L'histoire des moteurs marins Renault est intimement liée à celle du chantier naval Couach. Albert Couach, fondateur du chantier, fut un pionnier des moteurs marins pour la plaisance dès 1897. L'entreprise a ensuite été dirigée par ses fils et petits-fils, dont Guy Couach, qui créa sa propre marque de bateaux avant de fusionner puis d'être cédée à Renault Marine dans les années 70.
Au salon nautique de Paris en octobre 1961, la Société Renault-Penhoët, filiale de la régie Renault, présentait son fameux runabout R.P.1. Lancé sur le marché début 1962, il était révolutionnaire par sa conception et son prix. De nombreux visiteurs sont venus admirer le R.P.1 qui a soulevé un très grand enthousiasme, aussi bien chez les jeunes que chez les moins jeunes.
Le R.P.1 est équipé du moteur Dauphine Gordini, ce qui lui valut le surnom de "Dauphine de la Mer". Développant 40 CV SAE (puissance brute, norme américaine) et transformé pour son utilisation marine, le moteur assure une vitesse de 50 km/h et peut transporter 5 personnes.
La propulsion est assurée par une hélice orientable, escamotable et relevable qui tourne à demi-régime du moteur, ce qui procure une meilleure traction en utilisation ski nautique. D'un poids total de 380 kg, ce runabout est facilement remorquable par une Dauphine.
L'expérience du R.P.1 sera sans lendemain. Pour les amateurs de vitesse, un moteur dérivé de celui de la R8, délivrant 60 chevaux, équipera les canots hors-bord Mercury à partir de 1966.
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Dans les années 70, Renault Marine a produit des moteurs qui ont marqué les esprits. En 1982, la société Nanni entre en jeu et décide de créer son usine à La Teste. Aujourd'hui, Yachts d'exception, fondée par le fils de Guy Couach, reprend le flambeau familial.
Aujourd'hui, Renault va adapter son moteur 1.3 TCe (Scenic, Duster…) pour propulser des bateaux grâce à la société Horse Powertrain, joint-venture entre Renault et le Chinois Geely. Ce n’est pas une première pour Renault dans le secteur nautique.
Le moteur 1.3 TCe ou HR13, devenu obsolète au regard des normes européennes, sera intégré au système hybride rechargeable Hybdor Duotech 200E. Doté d’une batterie LFP de 15 kWh, il pourra se recharger en 90 minutes et offrir deux modes de fonctionnement : 100 % électrique ou 100 % thermique.
La partie thermique développera 163 chevaux, tandis que le moteur électrique apportera 25 chevaux supplémentaires (18 kW). Renault produira ce moteur directement dans son usine de Curitiba, au Brésil, un choix stratégique en raison de la popularité de l’éthanol dans le pays.
Le salon Rétromobile 2012 (1-5 février) a proposé une rétrospective sur plus d’un siècle de construction de moteurs Renault. L’occasion d’admirer deux pièces aéronautiques : un modèle 12F (1915) de Breguet XIV et un 9 cylindres en étoiles (1934) de Caudron.
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Renault a (aussi) été un grand motoriste de l’aéronautique. Et s’il s’est retiré du créneau de façon pas très glorieuse, au début du 21ème siècle, après avoir jeté l’éponge dans l’aventure du moteur diesel SMA, ses moteurs ont marqué l’histoire de l’aviation.
Thierry B. nous envoie des photos de son Renault Penhoet, sauvé il y a quelques mois d'une destruction probable. Ce bateau, acheté neuf en 1967 par son précédent propriétaire, collaborateur Renault à l’époque, servait de décoration à la concession Renault dans laquelle il travaillait. C'était apparemment un invendu. Dès son achat, son premier et unique propriétaire l'a transformé de manière artisanale en dinghy hors bord (travail très bien réalisé).
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