L’œuvre de John Ford, s’étalant sur cinq décennies, est un monument aux entrées multiples. Face à elle, il semble impossible d’en venir à bout ou de prétendre lui donner un sens définitif et global. Le cinéma de John Ford échappe à toute réduction idéologique, ce qui explique les étiquettes variées qu’on lui a attribuées : réalisateur de films de prestige à Oscars, maître du western, progressiste rooseveltien, militariste conservateur, grand classique ou moderne brechtien.
Chacun son Ford, tant l’intérêt pour son œuvre s’est scindé en jugements antinomiques. On peut aimer les films de John Ford pour des raisons diamétralement opposées, risquant de se voir reprocher une vision partielle d’une totalité insaisissable.
Frank Feeney, né le 1er février 1895 à Cape Elisabeth, dans le Maine, dernier d’une famille d’immigrés catholiques irlandais, n'oubliera jamais d’interroger cette généalogie religieuse, prolétaire et irlandaise. Après divers métiers, il rejoint son frère Francis à Hollywood, qui a commencé une carrière d’acteur et de réalisateur à Universal sous le nom de Francis Ford. Sous le nom de Jack Ford, il devient l’homme à tout faire, l’assistant réalisateur, tout en interprétant divers rôles dans ses films. Sa première réalisation, The Tornado, date de 1917. De cette période, il ne subsiste que quelques titres, dont trois films avec Harry Carey en vedette.
En 1920, Ford est débauché par la compagnie de William Fox. Commence alors une série d’œuvres plus ambitieuses, dont certaines influencées par le cinéma allemand de l’époque, premier signe d’un expressionnisme qui ne se réduira pas à la décoration pure ou à la création d’atmosphères, mais cherchera à inscrire l’Idée elle-même dans le plan. Four Sons en 1928 sera l’aboutissement de cette volonté tandis que Iron Horse aura, dès 1924, dégagé une ambition substantielle : celle d’affronter, en une vaste épopée filmée, celle du chemin de fer, les origines de l’Amérique et les progrès de ce que l’on appelle la civilisation.
En 1939, Stagecoach (La Chevauchée fantastique), résurrection du western dans un Hollywood qui avait relégué le genre dans le ghetto des compléments de programme, est une sorte de révolution. Les récits de l’Ouest s’émancipent, passent de la naïveté documentaire d’origine à une forme de vérité iconique et mythologique. S’ensuivra une série de chefs-d’œuvre : Young Mr Lincoln (Vers sa destinée), Drums Along The Mohawk (Sur la piste des Mohawks), Grapes Of Wrath (Les Raisins de la colère). Ce dernier titre vaudra à Ford un nouvel Oscar, tout comme How Green Was My Valley (Qu’elle était verte ma vallée) en 1941.
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Les films, notamment ceux tournés pour la Twentieth Century Fox de Darryl F. Zanuck, sont alors souvent le résultat d’une alchimie particulièrement réussie entre le patron du studio et le cinéaste. Ford participe ensuite activement à l’effort de guerre, une guerre qu’il aura anticipée en créant, dès 1939, le Naval Field Photographic Unit. La Seconde Guerre mondiale laissera dès lors une empreinte indélébile sur son cinéma.
En 1947, après My Darling Clementine (La Poursuite infernale), la collaboration avec Zanuck cessera. Ford recherche son indépendance, avec sa propre compagnie de production, Argosy Pictures, qu’il avait créée en 1939 avec Merian C. Cooper. Entre une souveraineté d’artiste constamment recherchée et les contraintes de la production hollywoodienne d’après-guerre, John Ford va désormais construire une œuvre décisive, dont l’importance sera, malgré tout, longtemps incernable.
Il n’est plus le réalisateur prestigieux des années à Oscars que certains commentateurs semblent regretter. Il tourne de nombreux westerns et des histoires de cavalerie, mythologie malgré tout toujours un peu méprisée, comme le démontrent les critiques écrites à la sortie de ses films. Car, dans les films de John Ford, contrairement au cinéma de l’auteur de Rio Bravo, être et agir ne peuvent coïncider.
Et si Ford a ainsi pensé l’histoire et la nation américaine, c’est en s’opposant à l’idéologie pragmatique qui identifie l’agir et l’existence. Le héros fordien se défie fondamentalement de l’action ou bien en est dépossédé. L’action peut ainsi se réduire à un geste-reflexe ou à l’exécution d’un devoir réifié. C’est que l’individu, cherchant une communauté utopique qui le protègerait des tensions de la société, finit toujours par se retrouver confronté à celles-ci. Il peut surtout y subir aussi la violence de sa propre pulsion, d’où le lien étroit qui unit racisme et sexualité dans certains films (The Searchers / La Prisonnière du désert, Sergeant Rutledge / Le Sergent noir, Two Rode Together / Les Deux Cavaliers).
Deux siècles se sont condensés dans le cinéma de Ford : le XIXe et la disparition d’un monde rural, préindustriel, si bien allégorisé par la Guerre de Sécession. L’image chez Ford plonge l’individu dans la totalité même du monde où cœxistent l’idée et sa réalité, sa trace documentaire tout au moins. Le fleuve tranquille ou tumultueux de l’histoire y est immédiatement visible comme une réalité indépendante de la volonté des individus. Ce que l’on appelle le progrès est désormais vu avec une lucidité implacable dont on ne retrouvera l’équivalent cinématographique que dans l’œuvre de Jean Renoir, autre génie irréductible à toute lecture préexistante à son art.
