Après la sortie de l’A1 en 2010, Audi a décidé de faire de sa petite citadine, une vraie sportive avec la sortie de l’A1 Quattro en 2012. Dire que j’avais envie d’essayer l’Audi S1 est un euphémisme. Après avoir fantasmé sur son aïeule très limitée l’A1 quattro, après avoir lu beaucoup de critiques dithyrambiques la concernant, il me tardait vraiment de la prendre en main le temps d’un weekend, d’aller m’amuser avec sur de petites routes sinueuses et bosselées afin de me faire ma propre opinion.

Un design extérieur affirmé

Le premier contact est forcément visuel et permet de mesurer le chemin de sportivité parcouru entre la base sage, citadine, huppée et cosy qu’est l’A1. La S1 en impose très nettement plus sans toutefois renier ses origines. On peut tout de même signaler un bouclier plus agressif, des jantes 5 branches 18 pouces, des coques de rétroviseurs chromées et un arrière particulièrement réussi qui regroupe à la fois un becquet un diffuseur accueillant 4 sorties d’échappement !

Calandre traditionnelle des S surlignée de chrome, regard acéré parcouru de sortes d’éclairs, petit badge S1 distinctif - tel un pin’s - sur la calandre et enfin fausses prises d’air en nid d’abeille béantes bordées d’une ouverture - réelle celle-ci - chromée pour finir de composer une méchante petite gueule. Les flancs ne sont pas en reste et rappellent le travail effectué récemment sur l’Audi S3. Les roues sont mignonnes, se chaussant dans un presque raisonnable 18 pouces. Les rétroviseurs se parent également de chrome, que l’on vient retrouver sur la quadruple sortie d’échappement et le bandeau qui surligne le diffuseur.

L’arrière de la voiture n’a en effet pas été oublié avec cet échappement aguicheur et le diffuseur massif en leur centre. Le petit sigle S1 se retrouve sur le hayon de coffre surplombé d’un joli becquet. Ce hayon n’arborait pas sur mon modèle d’essai le bandeau noir piqué à l’A1 quattro. Ce bandeau, du plus bel effet, donne toutefois un look très show off à la voiture selon moi et j’ai plutôt apprécié la relative sobriété de cette version de la S1. En termes de couleur de carrosserie, le jaune ou bien le rouge de notre modèle d’essai nous ont plu, mettant en valeur l’Audi S1.

Pour résumer : Audi a appliqué sur sa S1 les mêmes recettes que sur le reste de la gamme. Là où l’A1 quattro se voulait absolument singulière, cette S1 s’inscrit dans la continuité du travail accompli par la marque depuis plus de dix ans. Mêmes codes de design, mêmes recettes de chrome, de calandre single frame ou encore de signature visuelle distinctive.

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Intérieur : Finition soignée mais discrétion sportive

Passons maintenant à l’intérieur. Première évidence : l’habitacle est très fini, les matériaux sont de qualité et l’ensemble respire la belle automobile allemande. Je ne vous apprends rien : Audi sait faire des intérieurs de voiture et c’est également vrai pour l’A1 / S1. Pas de surprise quand on accède à bord, la finition est de très bonne qualité. Les assemblages et matériaux sont fidèles à la marque, c’est-à-dire au dessus de ses concurrents.

Jolie console centrale aux plastiques noir grisés simples mais qualitatifs, évents d’aération que l’on tourne pour ouvrir / fermer, commandes au volant surlignées de chrome, beau plastique moussé pour la planche de bord et portières irréprochables - y compris pour les commandes d’ouvrants ! Je cherche les défauts et n’en trouve que peu. On peut citer par exemple le flux d’air sortant des évents difficile à réguler / orienter car on oscille au final entre vent dans la gueule et filet d’air insignifiant. Pas confortable du tout. Autre petit détail un peu moche : le bouton de warning + start/stop au centre de la console et en plastique moche.

On passe du côté des commandes avec un pédalier alu bien fichu et le traditionnel volant Audi S/RS doté d’un généreux méplat et dont je n’ai toujours pas à me plaindre, surtout avec sa petite touche programmable avec la fonction qui nous fait envie. Seule déception, le tempérament sportif de l’auto n’est pas retranscrit dans l’habitacle. Mis à part un volant 3 branches à méplat, un pédalier alu, l’inscription « S1 » sur l’ensemble volant/bas de portes et quelques inserts rouges notamment sur les sièges, les éléments sportifs se font discrets.

