BMW a toujours aimé les belles carrosseries, et notamment les coupés. Commercialisée depuis bientôt 3 ans, cette inédite BMW Série 2 Gran Coupé surfe sur la vague des coupés 4 portes, plus séduisants que les berlines trois volumes traditionnelles. Un terrain déjà défriché par Mercedes avec les CLS et CLA, et qui aura finalement tenté BMW, avec les Série 6, Série 4, et enfin cette toute première génération de Série 2 Gran Coupé.
Avec la Série 2 Gran Coupé, BMW se lance dans la niche des coupés-4 portes compacts premium. Créneau où jusqu'à présent, Mercedes officiait seul avec le CLA. Il s'agit aussi du premier dérivé de la plate-forme de la nouvelle Série 1.
Si le petit créneau des coupés-4 portes a été inauguré par Mercedes avec le premier CLS, familiarisant l'abus de langage marketing (un coupé, par définition, compte deux portes...), BMW s'est positionné en habile suiveur. Avec la sculpturale Série 6 Gran Coupé en 2012, puis la Série 4 dotée de portes arrière et d'un hayon en 2014. Celle-ci passait même pour une Série 3 en plus belle et plus pratique !
Design extérieur
Très proche de la Série 1 pour sa base technique, la BMW Série 2 Gran Coupé s’en démarque nettement en design avec un style bien à elle. Elle adopte en effet la silhouette des coupés 4 portes qui fait déjà le bonheur des Série 4 et Série 8 Gran Coupé.
Voulue comme un coupé 4 portes, cette Série 2 Gran Coupé est inédite puisqu’il s’agit de sa première génération. Sa face avant est exclusive au modèle, avec une calandre élargie qui renforce son dynamisme. Vue de derrière, cette BMW ne sera pas confondue avec une autre : ses feux arrière étirés jusqu’au centre de la poupe et surlignés d’une baguette noir brillant sont inédits.
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Notre version d’essai bénéficie de la finition M Sport qui ajoute le fameux pack carrosserie M : ses boucliers avant et arrière sont spécifiques, avec un design qui fait la part belle aux prises d’air à l’avant, et au diffuseur à l’arrière. Le tout se conjugue avec des jantes alliage 18″ M, et des bas de caisse qui vont jusqu’à adopter une peinture bi-ton.
Ici le « Shadow Line M étendu » à 260 euros apporte une calandre en noir brillant, et une canule d’échappement dans la même teinte. Notez que la double canule d’échappement est présente sur les versions dont la puissance dépasse les 150 ch, à partir de la 218d en diesel et de la 220i en essence.
Dès l’ouverture d’une portière, la Série 2 Gran Coupé se distingue de la Série 1 par ses vitres sans encadrement. Une différence de standing réservée aux coupés…
4,53 m de long : la Série 2 Gran Coupé se place à mi-chemin entre Série 1 et Série 3. La silhouette évoque une Série 8 Gran Coupé passée à l'essoreuse. Par ailleurs, la Série 3 étant devenue plus imposante au fil des générations, la relative compacité de la Série 2 Gran Coupé (4,53 m) comble l'écart entre une Série 1 (4,32 m) et une Série 3 (4,71 m).
Les 21 cm supplémentaires de porte-à-faux profitent au volume de coffre qui passe à 430 l (50 de plus que la Série 1). Pas des plus accessibles, c'est dommage : pas de hayon, découpe très verticale… et une Mercedes CLA est plus vaste (460 l).
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Intérieur et équipements
En revanche dès qu’on s’assied aux places avant, les différences avec la Série 1 disparaissent. Le BMW Live Cockpit Navigation Pro avec les deux écrans de 10,25″ apporte une certaine modernité dans l’habitacle. Même si c’est subtil, l’écran de contrôle central tactile haute résolution est légèrement orienté vers le conducteur.
Malgré tout certaines lacunes d’équipement font tâche, comme par exemple le rétroviseur intérieur qui n’est pas électro-chrome. Une petite languette placée en-dessous est à manipuler pour ne pas être ébloui par les phares des voitures de derrière la nuit…Voilà qui est indigne d’une voiture à ce budget, surtout sur une finition supérieure. Bien entendu ces lacunes seront donc corigeables en activant les options qui vont bien.
