. Son bouclier est également bien dessiné avec une partie basse aux angles marqués et peinte dans un gris spécifique.

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Motorisations et Performances

Si l'association du TSI de 116 ch avec la boîte DSG7 fonctionne bien pour une conduite souple en ville, elle montre des latences importantes sur route et autoroute, notamment en montée. En effet, en mode éco-conduite, la boîte a tendance à passer les rapports haut très tôt, ce qui peut être problématique pour les relances.

La version 116 ch en boîte manuelle 6 rapports est une alternative pour ceux qui souhaitent une conduite plus sportive. La version TSI 95 ch est uniquement disponible en boîte manuelle 5 rapports, ce qui est logique pour l'entrée de gamme. La version TSI 150 ch offre le choix entre DSG7 ou BVM6.

Pour les amateurs de diesel, la version 116 ch existe en 1.6 TDI, avec le choix entre boîte manuelle ou automatique. Cependant, bien qu'elle offre un couple supplémentaire à bas régime (250 Nm contre 200 Nm pour la version TSI équivalente), le Kamiq perd un peu de son charme et de son confort d'insonorisation avec cette motorisation moins discrète. Il est donc recommandé de s'orienter vers une des trois motorisations essence.

Skoda est allé au plus simple, et a reconduit les motorisations existantes, tout juste optimisées pour réduire les émissions (gestion moteur, nouveau catalyseur principalement). Plus de Diesel (dommage pour les gros rouleurs, le 1.6 TDI est un vrai chameau), et zéro hybridation pour les essence (même légère), qui existe pourtant sur les Octavia, Karoq et autres modèles du groupe Volkswagen. La gamme se limite désormais à deux moteurs : le 3 cylindres 1.0 TSI (95 ou 116 ch), et le 4 cylindres 1.5 TSI (150 ch, uniquement en boite DSG7). Le Kamiq a beau être relativement léger (1.230 kg en entrée de gamme), le 1.0 TSI de 95 ch semble trop juste pour offrir une polyvalence intéressante.

Mieux vaut s'orienter vers sa variante 116 ch, qui offre un peu plus de punch (9,7 s de 0 à 100 km/h). Mais pas de miracle : assez creux à bas régime (200 Nm à 2.000 trs/mn et pas grand-chose en-dessous), et il manque d'allonge en relance appuyée... comme beaucoup de "trois pattes" de cylindrée modeste, finalement. En boite manuelle, à l'étagement assez long, c'est particulièrement sensible. Avec la boite DSG, le fonctionnement est tout de même plus doux (1.630 € de supplément) et l'appétit pas excessif.

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Au volant, nous avons conduit le Kamiq avec deux motorisations : une à essence 1.0 TSI (3 cylindres) de 116 ch avec boîte mécanique et une autre diesel (1.6 TDI à 4 cylindres) également de 116 ch mais associée à une boîte DSG. La seconde s'est montrée plus bruyante sur route et en ville mais sa boîte de vitesses plus agréable compense largement ce défaut. Elle est en effet assez réactive (sauf en montagne où le passage des rapports via les palettes au volant sera préférable) et n’a pas posé de souci lors de notre roulage. En outre, les passages des rapports sont doux et fluides. À l'inverse, nous avons trouvé la boîte mécanique un peu rude et parfois accrocheuse si on passe les rapports trop rapidement. Côté performances, le léger surcroît de couple du diesel (250 Nm contre 200) n’est pas vraiment perceptible et les deux moteurs se sont avérés efficaces en toutes circonstances. On notera en revanche une très nette différence d’appétit. La consommation moyenne du diesel s'est établie, selon l’ordinateur de bord, à 5,6 l aux 100 km contre 7,4 pour l'essence. Et cela alors que les deux versions ont été utilisées sur le même type de tracé routier.

Consommation

Si l'on se base sur les documents officiels, la consommation est d'environ 4.3 l/100 km avec le 1.6 TDI 116 ch et d'environ 5.1 l/100 km pour le 1.0 TSI 116ch.

