Labellisé pôle de compétitivité depuis 2005, le Pôle Véhicule du Futur est une association qui favorise la synergie des entreprises, de l'enseignement et de la recherche dans le domaine des véhicules et des mobilités du futur.
Missions et Objectifs
Les pôles de compétitivité sont des moteurs de l’innovation et de la performance au service des enjeux économiques et sociétaux. Leur mission est de mobiliser les facteurs clefs de la compétitivité : la capacité d’innovation, l’accès à la R&D et aux financements, le développement de la croissance, la montée en compétences et le déploiement à l’international.
Animateurs de réseaux, les pôles accompagnent leurs membres : expertise de labellisation de projets innovants, obtention de financements, recherche de partenaires et création de valeur.
Son ambition c’est de mettre en œuvre des solutions de niveau européen au service des véhicules et mobilités du futur. Dès à présent 8 programmes sont en cours : boucle d’air, pile à combustible, matériaux et surfaces, habitacle, réseaux de transport, véhicule spéciaux, ingénierie innovante. Ils sont à l’origine de 29 projets labellisés par le comité du pôle de direction du pôle dont 15 ont obtenu des financements.
Il rassemble et anime un écosystème de plus de 500 membres, sur le quart Est de la France : Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est. En juin 2020, le Pôle Véhicule du Futur a réalisé la fusion-absorption des ARIA (Association Régionale de l'Industrie Automobile) Champagne-Ardenne et Lorraine.
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Les Projets
- Les projets d’innovation collaborative
- Les projets Support
- Les projets de recherche en amont
- Les projets de formation
Historique et Évolution
Entre Sochaux et Mulhouse, l'association de préfiguration du pôle Véhicule du Futur avait été créée quelques semaines avant sa labellisation, en juillet 2005. Si les acteurs du futur cluster étaient prêts, c'est que, depuis 2001, la filière automobile des deux régions s'était déjà constituée en « Pôle automobile Alsace - Franche-Comté », lui-même porté par deux associations très actives : PerfoEst, regroupant 150 entreprises de la filière des deux régions, et Astrid (Agence de soutien des technologies, de la recherche industrielle et du développement), oeuvrant peu ou prou dans le même périmètre.
Et, pour respecter l'équilibre entre les deux régions, dont les collectivités ont largement soutenu la candidature, Véhicule du Futur dispose d'un bureau à Mulhouse et d'un autre à Etupes. Les deux antennes se partagent les 6,5 « équivalents temps plein » de la structure dotée d'un budget de fonctionnement de 1 million d'euros.
Pour monter le dossier, les promoteurs du cluster avaient fait appel au cabinet Arc Essor, avec lequel a été choisi le nom du pôle transrégional et définies trois thématiques génériques : véhicule propre, véhicule et réseau intelligents, et excellence de la filière. « Tout le travail des entreprises, ensuite, a été de faire émerger six programmes à partir des compétences sur l'innovation automobile et la mobilité. Certains des partenaires industriels sont parmi les grands mondiaux. »
La Présence de PSA
Parmi les grands figure au premier rang le constructeur PSA Peugeot Citroën, omniprésent sur ce double territoire, avec ses usines historiques de Sochaux et de Mulhouse, auxquelles se sont rattachés de nombreux équipementiers et sous-traitants de rangs 1, 2 ou 3. La question de sa discrète présence dans le pôle a pu faire débat, mais on s'accorde aujourd'hui pour dire que cette position est difficilement critiquable, notamment parce que le terrain du constructeur est davantage mondial que local, ses équipes de recherche étant concentrées en Ile-de-France.
« On ne fait pas sans lui, mais il faut s'occuper du reste, aller plus loin et structurer un monde complexe qui a souvent été dans l'ombre de PSA. » Directeur de l'université technologique de Belfort-Montbéliard et aussi trésorier du pôle, Pascal Fournier confirme : « Peugeot est présent sans être moteur, il n'est pas étouffant, ce n'est déjà pas si mal... »
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Défis et Perspectives
La question de l'emploi, que les pôles de compétitivité sont censés préserver, voire stimuler grâce à l'innovation, se pose ici de façon aiguë. Une étude Insee publiée en 2006 avait montré que la filière avait perdu le quart de ses emplois de 1975 à 1999, et la tendance n'a fait que se confirmer depuis, rappelant l'urgence de la diversification du territoire, et plus spécialement côté franc-comtois, davantage en situation de mono-industrie.
« Qu'avons-nous qui pourrait contrebalancer la tendance ? Le pôle est en train de révéler qu'à côté de l'industrie automobile une autre typologie de sujets est envisageable dans le monde des essais, de la simulation, du calcul, du logiciel, des machines-outils, etc. », estime le président de Véhicule du futur.
Virage vers le Véhicule Innovant
Le designer Franco Sbarro, rallié au pôle à l'été 2006, a été l'un des hommes par qui le virage vers le véhicule innovant a été pris. Premier volet de cette collaboration « futuriste », l'école Espera Sbarro Montbéliard a ouvert ses portes à Etupes en septembre 2007, avec une promo de 40 élèves retenus parmi 120 candidats.
L'entreprise FAM Automobiles a également permis de prendre ce virage du véhicule innovant. Le constructeur de véhicules de petites séries et de niches a rejoint le pôle début 2007 et assurera le programme d'industrialisation de Vecovil, tout en apportant son propre projet, F-City.
Créé il y a un an, Phénix International est un cluster mécatronique qui a très vite trouvé sa place dans Véhicule du Futur. Une sorte de pôle dans le pôle qui porte depuis mai dernier le projet K2, développant une nouvelle génération de climatiseurs, aux côtés de Cooltech. « Une vraie rupture technologique. Sans le pôle, nous n'aurions pas eu le dossier », indique Denis Lagourgue, fondateur du cluster.
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Si la thématique « véhicule innovant » prend de l'importance, d'autres avancent parallèlement, à leur rythme. C'est le cas des travaux menés dès la création par l'axe Déc'autex, en collaboration avec le pôle textile Alsace. Dans le domaine des textiles et plastiques pour l'habitacle, Déc'autex se décline en différentes actions allant de journées techniques internationales à la mise en place de projets collaboratifs.
C'est le cas également de l'axe « Boucle d'air », qui doit déboucher sur la création d'un centre d'essai et de simulation (Cemba) qui pourrait faire référence en Europe pour l'environnement moteur. « On a là trois équipementiers leaders : Faurecia Echappements, Honeywell et Mark IV. Et ça, c'est unique par rapport aux autres pôles », explique Brigitte Morgulis.
Doté d'un budget de 7 millions d'euros, ce projet est convoité par les agglomérations de Mulhouse et de Montbéliard. « Il faut trouver des solutions technico-économiques », estime Jean-Pierre Buchwalder, directeur R&D de Faurecia Echappements. « Ce centre d'essais donnerait une substance à la notion de pôle, et réunirait les gens des essais et les thésards, permettant de faire les essais du projet Simba. »
C'est le cas enfin de l'axe d'intégration de la pile à combustible, programme porté par le CNRT éponyme, baptisé Ineva. « Notre travail, à court terme, consiste à mettre sur pied un véhicule expérimental fonctionnant à l'hydrogène », confie Florent Petit, son directeur. « Les technologies existent, il faut maintenant quantifier ce qu'il reste à faire avant la mise sur le marché. » Et, à cette question-là, Véhicule du Futur compte bien aussi apporter une réponse...
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