C’est d’ailleurs de ce côté-ci que le bât blesse un peu pour la S1 qui commence à souffrir de l’âge de sa base l’A1. Cette dernière n’a si je ne m’abuse pas été restylée et utilise encore les “anciennes” technologies Audi. L’ensemble reste richement doté mais manque de la simplicité d’usage des nouveaux systèmes. L’écran situé entre les compteurs affiche une résolution décevante et même s’il est pratique à l’usage, il déçoit par son aspect. De la même manière, l’écran central que l’on plie / replie manuellement, n’est pas exceptionnel. On le commande grâce à la mollette centrale de la console et on navigue tant bien que mal dans les différents menus grâce aux quatre touches qui l’entourent. Je n’ai jamais été un grand fan de cette façon de faire et cet essai de la S1 me l’a confirmé.

Bref : au vu du tarif demandé pour la S1, on est en droit de demander un peu plus que ce système mais il faudra pour cela attendre une nouvelle A1 / S1 et se contenter de ce système, assez pratique mais pas transcendant ou sexy au quotidien. Enfin, dernier grief : les sièges ! S’ils offrent un maintien très correct et restent confortables, j’aurais vraiment aimé qu’ils soient encore plus enveloppants car on verra dans la suite que cette voiture est capable de vous bouger sévèrement dans vos habitudes !

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Les options de notre modèle d’essai sont également nombreuses, on peut citer les sièges chauffants au Style S en cuir Nappa, le système surround Bose, l’Audi Connect et son GPS Adavanced ainsi que le système MMI multimédia tactile. Le tout pour 5 100 euros ! Avec une longueur de 3,98 m et une hauteur de 1,42 m, l’Audi S1 n’est pas des plus logeables. Les genoux touchent facilement les sièges avant, quant à la garde au toit, elle se révèle particulièrement basse. A conseiller donc pour des personnes pas trop grandes ou des enfants. Le seuil de chargement bas et la forme du coffre facilite le chargement.

Au Volant : Un Tempérament Fort et Joueur

Allez, moteur. De toute façon, je n’attends que ça ! Au volant, le classicisme d’Audi disparaît au profit d’un fort tempérament. Les 231 ch du moteur 4 cylindres transmettent parfaitement la puissance aux 4 roues sans perte de motricité, le tout bien aidé par un différentiel installé à l’arrière. Le système quattro participe à l’excellente tenue de route de cette Audi S1, l’exemple le plus évident est la roue extérieure qui tourne plus rapidement dans les virages.

Passons rapidement sur les modes “Efficiency” et “Auto” qui rendent la voiture très civilisée, utilisable au quotidien même sur routes bosselées. Cette S1 n’est pas un bout de bois sur roues et c’est une vraie bonne surprise. Vous pourrez envisager de l’utiliser tous les jours dans Paris sans avoir peur pour vos cervicales ni pour la consommation puisque j’ai réussi à tenir une moyenne de 11 L/100 sur mes 400 km parcourus. Quand on sait comment j’ai roulé : c’est très très bien, croyez moi.

Mais bref : le “Sport”, parce que c’est tout de même l’intérêt de cette voiture. Si l’échappement gronde gentiment au démarrage, à l’accélération et à l’extinction en modes normaux, il a tendance à crachoter un peu plus en Sport et cette sonorité est un régal ! Audi a bien travaillé sur les tonalités graves sans trop forcer le trait. Il en ressort l’impression d’un moteur très plein et grondeur, impression confirmée quand on presse la pédale à fond. Au delà de ce premier bon point auditif tant au quotidien qu’à l’attaque, le constat fait sur le bon travail côté suspensions en conduite quotidienne est également valable une fois que le rythme augmente. La voiture se place et lit très bien la route sans être particulièrement déséquilibrée.

Le train arrière a une réelle mobilité en ESP On / Sport et tente parfois de s’échapper aux remises de gaz ou bien se place en légère dérive lors des placements et participe à la rotation en courbe. Joueuse ? Une Audi joueuse ? Je reviens en arrière pour parler moteur. Le fait d’avoir réussi à caler un 4 cylindres de 2.0L dans un si petit compartiment moteur est une belle prouesse technique, le fait de lui faire cracher 231 chevaux et surtout un couple de 370 Nm est encore mieux ! Ce moteur est un véritable petit bouilleur, bien volontaire et au caractère pétard et rageur. Première, seconde, troisième et quatrième : il crache et met la voiture en mouvement comme une catapulte. Surtout, il n’est pas que couple, s’avérant également communicatif et réactif à haut régime, toujours plaisant avec un moteur turbocompressé ! Ce n’est bien évidemment pas un atmo mais c’est le genre de turbo que j’apprécie.

