Avec un Symbioz fort de ses 4,41 mètres, Renault complète son offre en proposant un modèle compact à vocation familiale. Le nouveau venu se situe entre un Captur dont le coffre manque de volume et un Scénic sensiblement plus onéreux et qui n’existe qu’en version 100% électrique.

Design et Dimensions

En concession depuis le mois de septembre, le Symbioz a été élaboré sur la base technique du Captur allongée de dix-sept centimètres, sans en modifier l’empattement. Autrement dit, le SUV reprend à l’identique la plateforme CMF-B du Captur, avec un empattement inchangé de 2,64 m. En revanche, le porte-à-faux arrière a été étiré de 17 cm, pour une longueur totale de 4,41 m. Il est aussi long qu’un Kia Niro ou qu’un Nissan Qashqai.

Cette crise de croissance se concentre uniquement sur le porte-à-faux arrière au profit de la soute à bagages dont le volume répond ainsi aux nécessités d’un usage familial. Cette retouche permet, d’une part, de créer une meilleure symbiose entre les deux extrémités de la voiture, la proue étant devenue un rien massive sur le Captur. D’autre part, et c’est surtout là le but de l’opération, cela permet d’offrir 130 litres de plus dans le coffre, pour un volume maximal de 548 l en norme VDA.

Si la face avant reste très proche de celle du Captur, les designers de Renault ont su traiter le dessin de la poupe sans lourdeur excessive en utilisant des lignes tendues et des angles marqués. Les feux arrière qui lui sont spécifiques, renforcent sa personnalité, tandis que le hayon, organisé en trois bandeaux horizontaux, fait oublier le côté break du véhicule.

Motorisation et Performances

En termes de choix de motorisations, le constructeur a fait dans la simplicité. L’unique bloc proposé est le bien connu Renault E-Tech full hybrid qui équipe déjà les Arkana, Clio et autres Captur. Sans surprise, le Renault Symbioz reprend la même mécanique hybride que le Captur.

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Ce groupe à l’architecture complexe, combine un moteur quatre cylindres 1.6 litre de cylindrée développant 94 chevaux, avec deux moteurs électriques. On y retrouve donc le tandem e-Tech Small codifié DB35,composé du bloc HR16, un 4-cylindres 1,6 l atmosphérique d’origine Nissan, associé à une paire de machines électriques pour une puissance totale de 143 ch et 250 Nm de couple. Le premier, fort de 48 chevaux, est alimenté par une batterie de 1,2 kWh située sous le plancher du coffre, tandis que le second assume un rôle d’alterno-démarreur et développe une puissance de 20 chevaux. La combinaison de l’ensemble permet au Symbioz de bénéficier de 145 chevaux pour un couple de 250 Nm.

La transmission s’effectue par le biais d’une boîte à crabots dite « intelligente multi-mode » et dotée de quatre rapports pour la partie thermique et de deux en mode électrique. Cette association offre quatorze combinaisons possibles liées à l’utilisation conjointe ou séparée des deux types d’énergie.

À l’usage, cette solution originale est toutefois imperceptible pour le conducteur. C’est surtout le cas en ville où la traction électrique prime grâce à la batterie de 1,2 kWh de capacité, jusqu’à hauteur de 80 % selon la marque. Dans la réalité, le Symbioz n’est sans doute pas loin du compte avec de nombreuses phases de roulage sans brûler une goutte d’essence, comme l’attestent les niveaux de consommation relevés : il ne nous a pas été si difficile de graviter autour des 4,0 l/100 km dans des environnements urbains.