Les consommations mesurées du Kamiq TSI 95:

  • Conso ville : 7 l/100 km
  • Conso route : 6,7 l/100 km
  • Conso autoroute : 7,7 l/100 km
  • Conso moyenne : 7 l/100 km

Comportement Routier et Confort

Le Skoda Kamiq est plutôt typé confort que dynamique. Même s'il ne rechigne pas à l'effort sur les petites routes, quelques prises de roulis peuvent surprendre si on le compare à un véhicule avec un centre de gravité plus bas. Il n'est pas un mauvais élève, mais il apporte un agrément à bord plus agréable en conduite cool.

Sur route, les suspensions nous ont convaincus car elles affichent un très bon compromis confort-fermeté. Ainsi, sur route sinueuse, le Kamiq ne prend pas trop de roulis alors que les bosses et autres défauts de revêtement sont très bien absorbés. Dommage que les sièges manquent un peu de maintien en latéral. L'insonorisation nous a aussi paru perfectible car les bruits de roulement sont assez présents tout comme les bruits aérodynamiques sur autoroute.

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Sans prétention sportive, le Kamiq est surtout plébiscité pour son confort tout à fait plaisant. Rien n'a changé sur ce point : même sur mauvaise route, la filtration est correcte (sauf avec les grosses jantes de 18", qui martèlent souvent) et les mouvements de caisse plutôt bien gommés. Un peu souple, si la route se met à tourner. Mais les réactions restent progressives et rassurantes. De toute façon, aucun moteur proposé dans la gamme n'incitera à chasser des chronos... ni ne déclenche le grand frisson.

Les Astuces "Simply Clever" de Skoda

Les petites astuces « simply clever » de la marque sont des attentions qui font mouche à chaque essai. Un parapluie dans la portière côté conducteur, un gratte-givre dans la trappe à essence, une protection pour les arêtes de portes, un entonnoir pour lave-glace, des crochets pour suspendre des affaires, des clips pour le ticket de stationnement, des filets dans le coffre, un porte-gobelet pouvant accueillir une grande bouteille d'1.5 litre. On retrouve bien certaines de ces solutions chez d'autres, mais pas autant et peu dans cette gamme de prix.

Simply Clever, les astuces de Skoda. Skoda enrichit ses modèles de petits détails qui s’avèrent très pratiques au quotidien. Par exemple, le Kamiq reçoit de série un bouchon de bocal de lave-glace qui, une fois ouvert, forme un entonnoir pratique. De même, un grattoir à givre placé à l’intérieur de la trappe à carburant sera à portée de main et rangé sans salir l’intérieur de la voiture. À partir de la finition Ambition, un parapluie est logé dans la porte du conducteur et une lampe torche amovible est placée dans le coffre.

Intérieur et Technologies

L'essai du Skoda Kamiq a permis de découvrir la nouvelle planche de bord et les équipements inaugurés sur la Scala. Dans les finitions haut de gamme, l'intégration du Digital Cockpit (de série dès la finition Business) et de l'écran d'infotainment Amundsen de 9.2″ prouvent que Skoda n'est plus le parent pauvre du groupe VW. Si on met un Kamiq et un T-Roc côte à côte, on pourrait inverser les rôles. Bien entendu tout n'est pas que plastiques de grande qualité, mais pour ce genre de petits modèles, l'offre est alléchante, aussi bien du point de vue de l'équipement que sur la question de l'assemblage.

L'utilisation du Digital Cockpit est agréable, et la nouveauté se situe au niveau du système d'infotainment Amundsen de 9.2″ avec Laura, l'assistante vocale. Une solution tactile assez agréable en matière d'ergonomie. Le Kamiq offre également une large palette d'aides à la conduite dès le premier niveau de finition, avec le lane assist, le front assist et le régulateur de vitesse adaptatif.

