L'association « 40 Millions d’Automobilistes » et l’écrivain Alexandre Jardin, figure du mouvement citoyen « Les #Gueux », ont déposé une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale afin de réclamer l’abrogation des Zones à Faibles Émissions (ZFE). Une pétition demande l'abrogation des Zones à faibles émissions (ZFE), entrées en vigueur au 1er janvier 2025 à Rennes, Nantes, Angers ou encore Tours. Portée par l'association 40 millions d'automobilistes, elle recueille plus de 25 000 signatures.

Selon 40 millions d’automobilistes, en un an, le litre de SP95 a gagné 32 centimes. Celui du gazole est lui en hausse de 21 centimes. Alors que les prix des carburants sont repartis à la hausse depuis quatre mois, « les prix affichés en station-service dernièrement sont sans précédent », dénonce l’association. « D’après l’Insee, les transports sont le premier poste de dépense des ménages français (16,4 %), devant le logement (16,3 %) et l’alimentation (16,1 %) », détaille l’association pour qui « ces prix records sont devenus le symbole de la cherté du coût de la vie ».

Ils mettent « désormais en péril l’accès à la mobilité de nombre de nos concitoyens, pour qui la voiture individuelle reste le seul moyen de transport pertinent pour effectuer la plupart des déplacements du quotidien : aller travailler, emmener les enfants à l’école, se soigner, faire ses courses », pointe la pétition. C’est l’appel lancé par 40 millions d’automobilistes dans une pétition mise en ligne sur son site internet, mercredi 10 avril 2024. « L’État doit agir de toute urgence pour réformer la fiscalité sur les carburants ».

Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) : Une mesure contestée

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics veulent tout faire pour réduire la place des voitures thermiques. Et pour cause, ces dernières sont jugées particulièrement nocives pour l’environnement. C’est ainsi que de nombreuses mesures sont mises en place au fil du temps. Parmi elles, citons notamment les ZFE (zones à faibles émissions). Ces dernières se basent alors sur la vignette Crit’Air afin d’interdire la circulation aux voitures les plus anciennes. Pour mémoire, celles-ci sont classées de 1 à 5. Et depuis le 1er janvier dernier, ce sont les autos qui possèdent la vignette 3 qui sont interdites dans certaines grandes villes. Parmi elles, citons notamment Paris ou encore Strasbourg.

Pour mémoire, toutes les agglomérations françaises comptant plus de 150 000 habitants (soit 42 métropoles) doivent mettre en place une ZFE. Et ce depuis le 1er janvier 2025. Dans l'Ouest, les ZFE excluent en 2025 uniquement les véhicules les plus anciens, immatriculés avant 1997.

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Les Arguments de l'Association 40 Millions d'Automobilistes

L'argumentaire de l’association repose sur quatre points majeurs pour s’opposer aux ZFE :

  • La discrimination socio-économique : En effet, les restrictions touchent en premier lieu les foyers modestes qui ne peuvent pas investir dans un véhicule récent.
  • Le problème de mobilité : De plus, de nombreux Français utilisent leur voiture pour aller travailler et n'ont pas d'alternative viable.
  • L’absence de solutions alternatives adéquates : En effet les transports en commun ne suffisent pas toujours à répondre aux besoins des habitants en périphérie des villes.
  • Les conséquences économiques : Les commerces et entreprises risquent de souffrir d'une baisse de fréquentation dans les centres-villes.

L’association a parcouru la France à la rencontre des usagers et des élus locaux dans le cadre de « La Grand Boucle des Exclus », un tour de France visant à recueillir des témoignages sur l’impact des ZFE. Un documentaire intitulé ZFE : La Bombe à retardement sociale, disponible sur YouTube, illustre ces préoccupations.

Conséquences des ZFE selon les opposants

Pour les opposants aux ZFE, ces zones excluent injustement de nombreux citoyens des centres-villes. Un autre problème soulevé concerne le coût des véhicules éligibles aux normes imposées. L’impact des ZFE touche également les commerces et les entreprises.

