Avant la Première Guerre mondiale, Suresnes accueillait déjà quelques industries, avec notamment des blanchisseries, des teintureries et une biscuiterie, OLIBET, implantée depuis 1880. En 1893, l'entreprise La Gallia inaugurait la fabrication de tubes en acier sans soudure, en pratiquant l'étirage et l'emboutissage des métaux.

Le département de la Seine, alors première région industrielle de France, conforta son processus d'industrialisation au sortir de la Grande Guerre. Suresnes favorisa l'installation des industries de pointe sur les berges de la Seine, comme l'aéronautique, l'automobile et la radiotechnique. À l'image de BLÉRIOT, de nombreux ateliers se transformèrent en usines : DARRACQ qui en dix ans, passe d'un petit atelier à une surface de 22 000 m², mais aussi LATIL et TALBOT qui ne cessent de s'agrandir. CITROËN installe son parc aux aciers et ses bâtiments pour les matrices. SAURER démarre en 1910 la fabrication de poids lourds, camions et cars avant d'être repris par UNIC. Des ateliers de mécanique et de fonderie enfin participent à ce développement industriel, particulièrement dans le cadre de la sous-traitance.

L'industrialisation de la ville n'eut pas que des désagréments : ainsi les effluves de certaines industries de luxe fleurissaient agréablement l'air suresnois ! A partir de 1905, COTY crée des parfums d'une qualité incontestable qui, associés aux flacons LALIQUE, assurent le rayonnement du savoir-faire français à l'étranger. D'autres noms célèbres comme CORYSE-SALOMÉ ou VOLNAY parfument encore la mémoire de Suresnes. Certains de ces grands noms comme COTY, SAURER ou VOLNAY, ont disparu depuis les années trente.

Il est intéressant de noter qu'en 1593, Henri IV y autorisa des conférences restées célèbres entre les catholiques de l'armée royale et les ligueurs. Ces conférences décidèrent le roi à embrasser la religion catholique.

Henri Sellier : une figure marquante

Né le 22 décembre 1883 à Bourges (Cher), Henri Sellier est décédé le 23 novembre 1943 à Suresnes (Seine). Il était employé dans une banque puis rédacteur au ministère du Travail ; syndicaliste, coopérateur ; socialiste ; conseiller général de la Seine (1910-1941) ; fondateur de l’Office public des HBM de la Seine ; maire de Suresnes (1919-1941) ; sénateur (1935 à sa mort) ; ministre de la Santé publique (juin 1936-juin 1937) ; secrétaire général de l’Union amicale des maires de banlieue et de l’Union internationale des villes.

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Henri Sellier occupe une place très personnelle dans le mouvement ouvrier et socialiste français. Sans être un dirigeant de premier plan, il est de ceux qui ont laissé les traces les plus marquantes et les souvenirs les plus forts. Son origine berrichonne n’est pas anecdotique. Henri Sellier fut marqué par un socialisme départemental original : le vaillantisme. Son attachement sentimental à sa province d’origine devait rester fort et influer sur ses activités associatives (ainsi son encouragement à la création d’associations régionalistes) et le choix de son entourage.

Dès sa quinzième année, Henri Sellier rejoignit le Comité révolutionnaire central (CRC) - devenu le 1er juillet 1898 le Parti socialiste révolutionnaire - que l’on disait blanquiste mais qui était surtout marqué par la personnalité et les idées d’Édouard Vaillant. L’ancien communard prit Henri Sellier en sympathie au point de l’inviter à sa table tous les vendredis pendant ses séjours parisiens. Leurs divergences au moment de la rupture entre Vaillant et Jules-Louis Breton refroidirent leurs rapports sans les annihiler. D’ailleurs, Sellier se présenta jusqu’à sa mort comme un disciple de Vaillant.

Henri Sellier, après avoir participé à la campagne électorale de Jules-Louis Breton de 1898, partagea la position prudente de ce dernier sur le ministérialisme et le suivit en 1901 au Parti socialiste français de Jean Jaurès* pendant que Vaillant créait avec Jules Guesde* le Parti socialiste de France.

Après de bonnes études primaires (école religieuse puis publique), Henri Sellier était entré en 1894 comme boursier au lycée de Bourges où il fit des études brillantes : le palmarès de distribution des prix de 1899 lui attribue le prix de composition française et d’histoire-géographie, ainsi qu’un accessit en mathématiques. Puis, toujours grâce à une bourse, il put accéder à l’École des hautes études commerciales (HEC) qui dépendait de la Chambre de commerce de Paris. Reçu l’un des premiers, il y acquit, entre autres, des connaissances de comptabilité qui lui furent d’un grand secours dans ses fonctions d’élu local et un très bon niveau en anglais et en allemand. Il en sortit en 1901.