L'habitacle du Kamiq ne se distingue pas par sa fantaisie. Tout comme le style extérieur, c'est du sérieux, sans frime : l'agencement est classique, pragmatique, de manière à soigner les aspects pratiques et l'espace à bord. Il y a de la place, surtout à l'arrière ! Malgré son gabarit réduit (4,24 m, à peine plus long que les Captur et T-Roc mais plus court qu'un 2008), l'espace aux jambes est particulièrement vaste et les contours bien rectilignes de la ligne de toit ou de la découpe des portes permet à deux adultes d'y voyager à leur aise.

Un bac de rangement sur le tunnel central, une nouvelle commande de clim', et l'instrumentation numérique (écran de 8" de base, 10,2" sur les finitions hautes) est désormais de série. Déjà, les phares matriciels à Leds, chose peu courante chez les petits SUV, sont de série sur la finition supérieure (Monte Carlo, option à 880 € sur les autres). A bord, l'interface média avec écran de 8,2" est présente d'office, et un écran de 9,2" apparait sur les versions supérieures (ou en option). L'ergonomie du système est relativement simple à appréhender, et l'affichage de qualité satisfaisante.

Le Kamiq a bénéficié de la dernière génération du système d’infotainment du groupe Volkswagen. Sa carte eSIM intégrée permet aussi de bénéficier des services en ligne mobiles de Škoda Connect. Autre point positif : une liaison Android Auto qui fonctionne parfaitement, et permet ainsi d’avoir par exemple son application Spotify affichée sur l’écran central et pilotable.

Habitabilité et Coffre

La position de conduite et le comportement routier du Kamiq tendent plus vers la berline surélevée que vers le SUV traditionnel. Côté gabarit, le Kamiq fait 4 241 mm de long pour 1 988 mm de large et 1 553 mm de haut. L'empattement étant identique sur les deux modèles (plateforme commune), l'habitabilité à bord est assez proche.

Le volume intérieur du Kamiq est proche d'un SUV du segment supérieur. Les places arrière sont gigantesques !

L’espace à bord est plutôt généreux dans ce Kamiq : c’est un sujet qui tient à coeur à Skoda, à l’instar des aspects pratiques. Comme nous l’avons vu, l’empattement est étendu, ce qui profite aux places arrière. Celles-ci sont également accueillantes en garde à toit, et peuvent donc accueillir sans problème de grands adultes. Espace aux coudes et aux genoux sont aussi dignes d’un modèle de catégorie supérieure. La hauteur du Kamiq est limitée, mais Skoda assure que les sièges sont positionnés 40 mm plus haut que dans la Scala.

Le coffre est en revanche plus modeste, à 400 l (jusqu'à 1.395 l banquette rabattue). Pas ridicule, tout juste dans la moyenne, mais les contours simples permettent d'exploiter facilement le volume. Sous le hayon, la contenance de 400 litres est convaincante. L’espace est encore plus étendu avec la banquette arrière rabattue, puisqu’il passe à 1395 litres. Autre aspect pratique pour le chargement : les concepteurs ont pris soin d’ajouter la fonction dossier rabattable au siège passager avant.

Sécurité

Parmi les 9 airbags du Kamiq, celui protégeant les genoux du conducteur sera précieux en cas d'impact. Sans disposer de toutes les Adas (Advanced Driver Assistance Systems, systèmes avancés d’assistance au conducteur) dernier cri, le Skoda Kamiq n’est pas trop mal loti en termes d’équipement de sécurité. Il reçoit ainsi de série, dès le premier niveau de finition, le Front Assist (radar frontal) et le Lane Assist (avertissement de changement involontaire de voie). En revanche, pour disposer du détecteur de fatigue ou de la surveillance d’angle mort, il faudra passer par la case option et dépenser respectivement 50 et 450 €. De même pour le dispositif Crew Protect Assist (460 €) qui se compose de 9 airbags (dont de genoux pour le conducteur) et qui anticipe le choc en ouvrant les vitres de 55 mm pour minimiser l’onde de choc lors du déclenchement de ces derniers.