La qualité de finition est d’un bon niveau, mais sans être particulièrement éblouissante. Et ce qui passe sur une Série 1 devient peut-être moins bien sur une voiture qui grimpe en tarif comme celle-ci.
Aux places arrière, l’habitabilité ne progresse pas par rapport à une Série 1 : l’empattement des deux modèles est rigoureusement identique. Plus dommageable, l'empattement est identique à la Série 1 et l'habitabilité arrière tout aussi moyenne. Aux jambes, passe encore : l'espace est correct, sans plus. Mais en garde au toit, la silhouette fuyante du Gran Coupé ne plaira pas aux plus d'1,80 m.
L'habitacle est repris de la Série 1. Les meilleures places sont donc à l'avant. On profite d'un environnement strictement repris de la Série 1, cossu et techno, avec quelques raffinements désormais classiques (instrumentation digitale, fonctions connectées…) ou uniques : la reconnaissance gestuelle pour la commande de l'interface média (volume, stations…) est une première sur une compacte.
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Plus sérieusement, la position de conduite est restée typiquement BMW. On prend facilement ses marques et la plupart des commandes sont faciles d'accès, même au niveau de l'interface média, finalement pas si complexe.
Tel un vrai coupé, cette Série 2 se dispense d’un hayon arrière pour une simple malle. Ce qui limitera l’accès au coffre, et ne permettra pas d’y caser des objets imposants. La modularité comprend toutefois la banquette 40/20/40 pour le chargement. Si l’ouverture motorisée n’est pas proposée, il est tout de même possible de déverrouiller l’ouverture de la malle depuis la télécommande.
Motorisation et performances
L’heure n’est pas à l’hybridation ou à l’électrification pour ce coupé compact, qui laisse le choix entre des moteurs thermiques essence et diesel. Cette version d’essai est une 218i Gran Coupé, avec le 3 cylindres 1.5 de 136 ch qui motorise aussi de nombreuses Mini Cooper. Très discret à bas et moyens régimes, ce moteur essence est bien plus raffiné que de nombreux 3 cylindres de la concurrence. Il s’agit d’ailleurs de la première offre en essence, puisque ce modèle fait l’impasse sur la motorisation de la 116i.
Mais comme sur la 1, cette Série 2 Gran Coupé est une traction avant. Seules les versions les plus puissantes sont proposées en transmission intégrale xDrive. Ici la transmission est une boite DKG7, une boite à double embrayage qui apporte de la douceur et de l’efficacité pour les changements de rapports. Même si le levier permet de disposer d’un mode séquentiel, il sera rare de vouloir l’utiliser. En revanche, on aurait aimé avoir des palettes au volant.
L’association moteur / boite apporte de l’agrément à cette mécanique assez modeste, qui parvient à se montrer agréable au quotidien avec une grande douceur. Ceux qui veulent des relances plus dynamiques devront se tourner vers une version 220i, avec le quatre cylindres 2.0 qui développe 178 ch.
Côté châssis, cette BMW est très bien suspendue, et bénéficie de réglages sport qui lui offrent une vraie précision de conduite.
Côté consommation, la 218i Gran Coupé est capable de tenir des moyennes inférieures à 6,5 L sur des parcours routiers, et se contente d’un 7,2L sur autoroute. En revanche en ville, l’absence d’hybridation pénalise la consommation. Le Start-Stop ne suffit pas à juguler l’appétit de ce moteur essence, qui peut alors demander jusqu’à 9 L/ 100 km. De série, le petit réservoir n’offrira qu’une autonomie allant de 515 à 560 km selon la moyenne du dernier parcours. Il sera donc souhaitable d’ajouter l’option « Contenance du réservoir de carburant supérieure » facturée seulement 55 euros.
Aides à la conduite
Du côté des aides à la conduite, l’équipement de série comprend la détection des panneaux de signalisation, le régulateur de vitesse mais non adaptatif, le freinage automatique d’urgence, l’avertisseur de collision avec système de détection des piétons ainsi que la correction active de trajectoire. Il faudra donc ajouter des options pour s’offrir le régulateur adaptatif, le stationnement automatisé, l’avertisseur de risque de collision avant et arrière et l’alerte de trafic transversal, ou encore l’alerte d’angle mort.
