Quasiment déjà tué par le malus en France, le GLA 35 AMG incarne pourtant depuis son lancement une offre relativement raisonnable en termes de sportivité. Une sorte de GTI premium haute sur pattes, idéale pour affronter au quotidien la jungle des beaux quartiers. La situation est compliquée en France pour les sportives qui ne se sont pas converties à une hybridation sérieuse.

C'est notamment le cas du GLA 35 AMG qui dans la catégorie représente l'une des offres les plus accessibles de Mercedes. Pénalisé d'un malus de 60.000 euros depuis le 1er janvier 2024, celui-ci voit son tarif quasiment doubler (dès 69.299 euros), pour flirter désormais non loin de ceux d'un GLC 63 S E Performance de 680 ch (hybride rechargeable) évidemment incomparable en termes de prestations. On marche sur la tête. D'autant que les deux modèles partagent le même bloc thermique - à savoir un quatre cylindres 2.0 litres turbo - et que le GLA pèse 400 kg de moins que le GLC. Le ton est donné.

Design et Esthétique

Après un démarrage des ventes en demi-teinte, la seconde génération de GLA s'est tranquillement fait une place sur le marché français. Pour finalement s'imposer aujourd'hui comme la Mercedes la plus vendue dans l'Hexagone. De toute évidence, le design continue de séduire. Aucun bouleversement du style. Le GLA accueille simplement une nouvelle signature lumineuse à LED à l'avant et à l'arrière. Le dessin des boucliers est légèrement retouché en partie basse pour une allure un peu plus élégante. Finalement la mise à jour la plus visible concerne les extensions de passages de roues, désormais peintes couleur carrosserie (et non plus en plastique brut).

Notre modèle d'essai est quant à lui équipé du Pack Aérodynamique AMG (2.000 euros) destiné à améliorer l'appui à haute vitesse, au travers d'une lame avant, d'arrêtes latérales et d'un aileron de toit en finition noir brillant. De quoi offrir plus de caractère à la petite Mercedes. Un peu trop extravagant toutefois à mon goût pour une sportive intermédiaire.

Intérieur et Technologies

L'un des critères décisifs d'achat d'un GLA est sans nul doute son habitacle. Celui-ci n'a pas pris une ride, avec son système multimédia particulièrement moderne, digne des modèles du segment supérieur. Le restylage renforce encore un peu cette sensation, avec l'adoption de série du nouveau volant AMG à quatre branches horizontales directement issu de la Classe S. Mercedes en a profité pour y intégrer les sélecteurs de mode de conduite à la façon du manettino Ferrari.

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On apprécie aussi la mise à jour du système d'info-divertissement MBUX qui offre désormais la connexion sans fil Android-Auto et Apple CarPlay. Notons que globalement la connectivité est améliorée avec des performances de charge USB plus élevées et l'adoption d'un nouveau port USB-C.

L’ensemble fonctionne extrêmement bien et se montre d’une ergonomie exemplaire. Une fois les menus appris, on navigue avec aisance d’une fonction à l’autre via le pad tactile du tunnel central ou bien directement depuis l’écran tactile. Ceux qui préfèrent utiliser leur voix seront ravi d’apprendre que la reconnaissance vocale est d’une efficacité redoutable, tout comme l’assistant intelligent qui se réveil à chaque « Hey Mercedes » est apte à trouver une destination et programmer le GPS, changer la température de la clim’, monter ou descendre le son de la musique… A l’écriture de cet article, le MBUX est probablement l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur système d’infodivertissement du marché.

Motorisation et Performances

Sous le capot, nous retrouvons le quatre cylindres 2.0 litres turbo de 306 ch, associé à la boite automatique à double embrayage à 8 rapports et la transmission intégrale 4Matic. Le système ne permet pas de rouler en 100% électrique. Il ne réduit pas la consommation de carburant (9,2 l/100 km en mixte WLTP / 209 g/km de CO2 rejeté). Il n'améliore pas non plus les performances (0 à 100 km/h abattu en 5,2 s). En revanche, l'agrément général progresse à l'aide d'une fonction roue libre et une optimisation du Stop&Start.

