La Renault 4, affectueusement surnommée « 4L » par le grand public, est bien plus qu'une simple voiture. Voiture du peuple, du facteur, du gendarme, elle est devenue aujourd’hui une pièce de collection ou une voiture de rallye.
Sortie en 1961, la deuxième traction de la marque au losange apparaît 2 ans après l’Estafette, première Renault à adopter ce mode de transmission. Première berline à traction avant de la marque (l’Estafette présentée en 1959 étant un utilitaire), elle voit sa mise au point effectuée sous toutes les latitudes afin d’éviter les trop fameuses « maladies de jeunesse » inhérentes aux nouveautés de l’époque.
Dotée d’un circuit de refroidissement scellé avec mélange antigel et de la suppression des points de graissage qui imposaient alors souvent un passage en atelier tous les 2 000 kilomètres, la R4 devient la coqueluche tout à la fois des beaux quartiers et des zones reculées et mal desservies. La R4 entre aussi dans la légende grâce à de nombreuses tentatives plus ou moins réussies de raids autour du monde, démontrant ainsi la robustesse de l’auto.
Les ventes s’essoufflent durant les années 80 et l’auto ne peut franchir l’obstacle du pot d’échappement catalytique qui impose le recours à l’injection, l’histoire y trouve sa conclusion en décembre 1992, date d’arrêt de sa commercialisation en Europe. Le lancement commercial des R3, R4 et R4 L se déroule au salon de Paris.
Les différentes versions de la Renault 4
- R3 : C'était la version bon marché de la R4, elle devait concurrencer la 2CV. À l'inverse de la R4, elle ne possède pas de chromes, un pare-choc beaucoup plus simple et donc une finition plus modeste en somme.
- R4 Initiale : C'est la toute première, sortie en 1961, reconnaissable avec sa petite calandre.
- R4 Export : Identique à la version R4 initiale, à l'exception de son coffre.
- R4 L Export : Elle prend la suite de la R4 L Export et profite d’une nouvelle calandre en plastique noir pour remplacer l’aluminium des anciennes calandres, ainsi que des clignotants avant rectangulaires.
- R4 TL Savane : Cette Savane prend la suite de la R4 TL avec un nouveau moteur, une nouvelle calandre en plastique gris et des pare-chocs peints. Également, le tableau de bord se modernise avec un compteur plus gros et rond et un rétroviseur intérieur qui vient se coller au pare-brise.
- R4 GTL : Elle reprend le succès de la R5 GTL avec le 1108 Cléon pour consommer moins et être davantage performante.
- R4 F6 : Rajoutons maintenant 20cm et une capacité de 100kg de charge supplémentaire, et nous obtenons cette f6 qui a aussi bénéficié d’un arrière différent.
- Renault 4 Parisienne : La french touch, l’élégance à la parisienne, le côté chic parisien : à l’époque orientée pour les femmes parisiennes, cette édition n’a jamais été produite en série et il n’y a donc pas de chiffres précis quant à sa production totale.
- R4 Plein Air : Pas de portières, pas de toit, seulement une capote. Le modèle Plein Air sorti en 1968 est très rare et se positionnait comme un véhicule balnéaire.
- R4 Sinpar : La Renault 4 Sinpar n’est pas réellement une série spéciale mais une 4L préparée par Sinpar.
L'avènement de la Renault 4 F6
En mai 1975 est présentée une nouvelle déclinaison de la Renault 4 et en particulier de la Renault 4 Fourgonnette. Ce sont deux versions qui profitent d'un allongement de l'empattement (12 cm) et du porte-à-faux arrière (8 cm) qui ce permet d'augmenter le volume utile jusqu'à 2,25 m3. Cet accroissement est également dû à une nouvelle carrosserie moins arrondie et plus anguleuse qui diminue les pertes de volume. La charge utile passe de 350 kg à 400 kg.
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C'est alors la fin de la fourgonnette rehaussée FASA-Renault à compter de juillet 1975, tandis que les premiers exemplaires de la Renault 4 fourgonnette qui ne s'appelle pas encore F6 ne sont fabriqués à la chaîne qu'à compter de septembre. Sous le capot, la nouvelle venue hérite du moteur Cléon de 1108 cm3 à 5 paliers qui est installé dans la Renault 6 TL. Cela induit le déplacement du radiateur et l'installation d'un ventilateur électrique. Comme pour la Renault 6 TL, le capot est ajouré sous la calandre et la plaque d'immatriculation migre sur le pare-choc, entre les tampons.
