Skoda n’en démord pas ! Malgré l’échec de la Rapid Spaceback (2012-2018), le constructeur tchèque lance une nouvelle berline compacte répondant au nom de Scala. Un choix stratégique, le segment C restant très important en Europe malgré le boom des SUV ces dernières années. Pour mettre toutes les chances de son côté, Skoda n’a pas fait les mêmes erreurs : la Scala a été développée pour répondre aux critères et aux exigences de la clientèle européenne. Un minimum pour une voiture qui veut s’attaquer aux stars du marché comme les Peugeot 308, Renault Mégane et Ford Focus.
Pour plaire, la Scala peut compter sur son design affirmé et une gamme très riche dès le lancement : trois finitions (Active, Ambition et Style) et quatre motorisations (un diesel de 116 ch et trois blocs à essence développant de 95 à 150 ch). Pour ce premier essai, nous avons opté pour la version à essence la plus puissante, animée par le 1.5 TSI de 150 ch associé à la boîte double embrayage DSG à 7 rapports. A près de 29.000 euros en finition haut de gamme Style, la Scala est-elle une bonne affaire ?
Design et Apparence
Pour mieux faire oublier la Rapid Spaceback, Skoda a choisi un nouveau nom pour baptiser sa berline compacte : Scala. La Skoda Scala affiche un look appréciable, directement inspiré du concept-car Vision RS dévoilé l’an passé au Mondial de l’automobile de Paris. La Scala a repris certains originaux de l’ancienne Rapid Spaceback, à l’image de la lunette arrière qui se prolonge sur le hayon (non disponible sur les versions de base).
Comme tout bon restylage, le premier élément retouché est la calandre, qui reprend la traditionnelle enfilade de lamelles verticales. Son contour peut être chromé ou noir brillant selon la finition. Les ouïes latérales (non factices) dirigent le flux d’air vers les roues avant et intègrent les anti-brouillard à LED livrés de série dès la finition Sélection. Les phares Matrix LED font également leur apparition sur la Scala et sont disponibles en option ou bien en série sur la finition Monte Carlo.
Le profil de la Scala est sans doute l’angle de vue le plus “compliqué”. On a un peu de mal à savoir à quel type de carrosserie l’on a affaire. Les jantes pleines et foncées de notre finition Monte Carlo n’aident pas l’équilibre bien au contraire. À l’arrière, on retrouve la lunette arrière noir caractéristique du modèle. Dommage que le lettrage “S K O D A” disposé entre les deux feux et proposé en noir sur la finition Monte Carlo en devienne complètement invisible. Le bouclier a été redessiné et ajoute deux petits éléments peints ton caisse sur le diffuseur noir. La Scala peut être équipée de jantes 16, 17 ou 18 pouces selon les finitions et options sélectionnées. Neuf coloris (dont 6 métallisés) sont proposés.
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Quelques mots sur les éléments spécifiques à la finition Monte Carlo à commencer par de nombreux détails peints en noir : contour de calandre, coques de rétroviseur, jupes latérales et lettrage sur la lunette arrière. Des badges spécifiques sont disposés sur les ailes avant.
Intérieur et Habitabilité
Si elle repose sur la base technique d’une citadine polyvalente (celle des Audi A1 et Volkswagen Polo), la tchèque est pourtant l’une des berlines compactes les plus grandes de son segment. Elle affiche une longueur de 4,36 mètres quand une Peugeot 308 se limite à 4,25 mètres. Seules les Renault Mégane (4,36 mètres) et Ford Focus (4,38 mètres) lui tiennent tête.
Dans l’habitacle, le vent de renouveau ne se fait pas particulièrement ressentir. Six variantes d’ambiances intérieur sont disponibles dans les trois niveaux de finition. Les revêtements des sièges, contreportes et des appliques sur la planche de bord ont été redessinés. Ils font appel également à des tissus recyclés et matériaux naturels. Notre finition Monte Carlo arbore des sièges sport en tissu aux notes rouges et grises avec les appuie-têtes intégrés : de toute beauté. Leur réglage reste malheureusement manuel, un peu pingre quand l’on constate le prix de notre configuration (environ 37 000 € !). La planche de bord est recouverte d’un insert à effet carbone, assorti aux mousses d’accoudoirs des contreportes. Le volant sport 3 branches spécifique dispose d’un badge Monte Carlo sur la branche inférieure tandis que la jantes est recouverte de cuir grainé.
Pour découvrir le véritable point fort de la Scala, il faut monter aux places arrière. L’habitabilité atteint un nouveau record dans le segment. Deux adultes de grande taille seront parfaitement à l’aise. Les places arrières sont l’un des arguments phares de la Scala qui dispose sans aucun doute d’une habitabilité record pour le segment.
