À l'image de ses devancières, la nouvelle Skoda Octavia se décline en version sportive RS. Best-seller attitré de la marque, malgré l'arrivée des SUV, la berline Octavia a fait l'objet de la plus grande attention pour son renouvellement.
Un Couteau Suisse Sportif
L'Octavia, c'est un peu le couteau suisse de Skoda. Une auto bonne à tout faire, basée sur une plateforme de compacte, mais qui affiche un volume digne de grandes routières bien plus encombrantes. Cette réputation s'est accompagnée d'un succès croissant depuis plus de deux décennies et a permis à la berline de se placer en cinquième position des ventes en 2020 sur le marché européen. Sa variante Combi est même devenue le break le plus diffusé sur le continent.
Et, comme si cela ne suffisait pas, la polyvalente Octavia s'est mise au sport dès sa première génération, grâce à sa version RS. RS. Deux lettres qui résonnent particulièrement chez Skoda. Ce label a fait son apparition en 1974 chez la marque Tchèque, avec les prototypes de rallye 180 et 200 RS. Mais il faut attendre 2000 pour voir ce logo apposé sur une Skoda de série, en l’occurrence sur la première génération d’Octavia.
La gamme Skoda RS comprend l’Octavia, le Kodiaq, et le récent Enyaq Coupé. Pour ce premier acte, je vous emmène à bord de l’une des voitures les plus versatiles de la production automobile actuelle : la Skoda Octavia RS 2.0 TSI 245.
Motorisations et Performances
Cette quatrième génération, présentée le 11 novembre 2019 à Prague, nous aura fait patienter jusqu'en mars 2020 pour avoir la confirmation d'une version sportive, inaugurant pour l'occasion une motorisation hybride. Et si cette dernière se convertit à l'hybridation, notamment pour réduire ses émissions de CO2, elle a le bon goût d'offrir toujours le choix d'une variante thermique, plus à même de satisfaire les puristes.
Lire aussi: Fiabilité et Performances de l'Octavia IV
Pour conserver dans leur catalogue des modèles affichant une puissance et des performances respectables, une majorité de constructeurs se tourne aujourd'hui vers l'hybride rechargeable, bien que cette solution implique quelques sacrifices sur le plan du dynamisme. C'est également le cas de Skoda, qui propose désormais une Octavia RS iV forte de 245 ch, mais qui a aussi eu la bonne idée de conserver au catalogue des versions 100% thermiques, embarquant le 2.0 TSI de 245 ch en essence ou le 2.0 TDI de 200 ch en diesel, ce dernier laissant même le choix entre traction et transmission intégrale.
Pour notre essai, nous avons privilégié l'essence, qui s'annonce sur le papier comme la RS la plus « authentiquement » sportive, avec son absence d'électrification et son poids réduit de 175 kg par rapport à l'hybride (1520 kg à vide annoncés pour la TSI 245 DSG7). C'est d'ailleurs cette version qui annonce les meilleures performances, avec un 0 à 100 km/h abattu en 6,7 s.
Expérience de Conduite
Ce moteur, repris de la cousine Golf GTI, pousse dès les plus bas régimes avec ses 370 Nm disponibles dès 1600 tr/mn, et se voit plutôt bien secondé par la boîte DSG à sept rapports. Même si l'on pourrait reprocher à cette dernière un certain manque de réactivité, notamment sur les rétrogradages, ou le fait qu'elle lisse trop les sensations à l'accélération.
Et si le mode Sport améliore la vivacité de l'ensemble, il risque d'écorcher les oreilles des mélomanes par la sonorité trop artificielle qu'il diffuse via un amplificateur dans la baie de pare-brise, singeant grossièrement les borborygmes d'un V8 de forte cylindrée. Heureusement, il est possible de désactiver cette caricature auditive tout en conservant les autres réglages du mode Sport, en passant par le mode Individual.
Les réfractaires à la boîte automatique noteront pour leur part que cette version essence de l'Octavia RS a le bon goût d'être toujours disponible en boîte manuelle, sans compter que cela permet d'abaisser la facture de 1700 €.
Lire aussi: Skoda Octavia 3 TDI 150 : Test et Impressions
En plus de bénéficier d'une réponse plus franche à l'accélérateur, la version thermique semble nettement plus dynamique et fait preuve d'une efficacité étonnante, grâce notamment à son châssis sport rabaissé de 15 mm (non disponible sur l'hybride), ainsi qu'à un train avant plus précis et incisif.
La direction offre de plus une meilleure consistance, particulièrement en mode sport, bien qu'elle paraisse un peu avare en remontée d'informations.
Grâce à ses différents modes de conduite, l’auto se plie très bien à la conduite « de bon père de famille », en se montrant très civilisée, et même plutôt reposante. Pour ne rien gâcher, le niveau sonore est bien contenu (notamment sur autoroute), et le tandem mécanique/boite est capable d’oeuvrer en douceur.
C’est évidemment en haussant le rythme que le blason RS prend tout son sens. L’Octavia RS offre alors un comportement dynamique et incisif, avec ses commandes raffermies (la direction progressive est livrée de série).
Design et Intérieur
C'est avec un plaisir certain que nous découvrons cette nouvelle Octavia dont la face avant est revenue à des formes moins torturées, tout en affinant une identité de marque bien distincte. Avec ses lignes plus dynamiques et son gabarit généreux, difficile de nier que cette Octavia IV en impose. Et plus encore dans sa finition RS qui, pour autant, ne tombe pas dans la surenchère touchant malheureusement beaucoup de sportives.