Cette version ne prend la dénomination "Renault 4 F6" qu'en 1977. Le nom fait référence à la fois à la fiscalité de 6 CV et à la Renault 6 qui lui confie son moteur. La Renault 4 F6 évoluera très peu durant sa carrière.
En juillet 1978 le break vitré disparaît et c'est un pick-up bâché fabriqué par Teilhol qui le remplace. Teilhol fabrique pour Renault les Rodeo 4 et Rodeo 6. Les clignotants avant deviennent bicolores en prévision de l'obligation, pour 1979, d'installer 4 clignotants orange. Par ailleurs, le compteur kilométrique passe à 6 chiffres. En 1983, des disques remplacement les tambours avant.
En 1985, la fourgonnette F6 est supprimée du catalogue, tandis que la Renault Express est lancée.
Caractéristiques Techniques et Innovations
Deux innovations importantes sont apportées par la Renault 4 : le circuit de refroidissement scellé avec vase d’expansion et l’absence de points de graissage.
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En ce qui concerne la mécanique, la Renault 4 est réputée pour sa fiabilité et sa simplicité. Bonne nouvelle : la mécanique et les trains roulants d’une 4L ne vous ruineront jamais. Les pièces sont facilement trouvables et assez faciles à remplacer, hormis peut-être les rotules de suspension qui nécessiteront plus de travail.
Il est intéressant de noter que les moteurs utilisés dans la Renault 4 tournent dans le sens horaire du côté de la distribution, tandis que les moteurs de type Billancourt tournent dans le sens anti-horaire. Cependant, avec l’arrivée des moteurs à cinq paliers (type Cléon-fonte), le radiateur a été déplacé et positionné juste derrière la calandre sur la traverse avant. Ce changement pourrait avoir été effectué pour des raisons de refroidissement plus efficace ou pour s’adapter aux nouvelles spécifications techniques des moteurs à cinq paliers.
La boîte de vitesses de la Renault 4 était positionnée devant le moteur, à l’extrême avant du véhicule. Cette configuration contribue à la répartition du poids et à l’agilité de la voiture, ce qui est caractéristique des voitures à moteur avant.
Au départ, la Renault 4 était équipée d’une boîte de vitesses à trois rapports, et ces premiers modèles présentaient une traverse avant parfaitement droite. Cependant, lors de la refonte des modèles en 1968, un quatrième rapport de boîte a été ajouté. Cette modification a nécessité un nouveau dessin de la traverse avant du châssis pour permettre l’installation de cette nouvelle boîte de vitesses. Il est intéressant de noter que cette boîte de vitesses à quatre rapports a également été utilisée sur d’autres modèles Renault, tels que la Renault 6 TL (type 354).
Le levier de vitesses de la Renault 4 est situé au tableau de bord, ce qui est caractéristique de nombreux modèles de voitures de cette époque. La commande de la boîte de vitesses est du type “coulissante”, ce qui signifie que le levier de vitesses coulisse d’une position à une autre pour sélectionner les différents rapports.
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Une caractéristique intéressante des boîtes de vitesses à quatre rapports utilisées sur la Renault 4, est qu’elles sont qualifiées de “boîtes carrées” en raison de la forme du carter de nez de boîte. Cette désignation fait référence à la forme angulaire de la partie avant de la boîte de vitesses, par opposition à la forme arrondie ou plus classique que l’on trouve dans d’autres modèles de voitures.
L’emplacement du moteur et de la boîte de vitesses à l’avant de la Renault 4 par rapport à de nombreux autres modèles de voitures Renault de l’époque, qui avaient un moteur arrière, simplifie grandement l’accès aux pièces mécaniques pour la maintenance.
Renault 4 Fourgonnette : Une réponse aux besoins des professionnels
Avec la Renault 4 lancée en 1961, Renault entrait dans le monde moderne avec une voiture pratique, économique, séduisante et apte à concurrencer la Citroën 2CV lancée 12 années plus tôt mais toujours en vogue en ville comme dans les campagnes. Et comme pour la 2CV, la Régie n’hésita pas à lancer, en même temps que sa berline, une version fourgonnette.