Quatre adultes de bonne taille et forte corpulence peuvent prendre place à bord sans la moindre hésitation, il leur restera même de la place au genoux. Les deux places arrières aux extrémités disposent dans le dossier des sièges de devant d’une pochette pour ordinateur portable/magazine et d’une seconde poche pour accueillir un smartphone. Deux prises USB-C ainsi que des buses de ventilation individuelles sont présentes sous l’accoudoir de devant.
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Outre la généreuse habitabilité, la Scala affiche aussi le volume de chargement le plus grand de la catégorie. Le coffre peut contenir 467 litres de bagages. Les aspects pratiques n’ont pas été oubliés : hayon électrique, double plancher de coffre, dossier du siège passager rabattable pour charger des objets longs.
Le volume de coffre est lui aussi particulièrement avantageux. 467 litres, et une possibilité de disposer d’un double-fond en option. Mine de rien, c’est 67 L de plus que le volume offert par un Kamiq (12 cm plus court qu’une Scala) et 86 L de plus qu’une Volkswagen Golf 8.
Technologie et Connectivité
La tchèque dispose de tous les équipements modernes existants, comme des compteurs de vitesse à affichage numérique (Digital Cockpit à 500 euros; en série sur Style). Livré en série sur la finition Style, le système multimédia "Amundsen" est un modèle du genre. Son écran tactile de 9,2 pouces est réactif et placé à bonne hauteur. Si la Scala conserve des commandes physiques pour la climatisation, on regrette que les réglages de la ventilation passent obligatoirement par l'écan du système multimédia (en pressant le bouton "Menu").
D’un point de vue connectivité, la Scala n’inaugure aucune nouveauté particulière sur le segment. On retrouve un tableau de bord à affichage numérique 8 pouces de série tandis que le Digital Cockpit 10,25 pouces personnalisable est proposé en option (notre modèle d’essai en est équipé). De même que sur l’Octavia à titre d’exemple, le Lane Assist et l’alerte survitesse (ainsi que l’ensemble des ADAS) qui sont activés par défaut à chaque démarrage peuvent s’enlever en deux clics via une pression sur le bouton dédié sur la branche droite du volant.
L’écran principal d’infotainment est livré de série en 8,25 pouces ou 9,2 pouces si vous optez pour l’option Navigation. Le nombre de menus particulièrement réduit est appréciable tandis que la fluidité dans les changements d’affichage est de mise. L’ensemble est bien évidemment compatible Apple CarPlay / Android Auto sans fil ou via une connectique USB-C.
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Motorisations et Performances
Ainsi, seuls 3 moteurs sont proposés, tous essence et sans micro-hybridation. On retrouve le 3 cylindres 1.0 TSI décliné en deux niveaux de puissance : 95 ch (en BVM5 uniquement) ou 116 ch (en BVM6 & DSG7). Il est accompagné du 4 cylindres 1.5 TSI 150 maison (BVM6 & DSG7), proposant une fonction de désactivation des cylindres lui permettant ainsi d’afficher une consommation moyenne et un rejet de CO2 moyen équivalent au 1.0 TSI 116.
Après cette brève découverte, il est temps de prendre le volant de notre Scala. Bonne nouvelle : le ramage se rapporte plutôt bien à son plumage. Sans être aussi efficace qu’une véritable sportive (une Scala RS verra peut-être le jour), la voiture se montre plaisante à conduire. D’autant que notre version dispose du châssis “Sport Select” (420 euros), surbaissé de 15 mm, qui réduit encore le phénomène de roulis dans les virages. En enclenchant le mode de conduite “Sport” (Driving Mode Select à 120 euros), la voiture gagne encore en efficacité grâce à une direction plus incisive et une réponse plus rapide de la pédale de gaz.
Malgré une sonorité quelconque, le moteur TSI 150 participe au plaisir de conduite. Disponible à tous les régimes, il brille par de bonnes performances et se marie parfaitement à la boîte DSG à double embrayage (+ 1.500 euros). En mode “Eco”, cette dernière permet de réduire la consommation en privilégiant la conduite en roue libre (moteur débrayé). Dans ces conditions extrêmes d’éco-conduite, nous avons relevé une moyenne de 5,8 l/100 km, ce qui est très satisfaisant pour un moteur de cette puissance.
Confort et Agrément de Conduite
La Scala est donc une voiture agréable à conduire. Mais le tableau n’est pas parfait. Le comportement dynamique se fait au détriment du confort, assez ferme en ville. Autant annoncer la couleur tout de suite : la Skoda Scala brille par une versatilité à toute épreuve. Lors de mon installation à bord, je note un réglage suffisamment libre de la hauteur de l’assise et inclinaison du dossier, bien que j’aurais aimé une assise légèrement plus longue au niveau des cuisses.
Mes premiers kilomètres sont effectués comme à mon habitude en ville, en sortant du parc presse du groupe Volkswagen situé dans Paris. Pas de caméra 360 au menu pour les manoeuvres mais toutefois la présence de radars avant/arrière et d’une caméra de recul. L’assistance au parking est quant à elle disponible en option. La Scala offre une sélection du profil de conduite selon 4 modes : Eco, Normal, Sport & Individual agissant sur la réponse à l’accélération, l’assistance de direction et l’amortissement.