Avec une telle cavalerie entre les mains, il est tentant d'enclencher immédiatement le mode Sport + afin de voir ce que la mécanique a dans le ventre. En l'occurrence, le GLA 35 AMG conserve son esprit de petit dragster. Au regard de ses 1.675 kg, les performances sont correctes. Mais un creux demeure à bas régime et les accélérations manquent un peu d'allonge (zone rouge à 6.500 tr/min). En outre, la moindre relance occasionne la tombée d'un rapport. Et la boite est loin de se montrer délicate.

Mercedes a en effet un peu trop caricaturé le trait à mon goût, avec des rétrogradages musclés accompagnés d'une sonorité amplifiée (via les HP) un peu trop artificielle. Défaut d'être le plus agile de la catégorie, le GLA 35 se rattrape par sa grande efficacité grâce à sa transmission 4Matic capable de varier la répartition du couple entre les essieux jusqu'à 50/50 (traction par défaut). Mais aussi par son différentiel électronique qui freine la roue arrière intérieur au virage pour une trajectoire plus précise. L'amortissement piloté optionnel nous semble quant à lui obligatoire.

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Mais en fait, même en conduite dynamique le GLA 35 s'apprécie surtout en mode Confort. La boite de vitesses est moins sollicitée et le couple maxi de 400 Nm apparait mieux exploité. En outre, la sonorité redevient plus naturelle avec un échappement moins présent. Et l'ensemble se révèle bien moins radical également en termes d'amortissement. Le compromis est parfait !

Suspension et Confort

Reposant sur une base de Classe A, on aurait pu craindre que le GLA souffre des mêmes problèmes de suspension que le CLA essayé l’année dernière sur ABCmoteur. Fort heureusement il n’en est rien. Gréé de la suspension pilotée, le SUV se montre ultra prévenant en mode confort, avec un amortissement très doux qui absorbe bien les aspérités de la route. Revers de la médaille, les mouvements de caisse sont très importants et peuvent même être perturbants quand on sort de la ville pour attaquer le réseau secondaire et l’autoroute.

A haute vitesse, mieux vaut passer la suspension en mode sport pour regagner en peu de précision de conduite et réduire le roulis. Mais le GLA ne se montre pas inconfortable pour autant grâce au débattement relativement important tandis que la stabilité est exemplaire. Les grandes courbes sur voies rapides ne sont qu’une formalités pour lui, et la direction est assez précise pour que l’on ne sente pas de flottement même au dessus de 160 km/h.

Prix et Alternatives

Objectivement, rien ne justifie d'échanger son GLA 35 AMG contre le version restylée. La France se démarque une nouvelle fois par son malus illogique, signant tout bonnement la fin de carrière anticipée de ce GLA 35 AMG sur notre territoire. Alors que des monstres comme le GLC 63 S E Performance restent épargnés grâce à leur hybridation rechargeable. Pour survivre, il faudra que Mercedes suive le chemin emprunté par l'Audi Q3 45 TFSIe ainsi que le BMW X1 30e et donc convertir sa mécanique au PHEV.

De base, le GLA 200 (essence, 163 ch) démarre déjà à 41 900 €, ce qui est très élevé comparé à un BMW X1 qui propose des motorisations et finitions plus modestes pour se permettre un ticket d’entrée de 32 950 €. Il faut dire que Mercedes a décidé de ne laisser le choix qu’entre deux finitions, Progressive Line et AMG Line, et de zapper ainsi totalement une version d’accès pour les petits budgets. En plus de ça, les gros moteurs essence comme diesel ne sont disponibles qu’avec la finition haute.

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Ceci étant dit, les 51 000 € réclamés par Mercedes pour un GLA 220d 4MATIC sont tout à fait comparables aux 51 190 € d’un Q3 S line 40 TDI quattro ou aux 51 500 € d’un BMW X1 xDrive 20d M Sport. Le club des SUV premium diesel de 190 ch et transmission intégrale est donc élitiste, surtout quand on va piocher dans le catalogue d’option.

Le modèle d’essai que vous avez sous les yeux avoisinaient ainsi les 65 000 € en ajoutant les jantes de 20 pouces, la bonne sono Burmester, la réalité augmentée pour la navigation, l’affichage tête haute… De quoi sérieusement se poser la question s’il ne serait pas plus judicieux de mettre une telle somme dans une auto plus grosse et potentiellement un peu moins équipée !

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