Lire aussi: Skoda Octavia Combi RS 245 : le test
Les Octavia "RS iV" pourront malgré tout se reconnaître au premier regard pour un oeil averti. Pour commencer, la grille de calandre, les entrées d'air, la lame avant, les volets aérodynamiques, le diffuseur arrière, l'aileron ajouté sur le hayon et les contours de fenêtres sont peints en noir. Ensuite, les RS sont livrées avec des jantes en alliage "Comet" de 18 pouces, noires elles aussi, ou en option, des 19" argentées ou polies au dessin spécifique. Enfin, les étriers de frein peints en rouge accompagnent des disques de gros diamètre.
L'intérieur de l'Octavia RS iV est principalement noir mais cette austérité est rompue par les surpiqures rouges sur la sellerie (tissu ou suède et cuir), les panneaux de portes, l'accoudoir central, la planche de bord et le volant sport multifonction. Les sièges sport avant et arrière, les inserts façon carbone ainsi que les pédales en aluminium complètent le package sportif de l’habitacle dont on appréciera aussi la finition et les assemblages soignés.
Comparaison avec la Version Hybride Rechargeable
La fin de notre journée d'essai nous a offert la possibilité de prendre en main la version hybride rechargeable de l'Octavia RS et ainsi de la comparer avec la 100% thermique. Bien qu'elle affiche la même puissance de 245 ch, cette RS PHEV ne repose pas sur le même bloc 2.0 TSI, mais fait appel au 1.4 TSI 150, associé à un moteur électrique et une batterie de 13 kWh. Celle-ci lui autorise officiellement une autonomie de 71 km en tout électrique.
En comparaison, nous avons englouti en moyenne 10,4 l/100 km avec la RS essence, il est vrai sur un parcours nettement plus sinueux et abordé à vive allure. Seulement, à la conduite, ces deux autos ne se démarquent pas uniquement par leur motorisation.
Tarifs et Carrosserie
Côté tarifs, si l'hybride réclame 2590 € de plus que la version essence à boîte DSG (42 880 € contre 40 290 €), cet écart se voit réduit à néant par le bonus écologique de 2000 € accordé aux hybrides rechargeables, ainsi que par le malus de 818 € qui pénalise le TSI 245. Rappelons toutefois que ce bonus sera diminué de moitié à partir du 1er juillet 2021.
Bien entendu, que ce soit en essence, hybride ou diesel, cette quatrième génération d'Octavia RS peut toujours être choisie en carrosserie break Combi, réclamant 1100 € de plus que la berline.
L'Octavia RS Combi
Heureusement, Skoda n'a pas encore sonné le glas de son Octavia RS Combi qui profite elle aussi d'un restylage discret. Pendant que les SUV hybrides rechargeables colonisent les concessions et que les sportives thermiques se raréfient, Skoda persiste et signe avec cette RS Combi, propulsée par un bon vieux 2.0 TSI de 265 chevaux. Un quatre-cylindres connu, partagé avec d'autres modèles du groupe Volkswagen, mais ici débarrassé de toute ambition électrifiée. Pas d'hybridation, même légère. Un simple moteur thermique, une boîte DSG à double embrayage, et un châssis qui a encore des choses à dire. Voilà qui sonne presque comme un manifeste.
La recette est simple, mais efficace. L'Octavia RS Combi repose sur une plateforme MQB Evo bien connue, peaufinée ici pour un usage dynamique sans devenir caricatural. Le train avant encaisse avec aplomb, l'arrière suit avec rigueur, et le tout distille un agrément de conduite étonnamment pur. Sur route, la direction - bien que peu bavarde - s'avère suffisamment précise pour engager le break avec conviction dans les virages, pendant que le différentiel électronique fait le job pour préserver la motricité. Le train avant est joueur, parfois presque trop si le bitume est humide, mais toujours sain.
Grâce à l'amortissement piloté, l'Octavia RS sait rester civilisée au quotidien, même si la monte pneumatique 19 pouces impose quelques trépidations en ville. Sur autoroute, elle file droit, sereine, et son insonorisation soigneusement calibrée permet de voyager loin sans fatigue, avec en prime un volume de coffre de 640 litres, ce qui n'est pas rien dans un segment qui n'en propose plus guère. C'est là que cette Skoda prend tout son sens : elle coche des cases que presque plus personne ne propose. Une familiale à la fois habitable, dynamique, et abordable dans une certaine mesure - à partir de 47 500 € hors options - qui ne cède pas aux sirènes du tout-électrifié.
Tableau Récapitulatif des Motorisations
| Motorisation | Puissance | Couple | 0-100 km/h |
|---|---|---|---|
| 2.0 TSI Essence | 245 ch | 370 Nm | 6.7 s |
| 2.0 TDI Diesel | 200 ch | N/A | N/A |
| 1.4 TSI Hybride Rechargeable | 245 ch (cumulée) | 400 Nm | 7.3 s |
La Skoda Octavia a la chance, le devoir aussi, de porter plusieurs missions. Elle est la plus puissante des Skoda Octavia jamais produites, la plus exclusive donc. Elle est le porte-drapeaux de Skoda, modèle le plus vendu de la marque, se targuant d’être le troisième modèle compact le plus vendu en Europe (!), neuvième véhicule tous segments compris.
tags: #essai #skoda #octavia #rs #245 #avis