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John Ford de son véritable nom "Sean O'Feeney" véritable Irlandais mais qui est né dans le Maine au Etats-Unis (1895-1973). Il est de ces réalisateurs qui n'ont jamais leurs façons de travailler dans ce milieu si particulier qui est le cinéma, même de l'époque du muet ou alors il était assistant de son frère Francis, il gardera ses petites mimie tout au long de sa carrière qui fut très riche. Ce fut un de ces réalisateur qui avait la liberté de faire à sa guise, d'un caractère d'Irlandais, tout le monde le respectait dans tout Hollywood,même John "Duke" Wayne avait une peur bleue de lui. Dès le début sous le pseudo de "Jack Ford" il dirigera surtout à ses débuts un acteur"Harry Carey" dont l'illustre fils"Harry Carey Jr." a suivi les pas de son père (J'ai rencontré Harry Carey Jr. et Ben Johnson à Cannes en 1996.
Liste des Westerns de John Ford
Voici une liste de westerns réalisés par John Ford, avec des informations sur leur sortie, leur genre et les acteurs principaux :
- La Chevauchée fantastique (1939)
- Sortie : 24 mai 1939 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : John Wayne, John Carradine, Donald Meek, Berton Churchill, Francis Ford, Jack Pennick, Thomas Mitchell
- Vers sa destinée (1939)
- Sortie : 17 août 1939 (France)
- Genre : Biopic, Drame
- Acteurs : Henry Fonda, Ward Bond, Donald Meek, Francis Ford, Jack Pennick
- Sur la piste des Mohawks (1939)
- Sortie : 30 novembre 1944 (France)
- Genre : Drame, Historique, Romance
- Acteurs : Henry Fonda, Ward Bond, John Carradine, Francis Ford, Arthur Shields, Jack Pennick
- La Poursuite infernale (1946)
- Sortie : 30 avril 1947 (France)
- Genre : Biopic, Drame, Western
- Acteurs : Henry Fonda, Ward Bond, Mae Marsh, Jack Pennick
- Le Massacre de Fort Apache (1948)
- Sortie : 4 août 1948 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : John Wayne, Henry Fonda, Ward Bond, George O'Brien, Victor McLaglen, Mae Marsh, Jack Pennick
- Le Fils du désert (1948)
- Sortie : 17 novembre 1950 (France)
- Genre : Western, Drame
- Acteurs : John Wayne, Ward Bond, Harry Carey Jr., Ben Johnson, Mae Marsh, Jack Pennick
- La Charge héroïque (1949)
- Sortie : 29 septembre 1950 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : John Wayne, Victor McLaglen, Ben Johnson, Harry Carey Jr., George O'Brien, Arthur Shields, Jack Pennick
- Rio Grande (1950)
- Sortie : 17 août 1951 (France)
- Genre : Western, Romance
- Acteurs : John Wayne, Maureen O'Hara, Ben Johnson, Harry Carey Jr., Victor McLaglen, Jack Pennick
- Le Convoi des braves (1950)
- Sortie : 27 mai 1964 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : Ward Bond, Ben Johnson, Harry Carey Jr., Francis Ford
- La Prisonnière du désert (1956)
- Sortie : 8 août 1956 (France)
- Genre : Western, Aventure, Drame
- Acteurs : John Wayne, Ward Bond, Harry Carey Jr., Patrick Wayne, Mae Marsh, Jack Pennick
- Les Cavaliers (1959)
- Sortie : 30 septembre 1959 (France)
- Genre : Western, Aventure, Romance
- Acteurs : John Wayne, Jack Pennick
- Le Sergent noir (1960)
- Sortie : 26 octobre 1960 (France)
- Genre : Western, Policier, Drame
- Acteurs : Woody Strode, Mae Marsh, Jack Pennick
- Les Deux Cavaliers (1961)
- Sortie : 6 octobre 1961 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : Harry Carey Jr., Mae Marsh, Jack Pennick, Woody Strode
- L'Homme qui tua Liberty Valance (1962)
- Sortie : 3 octobre 1962 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : John Wayne, John Carradine, Jack Pennick, Woody Strode
- Les Cheyennes (1964)
- Sortie : 30 octobre 1964 (France)
- Genre : Western
- Acteurs : John Carradine, George O'Brien, Harry Carey Jr., Patrick Wayne, Mae Marsh
Cette liste offre un aperçu des contributions significatives de John Ford au genre western, marquées par des thèmes complexes et des personnages mémorables.
Autres Films Notables
Outre les westerns, John Ford a réalisé d'autres films notables dans différents genres :
- Les Raisins de la colère (1940)
- Qu'elle était verte ma vallée (1941)
- L'Homme tranquille (1952)
- La Taverne de l'Irlandais (1963)
Tableau Récapitulatif des Westerns de John Ford
| Titre | Année de Sortie (France) | Acteurs Principaux |
|---|---|---|
| La Chevauchée fantastique | 1939 | John Wayne, John Carradine |
| La Poursuite infernale | 1947 | Henry Fonda, Ward Bond |
| Le Massacre de Fort Apache | 1948 | John Wayne, Henry Fonda |
| La Charge héroïque | 1950 | John Wayne, Victor McLaglen |
| Rio Grande | 1951 | John Wayne, Maureen O'Hara |
| La Prisonnière du désert | 1956 | John Wayne, Ward Bond |
| Les Cavaliers | 1959 | John Wayne |
| Le Sergent noir | 1960 | Woody Strode |
| L'Homme qui tua Liberty Valance | 1962 | John Wayne, James Stewart |
| Les Cheyennes | 1964 | Richard Widmark, Carroll Baker |
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