En dehors des cités, le tandem mécanique est moins à la fête avec des performances lymphatiques (0-100 km/h en 10,9 s, 80-120 km/h en 9,5 s) et une gestion toujours perfectible de la transmission. Ainsi, hésitations et à-coups ne sont pas rares, alors que le trou à l’accélération autour des 75 km/h est toujours au rendez-vous. Comme d’habitude donc, l’agrément n’est pas totalement au rendez-vous et, si le caractère objectif du propos est à discuter, la transmission Toyota se montre autrement fluide et réussie. Surtout, l’appétit monte d’un cran ici avec une moyenne à peine inférieure à 7,0 l/100 km sur autoroute. Un terrain que le Symbioz sera appelé à fouler plus souvent que le Captur.

Confort et Habitabilité

Avec un coffre digne du segment supérieur et une banquette coulissante sur seize centimètres héritée du Captur, le Symbioz fait un appel du pied à l’ancien Scénic 4 version courte auquel il voudrait bien succéder. A longueur identique, le nouveau venu pêche par une largeur d’habitacle contenue, celle du Captur.

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À l’arrière, les passagers sont relativement à l’aise, à condition que la banquette coulissante sur 16 cm soit reculée au maximum. Bien qu’annoncé pour cinq personnes, il est impossible de voyager à plus de deux passagers sur la banquette arrière. Une dizaine de centimètres manque en largeur pour assurer l’aisance nécessaire. Hélas, si l’habitabilité est correcte dans l’absolu, elle est donc toujours digne du segment inférieur, et en retrait de ce que proposent ses nouveaux concurrents.

En matière de modularité, l’assise monobloc de la banquette arrière pénalise la possibilité de faire coulisser une partie de celle-ci vers l’avant pour accroître le volume de chargement. Les bacs sous les pieds des passagers arrière, le siège avant rabattable pour l’emport d’objets longs, sont aussi aux abonnés absents. Mais même s’il n’a pas la modularité d’un monospace, le Symbioz ne démérite pas pour autant.

En pénétrant dans l’habitacle, on retrouve un paysage familier. Peu de différences avec l’accastillage du Captur ou de l’Arkana, économies d’échelle obligent. Et c’est tant mieux car les matériaux utilisés sont valorisants et qualitatifs. Les rangements sont nombreux notamment grâce à la console flottante qui permet de vider ses poches sur deux niveaux.

La planche de bord est dotée d’une instrumentation digitale de 10,3 pouces, personnalisable, tandis qu’un vaste écran multimédia vertical de 10,4 pouces trône en position centrale. Le Renault Symbioz en profite aussi pour chiper à ses grands frères hybrides et électriques le système d’exploitation fourni par Google. Certes, la forme ne change pas et l’on retrouve l’habituelle dalle tactile centrale de 10,4 pouces, secondée par une instrumentation numérique de 10 pouces.

Faisant appel à Google, le système d’info-divertissement du Symbioz est un modèle d’ergonomie, de réactivité et de fluidité qui intègre les services Google (Maps, Assistant, Waze, etc). Mais entre les nouvelles fonctionnalités (GPS Google Maps, assistant vocal Google, …) et, surtout, la fluidité d’utilisation, le système OpenRLink se montre sous un tout nouveau jour. Il est également compatible avec Android Auto et Apple CarPlay avec ou sans fil.

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Avec quatre occupants, le Symbioz se montre un compagnon de route attentionné et propose suffisamment d’espace à l’arrière pour que deux adultes soient confortablement installés, à condition que la banquette soit reculée au maximum. A l’avant, les sièges sont agréables et offrent un bon maintien latéral. Notre version « Iconic » était équipée du toit Solarbay qui s’obscurcit via des tronçons opacifiants LCD, évitant ainsi un rideau mobile.

Consommation

Même s’il n’est pas aussi efficace en matière d’éco-circulation qu’un véhicule 100% électrique, Renault a doté son dernier né d’une mécanique sophistiquée qui lui permet de ne pas avoir à rougir de sa consommation, en particulier lors des parcours urbains. Le pari est plutôt réussi.