Comportement routier
Reste l'éternelle question, qui se posera longtemps : une BMW peut-elle se concevoir en traction ? Exception faite du monospace Série 2 Active Tourer (conçu sur une base de Mini Countryman), la Série 1 de troisième génération que nous avons découvert fin 2019 est la première traction de la marque. Pour un constructeur dont l'identité repose davantage sur la sportivité et sur une conduite plus impliquée, le traumatisme sera probablement plus marqué.
Reconnaissons toutefois que cette Série 2 Gran Coupé laisse une excellente impression, tout comme la Série 1. Celle d'une traction réussie, dynamique et équilibrée... mais bien loin de l'agilité et de l'aisance avec laquelle une ancienne Série 1 enchainait les lacets. Le train avant a beau être idéalement guidé et précis, la direction ne parvient pas à effacer des remontées de couple en remise des gaz un rien précoces. Le mode confort nous parait plus homogène. Quant au xDrive, permettant de renvoyer 50 % du couple à l'arrière, n'attendons pas de miracle d'agilité mais une efficacité de bon aloi. Le ressenti global est plaisant...
Le constat vaut aussi pour la palette de motorisations, logiquement partagée avec la compacte. L'offre débute avec un petit trois cylindres de 140 ch sur la 218i, et un Diesel de 116 ch sur la 216d. Notre essai s'est concentré sur les mécaniques les plus puissantes.
Tout comme la Série 1, la Série 2 délivre un bon niveau d'agrément... pour une traction. En essence, la M235i reçoit un 4 cylindres 2 litres de 306 ch. Soit la même puissance que l'ancien 6 en ligne N54 sur la première M135i ! Mais avec 2 cylindres en moins, sonorité et tempérament suivent aussi la voie du downsizing. Edulcoré, aseptisé mais plus efficient (vous savez, le mot magique à la mode) et au moins aussi performant.
Prix et concurrence
Les prix de cette Série 2 Gran Coupé débutent à 37300 euros, soit un tarif nettement plus accessible que celui d’une Série 4 Gran Coupé facturée à 54650 euros en version d’entrée de gamme. Le tarif de cette 218i Gran Coupé M Sport BVA est de 44400 euros, sans les options. Il sera difficile de ne pas craquer sur quelques éléments qui apporteront un look plus sympa, comme ici le pack Shadow étendu, et les vitres arrière surteintées.
Il y a peu de concurrentes directes pour cette voiture de niche, qui ciblera essentiellement la Mercedes CLA Coupé. Cette dernière s’affiche à 46149 euros en AMG Line avec une motorisation essence de 136 ch en boite automatique, complétée par une hybridation de 14 ch.
La Série 2 Gran Coupé facture son esthétique atypique et ses quelques litres de coffre supplémentaires 3.700 euros plus cher que la Série 1. La 218i débute ainsi à 31.150 euros. La M235i, sans surprise bien plus onéreuse, demande plus de 57.000 euros. A comparer à une Mercedes CLA 35 AMG (54.900 euros), ou une Audi S3 berline (56.110 euros) de même puissance.
Peut-être une alternative au SUV, justement : une partie du public revient à des carrosseries plus traditionnelles… pour se démarquer.
Nous vous laisserons seuls juges, en matière de style. Vu qu'il s'agit du critère d'achat principal chez les premium, la Série 2 Gran Coupé joue la carte du coup de cœur : on aime, ou on déteste ! Seulement, quelle place lui trouver entre une Série 1 moins chère et une Série 3 autrement plus huppée ? Sans parler de la concurrence interne des X1, X3 et surtout X2, qui partage le même esprit atypique.
| Modèle | Prix de base (EUR) |
|---|---|
| BMW Série 2 Gran Coupé 218i | 37 300 |
| BMW Série 4 Gran Coupé | 54 650 |
| Mercedes CLA Coupé AMG Line (136 ch) | 46 149 |
| Mercedes CLA 35 AMG | 54 900 |
| Audi S3 berline | 56 110 |
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