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Mais l’Audi S1 est également capable de modérer son allure. Le couple maximum de 370 Nm disponible dès 1600 tr/min jusqu’à 6000 tours sans s’essouffler, permet des relances sans changer de rapport. Le confort assez ferme de l’auto se ressent surtout sur les dos d’âne. Il pourrait gêner certains utilisateurs. A cela s’ajoute une boite manuelle 6 vitesses bien étagée, ainsi qu’une commande de boite rapide et précise facilitant s’accordant très bien à un rythme élevé.

Il faut également signaler que le moteur est bien aidé car on se souviendra avec une certaine tristesse de la Polo R WRC, véritable catastrophe en trains roulants et transmissions. Effectivement, c’est d’ailleurs bien indiqué dans l’habitacle, cette Audi S1 est “quattro”. C’est à dire qu’elle bénéficie d’une transmission intégrale multi-disques pilotée électroniquement et répartissant en permanence le couple entre les roues avant et arrière. Ce simple fait aide déjà bien la voiture à gérer le couple moteur, imposant.

Cela ne serait néanmoins pas suffisant sans des suspensions de qualité et Audi a fait le choix de doter sa S1 d’un multi-bras à l’arrière là où l’A1 était auparavant dotée d’une traverse déformable. C’est une modification technique majeure, coûteuse, indispensable à l’utilisation du quattro de toute manière, à laquelle peu de constructeurs s’attèlent et on peut saluer la marque aux anneaux d’avoir joué le jeu jusqu’au bout en y mettant au passage la suspension pilotée Bilstein avec ses trois niveaux. C’est tout ce qui fait la différence entre une S1, une 208 GTi, une Clio RS ou n’importe quelle autre petite GTi développant 200 et quelques chevaux. Les autres sont certes efficaces mais la S1 est au dessus du lot en terme de ressenti du train arrière et de passage de vitesse en courbe. De plus, comme je le disais, les réglages de châssis et d’ESP font que son train arrière se balade et motrice parfois comme une petite propulsion, la rendant vraiment joueuse et agile.

Côté boîte, j’ai adoré manier ce levier ! Les verrouillages sont francs, les débattements convenables et l’étagement est bon. Le simple fait que la voiture ne soit disponible qu’en boîte méca est pour moi un gage de plaisir et cette boîte est un bon compromis pour tous les jours, s’avérant plaisante en ville et efficace sur petites routes. Il n’empêche, ce n’est pas la meilleure boîte méca que je connaisse et j’aurais aimé des débattements plus courts et un guidage un peu plus sec, pour pousser le vice un peu plus loin.

Côté freins, l’absence d’étriers fixes à l’avant n’est pas un problème en usage normal / avancé sur route mais j’ai quelques doutes en revanches pour ce qui est d’utiliser les quelques 1400 kg de la bestiole sur circuit ou même en descentes montagnardes. Soit dit en passant, quitte à revoir la suspension et peut-être les pivots de l’A1, il n’aurait peut-être pas été déconnant de mettre de jolis étriers fixes sur les disques de 310 mm (plus gros que sur une A1, bien sûr) afin de gagner un peu de mordant et d’endurance thermique, quitte à perdre peut-être un peu en polyvalence au quotidien.

Faire partie de la gamme S chez Audi, cela se mérite et l’Audi S1 a réussi son pari. La marque aux anneaux a tout mis en œuvre pour que sa petite sportive soit performante. Elle l’est avec ses 4 roues motrices, son moteur inépuisable quel que soit le régime moteur, son drive select, mais aussi son petit gabarit apportant un plus en terme d’agilité.

Conclusion

En clair et pour résumer : cette Audi S1 est peut-être bien LA petite sportive à posséder. Caractérielle, ultra efficace, joueuse, dotée d’un splendide agrément moteur / châssis, utilisable au quotidien grâce à une boîte et des freins que j’aurais aimés un rien plus exclusifs, bien fichue à l’intérieur malgré quelques défauts, c’est une synthèse presque parfaite mais surtout : elle est drôle à conduire ! Je n’ai jamais dit ça d’une Audi, je crois bien. S3 était amusante déjà parce qu’en boîte méca et et allait globalement dans le bon sens - celui du fun. RS6 m’avait en revanche ennuyé pendant le temps passé à son bord. Elle est affichée à 33k€ en prix de base pour la version 3 portes, c’est un peu cher effectivement mais elle est bien équipée d’origine.

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