La création des ZFE a eu pour effet d'exclure des villes de nombreuses personnes aux revenus modestes, qui ne peuvent pas se permettre d'acquérir des véhicules conformes aux normes imposées. Les restrictions imposées par les ZFE ont considérablement réduit la mobilité des automobilistes, en particulier ceux résidant dans des zones périurbaines ou rurales, où le véhicule personnel demeure indispensable pour les déplacements quotidiens, faute d'alternatives efficaces en termes de transport. La mise en place des ZFE a également des répercussions économiques pour les commerçants et les entreprises situés dans ces zones.

Ce qui correspond à environ 12 millions de voitures. A l’heure actuelle, ce n’est pas moins de 40 % du parc roulant français qui est concerné par cette mesure. Et cela va être encore pire au cours des prochaines années. En effet, ce chiffre passera à 60 % d’ici à 2030. Ce qui provoque évidemment la grogne des automobilistes, mais pas seulement. Et pour cause, les associations de protection de ces derniers montent également au créneau.

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Réactions et perspectives

Mais cette initiative peut-il réellement influer sur les décisions politiques ? Selon les règles de l'Assemblée nationale, une pétition atteignant 100 000 signatures bénéficie d’une mise en avant sur le site officiel du Parlement. Si elle dépasse les 500 000 soutiens, répartis sur au moins 30 départements, elle peut donner lieu à un débat en séance publique. Un objectif ambitieux, mais pas impossible au vu de la mobilisation actuelle. Reste désormais à voir si le gouvernement prêtera attention à cette grogne populaire. Ou sil maintiendra le cap malgré l’opposition. En attendant, le compteur des signatures continue de grimper, preuve que le débat est loin d’être clos.

Plusieurs députés ont demandé à la présidente de l'Assemblée de porter rapidement la question à l'ordre du jour.

Cette nouvelle pétition vise à fédérer un maximum d’opposants aux ZFE, y compris des élus de divers horizons politiques. Mais ces tentatives ont peu de chances d’aboutir en raison des clivages partisans. Pour que la pétition soit examinée par une commission parlementaire, elle doit recueillir un minimum de 100 000 signatures. La pétition est actuellement en attente de validation sur le site de l’Assemblée nationale.

D'après Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 Millions d'Automobilistes, les ZFE sont injustes et discriminatoires : "Ce n'est pas parce que l'intention est bonne que la mesure et juste ! L'intention, on la comprend, est de réduire les émissions polluantes. Tout le monde est pour. On a un problème de chômage chez les jeunes et on leur répond ZFE, mais comment vont-ils faire alors que lorsqu'ils entrent à Pôle emploi, la première question qu'on va leur poser, c'est avez vous le permis de conduire et un véhicule pour entrer dans les ZFE, sur lequel il faut compter un minimum de 15 000 €. C'est fini, la première voiture chez les jeunes devient inaccessible."

Pour l'association, plus de 10 millions d'automobilistes, souvent modestes, sont désormais exclus des agglomérations. Mais de nombreux automobilistes préfèrent déjà depuis longtemps stationner en périphérie et prendre les transports en commun : l'impact des ZFE ne serait-il pas exagéré ? "Attention dit Pierre Chasseray, ce n'est pas la majorité ces cas de travailleurs qui vont poser leur voiture au parking relais puis prendre les transports en commun. Pour ce type de cas, des dérogations existent. "Il faut savoir que pour l'instant, dans le texte légal, il n'y a pas de tolérance ni même de dérogation prévue... et chaque métropole fait ce qu'elle veut. Cela veut dire que la règle n'est pas la même si vous êtes à Rennes ou Reims, ou si vous êtes à Rouen ou que vous passez par Lyon ou Grenoble. Moi, c'est mon métier je ne sais même pas quelle est la réglementation précise sur les dérogations précises dans chaque métropole de France. Preuve en est que si la règle est illisible, c'est que la règle est mauvaise."

