L'Audi Q4 e-tron s'inscrit comme un pilier de l'électrification chez Audi, visant à élargir l'accès à la marque. Le Q4 est fabriqué à Zwickau, une usine pionnière en Europe pour la production de voitures électriques respectueuses de l'environnement. La firme aux anneaux prévoit de lancer une vingtaine de modèles électriques sur le marché français d'ici à 2025. Après le grand e-tron, l’arrivée du Q4 e-tron permet à AUDI d’abaisser de moitié le ticket d’entrée de ses SUV électriques.
Le nouveau Q4 e-tron s’échange à partir de 42.800 € et se décline en deux versions : Q4 e-tron et Q4 Sportback e-tron. Ce dernier aborde un profil plus dynamique façon SUV coupé.
Comme beaucoup de phénomènes de mode, le genre des SUV - coupés n'est pas un exemple rationalité mais avance tout de même quelques atouts lorsqu'il s'agit d'électrique. L'évolution prévisible du Q4 e-tron, sa variante Sportback n'a pas tardé à apparaitre au catalogue Audi, au printemps 2022.
D'un point de vue industriel, l'électrique c'est fantastique : rien n'est plus facile à standardiser. Du côté du groupe Volkswagen, cette politique du méga-tronc commun de plates-formes et composants s'appelle MEB. Pour Modular E-Antrieb Baukasten (tout simplement "construction modulaire pour propulsion électrique"), la base technique inaugurée par la compacte Volkswagen ID.3, déclinée à toutes les sauces depuis.
Batteries, moteurs, châssis, interfaces média et systèmes de charge se retrouvent tels quels (ou presque) chez les Skoda Enyaq, Cupra Born, Volkswagen ID.4 et Audi Q4 e-tron, donc. La variante Sportback de celui-ci est donc l'application la plus huppée... En deux mots, l'Audi Q4 e-tron Sportback est ainsi un Volkswagen ID.5 très bourgeoisement présenté. Ce n'est pas réducteur, ni négatif.
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Design extérieur et intérieur
Pour ce qui est des dimensions, l'Audi Q4 affiche 4,59 mètres de long, s'intercalant idéalement entre les Q3 et Q5. Ce Q4 e-tron affiche une personnalité qui lui est propre, notamment grâce à la calandre octogonale "single frame", un élément stylistique typique d'Audi. L’avantage de cette plateforme MEB spécifiquement développée pour l’électrique, c'est que l'empattement est particulièrement important, et que les porte-à-faux sont plutôt courts. Et effectivement, cet Audi Q4 présente un habitacle dont l’espace à bord est digne d’un segment supérieur.
Une fois à bord, on retrouve une planche de bord orientée vers le conducteur. Le design est au standard de la marque pas trop minimaliste comme ses cousins VW ID.4 et SKODA Enyaq, la forme est un peu angulaire afin de se démarquer de ses homologues thermiques. Une certaine robustesse est ressentie et accentuée par la grande largeur des aérateurs.
On note un nouveau volant à double méplat, angles saillants, qui ressemble à ceux qu’on trouve dans les concept-cars de la marque. Un petit reproche, les touches physiques et tactiles sur chaque côté du bord du volant sont trop sensibles, en faisant glisser le doigt, les menus défilent parfois un peu vite. Il faut du temps pour s’y habituer.
On peut féliciter la bonne initiative d’avoir conservé sous l’écran central des boutons physiques indépendants pour la climatisation qui s’avèrent bien plus pratiques que sur un écran tactile.
Habitabilité et coffre
Même constat aux places arrière, finalement très peu impactées par la découpe de la ligne de toit. On incline un peu plus la tête pour grimper à bord, mais l'espace aux jambes et la garde au toit restent tout à fait généreuses (l'un des bénéfices de la plate-forme MEB, avec les roues aux quatre coins et l'empattement costaud : 2,76 m). Voilà pour la partie purement familiale.
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Toujours vaste, le coffre augmente même de 15 l en Sportback : 535 l sous la tablette. En revanche, la capacité du coffre sous la tablette est curieusement un peu plus élevée que dans le Q4 classique, en raison de l'implantation un peu différente de la plage arrière : 535 l, soit 15 l de plus. Dommage, toujours pas de "frunk" sous le capot avant, qui permettrait de ranger les câbles de charge par exemple.
Performances et conduite
Pour ce premier essai au volant de l'Audi Q4 e-tron, nous avons pu essayer deux versions différentes. À commencer par la version la plus puissante, la 50 e-tron quattro, à deux moteurs et quatre roues motrices, qui délivre 299 chevaux, associé à une batterie lithium-ion de 76,6 kWh logée dans le plancher. L'équivalent de la version "sportive" du cousin Volkswagen, l'ID.4 GTX. Sauf qu'ici, l'Audi la joue plus sobre.
Sur les routes sinueuses, le Q4 Sportback e-tron 50 se montre très doux et silencieux. Les performances sont très bonnes avec un 0 à 100 km/h avalé en 6,2 secondes grâce au couple disponible instantanément et les dépassements se font avec une facilité déconcertante malgré une masse de 2.140 kg sur la balance.