A la fin des années 50, alors que le marché des petits utilitaires est en plein boom, Renault ne dispose à cet effet que de l’antique Juvaquatre, certes modernisée en Dauphinoise, mais plutôt ringarde en comparaison de la Citroën 2CV type AZU. Cette dernière cartonne au point d’obliger Citroën à en sous-traiter une partie de la production chez Panhard dont la firme de Javel a acheté 25 % du capital en 1955 avant de monter à 45 % en 1958. Renault a bien pris conscience de l’importance d’un tel dérivé moderne et pratique pour une clientèle d’artisans et de commerçants jusqu’alors un peu laissés pour compte.
L’étude de la Renault 4 est donc l’occasion de faire d’une pierre deux coups : proposer une berline d’entrée de gamme alors que le pouvoir d’achat des ménages augmente au point que les plus modestes peuvent espérer s’offrir “une auto”, mais aussi un utilitaire léger capable de ringardiser la fourgonnette du rival aux Chevrons. Cette offre “double” permet d’imaginer une rentabilité plus rapide, des volumes plus importants et, au final, du cash. A l’époque, personne ne se doute que le duo perdurera des décennies durant (1988 pour les fourgonnettes, 1992 pour la berline).
C’est donc en 1961 qu’est présentée la Renault 4 Fourgonnette, d’une charge utile de 300 kg et 2 m3 de volume. Grâce à son unique siège (le deuxième est en option), son plancher plat et son “girafon” (ouverture située au dessus de la porte arrière facilitant le chargement ou l’emport d’objets volumineux), la Renault 4 Fourgonnette est particulièrement adaptée aux besoins d’une clientèle appréciant la praticité d’un tel véhicule.
En conservant la cellule avant identique à la Renault 4, la Fourgonnette gagne un côté branché qui ne laissera pas insensibles les grandes marques elles-mêmes : les Eaux Perrier-Vittel et leur filiale Pschitt, l’EDF, les PTT, Renault elle-même pour ses succursales et tant d’autres.
Evidemment, la Renault 4 Fourgonnette récupère le 747 cc de la berline développant 27,6 chevaux SAE. Cela paraît peu mais c’est bien plus que les 18 chevaux du bicylindre de la 2CV AZU, d’autant que la R4 ne pèse que 575 kg. En 1963, la Fourgonnette au Losange gagne même quelques chevaux supplémentaires pour atteindre 30 canassons quand l’AZU devra attendre 1967 pour délivrer 21 petits poneys !
Certes, la 2CV conserve une clientèle fidèle mais la R4 lui fait mal d’autant qu’elle dispose elle aussi d’une garde au sol élevée lui permettant d’être à l’aise en tout chemin et donc en milieu rural. On a décidément frappé fort à Billancourt et le succès de la R4 Fourgonnette va croissant, surtout qu’elle se décline désormais en version vitrée (1965) tandis que sa charge utile passe à 350 kg (1966). En 1968, c’est Byzance puisque le 845 cc de la R4L est enfin disponible. Avec ses 30 chevaux, il offre la même puissance mais surtout un peu plus de couple, bien utile vu l’objet du véhicule.
Mais c’est en 1975 que la Fourgonnette fait sa révolution avec une version rallongée de 20 cm pour encore plus de charge utile (400 kg). Une version surélevée existait bien déjà depuis 1971 (fabriquée chez FASA en Espagne) mais cette nouvelle version gagne aussi en puissance en récupérant le 1 108 cc de la Renault 6 de 34 chevaux. Avec ces deux versions, Renault décide d’éclaircir la clientèle en 1978 avec deux dénominations : R4 F4 pour l’empattement court et R4 F6 pour l’empattement long.
Fin de production et héritage
Les années 80 sentent le sapin pour les F4 et F6 malgré une forte présence, notamment dans la flotte de la Poste (chacun se souvient de l’apparition d’une F4 dans le film “Les Visiteurs” en 1992). La Fourgonnette emblématique continue de séduire mais moins qu’avant, d’autant que la Citroën 2CV a, elle, cédé sa place à un tout nouvel utilitaire léger, le C15 qui, malgré sa gueule de Visa, va peu à peu s’imposer sur le marché comme un rival sérieux. Il est temps pour la R4 de céder sa place.
La F6 s’efface en 1985 alors que l’Express plus moderne est lancée. La F4 fera de la résistance jusqu’en 1988 pour finir par tirer sa révérence une bonne fois pour toutes après plus de 2 millions d’exemplaires vendus au total ! Sachez enfin qu’à partir de 1970, Teilhol déclina sur la base des R4 courtes et longues les Rodéo 4 et 6, concurrentes de la Méhari. Ce même Teilhol produira aussi, à partir de 1979, une rare version pick-up.