Prix et Finitions

Le Skoda Kamiq débute à partir de 23.900 € en finition de base Active, uniquement disponible avec le petit TSI de 95 ch. L'équipement est d'emblée assez complet (phares full Led, régulateur de vitesse, radar de recul, compteurs numériques de série). En haut de gamme, la finition Monte Carlo est bien plus chère (5.200 € de plus qu'en Selection, 32.900 € minimum en TSI 116 BVM). A ce tarif, le Kamiq fait le plein et dispose du régulateur adaptatif, du grand écran d'interface média, d'un écran plus grand (10,2") pour l'instrumentation numérique, du toit panoramique et de l'armada d'aides à la conduite classique (alerte d'angles morts, maintien de voie).

Notons que l'écart de prix entre le 1.0 TSI 116 DSG et le 1.5 TSI est de 1.540 € (à partir de 30.870 € en Selection) : surcout relativement modeste, pour profiter de l'agrément supérieur d'un 4 cylindres, plus volontaire sur voie rapide ou en montagne.

Un TSI 95 Active suffisant ! Mais surtout, choisir le TSI permet d’opter pour le premier niveau de finition Active. Bien qu’elle soit l’entée de gamme, cette définition n’a rien d’indigent et compte déjà l’essentiel des fonctions modernes à bord d’un petit SUV : climatisation, Bluetooth, système multimédia avec écran 6,5 pouces et régulateur de vitesse. Le tout pour un prix raisonnable de 21 140 €, soit nettement moins qu’un Captur TCe 90 equilibre (23 400 €) ou un Peugeot 2008 PureTech 100 Active (24 150 €).

Concurrence

Le Skoda Kamiq est un SUV urbain qui entre en concurrence avec les deux best-sellers français, les Peugeot 2008 et Renault Captur. En France, ce sont plutôt les deux français qui dominent le débat sur le créneau ultra-chargé des petits SUV dits "urbains" (parfaitement polyvalents en réalité). Le Skoda Kamiq fait donc partie des seconds rôles solides chez nous, et s'oppose à des pointures telles que Volkswagen T-Roc, Toyota Yaris Cross ou Ford Puma.

Pour contenir le prix du petit Kamiq et le rendre intéressant, il faut donc faire son choix entre le TSI 95 et le TSI 110, deux versions du même 3-cylindres 1.0 turbo. A ce prix, on peut légitimement lui préférer l’un de ses adversaires tricolores, qu’il s’agisse d’un Renault Captur TCe 140 en finition "techno" plus performant et consommant moins, ou d’un Peugeot 2008 PureTech 130 Allure plus spectaculaire et plus looké.

Conclusion

Le Skoda Kamiq n'est pas un modèle qui va révolutionner le segment des SUV Urbains mais il a le mérite d'arriver bien armé dans la course. Il est plutôt bon élève, mais sans mention d'excellence. Le Skoda Kamiq a déjà quatre ans, se porte à merveille et le classique restylage de mi-parcours reste symbolique. Juste pour le principe : léger ravalement de façade, équipement un peu plus étoffé et gamme simplifiée. Quand tout va bien, inutile de changer dans les grandes mesures. Le Kamiq est le parfait exemple du succès discret. Tellement répandu qu'on ne le remarque plus, un peu comme ses rivaux Renault Captur et Peugeot 2008.

Le principal n'a pas bougé, comme souvent à l'occasion de ces refontes de mi-parcours. Le Skoda Kamiq arrive dans le segment très concurrentiel des SUV avec de bons atouts comme son agréable comportement routier.

Bien fini, accueillant et confortable, le Kamiq est l’un des SUV urbains les plus abordables du marché avec des tarifs qui débutent à 18 970 €. Un tarif qui se situe dans la fourchette basse du segment et s’établit par exemple à 1 000 € de moins qu’un Citroën C3 Aircross, au style plus original, et à 1 000 € de plus qu’un Kia Stonic plus basique. Reste qu’il devra bientôt se frotter aux nouvelles générations des Peugeot 2008 et Renault Captur, les deux stars du segment.

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