Envoyé en stage d’HEC en Allemagne en 1902, Henri Sellier travailla chez Siemens à Hambourg, comme secrétaire de Walther Rathenau, le futur ministre. De 1902 à 1905, Henri Sellier travailla à Paris dans différents établissements de la finance et du commerce, ses fonctions au syndicat des employés l’ayant obligé à changer plusieurs fois d’employeur.

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L’action syndicale eut une place importante dès son entrée dans la vie active. Henri Sellier fut administrateur puis secrétaire adjoint et trésorier de la Chambre syndicale des employés de la région parisienne comme de la Fédération nationale des syndicats d’employés, et rédacteur en chef du Ralliement des employés. Sa profession de foi de 1919 affirme : « Il a notablement contribué, par ses multiples conférences dans plus de 100 villes de province, au mouvement qui aboutit à l’extension aux employés de commerce et des bureaux, des lois sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs et au vote de la loi sur le repos hebdomadaire » (élection au conseil général).

Délégué depuis 1902 à de nombreux congrès nationaux, fédéraux et confédéraux, Henri Sellier représenta à la Commission administrative de la Fédération des Bourses du Travail, les bourses de Mehun-sur-Yèvre (Cher), de Nîmes et de Tulle, dont les mandats renforçaient le courant favorable à la neutralité politique. Ses talents d’orateur furent utilisés dès 1903, ainsi en décembre, la chambre syndicale des ouvriers cotonniers de Lillebonne annonça une « Grande conférence par le citoyen H. Sellier de la Confédération du Travail (Section des Bourses), administrateur aux Cahiers de l’Ouvrier. » Henri Sellier fut candidat sans succès à la fonction de trésorier de la CGT en 1904. Il était des sept militants (dont Albert Thomas et Auguste Keufer*) qui lancèrent en 1905 la Revue syndicale pour « décrire les progrès du mouvement syndical en France et à l’étranger, et indiquer scrupuleusement les diverses méthodes. » Il en fut secrétaire de rédaction.

Mais Henri Sellier s’affirma également comme homme de terrain en particulier pendant la grève des Grands magasins Dufayel en décembre 1905. Sa participation au mouvement coopératif n’était pas moins active. Appelé à Puteaux par son ami Lucien Voilin pour fonder la Bourse du Travail et le seconder dans le combat politique local, Henri Sellier adhéra à « La Revendication » de Puteaux dès 1905. Il en devint administrateur, membre de la commission de contrôle et président de 1908 à 1913. Il était également contrôleur, puis administrateur de la Verrerie ouvrière d’Albi et administrateur du restaurant coopératif de Puteaux, « Chez nous ». « La Revendication » était affiliée à l’Union coopérative de la rue Christine à Paris (VIe arr.) ; le restaurant « Chez nous » l’était à la Bourse des coopératives socialistes. Sellier fut parmi les premiers et les plus ardents partisans de l’unité coopérative. Son action fut déterminante au congrès de Calais (1911) et son nom figure parmi les signatures du Pacte d’unité. Administrateur de l’Union des coopérateurs de la banlieue ouest, puis de la société fédérale l’Union des coopérateurs créée à la veille de la guerre de 1914, il adhéra avec elle, à l’UDC (Union des coopérateurs) de Paris. Le congrès unitaire de Tours confia à Henri Sellier le poste de secrétaire adjoint de l’Office technique de la FNCC (Fédération nationale des coopératives de consommation) dont Albert Thomas avait été le secrétaire général. En 1918, il accéda au Conseil supérieur de la coopération. Le congrès national de 1920 le nomma au Conseil commun de la FNCC et au Magasin de Gros.

À partir de cette date, c’est en banlieue ouest que porta son militantisme. Élu député, Lucien Voilin* souhaitait que Henri Sellier lui succédât au conseil général. Celui-ci fut donc élu en septembre 1910, à vingt-sept ans, conseiller général de Puteaux et réélu deux ans plus tard. Très vite, il se prit de passion pour l’administration locale et particulièrement pour les problèmes de l’aménagement de la banlieue. Sous son influence fut créé en 1915 (mais l’idée datait de 1912) l’Office départemental des HBM de la Seine (dont il resta l’administrateur-délégué jusqu’à sa mise à l’écart par le gouvernement de Vichy) et plus près de ses électeurs, l’Office public de Puteaux.