La Renault 4 Fourgonnette aujourd'hui
La R4 Fourgonnette est aujourd’hui une pièce de collection, essentiellement par son fort pouvoir de nostalgie mais aussi parce que les “4L” en bon état commencent à manquer. Moins rare cependant que son équivalent 2CV, elle permet en tout cas de tâter de la voiture ancienne à faible coût et fort pouvoir de plaisir. Sachez enfin qu’il existe des versions vitrées à banquette arrière permettant de voyager en famille dans cette capsule venue du passé.
Que ce soit pour faire un rallye, avoir votre utilitaire de campagne ou pour aller acheter du pain à bord d'une voiture pour le plaisir le dimanche, et à un prix abordable, en 2021 comme en 61, la 4L sait tout faire et répondra à toutes vos attentes.
Évolutions et Séries Spéciales
Au fil des ans, la Renault 4 a connu de nombreuses évolutions et séries spéciales, témoignant de sa popularité et de sa capacité à s'adapter aux différents marchés et modes de vie. Voici quelques exemples :
- R4 Parisienne (1963) : Lancée en collaboration avec le magazine de mode "Elle", cette version visait une clientèle féminine avec des finitions spécifiques.
- R4 Export (1966) : Cette version remplaçait la R4 L Super et offrait des sièges individuels inclinables en option.
- R4 Safari (1975) : Présentée au Salon de l'automobile de Paris, cette version se distinguait par son style original et ses équipements spécifiques.
- R4 GTL (1978) : Équipée d'un moteur de 1108 cm3 et d'un intérieur plus confortable, la GTL offrait un meilleur compromis entre performance et économie.
- R4 Jogging (1981) : Ce modèle spécial se caractérisait par une présentation colorée et un équipement simplifié.
- R4 Sixties (1985) : Avec ses deux toits panoramiques et ses sièges aux couleurs vives, la Sixties apportait une touche de fantaisie à la gamme.
- R4 Carte Jeune (1991) : Commercialisée en France, cette série spéciale destinée aux jeunes proposait une sellerie spécifique et un logo "carte jeunes" à l'arrière.
- R4 Bye Bye (1992) : Ultime série spéciale pour la France, la Bye Bye était une GTL Clan dotée d'une plaque numérotée sur le tableau de bord.
Les Transformations Spécialisées
Outre les séries spéciales proposées par Renault, de nombreux préparateurs et carrossiers se sont intéressés à la Renault 4, proposant des transformations originales et parfois audacieuses :
- BERTIN (1969) : Ce préparateur a réalisé un prototype de ville en raccourcissant une Renault 4 de série et en ne conservant que deux portes latérales.
- ACL-TEILHOL (1970-1981) : Cette entreprise a produit la R4 "Rodéo", une version découvrable avec une carrosserie en matière plastique.
- Sovam : Cette marque a créé une voiture de sport à carrosserie en plastique en utilisant le soubassement et le moteur de la R4.
- Dallas Jeep (1981) : Commercialisée sur la base mécanique de la R4, cette version tout-terrain était disponible en deux ou quatre roues motrices.
- CAR Système JP4 (1981) : Cette société proposait une transformation en voiture de plage sur la base d'une R4 d'occasion, avec un empattement raccourci et un arceau de sécurité.
- Tilbury (1986) : Cette petite entreprise a créé la Tilbury, un véhicule rétro inspiré des Morgan britanniques, en utilisant la mécanique de la R4 GTL.
Renault 4 : Chronologie des événements marquants
| Année | Événement |
|---|---|
| 1961 | Lancement de la Renault 4 au Salon de Francfort. |
| 1963 | Présentation de la Renault 4 "Parisienne". |
| 1966 | La Renault 4 est officiellement rebaptisée "Renault 4". |
| 1968 | La production de la Renault 4 atteint son pic historique avec 368 566 unités. |
| 1975 | La Renault 4 reçoit une grille de radiateur en plastique. |
| 1976 | La Renault 4 devient la première voiture française à atteindre le record de production de cinq millions de véhicules. |
| 1978 | Lancement de la Renault 4 GTL équipée d'un moteur de 1108 cm3. |
| 1981 | Lancement du modèle spécial Renault 4 "Jogging". |
| 1985 | Présentation du modèle spécial "Sixties". |
| 1991 | Commercialisation de la "Carte Jeune". |
| 1992 | Arrêt de la commercialisation de la Renault 4 en Europe. |
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