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Proposition Alternative : Le Bioéthanol

En cette période de disette qui touche l'automobile, depuis l'industrie en plein tangage jusqu'à l'utilisation, plombée par une perspective électrique bouchée, la proposition de l'association 40 Millions d'automobilistes a l'allure d'une potion magique. Et peut-être même d'un remède miracle si l'on suit le raisonnement de son secrétaire général, Pierre Chasseray, à l'origine d'une pétition pour faire enfin émerger cette solution de bon sens.

« Le bioéthanol, expose l'association, est un biocarburant destiné aux véhicules à essence et hybrides. Il est renouvelable, car produit à partir de betterave à sucre et de céréales. Grâce à son processus de photosynthèse, le CO2 émis par la voiture roulant au bioéthanol est le même que celui que la plante a puisé dans l'atmosphère. En ce sens, le recours à ce biocarburant permet de réduire de 77 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l'essence fossile, selon une étude ePURE, et d'éviter l'émission d'un million de tonnes de CO2 par an. Il diminue également de 90 % les émissions de particules fines par rapport à l'essence et de 30 % les émissions d'oxydes d'azote. »

Au moment où les automobilistes hésitent à basculer sur un eco-système électrique dont ils évaluent mal la pérennité, le bioéthanol présente de gros avantages, car il permet de verdir sa mobilité sans changer de voiture. Une simple conversion sur un moteur à essence suffit. Il s'agit de l'adjonction d'un boîtier qui garantit la fiabilité mécanique tout en conservant la bi-carburation transparente entre bioéthanol et essence.

Même si le diesel est exclu de cette transformation, les millions de voitures à essence en circulation ne seraient plus condamnées à la casse et pourraient perdurer sans polluer ou très peu. Les finances des ménages se trouveraient soulagées de l' effort considérable constitué par l'incitation à acquérir au prix fort un véhicule électrique alors que les bonus fondent au fil des ans. C'est aussi l'assurance d'un transfert progressif vers les modèles de prochaine génération qui ne seront pas nécessairement électriques.

Mais tout en préparant la neutralité carbone fixée administrativement en 2050, 40 Millions d'automobilistes lance une pétition en ligne pour la création d'une prime à la conversion au bioéthanol. « Bien qu'il existe déjà actuellement des aides locales au financement de la conversion au bioéthanol, seule une partie des automobilistes peuvent en bénéficier. Cette aide doit être généralisée à l'échelle nationale afin d'être profitable à un maximum d'usagers », enjoint Philippe Nozière, président de l'association.

Outre son impact positif sur l'environnement, le biocarburant offre un avantage économique indéniable. Non seulement il est produit en France, mais son coût de production inférieur à celui de l'essence se traduit par des prix à la pompe très compétitifs. « Le prix du Superéthanol E85 est très attractif : actuellement, il est en moyenne à 0,82 €/L, contre 1,77 €/L pour le SP95 par exemple. Malgré une surconsommation de l'ordre de + 20 à + 25 %, il reste donc une option très économique à l'usage.

La prime à la conversion pour mise à la casse d'un véhicule obsolète lors de l'achat d'un « véhicule propre » va être supprimée le 1er janvier prochain. Elle permettait de récupérer 1 500 à 5 000 euros d'aides pour les particuliers, sommes qui pourraient désormais être allouées à la conversion au bioéthanol dont le budget est inférieur à 1 000 euros.

Contrôle Technique Anti-Pollution : Une autre solution proposée

La pétition demande l'abrogation des ZFE mais formule aussi une proposition, pour s'attaquer à la pollution d'une façon qui, selon l'association, serait à la fois plus simple, plus juste et plus efficace. "La clé existe déjà c'est de faire respecter le contrôle technique anti-pollution. En revanche, vous avez 10 à 20 % de véhicules qui ne passent pas leur contrôle technique et qui ne passent pas leur contrôle technique antipollution. Ces véhicules sont responsables en moyenne de cinq fois plus de pollution qu'un véhicule correctement entretenu. Je propose qu'on arrête avec les vignette Crit'Air, et avec toutes ces mesures impossibles à comprendre et on base tout notre système sur le respect du contrôle technique..." selon Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 Millions d'Automobilistes.

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