En milieu urbain, le 1.0 TSI 116 associé à la boite DSG7 montre quelques faiblesses en souplesse. Le start and stop est peu discret et le turbo se déclenche un peu trop brutalement à basse vitesse rendant la gestion de la pédale de droite surprenante sur les premiers kilomètres. Sur voie rapide en revanche, c’est royal. À vitesse stabilisée, l’insonorisation est d’un excellent niveau, seulement perturbée à la reprise des gaz après un péage, où le 1.0 TSI se fait assez sonore. La sensation de puissance est pour autant bien présente et entre 110 et 130 km/h (voire au delà), le manque de reprise que je craignais s’avère totalement infondé. La Scala transporte alors 3 personnes et leurs bagages et, en plus de ne craindre aucun dépassement, stabilise sa consommation à 5,6 litres sur un trajet Paris -> Metz.
C’est malheureusement sur parcours sinueux que la Scala, malgré notre finition Monte Carlo, montre ses faiblesses. Si la Scala Monte Carlo dispose de série d’un châssis abaissé de 15 mm, le mode Sport raffermit la suspension, alourdit l’assistance de direction et autorise des passages de rapport à plus haut régime. La DSG7 autorise facilement en mode automatique (sans gestion via les palettes au volant) des montées en régime à plus de 6000 tr/min. Si le 3 cylindres se montre vaillant et raguer, le comportement dynamique souffre lui de quelques critiques, non aidé par les pneumatiques Nexen montées en série.
Le comportement est sain, plutôt rigoureux mais peu pointu et le manque de remontée d’information dans la direction est palpable par rapport à une nouvelle Volkswagen Golf ou Audi A3. Dès lors que la route se rétrécie et tournicote, je ne saurais que trop vous conseiller d’enclencher automatiquement le mode Sport sans quoi en cas de changements de reliefs répétés, la Scala vous gratifiera de quelques rebonds intempestifs. Cet exercice trahit sans peu d’effort la typologie de la plateforme sur laquelle repose la Scala.
Un mot sur la consommation moyenne au terme de ces 2000 km d’essai qui affichait environ 5.8 L / 100 km. Un score que vous pourrez égaler sans mal avec le 1.5 TSI 150 en adoptant une conduite coulée.
Points Forts et Faiblesses
Voici un résumé des principaux avantages et inconvénients de la Skoda Scala:
Les qualités :
- Esthétique et prestance améliorées lors du restylage de 2023
- Confort de suspension très appréciable même si il manque d'un peu de raffinement à basse vitesse
- Habitabilité très généreuse pour ses 4.36 mètres, idem pour l'habitabilité au deuxième rang qui va jusqu'à étonner.
- Les petits gadgets typiques de Skoda même si ça ne change pas foncièrement la vie
- Bonne routière
- Conso assez basse pour une essence
- Grosse capacité du coffre pour sa catégorie
- Design original
- Capacité du réservoir
- Gadgets (raclette, parapluie, crochets de coffre, porte ticket etc...)
Les défauts :
- Intérieur triste et un peu dépassé (notamment levier de vitesse de boîte auto à l'ancienne)
- Comportement un peu pataud sur les châssis standards, à défaut d'être mal équilibré
- Style qui reste mitigé (et finalement assez proche de l'ancienne Rapid)
- Une sorte de compacte break dont les effets de style restent un peu douteux
- Fiabilité de l'infotainment
- Peinture fragile
- Suspensions bruyantes
- Mobilier bruyant
- L'arrière de la voiture traine un peu, rendant les voyages à l'arrière un peu désagréables
- Essuie glace arrière fragile
La Skoda Scala est-elle un bon choix ?
La réponse est oui. En tout cas dans cette version TSI 150 DSG 7, efficace sur tous les terrains et pas trop gourmande en carburant. Si le confort et la qualité perçue ne sont pas exemplaires, la Scala met une claque à toutes ses rivales sur le plan de l’habitabilité et du volume de coffre.
Malgré une configuration au tarif salé, la Scala dans cette finition Monte Carlo dispose d’un rapport tarif/prestations avantageux au regard de la concurrence (on ne saurait toutefois que trop vous conseiller le 1.5 L TSI 150 à l’agrément supérieur). Son atout principal reste sans aucun doute sa vocation familiale, inégalée pour une compacte voir pour un SUV urbain.
Enfin, ses prix sont bien positionnés sur le segment, même si les nombreuses options font forcément grimper la facture finale. Très discrète sur le segment concurrentiel des voitures compactes, la Skoda Scala ne parvient à percer en France alors même qu’elle fait aussi bien voire mieux en termes de prestations que bien d’autres alternatives sur le marché.
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