Depuis plus d'un siècle, Alfa Romeo incarne l'excellence automobile italienne, alliant performance, design et innovation. Son histoire riche et fascinante est marquée par des innovations technologiques, des succès en compétition, et une passion indéfectible pour la performance et le design.
Les Origines : Darracq et la Naissance d'A.L.F.A.
L'histoire d'Alfa Romeo commence en 1906, lorsque l'ingénieur français Alexandre Darracq fonde la société SAID (Società Anonima Italiana Darracq) pour produire des voitures en Italie. 1900, Fiat prend juste son envol et le marché, occupé seulement par une poignée de marques artisanales, semble des plus prometteurs pour les constructeurs étrangers. Deux ans plus tard, seize marques sont représentées dans la Péninsule, mais, le poids des taxes à l'importation empêche toute diffusion d'importance. Conscient des limites du système, Alexandre Darracq décide de contourner les barrières douanières en installant sa propre usine en Italie, pour y assembler des modèles produits en France.
Fondée en février 1906, la "Société Anonyme Italienne Darracq" s'installe d'abord à Naples, mais trop éloignée de la maison mère, elle émigre dès le mois de décembre suivant pour Milan. Cependant, les premiers modèles ne rencontrent pas le succès escompté, et Darracq décide de céder l'entreprise. Confronté à la tiédeur de l'accueil du public et surtout à une période de récession économique, Darracq met la société en liquidation dès le printemps 1909.
En 1909 et deux ans après sa création, la filiale italienne de la firme française Darracq doit se recapitaliser suite à des difficultés de la maison mère cédant la majeure partie du capital à un groupe de financiers lombards.
Sous l'impulsion d'Ugo Stella, l'administrateur délégué de Darracq Italie, un groupe d'industriels et de financiers parvient à réunir un capital suffisant pour racheter l'entreprise. En 1910, un groupe d'entrepreneurs italiens dirigé par Ugo Stella rachète l'usine milanaise et fonde une nouvelle société, baptisée A.L.F.A., acronyme de "Anonima Lombarda Fabbrica Automobili". ALFA provient du nom de l’entreprise créée avant l’apparition de la marque. Ce terme est avant tout le diminutif de Anonima Lombarda Fabbrica Automobili signifiant en français Société anonyme lombarde de constructions automobiles. Le mot Alfa fait aussi référence à la première lettre de l’alphabet grec. L’histoire d’Alfa Romeo commence lorsque Darracq, un entrepreneur français, tente de s’implanter au Nord de Milan pour produire des automobiles à exporter ensuite en France.
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La première décision de Stella, élu à la présidence, est de créer un produit entièrement italien, mieux adapté aux exigences de ses compatriotes. L’origine d’Alfa Romeo, fabricant d’automobiles et de moteurs d’avion, a un lien avec l’histoire de la fondation Societa Italiana Automobili Darracq. Fondée à Naples le 6 avril 1906, cette société a rencontré de nombreux problèmes à cause de la distance entre la ville et la France. Pour remédier à ces difficultés, l’entreprise a été transférée à Milan à la fin de l’année 1906 avec la création d’une nouvelle usine. Cette installation est à l’origine d’Alfa Romeo plus tard. En effet, les problèmes ont continué à prendre de l’ampleur. La liquidation de la société a même été rapidement annoncée.
En 1910, des investisseurs, dont Ugo Stella, ont repris la société. Ils ont décidé de changer le nom de l’entreprise en A.L.F.A. et désigné Giuseppe Merosi, un ingénieur connu dans le secteur, pour occuper le poste de directeur technique.
La première décision de Stella, élu à la présidence, est de créer un produit entièrement italien, mieux adapté aux exigences de ses compatriotes. Le projet est déjà bien avancé.
Les Premiers Modèles et l'Engagement dans la Performance
La première voiture produite par A.L.F.A. fut la 24 HP, conçue par l'ingénieur Giuseppe Merosi. Ingénieur inspiré, amoureux de l'automobile et des performances, Merosi conçoit un modèle de caractère s'offrant des pointes à 100 km/h. À la tête d'une petite équipe de techniciens, il travaille vite et la première A.L.F.A. voit le jour en 1911. D'emblée l'accueil de la clientèle italienne est positif et l'offre se complète bientôt d'un second modèle aux dimensions plus modestes. La 24 HP, qui tire son nom de sa puissance fiscale.