Réformé par l’armée, le jeune élu de la banlieue ouest fut amené à jouer un rôle important pendant la Première Guerre mondiale. Favorable à l’Union sacrée, Henri Sellier siégea comme suppléant à la CAP du Parti socialiste en 1915 et comme titulaire (au nom de la majorité) en 1916 et à nouveau comme suppléant (au nom des centristes) en 1918. Aux yeux de la population, son absence du front fut compensée par les importants services qu’il rendit. Ainsi l’Association ouvrière des anciens combattants de la banlieue ouest appela à le soutenir aux élections cantonales de 1919 en rappelant que dès le 15 février 1915, il avait pris l’initiative d’organiser un service départemental d’assistance aux prisonniers de guerre. Mais, il fut surtout le rapporteur général du budget du département de 1916 à 1920. Celui qu’on appelait le vice-préfet noua des liens durables avec des hommes qui sans partager ses idées politiques croyaient comme lui à l’action sociale. Préparant l’extension du service public de logement, il dota le département d’importantes superficies constructibles à Suresnes, Châtenay-Malabry, Stains, Plessis-Robinson qui à l’exemple des garden-cities anglaises se couvrirent de cités-jardins entre les deux guerres.

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Henri Sellier, qui vivait à Suresnes depuis juillet 1915, partit à la conquête de la mairie en novembre 1919. La tâche n’était pas aisée dans une commune longtemps marquée par la personnalité du républicain-socialiste Diederich. Sellier, seul élu au premier tour, obtint un succès personnel. La bataille du second tour fut plus difficile : si 18 membres de la liste socialiste entrèrent au conseil, 8 candidats de la liste d’Union républicaine les suivirent. Le dynamique conseiller général socialiste de la Seine disposait ainsi d’un terrain d’action pour appliquer ses nombreux projets en matière d’urbanisme et de santé publique.

Signataire du manifeste des reconstructeurs, Henri Sellier participa au congrès de Tours et présida le 26 décembre 1920 la réunion des élus municipaux et cantonaux. S’il suivit la majorité du Parti socialiste au Parti communiste SFIC plus par discipline que par conviction, son influence fut déterminante pour rallier au nouveau parti la plupart des maires socialistes de la Seine ( y compris ceux qui n’avaient pas voté avec la majorité) et des conseillers généraux. Il fut d’ailleurs élu secrétaire du groupe communiste des conseillers municipaux de Paris et conseillers généraux de la Seine, comme il l’avait été du groupe socialiste en 1919. Les militants et élus de Suresnes le suivirent mais Henri Sellier eut beau s’adapter à la nouvelle situation en affirmant que « le parti était payé pour se méfier des élus » (l’Humanité, 26 janvier 1921), il se sentit très vite mal à l’aise.

En octobre 1922, le congrès de Paris donna lieu à un violent affrontement. Un militant des Jeunesses communistes demanda son exclusion en déclarant que : « S’autorisant de la tradition de Jaurès, Henri Sellier voudrait faire du Parti communiste un grand parti démocratique. » Ce fut le tollé. Sous les cris de « Vous venez d’exclure Jaurès », « Vive Jaurès », le maire de Suresnes s’empara de la tribune pour accuser les Jeunesses communistes. Son exclusion fut ratifiée par le Comité directeur du 24 octobre 1922 (BMP, mfm 30). Ainsi prit fin son expérience communiste.

Pour les élections municipales de mai 1925, Henri Sellier dut faire face à l’opposition de la liste Diederich et à celle des communistes qui, appelant à chasser « les renégats », particulièrement « l’as du verbe », s’inquiétaient de voir les travailleurs admirer encore « sa salade de mots et de chiffres qu’il remue avec l’adresse d’un clown politique » (l’Aube sociale, mai 1925). La liste communiste dirigée par Alexandre Piquemal* ne recueillit que 21,5 % des voix et Henri Sellier fut élu au premier tour. Le reste de sa liste de « Bloc des ouvriers et des employés pour la défense des intérêts communaux » passa au second.