En parcours autoroutier, notre véhicule d’essai s’est contenté de 6,4 litres aux 100 km (consommation mesurée), tandis qu’en conditions urbaines et péri-urbaines, la jauge de l’ordinateur de bord indiquait une consommation variant entre 4,9 et 5,1 litres.

Finitions et Tarifs

Avec sa motorisation full hybrid, Renault propose pour le Symbioz, quatre niveaux de finition : « evolution », « techno », « esprit Alpine » et « iconic ». Les prix s’échelonnent entre 33.400 €, prix d’appel pour la version « evolution », et 37.900 € pour le Symbioz « iconic » que nous avons essayé.

Très complet, ce dernier dispose de nombreuses aides à la conduite qui sont pour certaines devenues presque indispensables quand on y a goûté. Citons la surveillance des angles morts, la caméra de stationnement 360°, le freinage d’urgence en marche avant et même arrière (!) ou encore le démarrage mains libres et le hayon motorisé. D’autres viennent les compléter, telles que le régulateur adaptatif ou le stationnement automatisé, qui participent à notre confort.

Même dans sa version d’appel « evolution » à 33.400 €, le Symbioz va se heurter à une concurrence féroce. En interne tout d’abord avec son cousin à la philosophie différente, le DACIA Duster 3, qui bénéficie de la même motorisation et qui culmine en finition haute « Journey » à 28.100 €. L’Arkana, plus long, pourrait aussi faire de l’ombre aux versions huppées : à motorisation identique et finition « esprit Alpine », il est proposé à 38.400 €.

Dans quelques semaines, le Symbioz se heurtera aussi au CITROËN C3 Aircross en motorisation hybride 136 chevaux, annoncé à 27.600 € en version haute « Max ».

Comportement Routier

SUV familial, le Symbioz n’a pas vocation à être brusqué. Démarrant toujours en mode électrique, il parvient à poursuivre sa route sur deux ou trois kilomètres (à condition d’avoir le pied léger et de ne pas dépasser 40 km/h) avant que le bloc thermique prenne le relais en toute discrétion. En ville, ce bloc peut aussi démarrer à l’arrêt si les phases de décélération sont insuffisantes pour recharger la batterie.

La boîte automatique dispose d’un mode « B » qui accentue la décélération au bénéfice de la récupération d’énergie, sans ralentir le véhicule jusqu’à l’arrêt complet. Sur parcours autoroutier, seuls les bruits d’air sont un peu trop présents à 130 km/h dans l’habitacle. De temps à autre, lors d’un faux plat nécessitant une augmentation de puissance, le moteur thermique monte brutalement dans les tours à la faveur d’un rétrogradage intempestif.

Côté comportement, rien d’inédit non plus avec un SUV parfaitement sécurisant pour une utilisation familial, avec un châssis sérieux, mais sans vraiment d’éclat malgré le train avant volontaire. La tenue de caisse monte d’un cran avec le nouveau réglage de la suspension, mais le filtrage n’atteint pas le niveau des concurrents de son segment.

Tableau Récapitulatif

Caractéristique Valeur
Longueur 4,41 mètres
Volume du coffre 548 litres (norme VDA)
Motorisation E-Tech full hybrid
Puissance combinée 145 chevaux
Consommation mixte Environ 5 litres/100 km
Prix d'entrée 33.400 €

En se calant parfaitement entre ses homologues, le Symbioz débarque sur le marché sans faire de remous. La suite des grands SUV Renault donne donc : Captur (4,24 m), Symbioz (4,41 m), Austral (4,51 m) Arkana (4,57 m) et Rafale (4,71). Même s’il n’est pas aussi créatif que les anciens monospaces, le nouveau Symbioz dispose d’arguments sérieux. Compact mais suffisant pour un usage familial y compris pour les bagages, confortable et bien fini, il conjugue agrément d’usage et sobriété lors du passage à la pompe. Etroitement dérivé du Captur, le Renault Symbioz vient combler le trou entre son petit frère et l’Arkana.

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