Dès 1911, la marque s’engage en compétition. Dès ses débuts, A.L.F.A. En 1915, la Première Guerre mondiale interrompt temporairement les activités de production automobile.
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Nicola Romeo et la Transformation en Alfa Romeo
Sur le plan financier, les résultats ne vont pas de pair avec la réputation déjà bien réelle de la jeune marque, qui après deux années d'exercice n'a su dégager aucun bénéfice. La situation s'aggrave avec la déclaration de la Première Guerre mondiale et en septembre 1915, la faillite est inéluctable. C'est à ce moment qu'intervient Nicola Romeo, un ingénieur et entrepreneur napolitain.
Chargé de la liquidation, un institut d'état chargé du programme d'armement, confie alors la gestion d'A.L.F.A. à Nicola Romeo, un industriel milanais, qui a obtenu de grosses commandes dans le domaine militaire. Très vite, l'activité de l'usine du Portello se consacre exclusivement à la production de matériel de guerre, des munitions aux moteurs d'avion en passant par les compresseurs pour creuser les tranchés. L'expansion est spectaculaire, les effectifs passent de 300 à 2500 employés et les profits conséquents permettent d'épurer les dettes. Romeo intègre alors A.L.F.A. à son empire industriel et en juin 1918, la société prend naturellement l'appellation Alfa Romeo.
En décembre 1915. l’industriel Nicola Romeo rachète ALFA. En février 1918, la société adopte le nom de Italiana Ingeniere Nicola Romeo e Cia. Romeo rachète A.L.F.A. et transforme l'usine en une entreprise de production de matériel militaire pour soutenir l'effort de guerre.
À la fin de la guerre, Nicola Romeo décide de revenir à la construction automobile. Le premier modèle sous cette nouvelle appellation est la Torpedo 20-30 HP, une évolution des précédents modèles d’A.L.F.A. En 1915, l’usine A.L.F.A est mise en liquidation avec l’entrée en guerre et le manque d’argent. La banque italienne la rachète et décide de la confier à Nicola Romeo qui relança la production automobile après la guerre.
Les Années de Gloire et la Domination en Compétition
La chance pour Alfa, veut que cet entrepreneur avisé, mais sans état d'âme, soit aussi un passionné d'automobile. On exhume les pièces produites avant la guerre et sous la direction de Merosi, une centaine d'exemplaires, sont assemblés en 1919. Une reprise toute symbolique, qui permet toutefois d'affirmer la vocation automobile de la marque, à une époque où son avenir semblait passer par la production de matériel agricole. Dans le même temps, Merosi prépare l'avenir avec la réalisation de la RL à moteur six cylindres. Un premier succès international sans doute à l'origine d'un engagement en compétition, jamais démenti depuis.
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En 1923, Alfa Romeo engage la RL dans la prestigieuse Targa Florio, une course mythique en Sicile. En 1923, première victoire internationale en course avec un doublé des "RL" à la Targa Florio. Pour la première fois aussi, les Alfa arborent sur leur carrosserie le "Quadrifoglio", un trèfle à quatre feuilles vert sur fond blanc. À la même époque, un jeune pilote du nom de Enzo Ferrari rejoint l'écurie Alfa Romeo. Dans le même temps, Enzo Ferrari, un pilote essayeur encore inconnu, va jouer un rôle déterminant.
Ce n'est qu'un début, les Alfa frappées du célèbre Trèfle vont triompher pendant plus d'une décennie sur tous les terrains, en Grand Prix, comme aux 24 Heures du Mans en passant par les routes infernales des Mille Milles ou de la Targa Florio. Chargé de renforcer le service course, il parvient à rallier Vittorio Jano, le directeur technique de Fiat. Sous son impulsion, Alfa Romeo connaît son âge d'or.
Conçue sous sa direction, la P2 s'impose dans toutes les épreuves majeures et rapporte à la marque un premier titre mondial en 1925. En 1925, Alfa Romeo remporte le premier Championnat du Monde des Constructeurs grâce à la P2, conçue par le génial ingénieur Vittorio Jano. La légende s'écrit en lettres d'or, mais en dépit de cette moisson de victoires, la marque est à nouveau au bord de la faillite en 1933. De la reprise difficile de Darracq à la consécration sur les circuits, Alfa Romeo a su se forger un héritage unique.
