La dernière décennie du XIXe siècle avait vu le développement fulgurant de l’automobile dans lequel la France avait une place prépondérante. L’automobile devenant plus sûre acquit alors un statut d’objet de rêve et de désir.

Gaston Gillotte et ses fils

La première occurrence du nom Gaston Gillotte, devenu par la suite Gaston Gillotte et ses fils date du 1er novembre 1900, dans un article du magazine l’Auto-Vélo relatif à une inscription pour l’exposition internationale au Grand Palais avec G.

Dans un article du 9 juin 1901 du même journal, on lit : « Rappelons que Monsieur Gillotte a fait breveter un abri capote très ingénieux, que nous engageons nos lecteurs à expérimenter.

Une autre spécialité émana de cette intéressante maison : capote extensible, dais et pavillons.

Le 11 décembre 1904, cette fois dans Le Figaro, on lit : « Tout l’art que M. Gillotte apporta dans le dessin et la fabrication des capotes de voitures se retrouve dans les jolies carrosseries qu’il expose au Grand Palais.

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Des ateliers de M. Gillotte à Levallois-Perret sortiront, dans la saison 1905, de nombreuses voitures, de tous types et sur tous châssis, car l’art appelle sa diffusion pour deux raisons : d’abord par ces assises, ensuite parce qu’ils exposent des modèles d’une ligne incomparable qui passent à juste titre pour des merveilles de bon goût.

Ces événements mondains voyaient se côtoyer des personnalités du monde des arts, de l’industrie, de l’aristocratie et de la mode, mais ils avaient aussi un caractère très populaire.

Ils constituaient en effet une magnifique vitrine pour présenter les plus belles marques automobiles. Hotchkiss, Delage et à nouveau Voisin.

« Déjà remarquée au concours d’élégance, où trois grands-prix lui ont été accordés, la carrosserie Gillotte ne s’arrête pas en route, elle progresse.

Quatre ans plus tard, le Figaro du 13 octobre 1928 rapporte : « de nombreux visiteurs se sont rendus au stand Gillotte où quatre voitures de toute beauté sont exposées.

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Mais, c’était le chant du cygne : Gaston mourut le 27 mars 1925, la ligne des automobiles commençait à se modifier, les conduites intérieures et leurs « caisses carrées » n’étaient plus d’actualité et l’économie nationale donnait des signes de faiblesse.

Gaston Gillotte, né le 27 mars 1864, à Mantes, était le fils d’un dessinateur de l’école des Ponts et Chaussées. L’emplacement choisi est d’ailleurs en soi une curiosité du fait de la configuration particulière que devait présenter le garage, sur deux niveaux, le 25 Boulevard de Verdun, croisant, mais bien en contrebas le 83 Boulevard Saint Denis.

Auguste et Fernand Pineau

La famille Pineau, venue de son Maine-et-Loire natal, s’identifie en effet avec l’automobile. Le grand-père entrepreneur de serrurerie, place Marceau, près de l’ancienne église St-Gohard, depuis 1885, fut l’un des premiers sinon le premier à avoir un véhicule automobile. Trois générations au service de l’automobile, c’est un bail éloquent.

AUGUSTE PINEAU (1858 - 1954):

  • 29.09.58 - Naissance à Baupréau (Maine-et-Loire).
  • 1872 - Il rentre comme apprenti chez son père serrurier, forgeron à Beaupréau.
  • 1875 - À l’âge de 17 de ans, il participe au Tour de France pour se perfectionner dans le métier. Il ira même jusqu’en Algérie.
  • 1878 - 83 Service militaire.
  • 1883-84 - Essai professionnel à Paris.
  • 1885 - Déçu de Paris, il vient à Saint- Nazaire aider son père.
  • 1886 - Il devient adjudicataire de son premier grand chantier, La Caserne de la Briandais à Saint-Nazaire, dont il reste le grand portail qui a aujourd’hui 130 ans. Il réalise plusieurs gros chantiers.
  • 1895 - Il achète un grand terrain rue Alcide Benoist, près de la place Marceau et y construit son atelier.
  • 1899 - Il achète une voiture De-Dion Bouton à Paris, et 48 heures après, arrive à Saint-Nazaire. Le premier garage de mécanique automobile de la ville est créé.
  • 1920 - Son fils Fernand prend petit à petit la suite de son père et distribuera la marque automobile Mathis.
  • 1936 - Il s’achète une voiture américaine Terraplane.
  • 1940 - Faute d’essence, il revend sa voiture et se remet au vélo.
  • 1943 - Saint-Nazaire est détruit sous les bombardements. Il perd tout.
  • 1945 - Son petit-fils, Yves Pineau termine ses études d’ingénieur en mécanique à la Joliverie où il devient professeur
  • 1958 - Il prend la relève dans le nouveau garage reconstruit au même moment que lesHalles, sous l’enseigne SIMCA-TOTAL
  • 1973 - Le garage est devenu une entreprise prospère : trois garages, et une équipe de 65 personnes. Victoire de la marque SIMCA MATRA au 24 heures du Mans.
  • 1980 - Fermeture du garage.