Au volant, guère plus de différences mis à part la visibilité en rétrovision sérieusement réduite à cause de la lunette arrière inclinée, et le champ de vision barré du spoiler de coffre, en surplomb. Esthétique mais pénalisant. La vision périphérique, de ¾ arrière, reste toutefois convenable (les montants ne sont pas si massifs).
Par rapport au Q4 e-tron à carrosserie classique, aucune modification de liaisons au sol n'a été apportée au Sportback. Sans fantaisie, un peu plus luxueusement présenté que ses homologues Volkswagen et Skoda mais très vite, on tique sur les plastiques durs un peu trop nombreux, qui sonnent un peu trop creux, et les matériaux finalement pas beaucoup plus valorisants qu'à bord d'un Enyaq ! Dommage.
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L'habitacle du Sportback, tout comme sur le Q4 e-tron classique, présente bien... à condition de ne pas s'attarder sur certains matériaux, décevants à ce niveau de gamme. Résultat : mieux vaut éviter les montes trop grosses, et choisir la suspension pilotée optionnelle (1.610 €). Même dans ce cas de figure, tout n'est pas parfait sur mauvaise route, où l'on subit des réactions sèches. Encore une fois, déplacer une masse de plus de 2 tonnes impose des concessions niveau châssis !
Autonomie et recharge
La ligne de toit plongeante a en revanche un impact, bien que marginal, sur l'aérodynamique... et donc la consommation : le Q4 e-tron Sportback affiche un très correct 0,26 de Cx, soit une amélioration de 0,02 par rapport à la carrosserie classique. Résultat, Audi annonce 16,5 kWh / 100 km de moyenne en mixte sur le 40 e-tron de 204 ch, la version la moins puissante doté de la "grosse" batterie de 77 kWh, et une autonomie de 530 km (soit 20 km de mieux que le Q4 SUV).
La puissance de recharge du Q4 Sportback, en charge rapide, était dans un premier temps légèrement supérieure à celle du Q4 "SUV" : 135 kW en charge CCS, contre 125 kW. Le bénéfice a depuis disparu puisque tous encaissent désormais 135 kW.
Versions et prix
Petit moteur et grosse batterie : le Q4 e-tron 40, entrée de gamme de 204 ch, est la version la plus fréquentable. Le 50, plus puissant, est bien plus cher et pas plus sportif. Sur le 50 e-tron, pourvu de la même batterie, l'autonomie est logiquement inférieure : plus lourd et plus puissant, on table sur une moyenne de presque 22 kWh / 100 km en restant raisonnable et de préférence sans s'attarder trop longtemps sur voies rapides.
Le Q4 e-tron Sportback fait cher payer son enrobage et sa présentation intérieure, plus valorisants que ses cousins Volkswagen et Skoda... objectivement tout aussi aboutis. Nous sommes en plein dans la définition du premium : facturer une image plus chic et des prestations à peine supérieures pour 15 à 20 % de plus.
Le 40 de notre essai qui assure le prix d'appel représente l'offre la plus cohérente de la gamme. Mais pour profiter d'un équipement à peu près complet, on oublie la finition de base (55.000 €)... Quant au très cher 50 qui demande 72.700 € minimum (S-Line, premier niveau disponible avec cette motorisation), l'écart de prix ne plaide pas pour lui au vu de ses maigres atouts face aux versions plus modestes.
Comme toujours en électrique, enchainer les kilomètres à 130 est la pire situation ! Compte tenu du bénéfice finalement très mince en matière d'agrément général, le 40 e-tron nous semble bien plus cohérent et homogène.
Il s'en tire déjà bien, face au chrono (8,5 s de 0 à 100 km/h, exactement les mêmes chiffres que le Q4 classique), avec des relances énergiques (310 Nm de couple). Sur le 50, le surcroit de puissance et de couple (460 Nm) ne transfigurent pas l'auto. Les accélérations sont plus musclées (0 à 100 km/h en 6,2 s) mais n'offrent rien de fulgurant.
Plus regrettable encore, le 50 est pénalisé en agilité par son poids supérieur et le moteur associé au train avant.
Hormis des performances certes flatteuses, le 50 e-tron facture très cher des prestations finalement sans bénéfice flagrant par rapport aux versions plus modestes. Le 40 e-tron, plus sobre et tout aussi plaisant, est certainement le meilleur choix de la gamme.
Tableau récapitulatif des caractéristiques techniques (Audi Q4 e-tron Avus 55 quattro)
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type | SUV |
| Puissance | 340 chevaux |
| Consommation | 17,2 à 18,9 kWh / 100 km |
| Autonomie | 465 à 512 km norme WLTP |
| Temps de recharge | 7h30 sur prise domestique, 28 min sur charge rapide |
| Poids à vide | 2145 kg |
| Émissions de CO2 | 0 |
| Dimensions (Longueur, Largeur, Hauteur) | 4588 mm / 1864 mm / 1632 mm |
| Empattement | 1565 mm |
| Nombre de places | 5 places |
| Volume de coffre | 520 L |
| Volume de coffre sièges rabattus | 1490 L |
| Vitesse maximale | 180 km/h |
| Accélération 0 à 100 km/h | 5,7 secondes |
| Transmission | Quattro (intégrale, 4 roues motrices) |
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