En 1929, il élargit sa majorité municipale aux représentants du Comité d’intérêt général de Suresnes, constitué sous son impulsion et dirigé par Maurice Leblanc. Dès lors, le maire de Suresnes ne rencontra plus d’obstacles dans l’accomplissement de son œuvre locale. Il put achever dans les meilleures conditions la cité-jardin de Suresnes, restée célèbre pour la qualité de son habitat, de ses locaux scolaires (le premier groupe prit le nom d’Edouard-Vaillant) et de ses équipements sanitaires. Ses 2 500 logements furent achevés en 1937 et la cité témoigna par le nom des ses rues et bâtiments publics des références d’Henri Sellier : Jean-Jaurès bien sûr, Léon Bourgeois (ministre radical et philosophe du Solidarisme), le Président Wilson, Albert Thomas… S’y ajoutèrent d’autres réalisations réputées : le groupe scolaire Payret-Dortail (du nom de son architecte) inauguré en 1927 sur le plateau nord, l’École de plein air bâtie par Baudoin et Lods entre 1932 et 1935.

L’œuvre d’Henri Sellier dans le domaine de l’hygiénisme ne fut pas moins marquante : le bureau d’hygiène créé en 1921 employa des « infirmières-visiteuses », plus tard appelées « assistantes sociales » ; en 1931 un important dispensaire municipal ouvrit ses portes. Cette politique de solidarité sociale l’amena à collaborer avec des organisations liées à l’Église et à puiser ses références jusque dans l’action de Saint Vincent de Paul auquel il comptait consacrer un ouvrage sur « Saint Vincent de Paul et l’Assistance sociale moderne ».

Lors des élections municipales de mai 1935, la liste communiste menée par Louis Ducamp* déclara que l’action municipale était entachée de cléricalisme : soutien à l’Armée du salut, référence à l’action du fondateur des Filles de la Charité. La réponse d’Henri Sellier fut ferme et provocante : « au risque de faire à nouveau prononcer contre lui l’excommunication bolcheviste, signalons que si la liste qu’il patronne est réélue, le maire » donnera à une rue de Suresnes le nom d’une collaboratrice suresnoise de Saint Vincent de Paul, Marguerite Naseau (Le Suresnois, 4 mai 1935).

L’action d’Henri Sellier se situait également au niveau départemental et national. C’est à son initiative que fut constituée en mai 1925 l’Union amicale des maires de banlieue, dont il fut « l’âme » et le secrétaire...

AUTOMOBILE JEAN JAURES SARL

AUTOMOBILE JEAN JAURES SARL au capital de 15.244,90 Siege social : 49, rue de Ponthieu 75008 PARIS RCS PARIS 424677565. Par décision Assemblée Générale Extraordinaire du 20/12/2021 , Il a été décidé de réduire le capital social pour le ramener à 7.622,45 qui interviendra à lissue du délai dopposition des créanciers. Le dépôt a été effectué le 28/12/2021 auprès du Tc Paris.

AUTOMOBILES JEAN JAURES SASU au capital de 7622.45 Siège social : 49 RUE DE PONTIEU 75008 PARIS 08 RCS PARIS 424677565 Par décision de lassocié Unique du 30/12/2022 , il a eté décidé daugmenter le capital social pour le porter de 7622.45 à 107 622.45 Puis successivement de réduire la capital social de 90.000 pour le porter à 17.622,45. Modification au RCS de PARIS.

Jugement du tribunal de commerce de Nanterre , prononce en date du 15 février 2018 , l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire sous le numéro 2018J00125 , date de cessation des paiements le 16 août 2016 désigne Administrateur SELARL Ajrs Mission Conduite Par Me Francisque Gay 3 Avenue DE MADRID 92200 Neuilly-sur-Seine avec pour mission : assistance , Mandataire judiciaire Me Legras De Grandcourt Patrick 31 AVENUE FONTAINE DE ROLLE 92000 Nanterre , , et ouvre une période d'observation expirant le 16 août 2018 . Le mandataire judiciaire devra déposer la liste des créances dans les 12 mois à compter du terme du délai de déclaration des créances.

Jugement du tribunal de commerce de Nanterre en date du 14 février 2019 prolongeant la période d'observation pour une durée de 6 mois.

Ordonnance du Tribunal de Commerce de Nanterre en date du 5 juillet 2019 nommant SELARL Ajrs Mission Conduite Par Me Thibaut Martinat 3 Avenue DE MADRID 92200 Neuilly-sur-Seine administrateur judiciaire à la place de l'administrateur judiciaire précédemment désigné.

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