Voici un tableau récapitulatif des événements marquants de cette période :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1923 | Première victoire internationale en course avec les "RL" à la Targa Florio |
| 1925 | Alfa Romeo remporte le premier Championnat du Monde des Constructeurs grâce à la P2 |
Les Années Difficiles et le Rachat par Fiat
La course coûte cher et les modèles de tourisme élitistes et hors de prix ne s'adressent qu'à une petite clientèle fortunée. Cette fois, c'est l'Etat italien qui sauve Alfa Romeo par le biais de l'Institut de la Reconstruction Industrielle. Si la société prend une nouvelle dimension en fabricant des moteurs d'avion et des camions destinés à assouvir les ambitions guerrières de Mussolini, la production automobile reste toujours marginale. Après la Seconde Guerre mondiale, Alfa Romeo se trouve confrontée à de nouveaux défis. L'Europe en reconstruction aspire à des voitures plus accessibles, et la marque doit s'adapter à cette nouvelle réalité économique.
En 1986, Fiat devient actionnaire majoritaire d'Alfa Romeo. L'Etat italien souhaite se désengager et le salut viendra de Fiat, le rival de toujours, qui sauve en 1986 Alfa Romeo des griffes de Ford. Le géant de Turin amorce une sévère restructuration, marquée par une volonté d'uniformisation des gammes, qui fait craindre le pire. Sans doute rentable sur le plan industriel, l'opération se solde par un cuisant échec au niveau commercial.
La Renaissance et l'Avenir au Sein du Groupe Stellantis
Après une période de flottement, Alfa Romeo a finalement réussi à préserver son identité et trouvé sa place au sein du puissant groupe. Au début du 21ème siècle, l’Alfa Romeo 157 remporte le titre de voiture de l’année en 2001. En 2005, le modèle Alfa Romeo 156 est remplacé par l’Alfa Romeo 159, une valeur encore actuelle sur le marché de l’occasion. En juin 2008, la marque présente l’Alfa Romeo MiTo qui signifie « mythe » en italien. Début 2010 sort l’Alfa Romeo Giulietta, qui succède au modèle Alfa Romeo 147. Développée en plusieurs versions, c’est encore aujourd’hui le dernier succès retentissant du constructeur automobile Alfa Romeo.
Alfa Romeo est considérée comme la propriété de Fiat jusqu’en 2021. En effet, cette dernière a décidé de fusionner avec le groupe PSA Peugeot-Citroën. Ce projet a permis la création du groupe automobile multinational Stellantis le 16 janvier 2021. Cette fusion a fait que plusieurs marques sont devenues des filiales de Stellantis. Alfa Romeo est une des marques prioritaires pour Stellantis. Le groupe multinational entend multiplier par quatre les résultats de la marque italienne.
L'Évolution du Logo Alfa Romeo
Lorsque la société A.L.F.A. voit le jour à Milan, en juin 1910, ses dirigeants choisissent comme emblème les deux symboles célèbres de la cité lombarde: la croix rouge de l'étendard de la commune et le "biscione", (un animal légendaire mi serpent, mi dragon) du blason des Visconti, les anciens seigneurs de Milan. En 1925, le blason se pare d'une couronne de lauriers dorés destinés à célébrer le premier titre mondial remporté en Grand Prix par les invincibles P2. Le logo d’Alfa Romeo se distingue par la présence d’un serpent dévorant un homme, d’une croix rouge, et parfois d’une couronne de laurier et des nœuds de la maison de Savoie.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et avec l'avènement de la République Italienne, les nœuds de la maison de Savoie disparaissent pour laisser place à de simples segments dorés pour séparer les mots Alfa Romeo et Milano. La couronne de lauriers se fait quant à elle plus fine. Le "Quadrifolglio" ou trèfle à quatre feuilles, le porte bonheur bien connu, apparaît pour la première fois sur les flancs de la voiture de Ugo Sivocci, vainqueur de la Targa Florio.
Pour célébrer cette première grande victoire internationale, toutes les Alfa Romeo de compétition vont arborer le trèfle vert sur un fond triangulaire blanc. En 1963, il déborde du monde de la course pour venir orner les flancs des modèles de série les plus sportifs de la marque, tels que la berline Giulia TI Super, puis les coupés GTA.
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