On rapprochera les deux documents photographiques qui soulignent bien l’évolution extraordinaire rie la locomotion automobile : la. vieille et héroïque << de Dion >> du grand-père Pineau avec des élégantes nazairiennes ( à, l’extrême droite, Mme Lamoureux, mère ) et la « Corvette » de compétition, aux lignes fines et racées.

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Avec le Marché Commun qui s’instaure lentement mais sûrement, nos frontières s’ouvrent de plus en plus largement aux productions étrangères. Les voitures Opel sont maintenant livrées sur le marché français à des prix compétitifs, et nombreux furent les Nazairiens à répondre à l’invitation de M. Pineau et de la General Motors qui offraient, à l’occasion de ce « petit salon », un cocktail des plus sympathiques.

Rodéo Automobile avec Jean Sunny

Extraordinaire festival de« RODÉO AUTOMOBILE »…avec Jean Sunny, champion du monde de distance sur deux roues !Course sur deux roues avec passagerTout Saint-Nazaire a applaudi aux exploits de Jean Sunny, le fameux champion du monde de rodéo automobile.

Invité par M. Rogier, garagiste nazairien, Jean Sunny a donné à Saint-Nazaire, rue Albert-de-Mun, un extraordinaire festival de dérapages contrôlés, de sauts au tremplin, d’évolutions sur deux roues… Inclinée à 80 degrés, sa voiture roule sur plusieurs centaines de mètres dans cette position acrobatique invraisemblable.

Son record sur deux roues est de plus de 500 mètres. Samedi et dimanche, les Nazairiens affluèrent rue Albert-de-Mun, transformée, pour un temps, en « autodrome ».

Ils admirèrent les numéros acrobatiques. [ journal Ouest-France du lundi 24 octobre 1960 ]

Exposition au Garage PINEAU

Une exposition au Garage PINEAU :un demi siècle au service de l’automobileL’une des premières automobiles, celle du grand-père Pineau qui, en 1898, faisait figure de promoteurA un peu plus d’un demi-siècle d’intervalle, l’automobile dernier criGrande animation samedi avenue Albert-de-Mun, où l’automobile était reine.

A l’occasion d’une exposition de la General Motors qui présentait ses modèles les plus récents, Opel de 7, 9 et 10 CV, quatre cylindres ; Opel de 15 CV et six cylindres ; Chevrolet Corvair de 13 CV, moteur flotwny et la grand sport Chevrolet Corvette de compétition, développant plus de 245 CV au frein.

M. Pineau père nous fit toucher du doigt l’énorme chemin parcouru par l’automobile en un peu plus d’un demi-siècle.

Ferdinand et Ferry Porsche

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Ferdinand Porsche retrouve la liberté en août 1947, après avoir été incarcéré simultanément à Baden-Baden en 1946 et en France, à Dijon.

Pendant ce temps de privation de liberté du père, c’est le fils Ferdinand Anton Ernst Porsche, dit Ferry, qui prend les commandes et conçoit le premier brouillon de la 356.

C’est le premier projet de la maison Porsche a ne pas trouver ses racines dans un programme sportif. Pour ce type 356, Ferry lui-même disait qu’il fallait arrêter de parler compétition.

C’est l’un de ces prototypes que Ferry présente à son père, épuisé par son incarcération. L’homme n’a plus l'”énergie dont il débordait auparavant.

Cette première mouture de Porsche sera finalement exposée au salon de Genève 1949. Le fils s’installe à bord sous l’œil sombre de son père. La portière se referme et le regard du fils vers son père en dit long sur la fierté qui semble l’habiter.

Ferdinand Porsche relève sa main du pavillon pour laisser rouler ce petit coupé qui porte son nom.

Autres figures et anecdotes

Dans la famille Penhart, le sens des affaires s’est transmis de père en fils. Devenir le premier constructeur automobile au monde était peut-être une destinée.

Retour en 1655, à Saint-Sauveur-Le-Haut, paroisse aujourd’hui baptisée la Prénessaye (Côtes-d’Armor). C’est ici qu’est né Yves Penhart (dont le nom a évolué en Panhard après la révolution).

À cette époque le pont de Saint-Sauveur emporté en 1818 n’était pas assez large pour les véhicules du début du19e siècle. Yves Panhard transportait alors dans ses charrettes des marchandises mais aussi des voyageurs.

Née aux États-Unis en 1918, la bougie d’allumage BG traverse l’Atlantique pour donner naissance à une aventure industrielle française. Tout commence avec Jean-Jules Lacoste, né en 1861 dans un milieu très modeste et de père inconnu. Jean Lacoste va connaître grâce à l’aviron une remarquable ascension sociale.

Un aristocrate anglais, Lord Wakefield of Hythe, fonde la « Wakefield Oil Company » en 1889 à Londres et lance son premier lubrifiant en 1906.

Gaston Vinet aurait établi son entreprise dès 1896 à Courbevoie. Les établissement G.Vinet sont installés sur le quai de Seine correspondant aujourd’hui au 41-47 quai Paul Doumer.

Les 24 Heures du Mans et l'héritage automobile

Ce week-end se déroulent au Mans les 24 Heures auto, la course d’endurance célèbre dans le monde entier (site officiel). Je n’ai pas assisté à l’événement depuis quelques années, mais j’y pense toujours avec une certaine émotion, car je suis originaire du Mans. Et en bon manceau, mon enfance a été bercée par le bruit des moteurs.

Quelques semaines après ma naissance, Porsche remportait cette course mythique pour la deuxième fois consécutive, battant au passage le record de l’épreuve (222 km/h de moyenne, record dépassé seulement en… 2010). Regardez les images d’époque sur cette victoire, en noir et blanc !

C’est presque un secret, transmis de génération en génération : un papa a découvert l’épreuve à l’époque où les Porsche 917 défiaient les lois de la vitesse, avant de vivre intensément avec son fils les victoires de Matra ou de Renault. Lequel fils entraînera à son tour sa progéniture sur le circuit, pour assister aux triomphes d’Audi.

Attention, c’est très contagieux d’inoculer le virus des 24 Heures du Mans à un gamin fasciné par la course automobile. Alors, à tous les papas du monde qui ont pris leur fils par la main, un samedi de juin, merci.

L'automobile dans la mémoire familiale

Cette voiture est entrée dans l’histoire de la famille. Notre fantôme mécanique, dans la famille MARSEUL (ma branche maternelle), c’est la Traction de papy. Je n’ai jamais vu cette voiture, même pas en photo. Mais cette automobile devenue légende est ancrée dans ma mémoire, et ajoute à la « légende » de ce digne personnage qu’était mon grand-père maternel.

Pour Tatiana, c’est la Frégate de son grand-père QUINOT, que son père évoque (invoque ? :-)) souvent.

Mes parents, jeunes mariés, possédaient une 4 CV (une autre voiture devenue légende). Dans un virage, la porte arrière s’ouvre, ce qui apparemment était assez fréquent.

Simplement, j’étais dans mon couffin sur le siège arrière, et à l’époque, pas de siège auto ni de ceinture.

Pour Tatiana, c’est un souvenir automobile moins heureux qui revient régulièrement dans les conversations de la famille : les trajets dans la DS 21 Pallas de son grand-père paternel.

De longues virées pour rejoindre Cherbourg, dans une voiture aux sièges en cuir qui exhalaient une forte odeur de cigare… Et en passant les buttes, dans la descente, l’impression que votre estomac se soulevait et remontait jusque dans la gorge.

Et Tatiana a aussi un souvenir inoubliable, voire traumatisant avec une « doche » (elle a eu un traumatisme crânien en fait, en étant éjectée de la voiture), après avoir réalisé, fait extraordinaire, un tonneau dans une 2 CV.

La voiture s’est retrouvé plantée, le nez dans le talus d’une forêt angevine. Et Tatiana allongée sur un lit d’hôpital. Peut-être que dans quelques années, ses descendants chercheront justement les rapports de la gendarmerie, pour retracer cette terrible mésaventure de leur ancêtre ?

L’automobile a aussi sa « généalogie ». Le terme est un peu inadapté, mais c’est le sujet d’une excellente page Web, documentée et richement illustrée que je vous invite à consulter.

Et l’automobile fera aussi demain partie de l’histoire de nos familles. Certes, on trouvera sans doute moins de voitures de légende.

Évolution de l'entreprise Pineau
Année Événement
1872 Auguste Pineau entre en apprentissage chez son père (serrurier-forgeron).
1899 Création du premier garage de mécanique automobile à Saint-Nazaire.
1920 Fernand Pineau succède à son père et distribue la marque Mathis.
1958 Yves Pineau reprend le garage sous l'enseigne SIMCA-TOTAL.
1973 L'entreprise prospère avec trois garages et une équipe de 65 personnes.
1980 Fermeture du garage.

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